Sur l'exclusion d'Alain Chevalier

Publié le par la Rédaction

La section française aux sections de l’I.S.

3 octobre 1969

Le 3 octobre, la section française a exclu, à l’unanimité, Alain Chevalier pour manque de rigueur et inacceptable désinvolture à propos d’une question pratique élémentaire nous concernant tous. Son inconscience a persisté dans le débat même consacré à cette question, découverte tout de suite après la conférence [Au retour de Venise.]. Il a finalement reconnu cette inconscience, mais abstraitement, et certainement trop tard.

Alain a d’abord organisé, ensuite couvert, et finalement essayé de justifier, les mauvais procédés de sa compagne envers une de nos amies qui, comme vous savez, devait se rendre à Belgrade. Cet épisode, déjà scandaleux, servait en plus de prétexte à un usage touristique dissimulé d’une somme, d’ailleurs dérisoire, prise à l’I.S.

Il va sans dire que nous n’avons pas voulu sanctionner l’aspect financier de cette affaire, mais seulement signifier que nous avions perdu toute confiance en Alain. Vu la nature de l’autre aspect ici évoqué, nous n’entrons pas par écrit dans des détails que vous imaginez sans doute, et connaîtrez de vive voix.

Pour la section française, Beaulieu, Cheval,
Debord, Riesel, Sébastiani, Vaneigem, Viénet


*


«Je crois que Viénet vous a envoyé directement la photocopie de la lettre d’Alain, approuvant son exclusion. Si nos adversaires connaissaient cette lettre, venant après la déclaration de Mustapha à Venise, ils diraient sûrement qu’une dictature de type stalinien s’est installée dans l’I.S. : même les démissionnaires et exclus affirment leur accord total (Alain a tenu aussi à nous faire rendre la somme qui s’était égarée dans cette histoire, quoique nous ayons dit que nous ne voulions plus rien dire sur cet aspect mineur de l’incident).»
Lettre de Guy Debord
à Gianfranco Sanguinetti, 18 octobre 1969.


Publié dans Debordiana

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