Retraites : Remise en liberté des deux manifestants à Belfort

Publié le par la Rédaction

 

Après 24 heures de garde à vue, les deux manifestants, interpellés lors de la manifestation du 23 septembre à Belfort après une provocation policière, ont été remis en liberté ce vendredi matin (voir l’article du journal Le Pays du 23 septembre — ci-dessous).

 

 

Il s’agit de deux travailleurs. Le premier, ouvrier soudeur chez General Electric et militant CGT, s’est défendu en fin de manifestation de l’agression d’un policier, puis a été traîné au sol et frappé à coup de pied et de matraque avant d’être emmené. Le second manifestant est technicien à l’usine Peugeot de Sochaux est a été interpellé après avoir quitté la manifestation.

 

Les deux manifestants seront jugés le 10 novembre pour violence. Ils encourent des peines de 3 et 5 ans de prison.

 

Des dizaines de militants de l’Union Départementale CGT 90 sont restés devant le commissariat de Belfort jusqu’à la remise en liberté des deux manifestants ce matin.

 

Grève générale, 24 septembre 2010.

 

 

Deux manifestants en garde à vue à Belfort


À Belfort, deux manifestants ont été placés en garde à vue ce matin [23 septembre] vers 11h45. L’un est soupçonné d’avoir porté deux coups de poing au visage d’un officier de police, l’autre aurait essayé de lui donner un coup de couteau. Hier après-midi, tous deux contestaient cette version des faits.

 

 

Les incidents se sont produits à la fin de la manifestation. Il était initialement prévu qu’elle se disloque sur la place Corbis, mais un groupe d’environ 250 personnes a décidé de rejoindre la préfecture. Au retour, le même groupe a bloqué le carrefour entre le boulevard Carnot et le quai Vauban, au niveau du Monoprix.

 

L’officier de police chargé d’encadrer la manifestation a alors fait reculer les véhicules bloqués à cet endroit. Il a aussi autorisé une maman en retard pour l’école à monter sur le trottoir afin de contourner les manifestants. Une trentaine d’entre eux a alors bloqué le passage avec une barrière, que le policier a tenté d’enlever.

 

Dans la bousculade qui a suivi, un syndiqué CGT — tuyauteur soudeur chez General Electric — aurait été repoussé par le policier. Habitant à Échavanne (Haute-Saône), âgé de 40 ans, le manifestant lui aurait alors asséné deux coups de poing au visage. «Il s’est défendu de l’agression du policier», estime Jacqueline Girardot, responsable de la CGT 90. L’homme a ensuite été maîtrisé par la police («traîné au sol et frappé à coup de pied et de matraque», raconte la responsable syndicale).

 

Ce premier épisode à peine achevé, un autre manifestant aurait tenté de donner un coup de couteau au même officier de police, qui indique avoir esquivé l’agression. L’homme, un technicien de Peugeot Sochaux résidant à La Côte (Haute-Saône) et âgé de 56 ans, aurait alors quitté les lieux. Il a été interpellé un peu plus loin, porteur du couteau qu’il nie avoir utilisé.

 

Hier soir devant la préfecture 

 

Dès midi, 250 personnes se sont rassemblées devant le commissariat pour réclamer la levée des deux gardes à vue. Une vingtaine de sympathisants étaient toujours sur place à 18 heures. Vers 20 heures, ils ont appris que les deux manifestants allaient passer la nuit en garde à vue. Un rassemblement a alors été improvisé devant la préfecture, en soutien au délégué CGT de GE. «On a demandé à être reçus par le préfet, indique Jacques Rambur, délégué CGT Alstom. Ce qui se passe est inadmissible. On s’étonne de la réaction de la justice face à un salarié qui défend ses droits, ses acquis.» Jacques Rambur dénonce aussi «les provocations de policiers en civil durant la manifestation».

 

Vers 21 heures, une soixantaine de personnes étaient réunies devant la préfecture, dans un climat tendu. Des militants syndicaux ainsi que salariés de l’équipe de nuit de GE se sont notamment mobilisés par solidarité avec leur collègue en garde à vue au commissariat.

 

 

Leur presse (Le Pays), 23 septembre 2010.

 


Publié dans Colère ouvrière

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