À propos des arrestations du 4 mai à Florence

Publié le par la Rédaction

 

Le 4 mai vers 6 heures du matin les habitations de plusieurs camarades actifs à Florence ont été envahies par les agents de la répression. Comme cela avait déjà été le cas à Bologne, l’instrument utilisé pour attaquer et arrêter les camarades est le délit de associazione a delinquere [association de malfaiteurs].
78 personnes sont concernées par l’enquête, parmi lesquels 22 sont sous le coup de mesures qui restreignent leur liberté. L’opération a pris pour cible centrale le groupe qui se réunissait autour du local Spazio Liberato 400 Colpi. Voici leur communiqué.

 

Bilan de l’opération

 

Bilan de l’opération du 4 mai : 5 personnes en résidence surveillée, 17 contrôles judiciaires avec obligation de pointer, 22 perquisitions dans des logements, perquisition du Spazio Liberato 400 Colpi (avec saisies et destructions massives de matériel).

 

Chef d’inculpation : associazione a delinquere [association de malfaiteurs]. Les faits reprochés sont pour l’essentiel des épisodes de conflit qui ont eu lieu à l’automne dernier, mais pas seulement. Manifestation non-autorisées, occupation, dégradations de banques, blocages de routes et de voies ferrées, les affrontements à Novoli pour chasser de l’université la ministre Santanchè, rassemblement de solidarité au tribunal pour mineurs pendant un procès de camarades.

 

Communiqué du Spazio Liberato 400 Colpi

 

«Association de malfaiteurs» disent-ils. Nous, nous disons autonomie, conflit, action directe. Ils disent que c’est un «démantèlement». Nous rions en pensant à leurs illusions.

 

Il est évident que l’opération est le fruit d’un énième montage juridique et nous n’avons aucune envie de perdre notre temps à en parler.

 

Le fait que différents camarades qui ne participent pas aux assemblées du Spazio Liberato 400 Colpi aient subi des perquisitions et soient sous le coup de contrôles judiciaires ne nous étonne pas. Ce sont des camarades avec lesquels nous avons partagé des luttes, ce sont les amitiés politiques que nous avons toujours voulu cultiver, par-delà les frontières géopolitiques classiques. Des liens qui ont pu produire du conflit et qui nous on fait respirer un air nouveau dans une Florence pacifiée.

 

«Blitz contre les anarchistes» disent-ils. Nous, nous disons opération contre-insurrectionnelle contre tous ceux qui ont décidé d’abandonner le fétichisme de l’identité pour construire une perspective révolutionnaire réelle aujourd’hui. Contre qui, au-delà des chapelles et des liturgies, a eu le courage d’habiter avec détermination ces brefs espaces de conflits qui au cours des derniers mois ont créé des failles au sein du dispositif métropolitain sans suivre ni drapeaux ni dogmes, mais en se confrontant avec humilité avec le réel, pour apprendre à le connaitre et à subvertir. Contre ce mouvement réel qui depuis l’époque de «l’Onda» [le grand mouvement étudiant italien de 2008, ndt] a commencé sortir des sables mouvants des revendications étudiantes et de la «protestation civile», tout en évitant de se cristalliser en identité au sein d’un quelconque «milieu militant».

 

Les journaux et la télé pourront bien nous dépeindre à leur guise comme une secte anarchoïde isolée. Nous savons que là dehors, dans les écoles, dans les facs, dans les quartiers, il y a des camarades qui nous connaissent et nous reconnaissent comme camarades. Des frères avec qui nous avons partagé matériellement les épisodes «délictueux» pour lesquels on nous inculpe : des occupations des lycées à celles des universités, des piquets contre les expulsions aux blocages des flux métropolitains en passant par les manifs sauvages. Nous sommes certains que ces amitiés politiques se révéleront plus fortes que n’importe quelle opération policière.

 

La grève irréversible avance, crée toujours plus de failles, préoccupe le Parti de l’Ordre, du ministère de l’Intérieur aux fonctionnaires de la Digos [police politique italienne, ndt] locale. Une mobilisation étudiante plus animée qu’à l’accoutumée, une Piazza del Popolo en révolte [nom de la place sur laquelle ont eu lieu la plupart des affrontements à Rome le 14 décembre 2010, ndt], un ensemble de gestes de grève et de nouveaux liens. Le besoin d’étendre et d’organiser ce mouvement réel à Florence comme dans d’autres villes a déjà commencé à devenir un programme. Difficile, ambitieux, dangereux, c’est vrai.

 

Mais rien ne pourra arrêter ce nouveau printemps.

 

LIBERTÉ POUR TOUS LES CAMARADES

LA TÊTE HAUTE POUR LE CONFLIT SOCIAL

 

Spazio Liberato 400 Colpi
pour l’autonomie diffuse

 

Liberté pour Pietro, Lucca, Massi, Dani et Vittorio !

Un salut de tout cœur aux camarades de partout qui dans ces heures nous ont témoigné une solidarité émouvante.

 

Plus d’informations en italien sur Informa-Azione.
Même pas peur, 5 mai 2011.

 

 

Nouvelle vague de répression en Italie : 78 camarades mis sous enquête


Ce matin [4 mai] à Florence la police italienne a mené une vaste opération répressive contre 78 camarades, pour la plupart des étudiants des collectifs universitaires liés à l’espace libéré «400 colpi». À différents titres, aux accusés sont reprochés les délits d’association de malfaiteurs, incitation au crime, occupation abusive de bâtiments publics, déprédations, violence privée, interruption de service public, résistance et violence contre les forces de l’ordre.

 

Des 78 personnes mises sous-enquête, 22 doivent subir des mesures de limitation de la liberté personnelle dans l’attente du procès. 5 ont été assignés à résidence et les autres seront obligés de se rendre au commissariat tous les jours pour témoigner leur présence en ville.

 

 

Dans son communiqué, ponctuellement repris par tous les médias, la police se réfère aux actions menés pendant la mobilisation des étudiants lors de cet automne, comme le blocage du chantier du TGV à Florence, le sabotage des caméras pendant des cortèges, ou la contestation menée contre la présence du ministre Santanché à l’université ainsi que des actions menées contre le syndicat jaune CISL et des banco-mats.

 

En janvier les camarades avaient déjà repéré deux micros-espions dans les locaux du «400 colpi».

 

L’épisode est d’autant plus inquiétant car il suit une autre vague répressive contre la mouvance anarchiste italienne qui avait eu lieu il y a quelques semaines.

 

L’État semble avoir attendu le reflux de cet automne de lutte très intense pour commencer son travail contre-insurrectionnel.

 

Tiré d’un communiqué de solidarité aux inculpés : «Association de malfaiteurs, à Florence ils l’ont appelé ainsi. Nous l’appelons envie de vivre et de lutter, de s’organiser et de conspirer. Nous sommes tous des délinquants, nous sommes tous des subversifs. Solidarité et amour pour les camarades de Florence.»

 

 

Mise à jour - le 5 mai : En fin d’après-midi de hier il y a eu un cortège devant un commissariat pour protester pour répondre à répression. Après la énième provocation policière (l’identification d’une jeune qui participait au rassemblement) des agents ont été agressés et ils ont été forcés à battre en retraite dans l’attente de leurs collègues. La presse bourgeoise réfère aussi que trois politiciens de la Ligue du Nord (le parti xénophobe italien) se sont fait rouer de coups par les participants au cortège peu de temps après.

 

Le Réveil, 4 mai.

 


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