Action contre l'Office de tourisme espagnol

Publié le par la Rédaction


Dans le cadre de la semaine contre les longues peines et tous les enfermements, l’Office du tourisme de l’État espagnol, sis 43 rue Decamps à Paris (16e), a été attaqué dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 novembre. Les vitres de la porte d’entrée et d’une fenêtre ont volé en éclat et ses murs ont été tagués avec les inscriptions : «À bas la torture d’État et les peines de perpétuité», «Non da Jon ?», «Pouvoir assassin».

«À bas la torture d’État et les peines de perpétuité» : Héritière de la dictature franquiste, la démocratie espagnole a conservé la pratique de la torture comme technique policière. La torture
est généralisée dans le traitement des conflits politiques, plus particulièrement face aux luttes sociales liées au mouvement indépendantiste basque (luttes contre les centrales nucléaires, contre le train à grande vitesse TAV, pour les lieux autogérés, les gaztetxe…). Que ce soient dans les casernes de la Guardia Civil pendant les gardes à vue (mise au secret, noyades, étouffements, viols et simulations de viols…) ou dans le cadre de la «guerre sale» (enlèvements, séquestrations, assassinats…), l’État inscrit son pouvoir dans le corps des révoltés. Alors qu’en France la rétention de sûreté qui est en train d’être mise en place promet l’enfermement à vie, l’Espagne depuis une dizaine d’années s’est dotée d’un arsenal juridique qui rend la perpétuité effective, par exemple en supprimant les remises de peines pour les longues peines.

«Non da Jon ?» («Où est Jon ?») :
Depuis sept mois, Jon Anza, militant de Euskadi Ta Askatasuna (Pays Basque et Liberté) a disparu lors d’un trajet en train entre Bayonne et Toulouse. Selon des informations rapportées par le quotidien indépendantiste basque Gara, Jon aurait été enlevé par des agents de la Guardia Civil, torturé jusqu’à la mort puis enterré sur le sol français. Cela rappelle clairement les pratiques du GAL (Groupe Antiterroriste de Libération) qui dans les années 80 menaient des attentats et des assassinats contre la population et les militants basques pour le compte de l’État espagnol. De nombreuses manifestations regroupant des milliers de personnes ont lieu régulièrement derrière ce mot d’ordre «Non da Jon ?» pour réclamer la vérité sur sa disparition et dénoncer la guerre faite au pays Basque par l’État espagnol avec la collaboration de l’État français.

«Pouvoir assassin» : Avec des intensités différentes mais selon des méthodes similaires, l’État ne se prive pas d’assassiner pour maintenir son ordre social, que ce soit dans les quartiers populaires et les prisons françaises, comme en Grèce, au pays Basque ou en Algérie. De même, les longues peines d’enfermement sont des peines d’élimination physique et sociale qui s’apparentent à une mort lente. Face à cela, certains prisonniers ne se laissent pas écraser, tels Christophe Khider et Omar Top El Hadj qui se sont évadés de la centrale de Moulins-Yzeure en février dernier avant d’être repris, ou encore Amadeu Casals en Espagne qui tente de sortir depuis de nombreuses années de l’isolement en détention en appelant à la solidarité active à l’extérieur.

C’est dans ce contexte que nous envisageons la semaine contre les longues peines et tous les enfermements, comme un moment pour mettre en acte notre détermination à lutter contre ce monde qui tue, enferme et exploite.

Contre tous les États
Contre tous les enfermements
Liberté pour toutes et tous.


Dentro de la semana contra las largas penas y todos los encierros, que se da actualmente en Francia, la oficina de turismo del Estado espanol, cobijada en el n° 43 de la calle Decamps en Paris (16), ha sido atacada en la noche del lunes 2 al martes 3 de noviembre. Las vitrinas de la puerta y de una ventana han estallado y sus muros han visto aparecer estas inscripciones (en frances) : «A bajo la tortura de Estado y la cadena perpetua», «Non da Jon ?», «Poder asesino».

«A bajo la tortura de Estado y la cadena perpetua» : Heredera de la dictadura franquista, la democracia espanola ha conservado la practica de la tortura como instrumento policial. La tortura esta generalizada en el trato de los conflictos politicos, en particular frente a las luchas sociales relacionadas con el movimiento independentista vasco (lucha contra las centrales nucleares y el TAV, a favor de los gaztetxes…). Que sea en los locales de la guardia civil durante los interrogatorios (incomunicacion, abrogos, con la bolsa, en la banera, violacion y simulacion de violacion…), o en el cuadro de la « guerra sucia » (secuestros, asesinatos) el Estado inscrive su poder en el cuerpo de los rebeldes. Cuando en Francia la ley de «retencion de seguridad» que empieza a aplicarse promete la carcel a vida, Espana desde una decena de anos se ha dotado de un arsenal juridico que hace la cadena perpetua sea efectiva (supresion de los beneficios penitenciarios para las largas penas).

«Non da Jon ?» :
Desde 7 meses Jon Anza, militante de Euskadi ta Askatasuna, ha desaparecido de un tren que le llevaba de Bayona a Toulouse. Segun las informaciones de Gara, Jon Anza ha sido secuestrado por unos agentes de la guardia civil, torturado hasta la muerte y luego enterrado en suelo frances. Esto hace recordar las practicas del GAL en los anos 80, organizaba atentados y asesinatos contra la poblacion y los militantes vascos por la cuenta del Estado espanol. Numerosas manifestaciones reagrupando miles de personas tienen a menudo lugar detras del lema «Non da Jon ?» para reclamar la verdad sobre su desaparicion y denunciar la guerra llevada contra Euskal Herria por el Estado espanol con la colaboracion del Estado frances.

«Poder asesino» : Con distintas intensidades pero segun metodos semejantes, el Estado no se priva de asesinar para mantener su orden social, que sea en los barrios populares, las carceles francesas, como en Grecia, en Euskal Herria o en Argelia. Al igual, las larga penas de carcel condenan a la eliminacion fisica y social y se aparentan a una muerte lenta. Frente a esto algunos presos no se dejan aniquilar tal Christophe Khider y Omar Top El Hadj que se han evadido de la central penitenciaria de Moulins en Francia en febrero pasado, antes de ser de nuevo interpelados. O tambien como Amadeu Casals en Espana que intenta desde anos salir de su aislamiento llamando a la solidaridad activa al exterior. Es en este contexto que convicimos la semana contra las larga penas y todos los encierros, como un momente para transformar en actos nuestra determinacion en luchar contra este mundo que mata, encierra y explota.

Contra todos los Estados
Contra todos los encierros
Libertad para todas y todos.

Indymedia Grenoble, 3 novembre 2009.

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