Charlie Hebdo se fait Hara Kiri

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Film de Pierre Carles, 2008

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CNT AIT 20/01/2010 23:58


Chard est assez mal placé pour faire des remarques sur Val : Charb a notamment pris fait et cause pour les patrons des cinémas Utopia lors de la lutte des ex salariés (à noter qu'ils dénonçaient le
travail gratuit, à rapprocher de la gueulante de val dans le film qui exige que les gens viennent bosser le dimanche ...)

Ci dessous le texte diffusé à l'époque par le syndicat CNT-AIT de Paris lors d'une dédicace de Charb le valais. Il  était peu fier, reconnaissant qu'il avait fait des dessins pour dénoncer la
lutte, parce qu'en fait les patrons étaient ses potes ...

A noter que depuis les patrons ont étés condamnés par les prudhomme. On en a informé Charb lors d'uen autre séance de dédicace, lui demandant des excuses publiques pour son dessin 'pourquoi la CNT
ne vérifie pas ses infos, parce que c'est du boulot du con" car visiblement c'est lui qui n'avait pas vérifié ... On attend encore ...

QU'on se le dise : Charb est une merde (pour plagier Val dans ce film)

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DANGER : FAIZANT DE GAUCHE !


jeudi 6 octobre 2005



Tout le monde connaît les dessins à l’humour caustique et glacial de Jacques Faizant dans le Figaro, fustigeant les syndicats qui manipulent les travailleurs et qui prennent le public en otage.
On aurait pu craindre l’extinction de ce menhir de la pensé politique française avec sa disparition prochaine. Heureusement, l’excellent Charb, dessinateur de Charlie Hebdo de son état, a
courageusement repris le flambeau. Qu’on en juge :


La société UTOPIA est une chaîne de cinéma d’art et d’essai implantée dans différentes villes de province et banlieue. Elle développe dans sa gazette un discours alternatif, fustige le capital et
prend la défense des petits (cinémas) contre les gros (multiplexes). Ils appellent même parfois à voter Arlette, rendez vous compte ! Dans le cinéma de Toulouse, les conditions de travail,
et notamment les conditions salariales, sont loin d’être à la hauteur des prétentions de cette entreprise citoyenne. Par exemple, les primes sont attribuées en fonction de critères que le Baron
Seillière ne renierait pas : la conscience polititique qui – bien sur – doit être alignée sur celle du patron … Et mieux que le lundi de Pentecôte, quine concernait qu’uen journée, les
salariés sont « invités » (sous peine de licenciement …) à effectuer du travail bénévole pour l’entreprise … La CNT AIT, modeste syndicat de salarié, à donc fait ce que ferait tout
syndicaliste en cette occasion : elle a dénoncé cet abus d’autorité patronale.


Bien entendu, ceci n’a pas été du goût de la direction de l’entreprise. Dans sa riposte, elle a demandé à l’humoriste Charb de faire des gribouillis dans sa gazette. Celui ci, en digne héritier
« alter » de Jacques Faizan, fustige donc cette action syndicale qui bien entendu ne peut être qu’une manipulation des travailleurs par des gens mal informés, qui prend l’alter-public
en alter-otage.


Alors, puisque l’ami Charb indique que nous n’avons pas vérifié nos sources d’informations, nous avons le plaisir de reproduire ci dessous des extraits de témoignage d’anciens salariés de
l’entreprise Utopia. Nous tenons également à disposition les Règlements intérieurs et d’autres documents internes, pour nepas être accusé de n’avoir qu’une seule version del’affaire, celle des
(ex) salariés en l’occurence. Ainsi, celui qui n’aime pas les gens mais semble par contre bien apprécier les patrons pourra se faire sa propre opinion et deviner qui manipule qui dans cette
affaire.


Des lutteurs de classe



Extraits de témoignages d’anciens salariés d’Utopia :


« Comme à toute personne ayant fait des études de cinéma, Utopia me paraissait être le lieu de travail idéal : excellente programmation, respect des films, engagement politique,
collègues sympas et cinéphiles... Quelle désillusion ou devrais-je dire « désutopie » ! La paranoïa, la délation, les lettres recommandées et les réunions sanctions faisaient aussi
partie de cette aventure. La gazette est prompte à critiquer les autres entreprises, cela tend à masquer la réalité du travail dans ce cinéma : des idées incongrues sur une nécessaire
dévotion à Utopia, des heures non comptabilisées dans le temps de travail, des idées politiques que les salariés doivent pouvoir justifier auprès des spectateurs et surtout aucun droit à l’erreur
sous peine de recevoir une lettre recommandée. Ma déception dans ce cinéma a été immense, j’ai quitté Utopia à la fin de mon contrat sans vouloir discuter avec mes employeurs d’une éventuelle
reconduction, j’ai fui sans me retourner. (...) » Héloïse


« J’étais une Utopiste convaincue lorsqu’en mai 2004 les directeurs d’Utopia m’ont proposé d’embarquer pour une aventure salariée de six mois. Nous nous connaissions mieux depuis un certain
temps puisque nous avions créé l’association des Utopistes Associés ensemble et j’en étais alors la vice-présidente.(...) J’ai trouvé cette opportunité extraordinaire. (...) Malheureusement (et
le mot est faible ...), j’ai vite déchanté. (...) Le fait, ensuite, de ne pas avoir notre salaire complet un mois paraît anecdotique ; mais il est important de souligner que lorsque ça nous
est arrivé, nos patrons si engagés dans la cause des salariés nous ont reproché en réunion d’être mesquins, de nous monter la tête pour ce genre de détails. Mesquinerie, que de nous soucier de
savoir si nous allions pouvoir payer notre loyer en début de mois ou donner à manger à nos enfants lorsque nous ne gagnons que 1100€ par mois ? Mesquinerie, que de leur dire qu’en tant que
patrons d’entreprise, ils ont des devoirs envers leurs salariés, surtout quand le salaire n’est pas versé pour la simple et unique raison qu’en août le comptable est en congés, et qu’ils n’ont
pas prévu un évènement qui se répète chaque année à la dite période ? (...) » Anne


« (...) Une collègue venait de quitter l’entreprise avec une balance horaire déficitaire lorsque je me suis moi-même retrouvée avec environ 70 heures à rattraper. Ce cumul s’explique de deux
manières : contrairement à la législation sur l’annualisation du temps de travail, l’entreprise ne remettait pas les balances horaires à zéro au 31 août de chaque année et pendant de
nombreuses semaines on ne m’a pas fait travailler un minimum de 35 heures. Cela a eu des répercussions physiques et morales : j’ai dû enchaîner des semaines de travail supérieures à 35
heures (parfois supérieures à 42 heures sans avoir été rémunérée en heures supplémentaires). L’impossibilité d’organiser ma vie personnelle m’a contraint à un état d’isolement auquel s’est ajouté
un état de grande fatigue (le temps que je ne passais pas à travailler, je le passais à dormir pour récupérer). (...) » Christine « Je garde, fort malheureusement, un pitoyable souvenir
de mon court passage dans la SARL Utopia. C’est avec regret que j’ai constaté très vite à quel point ses créateurs et dirigeants faisaient peu de cas des conditions de travail et de vie de leurs
salariés. Et ce, en contradiction complète avec les discours lénifiants et les effets de communication dont ils se sont fait une image de marque. (...) Les fonctions les plus pénibles se
révélèrent vite être celles du ménage : aspirateur, poubelles, serpillière dès 6 heures du matin, m’obligeaient à me lever à 5. Tout cela bien sûr pour un SMIC. A cela, vinrent se rajouter,
hors du temps de travail, hors rému