Blocage de lycées à Carcassonne : L'UNL fait la police - 8 novembre

Publié le par la Rédaction

Carcassonne : Les proviseurs portent plainte pour dégradations lors des blocages

 

Peu essoufflés par les vacances, les lycéens poursuivent le blocage des établissements. Un mouvement que les proviseurs ont décidé de saper sur le terrain judiciaire en déposant plainte contre X après les dégradations constatées hier.

 

 

Le proviseur du lycée Paul-Sabatier, Jean-Marie Mercadal déposera plainte contre X pour dégradations aujourd'hui au commissariat de police de Carcassonne. Son homologue de Jules-Fil, Jérôme Rallo, l'a précédé en faxant la même plainte pour dégradation de biens publics hier. Il faut dire que le blocage des deux lycées, dans la nuit de dimanche à lundi — la barricade dressée à l'entrée de Paul-Sabatier a été levée à 7h30 hier matin — a un peu dégénéré. Résultat : deux caméras de vidéosurveillance cassées, le portail principal endommagé à Sabatier ; le portail également abîmé, un panneau du conseil général dégradé et des graffitis à Jules-Fil. Dans les deux cas, le montant du préjudice n'a pas été précisément évalué.

 

Ces actes d'incivilités, sinon de vandalisme, les représentants des lycéens ont tenu à les condamner hier. «Nous ne cautionnons aucun des actes commis aujourd'hui. Les dégradations sont l'œuvre de personnes extérieures aux établissements et des casseurs que nous n'avions jamais vus dans nos manifestations», explique Victor Chabert, représentant de l'UNL qui annonce : «Suite aux événements d'aujourd'hui (hier, NDLR), nous avons décidé de coopérer avec la police pour que nos manifestations et nos blocages restent pacifiques.»

 

Au passage, les lycéens regrettent la politique d'obstruction menée par l'administration. «La tenue d'assemblées générales dans les établissements est désormais interdite ; une lettre du rectorat datant d'avant les vacances scolaires nous en empêche. C'est une attente à notre droit de manifestation», déplore Victor Chabert qui y voit la cause des débordements : «Si les assemblées générales de lycéens n'avaient pas été interdites nous aurions pu contrôler la situation.»

 

Quoi qu'il en soit, la réponse judiciaire aux débordements d'hier marque un tournant pour le mouvement lycéen. Comme une fin de récré sifflée par les proviseurs. «On comprend les problèmes de la jeunesse, mais là, il y en a ras le bol ! Ces dégradations portent d'ailleurs préjudice au mouvement lycéen», observe Jérôme Rallo, le proviseur de Jules-Fil.

 

D'une phrase définitive, Nathalie Tournerie justifie le tour de vis judiciaire : «On observe une évolution du mouvement lycéen vers la délinquance», estime la proviseure adjointe de Paul-Sabatier.

 

Pour les lycéens, l'affaire est entendue : le rectorat a donné pour consigne aux proviseurs de déposer systématiquement plainte. Au piquet, les grévistes ! Ce qui n'éteindra pas leur détermination à poursuivre le mouvement. À Paul-Sabatier, conformément à la décision prise collectivement vendredi dernier, les blocages devraient se poursuivre toute la semaine. [Selon Jean-Pierre Claus (lycéen Paul-Sabatier), la poursuite du blocage du lycée toute cette semaine a été décidée vendredi dernier, par 500 voix contre 200.]

 

Leur presse (Jean-Louis Dubois-Chabert,
La Dépêche), 9 novembre 2010.

 

 

 Blocus de lycées à Carcassonne : Débordements à Jules-Fil et Paul-Sabatier

 

Des caméras de surveillance arrachées, des portails et des interphones mis hors d'usage, des inscriptions à la peinture sur les murs. De façon plus ou moins importante, les lycées Paul-Sabatier et Jules-Fil ont été la cible de dégradations, dans la nuit de dimanche à lundi, alors que des blocus lycéens avaient été mis en place, toujours en protestation contre la réforme des retraites.

 

Ces actes ont été fermement dénoncés, dès hier après-midi, par les représentants des lycéens et le syndicat UNL (Union nationale lycéenne), qui déplorent des débordements à leur mouvement. «Nous ne cautionnons aucun des actes commis aujourd'hui (Ndlr: hier). Les dégradations qui ont été constatées sont l'œuvre de personnes externes aux établissements et des casseurs que nous n'avions jamais vu dans nos manifestations», déclarent-ils dans un communiqué.

 

«Que nos blocages restent pacifiques»

 

Lors d'un point presse, les lycéens ont expliqué les circonstances des événements : «À Paul-Sabatier, nous avons mis en place le blocus vers 22h30, dimanche soir, avec des chariots et des rebuts de chantier. Les dégradations ont eu lieu dans la nuit, alors que nous étions allés nous reposer.» Face à ces actes, les lycéens engagés dans le mouvement entamé fin septembre, prennent soin de prouver leur bonne foi : «Suite à ces événements, nous avons décidé de coopérer avec la police pour que nos manifestations et nos blocages restent pacifiques». Selon les lycéens, un élève de Jules-Fil était entendu au commissariat de Carcassonne, hier. Un autre devait être convoqué ultérieurement. À Paul-Sabatier, deux jeunes ont été sanctionnés après avoir fait la tournée des classes, hier matin, pour mobiliser leurs camarades. «J'ai appris aujourd'hui (Ndlr: hier) que j'étais exclu de l'établissement pendant 8 jours», confiait, hier, l'un d'entre eux. «Il faut savoir qu'un élève du lycée a reçu la même sanction pour être rentré complètement saoul à l'internat !»

 

«C'est une question de règlement intérieur, répond le proviseur, Jean-Marie Mercadal. Je ne peux pas accepter que des élèves entrent dans le lycée pour autre chose que pour aller en cours, et inciter les autres à les rejoindre.» Concernant les dégradations commises à l'entrée de son établissement, M. Mercadal note «une évolution de ce mouvement vers la délinquance», et comme son homologue du lycée Jules-Fil, il entend porter plainte contre X pour les dégâts perpétrés dans la nuit de dimanche à lundi.

 

Leur presse (L'Indépendant), 9 novembre.


 

 Carcassonne : Plainte d'un proviseur après des dégradations lors d'un blocage

 

Le proviseur du lycée Sabatier déposera demain plainte pour «dégradations volontaires» à la suite des dommages subis par certains équipements de son établissement lors du blocage du lycée organisé dans la matinée. Une caméra de surveillance, un interphone et les portails du lycée ont été mis hors d'usage.

 

Les représentants lycéens ont de leur côté affirmé «ne cautionner aucun des actes commis» ce lundi.

 

Leur presse (Midi Libre), 8 novembre.

 


Publié dans Colère ouvrière

Commenter cet article