Solidarité Poitiers

Publié le par la Rédaction


Non à la répression
des mouvements sociaux !
Relaxe de tous les inculpés
des 10 et 17 octobre à Poitiers !
Abandon des poursuites
et des instructions en cours !

Le 10 octobre dernier à Poitiers, la manifestation organisée dans le cadre d’une Journée anticarcérale contre l’ouverture de la nouvelle prison à Vivonne s’est conclue par des bris de vitrines appartenant à des multinationales de la télécommunication, des banques et des assurances, ainsi que par le gazage du marché Notre-Dame qu’a opéré la police alors que le cortège s'était déjà dispersé. Pendant plus de cinq heures a également eu lieu au «23», lieu culturel et artistique, une répression policière sauvage et gratuite, et cette journée s’est achevée par l’arrestation de 18 personnes servant visiblement de boucs émissaires.

Après quarante-huit heures de garde à vue, huit d’entre elles sont passées en comparution immédiate, et, du fait du battage médiatico-politique autour de ce qui était devenu le «saccage du centre-ville», toutes ont été condamnées à des peines — dont quatre mois de prison ferme pour Patrick, et un mois pour Samuel et Jean-Salvy. De plus, le parquet a fait appel — ce qui ne présage rien de bon pour la suite si rien ne vient infléchir le cours de cette «justice».

Diverses mobilisations ont déjà eu lieu à Poitiers et à Tours : manif du 17 octobre à l’appel du Comité de soutien à Sam et Jean-Salvy (qui s’est soldée par trois nouvelles arrestations) ; manif du 19 et soirée débat-concert du 22 organisées par le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux en soutien à tous les inculpés ; manif du 24 octobre appelée par le Comité de soutien à Sam et Jean-Salvy et rassemblement du 31 octobre appelé par diverses organisations dont le Comité antirépression de Tours, en solidarité avec Patrick…

Ces mobilisations — de même que les nombreuses distributions de tracts ou les pétitions réalisées — ont montré leur utilité, car Samuel et Jean-Salvy ont finalement été remis en liberté en attendant le procès en appel […]. Mais Patrick est resté en prison : le tribunal a considéré que ses garanties de représentation en justice et de non-réitération de son geste étaient insuffisantes.

Libération immédiate de Patrick Dubreucq !

Patrick, alias Patoche, «militant de toutes les bonnes causes» comme il se définit lui-même, a été condamné non seulement à huit mois de prison dont quatre ferme mais, comble du comble, à une obligation de soins psychiatriques et à une amende pour avoir jeté un projectile en direction des forces de l’ordre sans que personne n’ait été blessé. Ce projectile serait une pile (au moins atomique !) qui aurait atteint par ricochet un commissaire — lequel a obtenu des dommages et intérêts de 800 euros.

Parce qu’il vit de minima sociaux, parce qu’il fait partie des «exclus», Patrick ne pourrait être libéré… Alors qu’à 50 ans passés il n’a jamais été condamné, il est présenté comme susceptible de réitérer un acte dit «violent», mais exceptionnel, en direction des forces de police. Affirmer qu’il est dangereux pour l’ordre public est une sinistre farce — mais bien dans la logique d’un pouvoir qui réprime particulièrement cette partie de nos concitoyens.

Se révolter contre cette société pourrie est ainsi une maladie mentale, et la psychiatrie la cinquième roue du magnifique carrosse de la paix sociale et du système répressif étatique. L’avocat de Patrick a fait appel de ce jugement inique, et un nouveau procès aura lieu le 19 novembre.

Exigeons l’acquittement de Patrick, celui de Jean-Salvy et de Samuel […] ainsi que celui de Charles et de Léo — dont leur date de procès n’est pas encore connue.

Exigeons de même la relaxe pour tous les inculpés des 10 et 17 octobre, et l’arrêt de toutes les procédures en cours — notamment celle qui menace de fermeture le «23».


D’autres actions de solidarité sont prévues. Venez vous y joindre :
— Les 18 novembre à 18 heures et 19 novembre dans la journée, rassemblements devant le palais de justice pour assurer Patrick de notre solidarité face à son procès en appel ;
— Le 28 novembre à 14 heures, manifestation pacifique pour la justice et le respect des droits de l’Homme, à l’initiative du Comité de soutien aux inculpé-e-s du 10 octobre ;
— Le 5 décembre de 14 heures à 23 heures (horaires à confirmer, lieu et programme à préciser), Forum de soutien et d’échanges sur la répression organisé par le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux ;
— Le procès en appel de Samuel et Jean-Salvy est repoussé à une date ultérieure.

Ne laissons pas bafouer les droits d’expression
et de manifestation !
Opposons-nous à toute forme de répression
des mouvements sociaux !


Signez et faites signer massivement la pétition demandant la libération de Patrick et la relaxe de tous les inculpés.
Apportez un soutien financier : chèques à l’ordre d’ACRATIE — à envoyer à ACRATIE, 86310 La Bussière (avec la mention «Solidarité Poitiers» au dos).
Écrivez à Patrick : Centre pénitentiaire de Poitiers Vivonne, Patrick Dubreucq, no d’écrou 145, Champ de Grolles, 86370 Vivonne.

Commenter cet article