La police de Montréal rafle les manifestants - 15 mars

Publié le par la Rédaction

Offensive policière : le COBP dénonce le sabotage de la manifestation 

 

Le Collectif opposé à la brutalité policière COBP est scandalisé de l’offensive policière menée afin de saboter la 15e journée internationale contre la brutalité policière.

 

 

Avant même que la manifestation ne débute, la majorité des organisateurs ont été arrêtés, sous prétexte d’être en possession de bâtons, qui se trouvaient à être les simples supports des pancartes. Ils ont déjà été libérés, et ce, sans accusation ni contravention, ce qui témoigne de la gratuité et du caractère non-fondé de ces arrestations.

 

Selon Sophie Sénécal, «les organisateurs ont été arrêtés de façon ciblée, avec l’objectif évident de perturber le bon déroulement de l’événement. Des arrestations préventives, sans fondement et illégales.»

 

Malgré cette technique d’intimidation, des discours ont eu lieu, notamment celui de la famille Berniquez, et les 500 manifestants ont ensuite débuté la marche de façon pacifique. La marche a suivi le sens de la circulation tout au long.

 

 

 

 

 

Tel que l’ont rapporté les médias, aucun incident majeur ne s’est produit avant l’encerclement des manifestants au coin des rues Marianne et St-Denis. L’arrestation de masse est un mode de fonctionnement pour lequel le SPVM s’est déjà fait réprimander par l’ONU. Le SPVM a d’abord pris en étau 300 personnes et ce, sans avis de dispersement ; une centaine d’entre eux ont ensuite été libérées aléatoirement. Au moment d’écrire ces lignes, environ 150 personnes sont présentement détenues pour entrave à la circulation.

 

Il s’agit d’une nouvelle étape franchie par le SPVM dans la répression des mouvements populaires et manifestations citoyennes.

 

Porter des accusations d’entrave à la circulation — alors que toute manifestation implique l’entrave de la circulation — revient à criminaliser l’acte de manifester et à mettre en péril la liberté d’expression de la contestation populaire.

 

Le COBP dénonce cette dérive sécuritaire et pose la question : est-ce que le SPVM compte réutiliser cette accusation pour toutes les manifestations ?

 

La manifestation de cette année visait à dénoncer les profilages social, racial et politique, entre autre le harcèlement et les arrestations arbitraires dont sont victimes les gens les plus démunis de notre société. 

 

Collectif opposé à la brutalité policière COBP
Montréal, 15 mars 2011.

 

 


 

Manifestation contre la brutalité policière : peu de casse, 258 arrestations 

 

L'habituel jeu du chat et de la souris entre les protestataires et les policiers n'a pas duré longtemps mardi, en marge de la 15e manifestation contre la brutalité policière, qui se tenait dans les rues du centre-ville. Quelque 258 personnes ont tout de même été arrêtées au terme de la marche annuelle, qui a pour une fois généré peu de casse.

 

 

 

Sur les 258 personnes arrêtées, 239 l'ont été en vertu du code de la sécurité routière, 13 pour des infractions aux règlements municipaux et 6 pour des entraves au Code criminel.

 

Malgré le nombre élevé d'arrestations, un peu de casse et trois blessés mineurs — deux policiers et une citoyenne — l'opération est un succès aux yeux du Service de police de la Ville de Montréal.

 

«Dès que des actes criminels ont été commis, on a décidé d'interrompre la manifestation. Selon nos échos, il y a aujourd'hui des commerçants très heureux de notre travail», a souligné mercredi matin Philippe Pichet, inspecteur à la Division de la planification opérationnelle.

 

Le Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) devrait pour sa part réagir plus tard dans la journée.

 

L'organisme s'est dit est scandalisé de l'offensive policière menée afin de «saboter» l'événement, notamment avec l'arrestation de quelques organisateurs avant le début de la marche.

 

Le COBP a vivement dénoncé les arrestations de masse, sous prétexte que les manifestants faisaient entrave à la circulation. «Porter des accusations d'entrave à la circulation — alors que toute manifestation implique l'entrave de la circulation — revient à criminaliser l'acte de manifester et à mettre en péril la liberté d'expression de la contestation populaire», déplorait mardi soir le COBP par voie de communiqué. Selon la police, les manifestants ont été sommés de quitter les lieux à plusieurs reprises, avant d'être mis en état d'arrestation. «On a ainsi  filtré beaucoup de commerçants et de citoyens qui se trouvaient parmi les manifestants. Les autres ont voulu rester là», a expliqué l'inspecteur Pichet. Pour ce qui est de l'offensive rapide des policiers, l'inspecteur semble dire qu'il est impossible de plaire à tout le monde. «Soit qu'on attend trop ou soit qu'on est trop vite», a-t-il résumé.

 

Le COBP est le seul organisme à refuser de fournir aux policiers l'itinéraire de la marche. Illégale cette manifestation donc ? Théoriquement oui, semblait dire hier le SPVM. «Mais notre rôle est de permettre la manifestation, même on sait qu'il peut y avoir des dérapages. On va procéder à des arrestations au besoin», expliquait l'inspecteur-chef Sylvain Lemay. L'an dernier, la manifestation avait coûté environ 500'000$ aux contribuables, en coût pour les effectifs déployés.

 

Le Service de police de la Ville était prêt, à en juger par la vitesse avec laquelle les manifestants ont été matés, lorsque les choses commençaient à tourner au vinaigre, sur la rue Saint-Denis. Quelques projectiles sur des vitrines de commerces et une bouteille lancée au visage d'un citoyen ont été suffisants pour convaincre les policiers de sonner la charge. Des dizaines de manifestants se sont alors retrouvés pris en souricière entre des policiers. Au moment d'envoyer ces lignes, trois heures plus tard, plusieurs manifestants étaient encore dehors sur le bitume. Blandine Juchs était parmi eux. «J'ai froid, j'ai mal aux pieds, j'ai faim. Les policiers ne nous disent rien. La situation est complètement absurde, les policiers ne veulent juste pas admettre que leur intervention était démesurée», a dénoncé la jeune femme.

 

 

 

 

Le SPVM déplore la situation mais rappelle qu'il s'agit de la procédure habituelle. «C'est dommage, mais les gens doivent être identifiés. La meilleure façon d'éviter ça est de manifester sans faire de casse», a répliqué le sergent Ian Lafrenière.

 

La manifestation avait débuté en début d'après-midi à l'angle du boulevard Maisonneuve et de la rue Jeanne-Mance, ironiquement à quelques mètres du quartier général du SPVM. La police avait mis à contribution ses groupes d'intervention, la cavalerie, des agents à vélo et des maîtres-chiens.

 

L'ambiance était d'abord plutôt festive parmi les quelques centaines de manifestants rassemblés, rythmée par les traditionnels «Fuck the police !» et «Police partout, justice nulle part !» lancés à la barbe des policiers.

 

Quelques organisateurs de l'événement auraient été arrêtés avant même le début de la marche, a dénoncé le Collectif opposé à la brutalité policière. «On peut tout de suite voir les intentions de la police», a pesté Sophie Sénécal, une porte-parole de l'événement qui parlait de sabotage policier. Selon le sergent Ian Lafrenière, les personnes arrêtées contrevenaient à des règlements municipaux et certains s'étaient présentés avec des bâtons.

 

Le cortège s'est ensuite mis en branle, derrière une immense banderole sur laquelle on pouvait lire «Nettoyage social, le SPVM a les mains sales.» Maxime Boucher, 25 ans et son ami Samuel Saint-Denis-Lisée gonflaient les rangs des manifestants. «Malgré la répression, on est d'accord avec le principe et non les moyens», a raconté M. Saint-Denis-Lisée, au sujet de la marche.

 

Selon Hugo Le Breton, un autre manifestant, le fait que la marche soit aussi populaire prouve sa raison d'être. «Et les arrestations massives comme au sommet du G-20 à Toronto l'été dernier ont pour effet de radicaliser des gens qui n'auraient pas pris part à de telles manifestations dans le passé», a ajouté le jeune homme.

 

Le cortège improvisé a emprunté d'importants artères comme le boulevard Saint-Laurent et la rue Sherbrooke, avant de s'engager sur la rue Saint-Denis. Quelques méfaits ont alors été commis, notamment sur la vitrine d'une boutique Calvin Klein. Quelques manifestants cagoulées et vêtues de noir se montraient alors plus hostiles.

 

 

 

 

Quelques manifestants avaient lancé des balles de peinture aux policiers, qui ont répliqué avec des engins pyrotechniques, avant de sonner la charge. Le noyau dur des manifestants s'est retrouvé pris en étau entre deux murs de policiers de l'escouade anti-émeute. Des dizaines d'autres avaient grimpé sur les balcons pour contempler cette scène inusitée.

 

Au deuxième étage du restaurant Saint-Hubert, quelques enfants avec des ballons s'émerveillaient au passage des policiers à cheval. 

 

Leur presse (Hugo Meunier,
La Presse),
16 mars 2011.

 

 

 

 

258 arrestations lors de la marche contre la brutalité policière

 

Les agents du Service de police de la Ville de Montréal ont mis un terme mardi soir à la marche annuelle contre la brutalité policière en procédant à plusieurs dizaines d'arrestations. Quelques méfaits ont aussi été rapportés lors de l'événement qui rassemblait environ 500 personnes.

 

 

Au total, 258 personnes ont été appréhendées par les policiers pour divers délits. Une passante a aussi été blessée lors de la manifestation. Des voitures ont été vandalisées et la vitrine d'un magasin fracassée. Certains manifestants auraient aussi lancé des projectiles et de la peinture. Les personnes arrêtées répondront à plusieurs chefs d'accusation, dont celui d'entrave à la circulation automobile.

 

Les policiers sont passés en mode «intervention» vers 18h30, quand des méfaits ont commencé à être rapportés. Un peu plus tôt, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) avait déjà procédé à des arrestations isolées et signalait la présence d'une trentaine de personnes vêtues de noir et cagoulées. Des manifestants armés de bâtons ont été appréhendés rapidement.

 

Les centaines de participants avaient entamé la marche dans le calme lundi à 18h, rue Ontario, à l'appel du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP).

 

La porte-parole du collectif, Sophie Sénécal, a soutenu que les policiers n'avaient lancé aucun avis de dispersion avant d'intervenir. Elle a affirmé que les manifestants avaient été invités à retourner vers le métro, lorsque les policiers les ont encerclés.

 

Au secours des gens fragilisés

 

Le Collectif opposé à la brutalité policière souhaite dénoncer les profilages exercés selon lui par le SPVM à l'égard des personnes les plus démunies de la société, et particulièrement le profilage social.

 

«[Le maire] Tremblay doit reconnaître que le profilage exercé par le SPVM ne s'explique pas par l'excès de zèle de quelques agents, mais qu'il s'agit d'un problème systémique dû à une culture bien ancrée à même cette institution», affirme Sophie Sénécal.

 

Le SPVM avait toutefois tenu à préciser que sa présence serait forte afin d'éviter tout débordement.

 

«Vous allez voir cet après-midi des policiers en uniforme, des policiers de poste de quartier, des policiers de groupe d'intervention, des cavaliers, des maîtres-chiens dans le métro, des policiers à vélo. Tous ces gens-là ont un travail un peu différent, mais pour arriver à un objectif commun : assurer la sécurité de tout le monde», annonçait l'inspecteur-chef responsable de la planification organisationnelle du SPVM, Sylvain Lemay.

 

 

 

 

Un rassemblement toujours mouvementé 

 

Depuis plusieurs années, l'événement donne lieu à des actes violents. L'an dernier, des vitrines avaient été fracassées, des feux allumés et divers projectiles avaient été lancés contre les policiers.

 

En 2010, 83 personnes avaient été appréhendées, contre 221 arrestations l'année précédente.

 

Pour prévenir tout débordement, le collectif avait pourtant lancé un appel au calme et demandé à ses militants de ne pas tout détruire sur leur passage : «Nous ce qu'on organise, ce n'est pas une émeute, mais une manifestation avec un discours et de l'animation. On demande aux gens de ne pas poser des gestes qui pourraient porter atteinte à la sécurité des autres manifestants ou des résidents du secteur.»

 

Les militants n'ont pas choisi le Quartier des spectacles par hasard 
«[Le Quartier des spectacles], c'est le symbole d'un quartier où il y a beaucoup d'investissements autant de la part des élus que des gens d'affaires. Le quartier ne tient pas compte des gens fragilisés.» — Sophie Sénécal, Collectif opposé à la brutalité policière.

 

Leur presse (Radio-Canada.ca), 15 mars.

 

 

 

 

15e marche annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière - La manifestation vire à la casse

 

Une poignée de manifestants violents provoquent l'intervention de l'escouade antiémeute.

 

 

La 15e marche annuelle du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) a viré à la casse après une heure de marche à peine. Au moment de mettre sous presse, des douzaines de manifestants avaient été arrêtés pour obstruction de la voie publique et méfait.

 

Comme l'année dernière, les organisateurs de la marche ont appelé les militants à exprimer pacifiquement leur hargne de la police. Mais comme chaque année, une poignée de casseurs ont provoqué l'intervention du Service de police de Montréal (SPVM).

 

Vers 18h15, de 10 à 20 manifestants, vêtus de noir et de cagoules, ont arraché des bouts d'asphalte à même les nids-de-poule dans la rue Saint-Denis. Ils ont fracassé la vitrine de Gap sous les applaudissements de la foule. Ils ont également atteint une passante au visage avec une bouteille de vin lancée en direction d'un groupe de journalistes. Ceux-ci ont été atteints par des morceaux d'asphalte.

 

Quinze minutes plus tard, le SPVM a mis fin à la marche. L'escouade antiémeute a pris les manifestants en souricière dans la rue Saint-Denis, entre Marianne et l'avenue du Mont-Royal.

 

Au moins 40 manifestants, dont la porte-parole du COBP, Sophie Sénécal, et certains responsables des actes de vandalisme, ont réussi à s'enfuir par l'immeuble du 4411, Saint-Denis.

 

 

 

 

Intervention hâtive

 

Mme Sénécal s'est dite «choquée» par l'intervention hâtive de la police. À ses yeux, les incidents rapportés ne justifient pas les arrestations en bloc, d'autant plus que les policiers n'ont pas intimé l'ordre aux manifestants de se disperser. «Il y a eu des petits incidents, mais on était loin de l'émeute. Ce n'était pas le “free for all”», a-t-elle commenté.

 

Le SPVM s'attendait à du grabuge pour la 15e édition de la marche du COBP. Avant même qu'un groupe de 200 à 250 personnes prenne la rue, les policiers ont procédé à l'arrestation d'une dizaine de personnes en possession de bâtons et de pistolets à air comprimé.

 

En matinée, Sylvain Lemay, le chef de la Division de la planification opérationnelle, a esquissé les grandes lignes de l'intervention. M. Lemay a dit vouloir éviter les arrestations de masse, privilégiant plutôt les arrestations préventives.

 

Fauteurs de trouble

 

La police a toujours éprouvé du mal à contenir les manifestations du COBP. D'une part, les organisateurs n'annoncent jamais leur trajet à l'avance, ce qui contribue à perturber davantage la circulation au centre-ville. D'autre part, le collectif semble incapable de se débarrasser des fauteurs de trouble qui se joignent inévitablement à la marche.

 

Encore hier, la porte-parole du COBP, Sophie Sénécal, assimilait les arrestations préventives à des actes de «sabotage» de la police. Elle imputait la stratégie à l'intolérance du SPVM à l'égard d'un mouvement critique de ses actions.

 

Les manifestants ne se gênaient d'ailleurs pas pour traiter les policiers de fascistes et d'assassins en début de parcours.

 

L'an dernier, la marche du COBP s'était soldée par l'arrestation de 83 personnes et une facture de 498 000 $ en salaires payés pour les policiers.

 

Pour la première fois, d'autres villes canadiennes, dont Toronto et Ottawa, ont accueilli cette année des marches dénonçant la brutalité policière. On ne rapportait aucun incident.

 

Leur presse (Brian Myles,
Le Devoir), 16 mars.

 

 

Commenter cet article