Retraites : Solidarité ouvrière avec Stéphane Petithory à Belfort

Publié le par la Rédaction

 

Grève dans les ateliers de montage des turbines à gaz de General Electric à Bourogne et Belfort de jeudi 23 septembre 20 heures à vendredi 24 à midi, rassemblement devant la préfecture de Belfort jusqu’à 1 heure du matin le 23 septembre et à partir de 8 heures le 24, la solidarité ouvrière n’a pas laissé tombé Stéphane Petithory, ouvrier soudeur chez General Electric et militant CGT arrêté suite à une provocation policière lors de la manifestation du 23 septembre à Belfort.
 Grève générale.

 

 

Militant CGT libéré à Belfort

 

À Belfort, la CGT a maintenu la pression, devant la préfecture et le tribunal, hier matin. Le militant sera jugé en novembre.

 

 

Ils avaient annoncé faire le forcing jusqu’à la libération de leur «camarade», placé en garde à vue, jeudi en fin de matinée, à la suite d’une échauffourée sur la manifestation.

 

Dès 20 heures, jeudi soir, les militants de la CGT se sont donné rendez-vous devant les grilles de la préfecture. «C’est à cette heure-là que nous avons su que Stéphane passerait la nuit en garde à vue.»

 

Une heure plus tard, le groupe atteignait soixante-cinq personnes. Face à eux, des policiers, postés devant les grilles. L’ambiance était tendue parmi les militants CGTistes, à cran. Mais les policiers sont restés impassibles face à leurs provocations verbales.

 

À 22 heures, trois délégués ont pu être reçus par le préfet pendant une heure et quart. «Nous lui avons demandé de faire sortir notre camarade, mais il a répondu que la décision dépendait du parquet. Nous lui avions écrit pour lui signaler que la sécurité des militants avait été mal assurée par la police le 24 juin, mais il n’a rien voulu entendre», précise Jacqueline Girardot.

 

Aux alentours d’1 heure du matin, vendredi, les militants se sont dispersés, pour reprendre place devant la préfecture de Belfort dès 8 heures.

 

Jeudi soir, une demi-compagnie de CRS (30 à 40 personnes), de Metz, était arrivée en renfort, anticipant également la visite du lendemain de Jean-Marie Bockel. Les CRS ne sont intervenus que vendredi matin, barrant l’accès à la préfecture et au palais de justice toute la matinée.

 

Les deux manifestants gardés à vue depuis la veille ont été présentés devant le procureur, Alexandre Chevrier.

 

À 11h45, le syndicaliste CGT Stéphane Petithory, est ressorti, libre. Accueilli triomphalement, il est revenu sur les faits. «Une partie des manifestants avait décidé de bloquer la route. Le policier a voulu laisser passer deux voitures. J’ai mis en place une barrière pour assurer la sécurité des manifestants. Le policier m’a bousculé en ôtant cette barrière, j’en ai fait de même, mais je ne me souviens pas l’avoir frappé. Je regrette qu’on montre cette image du syndicat et de la manifestation, ce n’était pas le but.»

 

«Il ne remet toutefois pas en cause la parole des policiers», remarque le procureur. Alexandre Chevrier.

 

Le second manifestant, un homme de 56 ans, n’a pas bénéficié d’un comité d’accueil à sa sortie du tribunal. «Il ne connaît pas l’autre militant et s’il reconnaît avoir brandi un couteau de chasse, il nie avoir sorti la lame et porté le coup», ajoute le procureur.

 

Les deux manifestants seront jugés le 10 novembre. «Les faits sont graves et la durée de la garde à vue était nécessaire», estime Alexandre Chevrier. «Ils encourent 3 et 5 ans de prison.»

 

Les ateliers de montage des turbines à gaz de GE, à Bourogne et Belfort, ont fait grève, de 20 heures jeudi jusqu’à hier midi, pour soutenir leur collègue.

 

La CGT n’entend pas en rester là. «Nous avons contacté un avocat. Nous n’allons pas laisser tomber notre camarade…»

 

Dès midi, la Vieille-ville de Belfort avait retrouvé son calme.

 

Leur presse (Isabelle Petitlaurent, Est Républicain), 25 septembre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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