Les ouvriers de Manzoni-Bouchot ont repris le travail
ce matin à 5 heures après une nuit de négociations.
D’après les représentants du personnel, il n’y aura pas de licenciements secs et pas de réorganisation du temps de travail. Le plan de sauvegarde de l’emploi comportera uniquement un volet formation pour 90 personnes (sur 2 fois 9 mois) et départs volontaires pour 76 salariés. Les négociations se sont achevées à 2 heures du
matin.
Mercredi après-midi, les représentants du personnel avaient appris lors d’un comité
d’entreprise extraordinaire la suppression prochaine de 166 emplois. Du coup, les salariés avaient stoppé net le
travail sur les deux sites du sous-traitant automobile de Saint-Claude.
La semaine dernière, les salariés s’étaient prononcés par référendum contre la signature
d’un accord remettant en question des 35 heures. Cet accord était en fait un plan de sauvegarde de
l’emploi prévoyant un ré-aménagement du temps de travail et des départs sur la base du volontariat mais sans
licenciements subis. Ce refus serait l’explication donnée à ces 166 licenciements économiques sur 546
salariés.
Les grévistes ne comprenaient pas que leurs récents efforts ne suffisent pas à maintenir l’entreprise, rachetée en
juillet 2007 par le groupe Arche. Depuis mars 2009, plus de cinq cents salariés chôment trois semaines par mois en raison des difficultés économiques liées à la crise automobile. De 1200 euros
par mois, les salaires sont passés à 700, 800 euros par mois. Le délégué syndical CGT interrogé par nos confrères de l’AFP demande à la direction de «revenir sur un PSE ouvert uniquement sur la base du volontariat, sans licenciements secs et avec de meilleurs conditions de départ».
Le dialogue social semblait donc dans l’impasse d’autant plus que d’autres accords concernant notamment la formation professionnelle
dépendraient de la signature de celui sur les 35 heures. Au mois d’avril, les collectivités et l’État s’étaient réunis à Saint-Claude pour tenter de préserver l’emploi dans la capitale du
Haut-Jura. La Région s’était engagée à financer des actions de formation professionnelle pour les salariés de Manzoni-Bouchot.
Leur presse (France 3), 10 juillet 2009 -
11h02.
MBF Technologies :
Deuxième jour de grève à Saint-Claude
Deuxième jour de grève chez MBF Technologies à Saint-Claude. Et une intention féroce de ne rien lâcher. Pire encore,
forts de l’annonce de l’équipementier PSA de Sochaux, sur «l’arrêt de toutes ses lignes d’assemblage le 13 juillet et la nuit du 14 au 15, faute de livraison des pièces en
provenance de Saint-Claude», la CGT et les salariés «demandent l’ouverture immédiate de négociations avec la direction». En ajoutant toutefois, «il ne s’agit même plus de négocier.
Aujourd’hui nous
exigeons purement et simplement l’abandon du plan de cent soixante-six licenciements, en faveur d’un PSE qui ne soit basé que sur du volontariat avec, évidemment, revalorisation de la
prime supra-légale de départ» explique Koray Sukran, délégué CGT au sein de MBF Technologies. Pour lui et pour tous ceux qui ont voté contre la semaine dernière, au sein de
l’entreprise, «ce
n’est même plus la
peine de nous parler de réaménager notre temps de travail. L’accord des 35 heures actuel doit être maintenu.» Patrick Bellity, leur Pdg,
décidait, hier soir, de faire un pas en avant. «Puisqu’ils ne veulent pas entendre parler des 35 heures pour le moment, n’en parlons plus dans
l’immédiat, nous
verrons cela plus tard. Nous leur avons proposé de maintenir notre premier PSE avec les quatre-vingt-dix ETP, en ajoutant toutefois vingt-six volontaires au départ contre les cinquante évoqués au
début. J’attends
désormais leur réponse.»
Après l’annonce faite par leur direction, en début d’après-midi, les ouvriers sanclaudiens du
sous-traitant automobile ont stoppé net le travail pour une durée indéterminée.
Dix minutes. C’est
le temps qu’il aura
fallu, hier, à la direction de MBF Technologies, à Saint-Claude, pour annoncer en comité d’entreprise extraordinaire, la suppression prochaine de cent soixante-six emplois.
Tombée comme un couperet, sur ceux des salariés qui n’étaient pas en chômage partiel, cette annonce a été prise «comme une trahison» et le travail a été stoppé net sur les deux sites.
«Qu’il arrête son
chantage et ouvre des négociations qui soient de vraies négociations» déclaraient certains, «Qu’ils nous donnent de vrais moyens pour travailler au lieu de vouloir absolument
réaménager notre temps de travail» renchérissaient d’autres.
Car depuis juillet 2007, date à laquelle le groupe Arche est devenu propriétaire de Manzoni-Bouchot, et Patrick Bellity, son PDG, une partie des salariés affirme que «tout est fait pour fermer
les sites de Saint-Claude».
Le blocage du site d’Étables, en décembre 2008, avait déjà sonné l’alerte. «On essaie
d’embarquer les
moules et on veut nous faire croire que ce n’est pas grave et que le site ne va pas fermer. On nous prend vraiment pour des cons» entendait-on alors. Mais de fermeture, il ne fut
plus question. «Pour des raisons financières» supputent certains, «pour conserver un savoir-faire» indiquait Patrick Bellity.
Mais comme tous les sous-traitants automobile, MBF Technologies a pris la crise de plein fouet et a dû se contraindre à de longues périodes de chômage partiel.
Depuis mars 2009, les 546 salariés restant à Saint-Claude, contre 800 environ, il y a deux ans, chôment à raison de trois semaines par mois.
«Franchement, ce qui nous arrive n’est pas normal. Depuis que nous sommes en chômage partiel, nous ne sommes payés que 60% de notre salaire. Nous avons accepté de prendre la responsabilité de deux machines au
lieu d’une, pour
permettre de faire tourner la boîte et aujourd’hui parce que nous ne voulons pas passer aux 35 heures, on va mettre 166 personnes dehors.»
«On ne peut plus revenir en arrière. Tout le monde était prévenu que nous ne procéderions à aucun licenciement subi si l’accord des 35 heures était signé.» Un référendum organisé au sein de
l’entreprise la
semaine dernière a décidé du contraire. Les salariés ont voté massivement contre cet accord.
Pourtant, de celui-ci dépendaient d’autres accords, passés avec les pouvoirs publics, en matière de formation notamment, ou de départs volontaires. Eux aussi ont pris un coup dans l’aile.
Leur presse (Christelle Lalanne, Le Progrès), 9 juillet.
Grève chez l’équipementier automobile MBF, dans le Jura
Les salariés de MBF Technologies, un sous-traitant automobile de Saint-Claude (Jura), sont en grève après l’annonce
d’un plan de 166
suppressions d’emploi, soit 30% de l’effectif, a-t-on appris jeudi auprès de l’entreprise et des syndicats.
En conséquence, la direction de l’usine PSA Peugeot Citroën de Sochaux (Doubs) a annoncé l’arrêt de toutes ses lignes d’assemblage le 13 juillet et la nuit du 14 au 15, a annoncé le syndicat CGT de
l’usine.
La direction de MBF, fonderie sous pression filiale du groupe Arche, explique son projet par la baisse de plus de 40% de sa production pour PSA et Renault, ses principaux clients, depuis
octobre.
«L’usine est
bloquée depuis hier 15h00. Il est hors de question qu’il y ait quelque licenciement que ce soit», a dit à Reuters Koray Sukran, délégué CGT.
La direction avait présenté en avril aux 560 salariés un projet alternatif prévoyant 50 départs volontaires et un plan de formation sur neuf à 18 mois pour 90 équivalents temps plein.
Sa mise en œuvre était liée à une réorganisation du temps de travail qui se serait traduite par des baisses de salaires touchant principalement les travailleurs de nuit.
Appuyé par la CFDT mais dénoncé par la CGT, le projet a été rejeté par 61% des salariés lors d’un référendum le 2 juillet.
«Un plan de formation et des départs volontaires, ça nous avait paru être la meilleure solution», a dit à Reuters Anne-Laure Berlioz, déléguée CFDT.
Patrick Bellity, directeur général délégué de MBF Technologies, s’est dit dans l’impossibilité de répondre aux demandes des syndicats.
«Je ne vois pas ce qu’on peut revendiquer quand on sort de quatre ans de pertes et qu’on est au bord du gouffre. Je n’ai pas le droit d’aller au-delà de ce que
j’ai proposé»,
a-t-il déclaré. Arche a repris l’entreprise en juin 2007 au groupe Monzoni-Bouchot en dépôt de bilan.
La direction a proposé aux syndicats de rediscuter les modalités de son premier projet le 15 juillet, sous réserve que le travail reprenne. Les salariés ont refusé, disent les syndicats.