Police de Montréal : protéger et servir, ou contrôler et sévir ?

Publié le par la Rédaction

Lettre ouverte sur la répression policière et la campagne de désinformation du SPVM

 

Alors que notre système de droit affirme qu’on est innocent jusqu’à preuve du contraire, les arrestations «préventives» et de masse semblent devenir le modus operandi usuel de la police de Montréal qui refuse droit de parole à tous ceux critiquant ses actions ou, plus largement, les injustices de notre société.

 

Le SPVM affiche la prétention de vouloir «protéger et servir» la population de Montréal. Ce que nous voyons, dans la rue, témoigne du contraire. Les cas de stigmatisation, de profilage et de discrimination ne sont malheureusement pas le fait de quelques individus portant l’uniforme, mais bien le résultat d’un système de contrôle et de répression qui favorise l’impunité de ses représentants.

 

Le travail du COBP, sur le terrain, est crucial. Et malheureusement, la campagne de désinformation orchestrée par le SPVM avec la complaisance des grands médias a pour résultat de diffuser seulement le discours de ceux qui ont déjà le gros bout du bâton.

 

Plusieurs centaines de manifestations ont lieu chaque année à Montréal. Certains organismes font le choix de divulguer aux autorités policières les trajets et activités prévus. Mais, contrairement à ce que le SPVM a affirmé à répétition dans les médias lors des derniers jours, plusieurs dizaines d’autres groupes militants, communautaires et sociaux prennent la décision de taire ces informations. Pourquoi ? D’abord, parce que le droit à la liberté d’expression se prend, il ne se donne pas. Quelle idée saugrenue de demander la permission de protester contre l’injustice à ceux-là même qui en sont la cause ! Ensuite, si certaines actions sont prévues lors de la manifestation, le fait de divulguer d’avance le lieu d’arrivée ou le trajet du parcours peut nuire au bon déroulement des événements organisés et à la sécurité des gens qui y participent. Comment accrocher une bannière devant la devanture d’un immeuble si un comité d’accueil policier combinant anti-émeute et chevaux attend les manifestants ? Comment organiser une occupation ou une autre action perturbatrice d’un lieu officiel si les portes sont barrées et le quartier entier bouclé à notre arrivée ?

 

Nous trouvons déplorable que les médias s’attachent, à chaque année, à taire les revendications légitimes mises de l’avant par le COBP pour plutôt mettre l’emphase sur les auto-justifications des autorités policières quant à leurs actions répressives. Plusieurs de nos membres se butent quotidiennement à la stigmatisation et au profilage social et étaient présents à la manifestation du 15 mars dernier. Ce qu’ils y ont vu les a convaincu de la pertinence de cet événement. Qui sème la souffrance récolte la résistance…

 

Organisation populaire des droits sociaux
de la région de Montréal, 22 mars 2011.

 


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