Vendredi 10 juillet 2009
Communiqué de l’Assemblée de la Clinique en exil :
À propos de notre expulsion et de la soirée du 8 juillet


La Clinique occupée était un lieu dhabitation et dorganisation politique depuis janvier 2009. Elle a été expulsée le 8 juillet à 6 heures du matin par 200 flics, le RAID et les vigiles. Le quartier de la Croix de Chavaux a été entièrement quadrillée pendant deux heures.

À 19 heures, nous nous sommes rassemblés à l
entrée de la rue piétonne autour dune cantine de rue pour informer de lexpulsion du matin, et affirmer que nous continuerons à occuper la rue quoi quil arrive. Nous avons distribué des tracts et pris la parole. Plusieurs bagnoles de flics nous surveillaient depuis la place. À la fin de la cantine, des feux dartifice partis de devant la Clinique ont embrasé le ciel. Nous sommes allés devant lentrée de la Clinique gueuler notre colère, notre rage de voir ce lieu que nous avons fait vivre repris par des flics et des vigiles, avec la destruction comme seul horizon.

Alors qu
on était juste devant, les flics se sont équipés et ont chargé violemment. Les gens ont commencé à courir pour se protéger. Cest à ce moment-là quils ont tiré dans le tas au flashball à hauteur de tête : cinq personnes ont été touchées : épaule, clavicule et tête. Lune des personnes a perdu un œil. Les flics ont continué à poursuivre les gens jusquà la rue piétonne. Plusieurs personnes ont été arrêtées durant la soirée. Trois personnes sont en garde à vue depuis 48 heures, avec des risques de poursuites pour couvrir le fait quil y ait des blessés.

Les tirs de flashball avaient pour objectif de blesser, au risque de mutiler ou de tuer. Tirer plusieurs coups à bout portant au niveau de la tête n
est pas une erreur. Au moindre trouble, les consignes sont claires : mater. On ne peut pas se dire que la violence de la police lors de cette soirée est une «bavure», elle sinscrit dans une tension permanente : contrôles didentité, menaces depuis quil y a eu les avis dexpulsion. La police fait son travail : défendre une propriété privée en centre-ville, éviter quil y ait du bruit ou de la résistance lors dune expulsion, faire que rien ne se passe.

Nous ne voulons pas que la police tire sur des gens en silence.
Nous ne voulons pas de police du tout.

LAssemblée de la Clinique en exil, 10 juillet 2009.

Dimanche 12 juillet, Assemblée de la Clinique en exil, place du marché à la Croix de Chavaux. 15h.
Lundi 13 juillet, Manifestation : rendez-vous rue piétonne Croix de Chavaux (M9), Montreuil, 19h précises.
Nous ne voulons pas que la police nous expulse.
Nous ne voulons pas que la police tire sur des gens en silence.
Nous ne voulons pas de police du tout. acab
Pour être informé des suites : il y a aussi le blog de la Clinique.


Un témoignage sur Montreuil


Lors de larrivée des forces de lordre, celles-ci ont violemment chargé les manifestants en utilisant à de nombreuses reprises des flashball et en visant les manifestants à la tête.

Parmi eux, un participant à la Coordination des intermittents et précaires a été atteint à un œil par l
un de ces tirs. Il est actuellement hospitalisé et a été opéré. Le pronostic médical est des plus réservé : il naurait que très peu de chances de ne pas perdre cet œil.

Nouvelles prises auprès de la famille sur place il y a une demi-heure, son œil est en effet perdu, explosé dans la cavité oculaire ; malgré une intervention qui a duré deux heures son œil n
a donc pas pu être sauvé. Mais de plus les os également atteints, il faudra une seconde opération pour rétablir lenvironnement osseux.

Ce qui est à ajouter qui jamais n
aurait eu lieu il y a encore quelques années : il ny a plus de service dintervention chirurgicale durgence en pleine nuit.

De sorte que dans le cas d
un tel accident le blessé dabord conduit en fin de journée à lhôpital de Montreuil se déclarant incompétent, na pu être transféré aux Quinze-Vingt, lhôpital spécialisé le mieux désigné où il ny aurait plus eu de place, pas même pour une intervention durgence quitte à transférer le patient ensuite dans un autre service… Il sest retrouvé dans la nuit à lhôtel Dieu et dut rester dans cette situation jusquà son opération seulement ce matin.

C
est dire si jamais on ne saura à quel point la défaillance hospitalière due aux compressions économiques de la santé publique, accroissant les agressions physiques de la police, furent ou pas une cause daggravation du fait que son œil nait pu être sauvé, quoique léquipe chirurgicale in fine fut néanmoins des plus compétentes.

Mais si son œil avait explosé, évidement cela ne pouvait rien changer sinon qu
il risqua sa vie à attendre. Je reste à douter de tout ce qui a pu être dit à la famille pour les convaincre quil ny avait pas dautre solution possible, un mensonge pouvant avoir eu lieu pour ne pas les les rendre plus désespérés encore.

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Vendredi 10 juillet 2009
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Jeudi 9 juillet 2009

Après les couteaux de cuisine à Strasbourg et les boules de pétanque à Calais, voilà le coup des barres de soutien à L’Aquila !

L
arrestation des cinq Français-es à LAquila, avant louverture du G8, sest déroulée à la suite dun contrôle didentité. Deux personnes nayant pas leurs papiers ils furent emmenés au poste (les cinq !!!!), la police a ensuite fouillé les véhicules alors que les propriétaires avaient leurs papiers.

Il y avait plusieurs camions. À l
arrière de lun deux, il y avait une batte de baseball présente à la suite dun déménagement dun ami un mois auparavant et des barres de fer permettant de stabiliser le lit. Le camion est une maison roulante, qui était déjà présente à Strasbourg, et qui a commencé dès le No-NATO, une caravane dexpression directe, ayant pour but dessayer de transmettre un message de paix (Les écritures sur le camion le prouvent).

Accusés de détention d
armes, donc ils ont été mis en garde à vue pendant 2 heures, et vont passer en justice.

Ils sont actuellement au centre de police scientifique pour que la police puisse prélever toutes les informations possibles (ADN, empreintes, photos, etc.), et à la suite de ces examens, ils seront tous placés dans la liste des «terroristes internationaux».

9 juillet 2009 - 16h13.
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Mardi 7 juillet 2009
Italie : Premiers manifestants anti-G8
interpellés dont des Français


Des manifestations de faible ampleur se sont déroulées mardi dans les rues de Rome contre le sommet du G8 et les forces de l’ordre ont interpellé près de 40 manifestants, surtout des Italiens, à lissue de heurts, ont constaté des photographes de lAFP.

Des étudiants contestataires et des alter-mondialistes, relativement peu nombreux, ont incendié tôt dans la matinée quelques pneus dans une rue de Rome avant d
être interpellés par la police.

Les manifestants, pour certains munis de cagoules et de casques, se sont repliés vers l
université de Rome doù ils ont jeté des bouteilles et des pierres sur des véhicules des forces de lordre.


Des dizaines de policiers et carabiniers en tenue anti-émeutes occupaient la place située devant luniversité.

Selon la préfecture de police, 36 personnes au total, dont 27 Italiens, ont été interpellées à Rome dans le courant de la matinée et des battes de base-ball ainsi que des bâtons ont été saisis. Les autres manifestants étaient quatre Suédois, deux Allemands, un Suisse, un Français et un Polonais.

«Tout le monde a le droit de manifester, de faire entendre sa voix, tant que cela se produit dans le respect des règles et sans créer d
incidents», a commenté le maire de Rome, Gianni Alemanno.

Plus tôt dans la matinée, cinq jeunes Français âgés de 25 à 35 ans, avaient été interpellés en possession de gourdins à L
Aquila (centre) près de la caserne de la garde des Finances qui doit abriter du 8 au 10 juillet le sommet du G8.

Les jeunes gens ont été inculpés mardi pour détention d
armes prohibées mais laissés en liberté.


LItalie a mis en place un imposant dispositif de sécurité pour protéger le sommet avec plus de 15.000 policiers mobilisés à Rome et à LAquila.

Une trentaine de chefs d
’État et de gouvernement sont attendus au sommet, dont le président américain Barack Obama.

Les autorités italiennes veulent absolument éviter une répétition du drame du G8 de Gênes en 2001, où de violents affrontements entre forces de l
ordre et manifestants avaient causé la mort dun jeune homme.

Leur presse (AFP), 7 juillet 2009.
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Lundi 6 juillet 2009
Communiqué de presse CNT 30

À la rédaction du Midi Libre
Copie à la presse locale
Copie au comité de soutien de Pascal


Demande de droit de réponse, au delà de l’affaire en cours liée aux plaintes pour violence, mais bien pour les propos inadmissibles et diffamatoires tenus par le syndicat Alliance CFE CGC à l’égard de la Confédération Nationale du Travail dans l’édition du Midi Libre du mercredi 1er juillet 2009 en page 5.

Le très corporatiste syndicat Alliance écrit que la CNT est connue pour ses «débordements habituels (fumigènes, dégradations multiples et autres)». Ces accusations de dégradations sont graves, infondées, et diffamatoires. Elles discréditent totalement la «présomption d’innocence» avancée par Alliance dans le même article. Quant à l’utilisation d’artifices en manifestation, elle n’est nullement répréhensible légalement et constitue un usage coutumier du monde syndical manifestant.

La CNT y est traitée de «groupuscule». Cette appréciation très orientée laisse penser qu’Alliance connait le nombre de syndiqués à la CNT. Il n’en est rien. En l’espèce, le syndicat CNT du militant inculpé est représentatif sur le Gard à EXAPAQ (où Pascal est suppléant DP), à La MLJA, à DUC, etc. Au cœur du mouvement social, les sections syndicales réalisent un travail syndical conséquent dont la presse s’est déjà fait l’écho.

Depuis le 22 juin, avec l’intersyndicale, la CNT est en grève contre un projet de réorganisation assorti de 184 suppressions de postes au sein groupe de presse et d’édition Wolters Kluwer France (Liaisons, Lamy, AFL, Dalian, etc.).

Le 25 juin 2009, la CNT est devenue majoritaire à la Cinémathèque française.

Le syndicat Alliance s’insurge que l’on «politise l’action» et que l’on interroge le «professionnalisme» des policiers. À ce propos, le rapport du CNRS du 30 juin 2009, relève ce que tous évoquaient déjà : «Les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence : non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être».

Dans son communiqué de presse du 2 juillet 2009, Alliance conteste l’enquête en indiquant que : «Les lieux ciblés par les scientifiques ne sauraient être représentatifs de ceux fréquentés par l’ensemble de la population française». Il semble par contre que ces lieux sont représentatifs de la priorité de la Police.

Les constats liés aux violences policières et son impunité sont accablants : Le dernier rapport d’avril 2009 d’Amnesty France intitulé «Des policiers au-dessus des lois», le rapport 2008 de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) qui dénonce la permanence de certaines pratiques jugées abusives de la police française, et enfin le rapport de l’Observatoire national de la délinquance (OND) publié mardi 12 mai qui indique que le nombre de gardes à vue a augmenté de 35% en 5 ans.

En ces temps de régression sociale où les plans de licenciements se multiplient, seules les forces répressives de l’État recrutent. Les militants de la CNT et d’ailleurs le savent et ne s’y trompent pas. C’est d’ailleurs à ce titre que la CNT ne syndique pas la Police. Dans son rapport, le CNRS avertit : «L’attention accrue que la police accorde à certaines personnes peut entraîner une augmentation des conflits avec la police».

Il semble que, comme tant d’autres, notre camarade en ait fait les frais…

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Jeudi 2 juillet 2009
Opération coup de poing du 1er Mai contre fin de cortège

Suite aux violentes arrestations du 1er Mai à Paris, Grenoble, et Nîmes : Solidarité avec l’inculpé et militant nîmois de la CNT ! Libérons-le de son procès du 21 septembre !

À Nîmes, le 1er Mai 2009 «historique» tant vanté, fut plutôt «hystérique» au vu de la violence policière sur les manifestants : rien ne vaut une bonne bastonnade, à la bonne franquette, en plein jour, sous l’œil vigilant de leurs caméras. La seule musique qu’on retiendra de ce 1er Mai, qui devait défiler dans la rue, bon enfant, fut lourde et militaire.

Les forces de l’ordre en sont venues à forcer le cortège syndical formé de Solidaires et de la CNT, se soldant par une arrestation caricaturale et incompréhensible d’un manifestant vite relâché, puisqu’aucune charge sérieuse ne pouvait lui être imputée.

Le manège policier devant les jardins de la Fontaine n’avait déjà rien de bon enfant et ne présageait rien de sage. Peu après, après une course poursuite semant pour rien la panique ou la colère dans le cortège, c’est au tour d’un militant pacifiste, syndicaliste de la CNT de se prendre un coup de poing policier en pleine figure. Il sera soigné par la Croix-Rouge le nez en sang. À peine rétabli, il est interpellé de façon musclée au milieu de ses camarades qui plient bagages et drapeaux.

Comble de la tartufferie, il se retrouve en garde à vue, accusé par une policière de l’avoir frappé, avec un procès sur le dos. Le motif d’inculpation est étrangement similaire au dépôt de plainte du militant CNT pour «coup et blessure». Aurait-il pour but de prendre les devants et par là même de justifier a posteriori la gesticulation policière ?

Notre camarade clame son innocence. La supercherie ne devrait pas manquer de s’effondrer alors que cette méthode est employée sur un camarade syndicaliste devant autant de témoins…

Loin de constituer une interpellation anodine, cette affaire relève d’une véritable provocation envers un syndicalisme toujours solidaire du mouvement social et envers l’esprit du 1er Mai qui su vaincre en 1890 la réaction «boulangiste». Faire taire le remue-ménage social, tel était probablement le but escompté à quatre jours notamment, de la visite du démagogique Tsar Cosy surfant sur le tout sécuritaire dans ses «réunions publiques» à Nîmes.

Ne laissons pas le champ libre à une nouvelle mode lancée par les forces de l’ordre et leurs «compagnies de sécurisation», instigateurs de désordres pour mieux justifier leurs interventions musclées. Ne laissons pas sans réagir s’installer une chasse aux sorcières syndicales ou politiques. Montrons ce qu’il en coûte de vouloir museler le combat syndicaliste.

Sans se laisser intimider par l’outrecuidance de la police et sa légendaire impunité, nous constituons un comité de soutien aux inculpés du 1er Mai tant pour leurs plaintes que pour leurs défenses face à la violence policière.

Devant un procès destiné à nous vider les poches, devant des accusations aussi loufoques utilisées pour engager des poursuites pénales envers un camarade apprécié au delà même de son syndicat, la CNT demande de ne pas laisser cet affront impuni et appelle à faire front par un
Rassemblement de solidarité
sur les marches du Palais de Justice de Nîmes

Lundi 21 septembre 2009 à 13h30

Nous condamnons la situation de tension créée volontairement par les forces de l’ordre et exigeons l’abandon immédiat des poursuites à l’encontre des personnes interpellées.

CNT, Union syndicale Solidaires, FSU, CGT Exapaq, CGT Conseil général 30, Confédération paysanne, No Pasaran, FA, NPA, ATTAC Nîmes, les Alternatifs, les Verts, Parti communiste français - 29 juin 2009.

Pour aider aux frais juridiques, vous pouvez adresser un chèque de don à l’ordre de la «CNT», à retourner à : CNT - 6 rue d’Arnal, 30000 Nîmes, avec la mention «solidarité inculpé 1er Mai 2009» - Merci d’avance !


La Marseillaise, 30 juin 2009

Le Midi Libre, 30 juin


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Mercredi 1 juillet 2009
Arrestation arbitraire

L’auteur de Chien créole arrêté
et interrogé par les services secrets ?


Vendredi, la Guadeloupe était en état de siège : un millier de gendarmes mobiles était arrivé tout au long de la semaine passée en Guadeloupe pour prêter renfort aux escadrons déjà stationnés ici ; le tout aux frais du contribuable bien entendu. Leur mission, protéger un seul homme, Nicolas Sarkozy, venu passer sept heures en Guadeloupe. L’après-midi, deux amis et moi avons décidé d’aller faire un tour à Petit-Bourg, où quelques heures plus tard, Nicolas Sarkozy devait se produire dans le cadre des états généraux. Dans Chien Créole, j’avais dénoncé cette venue, qui ne semblait pas devoir répondre aux attentes des Guadeloupéens mais juste donner à Sarkozy l’opportunité de se faire un bon coup de pub. Il faut croire que ça a attiré l’attention des autorités puisque nous n’avions pas fait 200 mètres à Petit-Bourg, que j’étais arrêté et transféré à la gendarmerie de cette commune.


La Guadeloupe en état de siège (photo Julien Tack)


1° Arrestation

Nous sommes à une demi-heure à pied de la salle Laura-Flessel où Nicolas Sarkozy est attendu, en train de nous promener paisiblement quand deux fourgons de gendarmerie pilent à notre hauteur : «Contrôle d’identité». Un ami et moi présentons nos papiers, le troisième n’en a pas. Deux gendarmes montent dans le camion vérifier nos identités, en redescendent et s’adressent à nous qui avions nos papiers pour nous dire qu’on peut y aller, mais qu’en revanche, le troisième va devoir rester avec eux. Ils rendent la première pièce d’identité mais pas la mienne. Quand je leur demande si je peux récupérer mon passeport, celui qui le tient en main me regarde interloqué, l’ouvre vérifie la photo et bafouille : «Ah non, c’est vous qu’on garde», rendant sa liberté du même coup au copain. J’aurais mieux fait d’oublier moi aussi mes papiers… Je glisse discrètement à l’ami relâché de prévenir les avocats du LKP, ce qu’il fera sitôt que je serai monté dans le camion. Celui qui semble être un officier lâche : «Ce n’est pas la peine de l’attendre». Il remonte dans l’autre camion qui prendra la direction opposée au mien.


2° Gendarmes et DST ?

N’ayant strictement rien à me reprocher, je vais jusqu’à plaisanter avec les gendarmes, la plupart très jeunes. J’apprends que leur escadron vient juste de débarquer, qu’ils sont normalement basés à Paris. Conduit à la gendarmerie, je suis entendu par un gendarme stationné en Guadeloupe, dans une petite pièce climatisée. Il m’informe que je suis soupçonné de vouloir utiliser une fausse carte de presse pour tenter de m’introduire dans la salle Laura-Flessel. Lui n’a aucune idée de la provenance de cette information pour le moins saugrenue… Il prend mon nom, prénom, adresse, procède à une fouille de mes affaires (une première fouille corporelle avait été effectuée avant de monter dans le camion) et ne trouve évidemment aucune carte de presse, vraie ou fausse. Il me demande ce que je venais faire à Petit-Bourg ce à quoi je réponds que je me promenais. Devant son incrédulité, je lui explique que je tiens un site d’information sur Internet dans lequel je rends compte de la situation en Guadeloupe, et qu’il me semblait intéressant de constater l’ambiance qui régnait ici.

— Comment s’appelle votre site ?

— Chien Créole.

Contre toute attente, il me pointe du doigt avec un sourire :

— Ah ! Je savais bien que je vous connaissais ! Je vous ai vu sur Canal 10 !


Un des gendarmes fraîchement débarqué le tance :

— Ben vas-y, demande lui un autographe !


Ce photo-montage humoristique sur lequel je figure,
en couverture hier du site de l’UGTG,
a-t-il quelque chose à voir avec mes soucis ?
Il avait déjà été publié pendant les 44 jours.



Bref, s’il est toujours désagréable d’être interpelé comme ça dans la rue alors qu’on est parfaitement en règle, je dois reconnaître que l’ambiance était jusque là plutôt décontractée. Elle va vite se refroidir. Arrive un type en costard cravate, la quarantaine, petite moustache soignée qui ferme la porte derrière lui et lance comme dans un mauvais film :

— Il faut qu’on parle.

Il refuse de s’identifier, se contentant de me dire qu’il appartient au même ministère que les gendarmes. Je déduis à son allure et à son goût du secret qu’il doit appartenir à la DST ou un service similaire chargé de la protection rapprochée du président.


3° «Quelles sont vos opinions politiques ?»

Après nouvelle vérification de mon identité et nouvelle fouille de mes affaires, ce monsieur me demande mon emploi du temps de la matinée, le nom des personnes avec qui j’ai déjeuné. Il relève tous les noms et numéros des personnes que j’ai appelées ou qui m’ont appelé depuis la veille. Parmi elles figurent plusieurs membres éminents du LKP. De but en blanc, il me demande quelles sont mes opinions politiques. Un peu surpris par la teneur que prend l’interrogatoire, je lui rétorque que je ne suis pas certain d’avoir à répondre à ce genre de question. Loin de se décontenancer, il me répond :

— De toute façon, nous avons nos renseignements.

Je n’en doutais pas… Et puis, dans la mesure où j’affiche mes opinions sur mon site, je choisis de lui répondre :

— Je suis sympathisant LKP. J’ajoute, un rien provocateur : Comme 93% de la population il y a encore peu de temps.

Il ne relève pas et enchaîne, désignant mon portable :

— Vos fréquentations semblent ne pas s’intéresser à nos institutions, je m’étonne donc de vous voir ici.

— Si vous faites allusion au fait que le LKP a choisi d’ignorer la venue du président et la tenue des états généraux, c’est un fait. Mais enfin, il me semble que ça ne m’empêche pas de penser par moi-même, ni d’exercer ma liberté de circuler garantie par la constitution. Je n’ai forcé aucun barrage de police, ni rien commis d’illégal. Comme j’expliquais à monsieur, dis-je en désignant le sympathique gendarme (qui est plongé dans la lecture de Chien Créole depuis tout à l’heure et m’avouera après le départ du mystérieux inquisiteur l’avoir ajouté dans les favoris), je tiens un site d’information sur Internet. C’est pour évoquer l’ambiance régnant à Petit-Bourg que je me promenais par là.

— Et si vous deviez rencontrer Nicolas Sarkozy, qu’auriez-vous à lui dire ?

La manœuvre est grossière :

— Cher monsieur, avec plus de 1500 gendarmes déployés pour assurer sa seule protection, entre les renforts et ceux déjà sur place, je vous prie de me croire que pas un seul instant je n’ai imaginé que je pourrais ne serait-ce que l’apercevoir…

— Quels sont vos objectifs politiques ? Qu’est-ce que vous cherchez ?

— J’aspire simplement à une vraie démocratie, plus représentative, à plus de justice sociale.

— Sur le modèle de ce que demande Alex Lollia ?

De plus en plus sidéré par le type d’interrogatoire qu’on me fait subir, je continue de répondre, curieux de voir jusqu’où cela irait :

— Alex Lollia est un militant syndical qui défend les droits des travailleurs depuis longtemps. Je pense qu’on peut dire qu’il se bat pour la justice sociale.

— Peut-on dire que vous êtes un activiste monsieur Gircour ?

Je souris :

— Voilà un bien grand mot. Je suis juste un citoyen qui essaye d’avoir les yeux ouverts.


4° Un simple contrôle d’identité

Je vais rester au total plus d’une heure à répondre à leurs questions. Entre temps, maître Aristide, dès qu’elle a été prévenue de mon arrestation, a commencé à remuer ciel et terre, pour savoir où j’avais été conduit, prévenant au passage Domota et Nomertin. C’est peut-être ce que vient annoncer l’officier de gendarmerie venu solliciter notre élégant barbouze. Ils sortent un moment puis finalement, reviennent.

— Bon, nous avons procédé à la vérification d’identité, nous allons vous relâcher.

Ben voyons, un simple contrôle d’identité qui dure plus d’une heure et où je me fais cuisiner sur mes opinions politiques…

— Je dois signer quelque chose ?

— Non, c’est bon.

Voilà une arrestation arbitraire qui ne laissera pas de traces…


5° Dans quel régime ?

Finalement, deux officiers de gendarmerie me raccompagneront à ma voiture en me menaçant à mots couverts : «À votre place, je retournerais sur le Gosier». C’est bien ma liberté de circuler qui est remise en cause. Ce n’est que plus tard que j’écouterai à la radio le discours prononcé par Nicolas Sarkozy, salle Laura-Flessel.


Nicolas Sarkozy accueilli en Guadeloupe par des élus ravis,
parmi lesquels les socialistes Victorin Lurel et Jacques Gillot

(photo Dominique Chomereau - Lamotte)



J’éteins mon poste lorsqu’un tonnerre d’applaudissement salue son grandiloquent : «Je serai très ferme sur le respect des principes républicains en Guadeloupe.» Je reste perplexe : dans quel type de régime peut-on se permettre de faire subir un interrogatoire politique à un citoyen en règle, n’ayant commis aucune infraction, sans lui dire ses droits et sans qu’il n’en reste aucune trace officielle, si ce n’est celle d’un banal contrôle d’identité ? N’est-ce pas à ce genre de «petits dérapages» avant-coureurs qu’on reconnaît le glissement d’une démocratie vers un état policier ? Depuis que Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir, d’innombrables associations et organisations dénoncent les atteintes aux libertés fondamentales. Mon cas n’est pas isolé, il n’est pas non plus le plus grave loin de là. Il me parait néanmoins symptomatique. Par chance, je n’ai pas subi de violence physique ; il faut dire aussi que j’ai été pour le moins coopératif. N’empêche, quand l’intérêt d’un individu, fusse-t-il le président, justifie que la police viole les droits des citoyens, quand l’arbitraire supplante le droit, on peut se poser des questions sur la santé de notre démocratie. L’histoire de la fausse carte de presse est parfaitement ridicule, ce n’était de toute évidence qu’un prétexte. Si j’ai été arrêté vendredi, alors que mes amis ont été laissés libres, c’est vraisemblablement par rapport aux idées que j’exprime. Mon blog dérange apparemment. Mais qu’on se rassure, ces intimidations n’entament pas ma détermination à témoigner au quotidien de ce que vit la Guadeloupe, bien au contraire ! Au-delà des agissements condamnables du pouvoir, c’est lorsque les citoyens renoncent à exercer leur liberté de pensée et d’expression que l’on risque de basculer dans la dictature. Plus que jamais, soyons vigilants !


PS : Je ne suis pas le seul à avoir connu ce type de déboires. Une mésaventure similaire est arrivée ce matin-là à une autre personne à l’aéroport par lequel Nicolas Sarkozy arrivait, alors qu’il disposait d’un carton d’invitation non nominatif pour l’accueillir.
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Mardi 30 juin 2009
La vengeance est un plat qui se mange après les partiels

Une info bisontine à faire circuler un max :

Arthur, étudiant mobilisé contre les réformes de l’Université, est convoqué au commissariat mardi 30 juin à 14h15 pour «une affaire le concernant».

Dès 14 heures ou même avant, rassemblement de soutien : c’est nous tous qui sommes convoqués au commissariat et il faut le leur faire savoir.

25 juin 2009.
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Lundi 29 juin 2009

Les camps No Border, c’est notamment l’occasion de créer un rapport de force avec les autorités, ce que les journalistes demeurés nomment «ultra violence». Ça consiste à faire des «actions», symboliques ou non, contre l’État, sa police et ses représentants. À Calais, avec la meute de flics, c’est pas simple. Vendredi, quelques-uns ont pourtant bloqué la rocade longeant le camp. La banderole est resté deux minutes sur la voie, puis les gardes mobiles ont chargé, obligeant les camarades à se réfugier dans le camp. Tirs de lacrymos et de grenades assourdissantes s’en sont suivis. Les gardes mobiles sont ensuite restés en position, bloquant la circulation pendant deux heures (ils font le travail à notre place).

Le lendemain, après la manif, rebelote. Quatre camarades, banderoles en main, se sont mis à courir vers la rocade comme des déterrés, mais avant même de passer les barrières du camp, ils avaient déjà fait demi tour, content de leur petite simulation. Les flics n’ont rien compris et la rocade fut à nouveau bloquée par leurs soins.

Du côté harcèlement, la liste est longue : la BAC qui profite de la présence des pompiers sur le camp pour essayer d’entrer à plus d’une quinzaine (sans succès), flashball à la main. Et puis le coup de pression du mardi soir : vers 5 heures du mat, les flics se postent en masse derrière le camp, braquent un projecteur, tentent une entrée, lampes torches en main. L’alerte est alors donnée dans le camp : tout le monde se réveille et fait front. Les flics se retirent, c’était de la provoc’. Dès lors, chaque soir, les flics braqueront le projecteur sur les campeuses et les campeurs. C’était sans compter le sens de l’humour tenace de la population du No Border : le double projecteur qu’on leur a mis dans la face ne les a pas vraiment laissé de marbre.

Sinon, les barrages de keufs posés de part et d’autre du camp ont permis une nouvelle fois d’interdire la sortie du camp à tout ce qui n’était pas jugé «présentable». Rappelons ici que l’interdiction de circuler et l’assignation à résidence sont des mesures exceptionnelles qu’un petit merdeux de préfet n’a aucun droit de prendre, surtout lorsque les contrôles s’effectuent au faciès, ce qui est tout aussi interdit. Mais qu’importe, l’État de droit, c’est dans les films.

Passons rapidement l’encerclement du camp, l’hélicoptère, les contrôles d’identité et les fouilles incessantes. Samedi soir, quand les migrants voulurent regagner leur «jungles» après avoir dansé et chanté toute la soirée, ils durent passer le barrage de flics posté à la sortie du camp, projecteurs braqués. Craignant l’arrestation, un émissaire avec papiers en règle est allé discuter avec la flicaille. Flashball braqué, ordres secs et criés comme à un chien, fouille directe, toujours braqué, et puis la promesse de ne pas emmerder les migrants. L’émissaire assista à leur passage, constata les brusqueries, le mépris et sans doute la peur de se faire planter par l’un de nous. L’État de Guerre permanent…

Du côté de la com’, le QG du journal s’est fait photographier toute l’après-midi par les supers flics de la BAC de Lille, qui n’ont rien d’autre à foutre que de nous attendre en ville au moment de la récupération des journaux :
Le flic : «Je peux en avoir un ?»
«Ouais ça va, t’es là, tu viens faire ton petit minet, avec ta chemise, pendant que nous on se fait contrôler cinq fois par jour.»
Petit sourire faux-cul : «Je veux juste un exemplaire pour le lire.»
«C’est prix libre, 50 cts minimum.»
«Pas de problème.» Il nous tend une piécette comme un débile.
«Ben non, ce fric là on n’en veut pas !»
Finalement on lui a filé la version anglaise. Faut bien rigoler. Mais cinq minutes plus tard, on était bon pour un contrôle bien tendu entouré par cinq molosses, flashball en main. Ambiance. Ils ont pris deux exemplaires du journal (savent lire dans la police ?).

Dans la tournée, on récupère trois témoignages de personnes ayant entendu que les commerçants avaient subi des pressions pour ne plus distribuer le journal. Les flics auraient même obligé une commerçante à enlever une affiche du journal (lu dans Nord Littoral). Au passage, spéciale dédicace aux cafés, boulangeries, friteries et kiosques de Calais qui ont pris le journal en dépôt, avec d’ailleurs parfois beaucoup d’enthousiasme.

Et puis, samedi c’était la manif’. Une promenade avec fouille individuelle à la sortie du camp. Des drapeaux sont confisqués. Et puis une promenade de six heures plein soleil dans le désert des zones industrielles ou au milieu des champs… Les barrages de la bleusaille ont empêché systématiquement le contact avec la population, empêchant du même coup les migrants de participer à la manif. Enfin, retour obligé au camp, toujours en masse, dispersion interdite.

Pour l’anecdote, paraît que certains ont vu des hommes grenouilles patauger dans le port, ces débiles ! Sinon, les black blocks étaient bien là : une pierre a été lancée et a fait une belle étoile dans la vitrine d’une boucherie chevaline. La végétalienne qui a fait le coup a une dent contre le commerce carnivore.

La petite réjouissance : un barrage passé en force, direction la mairie. Mais pas le deuxième. Les matraques ont parlé, elles ont gagné. Vu le rapport de force, il n’y avait pas grand-chose à faire, à part peut-être rester au camp à glander ou passer en douce vers le centre ville. Un vieux CGTiste retraité nous avait prévenu : «Autant de flics, j’ai jamais vu ça de ma vie. Vous n’avez pas intérêt à déconner, sinon ils vont vous massacrer ces bâtards.»

Du côté du camp, on a bien rigolé : les jeunes de la ZUP défilant dans le camp avec le drapeau noir en gueulant «No Border, No Nation» ; les deux adolescentes de la ZUP qui nous ont montré comment éviter les barrages de flics visitant ensuite le camp et prenant un vilain plaisir à gueuler «Ça pue le poulet ici !» à la bleusaille. Idem pour les migrants, qui se sont fait plaisir : «Fuck Police» et autres jurons. Les réunions traduites en kurde, pachtoune, farsi, arabe, perse, anglais et français avaient leur charmes, tout comme les parties de foot multiculturelles ou les danses afghanes. Ça aura été le plus grand succès du camp que d’avoir pu faire se rencontrer des populations habituellement isolées les unes des autres.

Quant aux soi-disant casseurs, black blocks, racailles, et autres «infiltrés» de tout poil, soyons clairs. Hippies ou vieux punk, pacifiste ou anarchiste, jongleur ou musicien, littéraire ou sportif, lorsqu’un commissariat brûle, lorsqu’une ligne de CRS se fait défoncer par des enragés, lorsqu’un pavé fait voler en éclat la vitrine d’une banque ou d’un supermarché, on est tous solidaires pour dire : Pan ! dans ta face ! L’État, le capital, c’est la gueule à terre qu’on les veut !


Flics ? Miliciens ? Casseurs ? Nazis ? Fascistes ?









Photos des «forces de l’ordre» prises samedi 27 juin


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Lundi 29 juin 2009
Le tribunal correctionnel de Strasbourg a relaxé jeudi un manifestant anti-Otan qui était poursuivi parce qu’il portait un couteau suisse, considéré comme une arme de 6e catégorie. Il avait été interpellé le 5 avril, au lendemain de la grande manifestation anti-Otan émaillée de violences, alors qu’il quittait le village autogéré implanté au sud de Strasbourg après y avoir campé pendant la durée du sommet. «Quand on campe, un couteau suisse, c’est l’objet le plus usuel qui soit», avait fait valoir à l’audience le prévenu, un Toulousain de 44 ans. Pas convaincu par l’argumentaire, le parquet avait requis à son encontre trois mois de prison avec sursis et 300 euros d’amende.

Leur presse (LibéStrasbourg), 25 juin 2009.
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Dimanche 28 juin 2009

Ce jeudi 25 juin à 16h05 sur l’avenue Lafayette de Calais, devant l’entrée du magasin Nevada, deux personnes (C.D. et T.J.) portant la banderole «No Borders, no Nations» ont été arrêtées par des agents de la BAC. Un article de la VDN est illustrée d’une photo de l’interpellation.

Après avoir été plaquées au sol et menottés, les deux personnes sont emmenées vers le milieu de la route. Alors qu’elles continuent à scander «Liberté de circuler, liberté de manifester», C.D. subit des pressions physiques pour se taire. L’agent de la BAC qui le maintient lui coince ses lunettes de soleil entre les dents et lui maintient la bouche fermée en agripant son visage par le menton et l’orbite de l’œil droit. Il lui serre également le cou avec l’avant-bras.


Les deux personnes sont ensuite embarquées et emmenées au commissariat central. Le motif de leur interpellation est «rebellion», les policiers inscrivant sur le PV que les deux interpellés auraient résisté «violemment» à leur interpellation. Il n’y a pourtant eu aucune résistance physique de leur part, ils ont seulement continué de crier, ce qui ne constitue pas un motif de rebellion.

Ils sont relachés avant 21 heures avec une convocation à se présenter le lendemain à 10 heures. Le lendemain, leurs dépositions sont confrontées à celle de l’agent de police ayant fait preuve de violence. Chacun maintient sa déposition. L’agent de la BAC porte plainte contre C.D., estimant sans doute qu’il y a diffamation (concernant l’accusation de violences).

Nous avons absolument besoin que les personnes présentes au moment de l’interpellation apportent leurs témoignages sur les conditions de cette interpellation, afin d’acter des violences commises. Pour cela, contactez-nous.
Les deux interpellés passeront devant le tribunal de Boulogne le 14 octobre 2009 à 8h30.
Merci de votre soutien,

Indymedia Lille, 28 juin 2009.
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Dimanche 28 juin 2009
Compte-rendu de la manif

La grande manifestation s’est plutôt bien passée, malgré un dispositif policier ahurissant et un parcours de manif qui nous a fait passer dans des zones désertiques du port de Calais et de la commune de Blériot. Pour tout dire, nous avions à peine fait 100 mètres en dehors du camp, que chacun-e d’entre nous était fouillé individuellement. Nous avons ainsi attendu au moins une demi-heure, le temps que les policiers ouvrent tous les sacs et confisquent les sweat shirt et les batons de nos drapeaux et banderoles, avec des vagues promesses de restituer ça plus tard. C’est bien évidemment illégal (enfin, en temps normal).

Aujourd’hui nous avons vu : des centaines de CRS armés de leurs «bétaillères» à chaque carrefour, un hélicoptère bourdonnant en permanence au-dessus de notre tête, des gardes mobiles, des flics en civil dans notre cortège, la police montée, des flics en bateau, des flics postés aux fenêtres et sur le toit des immeubles HLM, et jusque dans les jardins des maisons, etc.

Ce fut ainsi quelque peu chaotique pour rejoindre le lieu de la manifestation : nous avons bien marché 1h30 jusqu’au phare, puisque ce sont des dizaines de CRS qui nous ont contraint, à chaque carrefour, à choisir les chemins qui évitaient le centre-ville, histoire que nous allions brayer avec les canards. Cela ne nous a cependant pas empêché de distribuer le journal du camp dès lors que notre route croisait celle de quelques maisons.


Arrivé-e-s au phare, nous formions bien entre 1500 et 2000 manifestant-es. Nous attendait notamment, un gros cortège CNT et une bonne mobilisation du NPA. Les quelques riverains qui nous regardaient défiler depuis leurs fenêtres s’affichaient sympathisants, certain-es d’entre eux nous filant de l’eau.

Mais l’impression dominante reste un constat d’impuissance face à un dispositif policier et médiatique qui, depuis le début du camp, invisibilise le contenu politique de nos actions pour ne focaliser les regards de l’opinion que sur un aspect sécuritaire monté de toutes pièces. Encore ce matin Nord Littoral titrait : «No Border, ça marche ou ça casse», avec en sous-titre «L’heure de vérité». Jamais telle opprobre n’aura à ce point été jetée a priori. Depuis mardi, les journalistes préparent médiatiquement les éventuelles interventions de flics. C’est bien simple : dès qu’il s’agit de mettre l’accent sur un supposé penchant prononcé pour la guerre de rue, nous sommes clairement des anarchistes, mais dès qu’il s’agit de décrire la réalité bon enfant du camp et sa dimension ouverte sur l’extérieur, nous redevenons d’inofensifs «altermondialistes».

En attendant, il y avait aujourd’hui autant de flics que de manifestant-es et une ville transformée en caserne… Pas d’arrestations et une prise de parole d’un Afghan à la fin de la manif. Avec la tension qui régnait hier soir sur le camp, c’est toujours ça de pris…


Indymedia Lille, 27 juin 2009.



9h35 : Départ pour la manif


Après une nuit dans un camp assiégé par les flics, nous partons vers le phare de Calais, début prévu de la manifestation.

Sauf que nous n
avons même pas fait 200 mètres dans la zone pavillonaire que nous sommes bloqués par un important barrage policier. :-(

On nous annonce qu
afin de pouvoir passer, nous allons tous subir une fouille…

Maintenant, sachant que nous sommes plus de 500, qu
il ny a que deux flics pour faire les vérifications, et que ça prend au moins une minute par personne, pourrez vous nous dire si nous pourrons rejoindre la manif lorsquelle fera son deuxième passage par le phare ?


10h05 : En route vers le phare

Finalement, quelques flics se sont mis en renfort pour fouiller les manifestants, et nous avons pu enfin repartir vers le phare, où nous attendraient déja plus de 2000 personnes.

Quoi qu
il en soit, cet arrêt nous aura encore permis de discuter avec quelques voisins, toujours aussi solidaires face à un déploiement policier aussi disporportionné…

Au passage devant les HLM près du centre commercial Mi-Voix, les manifestant crient aux habitants nous regardant aux fenêtres de nous rejoindre.

Le centre commercial est bien ouvert (tiens, ils n
ont pas suivi les consignes de madame le Maire), mais un des «cars de ramassage» parisiens est garé bien en évidence sur le parking…

Arrivé au phare d
ici 30 ou 45 minutes.


11h25 : Divagations policières

On se demande si les flics regardent le plan de la ville à l’envers ou s
ils cherchent vraiment à ce que tout dégénère…

Alors que nous aurions pu prendre un chemin assez direct et relativement sûr de leur point de vue (avec très peu de commerces), ils nous font prendre tout une série de chemins détournés…

Le pire, c
est quarrivés pres du début de la rue Molien, presque vers le lieu de la distribution des repas de midi (en fait plutôt vers 14h, ce qui explique quil ny a actuellement personne), les flics nous forcent à faire un détour et passer juste au contact de la maison des Éclusiers (le squat des Érythréens), puis nous reforcent à rejoindre la rue Molien, alors que dici, il faut prendre un pont pour rejoindre directement le phare…

Encore pire, ils nous bloquent quelques dizaines de mètres plus loin… Assez violemment, puisque les BAC balancent quelques coups de matraques sur les premiers rangs, qui cherchent à passer.


Après quelques minutes darrêt, les flics nous repoussent jusquen face du pont qui reste cependant bloqué !

Nous sommes donc devant le squat des Érythréens, dans une situation très tendue, car les flics sont au contact de la maison et entravent les déplacements aussi bien des manifestants que des Érythréens…


12h00 : Arrivée au Phare

Bon, on dirait que les flics lillois ont enfin compris qu’ils étaient encore en train de lire le plan de Lille, et qu’ils ont eu la bonne idée de demander aux gens de l’hélicoptère de leur indiquer le bon chemin…

Nous sommes donc enfin arrivés au phare, où nous attendent les autres manifestants. Pas 2000 comme je l’avais malheureusement dit, quand même pas loin d’un millier.

Après une petite prise de parole pour décrire aux autres les conditions de notre parcours, nous partons directement pour la manifestation officielle.

Au delà des barrières, loin de nous, une bonne centaine de Calaisiens nous regardent.



14h30 : Fin de manif

Avec dispersion au phare, alors que nous devions aller jusqu’aux ferries. La longueur du trajet, le soleil de plomb, et probablement le désir de ne pas se retrouver dans une souricière si nous continuions jusqu’aux ferries comme cela était prévu.

Prises de paroles, avec notamment un migrant afgham et une personne de Calais qui héberge un migrant.

Maintenant, puisque nous n’avons pas accès aux restaurants locaux, il ne nous reste plus qu’à retourner au camp.

En espérant que les flics nous permettent un retour moins tumultueux que l’aller…


ZPAJOL liste sur les mouvements de sans-papiers, 27 juin.
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Dimanche 28 juin 2009


De la répression à la jubilation


Le camp No Border de Calais aura donné l’occasion à la Voix du Nord de choisir le sien avec zèle. On appréciera une fois de plus les commentaires adéquats de cet honorable journal, en date du 26 juin, à
propos de l’inscription documentée dans le présent article :
«Les No Border écrivent beaucoup. Un site internet, des tracts, des affiches, des pancartes. Ils ne se privent apparemment pas non plus d’étaler leur prose sur les murs, comme en témoigne l’inscription couchée sur un mur du transformateur électrique situé à côté du camp. Surtout, dans un contexte de tensions avec les CRS, l’inscription prend des allures d’avertissement. Et ça fait quoi une guêpe contre une matraque ?»
Quand la police réprime, la Voix du Nord aboie.




L
e droit d’auteur comme instrument de censure

Le Jura Libertaire a pour sa part eu droit à ceci, au sujet de la série d’articles intitulée «No Border Calais : La répression qui vient» — qui ont été beaucoup lus, avant d’être supprimés par
Overblog :

Mise en demeure
Anne-Caroline BUISSON <juridique@lavoixdunord.fr>
Lille, le 24 juin 2009
Monsieur le Directeur de la Publication,
Nous avons constaté que sont reproduits et diffusés des articles parus dans LA VOIX DU NORD sur le site juralibertaire.over-blog.com que vous éditez notamment à l’adresse suivante : http://juralibertaire.over-blog.com/article-32844337.html
Cependant, à aucun moment vous n’avez sollicité ni obtenu notre accord pour la reprise de ces articles.
Je vous rappelle que ces diffusions non autorisées sont constitutives du délit de contrefaçon, sanctionné par l’article L.335-3 du Code de la propriété intellectuelle.
Dans ces conditions, nous vous mettons en demeure de retirer de ce site l’ensemble des articles de la Voix du Nord dans un délai de quarante-huit (48) heures à compter de la réception de la présente.
À défaut, nous nous réservons la faculté d’engager toute procédure judiciaire, notamment en référé, afin de faire valoir nos droits.
Dans l’attente de vous lire, je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur de la Publication, l’expression de mes sincères salutations.


No border ? Au bûcher !

Médias, police, justice, mairie, préfecture : tous ensemble pour alimenter la psychose d’une invasion terroriste. Les autorités nauraient-elles pas quelque chose à craindre de la solidarité que lorganisation dun tel évènement fait naître inévitablement ?

Vous êtes maire d
une ville qui va recevoir pendant une semaine un événement majeur sur une question qui touche directement votre commune. Que faites-vous ? Bouchart (UMP) a la réponse : annuler les activités culturelles, appeler les flics en renfort, reporter le conseil municipal, faire ville morte, donner des interviews alarmistes tout en faisant pression sur lensemble des associations calaisiennes ; et surtout ne pas rencontrer le No Border qui envoie des «mails anonymes», cest-à-dire dire signés du nom du collectif. «Je ne sais pas de qui on parle. […] cest signé “No Border”. On ne sait pas qui est qui, on ne sait pas identifier.» Pas question non plus de traverser la rue qui sépare la mairie de la Maison Pour Tous où se réunissait le comité organisateur. «À lintérieur de ce mouvement qui peut apparaître “Peace and love”, il y a des anarchistes […] Vu létat desprit de ces personnes, on peut tout attendre.» Tout ? Ambiance…

Police partout / Justice nulle part

Côté préfecture, cest clair : une bonne cargaison de CRS (entre 1000 et 2000 parqués au camp Jules Ferry), des meutes de flics en civils genre cow-boy de la BAC [Brigade anti-criminalité] et fouille-merde des RG [Renseignements généraux] qui occuperont pour loccasion les hôtels calaisiens réquisitionnés tout spécialement. Pierre de Bousquet de Florient [Préfet du Pas-de-Calais, ancien chef de la DST, co-prince d’Andorre entre 1997 et 1999 (c’est pas une blague) et mis en cause dans l’affaire Clearstream] na pas confiance : «Nous voyons bien que ceux avec lesquels nous discutons ou bien ne tiennent pas leurs engagements, ou bien ne veulent pas les tenir». Il est fait ici référence au refus dun terrain par le collectif organisateur, les gens du voyage layant déjà réservé, chose que le préfet avait «omis» de préciser. Pourtant ce dernier est «de bonne volonté», et ses déclarations le prouvent : il est «absolument sans illusions sur les intentions de ceux qui organisent». En effet.

«Tous les papiers qu
on reçoit sont signés No Border. Mais No Border, pour moi, cest nobody.» Humour… «Ce ne sont jamais les mêmes personnes qui négocient avec nous. Il sagit souvent de pions avancés. Les vrais décideurs, on ne les voit jamais.» Et paranoïa… Une structure sans hiérarchie, cest trop !

Et celle là : «La manifestation est déclarée sous de faux noms, de fausses identités. […] Quelles craintes ont-ils à déclarer leur manifestation ?» Peut-être une méfiance vis-à-vis des flics et des magistrats habitués à mettre en taule au moindre prétexte ? Lors d
une réunion de négociation, le sous-préfet a prévenu : surtout «ne pas répondre aux provocations policières», tout est dit !

À noter : les populations migrantes détenues au Centre de Rétention Administrative de Coquelles ont été transférées pour l
occasion. En effet, assiéger les CRA pour réclamer la libération des populations en exil, voilà le genre de «dérives ultra violentes» dont sont capables les personnes participantes au No Border.

Des pressions à gogo

Du côté de la société civile, c
est lembrouille. Certaines associations humanitaires se méfient de la «politisation» de la question migratoire [Emmaüs, Secours catholique et Médecins du Monde se sont officiellement «désolidarisés» du No Border (Nord Éclair, 18/06/09)]. Dautres craignent la réaction du maire en cas de participation au projet : adieu subventions ! Côté théâtre, sans les pressions que le directeur du Channel a subi, aurait-il annulé la rencontre organisée par le No Border dans ses locaux ? «On ma demandé de prendre cette décision. Mais cette décision cest moi qui lai prise. Librement.» Précisant par ailleurs que «lavenir du Channel est en jeu». Et lavenir nest pas mis en péril par le No Border : «Honnêtement, je ne pense pas quune avocate et un médecin auraient tout cassé au Channel». Considérant les 800.000 € annuels versés au théâtre par la mairie de Calais, Bouchart était plus à même de peser sur le «libre arbitre» du directeur de la scène nationale…

Positionnements «subtils»

On connait la promptitude avec laquelle les Verts et la LDH dénoncent les politiques répressives dans des communiqués qui n
engagent à rien. Pourtant, le représentant de la LDH sur Calais et lélue Vert enfoncent tranquillement le No Border dans le torchon Nord Littoral [Édition du 13/06/09]. Contactés par nos soins, ils nont pas donné signe de vie… morts de honte ?

Si les associations de soutien aux sans-pap
de Calais nont pas signé lappel à manifester du No Border [L’association Terre d’Errance fait exception], certaines ont fini par le soutenir publiquement [Notamment le collectif d’associations C’Sur, ainsi que l’association Salam, dont les communiqués dénoncent entre autre la psychose entretenue par les autorités] tandis que nombre de militant-es associatifs se sont joints à titre individuel à lorganisation de lévènement.

Les médias partent en croisade

Côté médias, on donne pleines pages aux autorités se délectant des «dérives ultra-violentes», sans contradicteur et sans vérifier la réalité des faits ; on déblatère sur les thèmes de prédilection des flics et des mouchards : sécurité, ordre, violence et menace. La description du réseau No Border frise le comique : «groupuscule associatif international à sensibilité anarchiste», «GreenPeace de l
immigration», «mercenaires de lanti-impérialisme», «babas cool pacifistes ou casseurs ?», «réseau dultra gauche clandestin», «groupe dextrême gauche anarchiste»… Quand on questionne le journaliste de Nord Littoral, il annonce : «Cétait par provocation, pour que les gens du No Border se manifestent». Un vrai pro…

La Voix du Nord remporte la palme avec son titre : «Le camp No Border, une zone de non-droit». Le journaliste se lâche : «Ces militants […] s
enferment, se replient, sisolent et déterminent une zone de non-droit». Il en rajoute : «Visiblement, tout est mis en œuvre pour vivre en autarcie». Pourquoi tant de haine ? Parce que la presse est invitée à rester en dehors du camp, tout comme les flics. Les raisons ? Primo : une carte de presse ne donne pas tous les droits. De deux : le camp fonctionne en groupes de travail et en réunion collégiale, il est de ce fait important de se protéger des mouchards. Tertio : quand les journalistes feront leur boulot, on en reparlera. À titre
de remarque : lui et ses collègues restent bien gentiment sur le pas de la porte quand les réunions de ministres et des conseils d
administration se font dans le secret. Cela concerne pourtant la vie de millions de gens. Alors ? Quand lautorité parle, les chiens de garde se couchent.

Psychotiques forcenés

Cet enchaînement de dispositifs sécuritaires, médiatiques et souterrains crée un certain malaise. Le quadrillage policier, les interventions récurrentes du maire et de la préfecture sur «l
ultra-violence», les dizaines darticles que les médias locaux consacrent non sur lévènement, mais sur ses supposés dangers…

Précisons ici que les camps No Border sont l
occasion de créer un rapport de force avec les autorités, notamment par laction directe (occupations de locaux, blocages) et de créer une rencontre avec les populations locales et migrantes. Contrairement au positionnement «humanitaire» œuvrant dans la négociation permanente, il sagit ici de montrer une opposition nette, non contre une population, mais contre une politique répressive, xénophobe et «ultra violente».

Citations tirées de la Voix du Nord, Nord Littoral et Nord Éclair, journaux propriété de l’empire Rossel (qui compte aussi L’Indépendant, Lille Plus, Nouvelle Côte d’Opale, etc.) + d’info : La Brique no 12.

Nomade no 1, 23 juin 2009
Quotidien du camp No Border de Calais.
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Jeudi 25 juin 2009

Suite au blocage du centre de rétention administratif pour les migrants de Lesquin le mercredi 24 juin, vingt six personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue.

Quinze ont été libérés après 24 heures de garde à vue avec un rappel à la loi pour organisation d'une manifestation sans déclaration préalable, et onze sont encore en rétention au commissariat central de Lille. Aucune dégradation ne leur est reprochée mais leur garde à vue a été prolongée de 24 heures ce matin pour des raisons qui nous restent inconnues, sauf qu’une majorité d’entre eux refuse de déposer leurs empreintes digitales. Les avocats de l’équipe juridique ne parviennent pas à avoir de nouvelles et parlent d’éventuelles comparutions immédiates.


D’après les témoignages des personnes libérées, les conditions de détention ne sont pas respectées (pas d’eau ni de boissons, aucune nourriture pendant 24 heures pour les nombreux végétariens, refus d’accès à un médecin, obligés de dormir sur le sol nu sans couverture, provocations…).

Nous nous sentons totalement impuissants face à une justice arbitraire et répressive, et ne savons pas à quel soutien appeler sans subir de nouvelles répressions.

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Jeudi 25 juin 2009
Dans le cadre de la journée internationale
«Justice pour les travailleurs d’Iran»

Rassemblement le 26 juin à 17h30
Contre la répression en Iran
Esplanade des Droits de l’Homme - Besançon

Face à l’arrestation de centaines de militants syndicaux lors du rassemblement du 1er Mai à Téhéran et les dizaines de militants poursuivis, traînés devant les tribunaux et emprisonnés pour avoir milité afin de créer des organisations syndicales indépendantes, quatre organisations syndicales internationales (la CSI et les internationales de l’enseignement, des transports et de l’alimentation) ont décidé, avec le soutien d’Amnesty international, de faire du 26 juin une journée mondiale de solidarité pour les libertés et les droits syndicaux en Iran.

L’actualité récente de l’Iran, où chaque jour la population manifeste contre le régime islamique et pour l
obtention de droits démocratiques, donne à cette journée une tonalité particulière. Le monde entier a été témoin de la sauvagerie du régime avec lassassinat de plusieurs dizaines de manifestants, dont la jeune Neda tuée par les miliciens bassidji.

Pour réclamer la libération des militants syndicalistes emprisonnés le 1er mai et des manifestants arrêtés ces derniers jours, pour soutenir la lutte du peuple d
Iran pour les libertés démocratiques, et en mémoire de Neda et de toutes les victimes de la répression, nous appelons à un rassemblement le vendredi 26 juin Esplanade des Droits de l’Homme à 17h30.

Vous pouvez venir avec des fleurs en mémoire de celles et ceux qui sont tombés sous les coups de la répression.

À l’appel des Unions locales CFDT - CGT - SUD SOLIDAIRES
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