"La Brique" voudrait pas crever !

Publié le par la Rédaction

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La Brique est un journal précaire. Disons… en danger de mort permanent. Depuis le no 1 de mars 2007, nous n’avons guère franchi la ligne verte. À croire qu’on le fait exprès. Quelques soirées de soutien et quelques criées énergiques ont bien pu financer un ordinateur, une ligne téléphonique et du café. Mais ces derniers temps, le manque de liquide fait grogner le banquier «coopératif» et les fournisseurs…

On pensait que le passage en mensuel susciterait l’emballement général. Mais notre compte bancaire fait toujours la gueule, rien à faire. On se console en se disant qu’on arrive tout de même à en diffuser autant qu’en deux mois. C’était le minimum. Mais c’est deux fois plus de boulot…
et deux fois plus de risques de tomber dans le rouge.

Toujours débordants d’ambition, on a doublé le tirage, on a déposé La Brique partout dans la région [Nous sommes diffusés par les dépositaires NMPP de Lesquin, Valenciennes, Calais, Lens, Douai, Dunkerque, Berck Plage et Maubeuge, auxquels s’ajoutent Amiens, Soissons, Abbeville et saintQuentin à partir de ce numéro]. L’augmentation des ventes a renfloué le surplus de facture d’impression, pas davantage. On arrive aujourd’hui de justesse au niveau des 900 exemplaires vendus [Selon les calculs usuels en la matière, environ 2 ou 3000 personnes pourraient lire La Brique, bien davantage que le nombre d’exemplaires vendus. Mais le Crédit Coopératif se fout du nombre de lecteurs… avec eux c’est l’oseille qui compte.]. Pas terrible, hein ? 500 dans les kiosques de Lagardère (NMPP) qui nous arrachent 34% du prix, 180 chez nos dealers, plus d’une centaine dans la rue. Ainsi qu’une centaine de personnes qui nous ont soutenus en s’abonnant.

Tous ces efforts couvrent donc à peine l’impression. En théorie. Car le paiement par les NMPP [Les «Nouvelles Messageries de la Presse Parisienne» qui fournissent les kiosques par l’intermédiaire des dépositaires, sont détenus à 49% par Hachette-Lagardère] se fait deux, trois, parfois cinq mois après. C’est pourquoi on chute régulièrement dans le rouge. À la dernière impression, il a fallu ramener à l’imprimeur une preuve de bonne foi, soit un chèque de 2000 € pour qu’il nous laisse embarquer les 6000 exemplaires [Pour les invendus, les NMPP détruisent plus de 3500 exemplaires et nous en gardons environ 1500, qu’on distribue ici et là dans les quartiers, dès qu’on a le temps]. On lui devait quand même 6800 €. Après règlement des nos 13 et 14, reste encore à régler l’impression des nos 15, 16 et 17, soit 4100 €.

Alors il s’agit de convaincre sans relâche de nouveaux lecteurs et lectrices, de toujours faire progresser ce canard, son contenu et sa diffusion ; tout comme de rendre visible la nécessité d’une presse critique aujourd’hui.

Mais à court terme, le meilleur moyen de s’en sortir, c’est d’amasser des abonnements par dizaines, par centaines ! Car à chaque fois, c’est dix numéros payés d’avance sans qu’un intermédiaire vienne grappiller sa part. Du flouze qui permet de régler les factures à temps. C’est vital pour un humble et frêle esquif comme La Brique, qui rame au milieu du marécage médiatique.

D’autres vivent la même galère, du CQFD à L’Envolée, en passant par le Postillon. La presse associative militante ouvre bien sa gueule, mais l’écho est trop faible, comme les soutiens. Alors les abonné-es sont le nerf de la guerre pour continuer à imprimer chaque mois. Et nous en avons trop peu.

On n’a donc pas attendu d’être complètement dans la mouise pour vous alerter. Car on ne veut absolument pas prendre le risque que ce canard disparaisse. Notre peau, on la vendra chèrement. On espère que vous aussi, vous tenez à ce canard, en ces temps pourris. Pour nous voir paraître encore dans six mois, dans un an, il va falloir mettre la main à la poche. Alors, la bourse ou la vie, camarade ?

Le Collectif de rédaction
La Brique no 18, novembre 2009
Journal d’info & d’enquête de Lille et d’ailleurs.


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