Fichage des manifestantEs à Genève

Publié le par la Rédaction

Des photographies policières illégales ?

Des militants altermondialistes dénoncent «fichage et intimidation» par la police lors de la manifestation contre le G20.

Les organisateurs du défilé du 28 mars dernier contre le G20 dénoncent la prise systématique de photographies de manifestants par la police. Dans une lettre ouverte au conseiller d’État Laurent Moutinot, Solidarités, le Parti du travail, le Forum social lémanique et Attac sinquiètent de «mesures dintimidation qui visent à dissuader les citoyens et les citoyennes de manifester».

Les signataires accusent la police d
avoir enfreint la loi sur les manifestations sur le domaine public (LMDPu), qui stipule que les participants à une manifestation ne peuvent être photographiés ou filmés par la police que si des «personnes envisagent de commettre un crime ou un délit». En soulignant que la manifestation na connu aucun incident, les altermondialistes demandent à Laurent Moutinot de «rappeler à ses services la teneur de la loi en question» et de sassurer que les photographies soient détruites immédiatement.

La lettre vise à «ouvrir un débat et à faire cesser cette pratique dont certains aspects sont illégaux», explique le signataire Éric Decarro, pour le Forum social lémanique. Cette réaction à une pratique qui n
est pas nouvelle reflète «nos inquiétudes dans le contexte actuel où beaucoup de fichiers ont été constitués sur la base de documents qui auraient dû être détruits et de photographies qui nauraient même pas dû être prises. Après laffaire de lespionnage dAttac par Securitas et Nestlé, nous sommes devenus très circonspects et chatouilleux.»

Des inquiétudes rejetées par la police, au même titre que l
illégalité de la démarche. «Je ne veux pas polémiquer, mais quand on voit une première ligne de cagoulés, on prend des photos. Elles sont préventives et ne servent pas à intimider», affirme Patrick Pulh, porte-parole de la police genevoise, présent à la manifestation comme… photographe.

«Ce genre de documents n
est utilisé quen cas de dépôt de plainte dans le cadre dune procédure judiciaire. Si ce nest pas le cas, toutes les photographies seront détruites après trois mois.» Toutes… sauf les siennes, qui «sont des photos de presse». «Prendre des clichés de manifestations rentre dans les attributions dun attaché de presse», affirme Patrick Pulh. «Elles servent pour illustrer le bulletin interne de la police.»

Sollicité hier, Laurent Moutinot n
avait pas encore pris connaissance de la lettre, selon sa chargée de communication.

Pablo de Roulet - Le Courrier, 22 avril 2009
Quotidien suisse & indépendant.

Publié dans Fichages et flicages

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