Molex : On a les machines, on les garde !

Publié le par la Rédaction


Nous sommes quelques-uns à nous être solidarisés avec la centaine de travailleurs qui faisaient le piquet de grève devant l’usine de Molex ce matin et nous les y avons rejoints. Nous avons tracté, bu le café et discuté.

Les travailleurs sont à la fois profondément dégoûtés par tout ce qui se passe, fachés, en colère. Mais malgré ça ils écoutent encore les délégués syndicaux qui leur font croire que quelque chose de positif viendra de la négociation tripartite Intersyndicale/Préfecture/Direction Molex. Lun dentre eux a pris la parole et leur a notamment expliqué que «déjà cétait bien que Fillon ait parlé deux de matin sur fRance Inter, et quaussi il fallait regarder demain soir sur fRance2 Bernard Thibault qui parlerait deux aussi dans une émission…»

Le même délégué de répercuter que les travailleurs, qui réclament 100 millions d
euros, ne les auront sûrement pas.

Normal après ce genre d
intervention quils aient le moral en berne. Mais encore une fois ce qui est remarquable cest cette cohabitation entre leur rage et leur résignation.

La pensée humaine dans sa complexité évolue simultanément sur des champs sémantiques distincts.

L
effervescence sociale actuelle et le sentiment global dinsécurité sociale bouleversent les certitudes, et engendrent la remise en question de beaucoup de dogmes sociétaux qui étaient acquis et profondément ancrés jusque là.

Il y a des signes qui ne trompent pas et qui ressemblent aux premières secousses d
un séisme…

Alors dans la catégorie «C
est pas nous qui lavons dit» mais le Premier ministre, la force «tranquille» dans le navire en flamme, la voix de son maître qui adule les responsables syndicaux et les cite comme modèles :
— «Les syndicats ont du mal à jouer leur rôle plein de médiateurs» ;
— «Les organisations syndicales sont extrêmement responsables dans ce climat parce quelles savent très bien les dangers quil y a pour les salariés à laisser éclater une violence qui ne débouchera sur rien dans ce climat» ;
— «Je pense que beaucoup de responsables politiques devraient prendre exemple sur les responsables syndicaux quelles que soient dailleurs les organisations syndicales» ;
— «Les rencontres entre les pouvoirs publics et les organisations syndicales sont quasiment permanentes et notez quil y a beaucoup daccords qui sont signés et voire même souvent à lunanimité par les partenaires sociaux».

Forum Rouge & Noir, 22 avril 2009.


Molex : On a les machines, on les garde !

Depuis plusieurs mois les salariés de Molex sont en lutte. Le patron sans scrupule a même revendu les brevets. Alors il faut se battre, et lui faire payer sa malveillance. La culture de la lutte ça se gagne en la pratiquant.

Si Molex ferme, c’est tout le village de Villemur qui ferme. Des familles entières risquent de se retrouver à la rue, tout ça à cause d’un bourgeois qui veut encore plus d’argent.

Mais les machines sont encore dans les murs, l’outil de production doit appartenir aux ouvriers. Pour lutter contre le capitalisme, il y a la solidarité, celle des gens de Villemur, mais aussi celle des ouvriers de tous pays. Partout dans le monde, comme récemment en Argentine ou encore en Allemagne, des entreprises délaissées par le patron sont autogérées par les ouvriers, et ça marche !

Dire que cela sera simple dans la situation actuelle serait mentir. Mais il faut se remonter les manches et se serrer les coudes. Nous sommes ouvriers et précaires et nous sommes unis et solidaires.

Et c’est ça la nature de l’Homme ! Contre l’exploitation et la domination il y a l’entraide et la combativité ! Il faut tout tenter pour ne rien regretter. Gardons la tête haute, et s’il le faut c’est avec le poing rageur que nous conserverons les machines de Molex ! Pour un autre futur, pour un monde meilleur !

Alors oui il faut se battre, alors oui il faut gagner !

Tract des compagnons de la CNT-AIT Midi-Pyrénées
diffusé depuis un mois aux portes de Molex.

Publié dans Colère ouvrière

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