Le dévoilement du "terroriste en burkagoule"

Publié le par la Rédaction


Des manifestants qui portent une cagoule, des femmes musulmanes qui portent une burka. Apparemment tout les oppose. Mais l’État leur réserve le même traitement : l’interdiction (déjà décrétée pour la cagoule, en projet pour la burka). Alors il faut s’interroger. En criminalisant une extrême minorité, l’État se donne le pouvoir de contrôler et d’anesthésier des pans entiers de population.

Ici en s’attaquant aux cagoulés, il paralyse et divise l’ensemble des militants et en s’attaquant aux femmes en burka, il stigmatise et isole l’ensemble des musulmans ou considérés comme tels (déjà en 1958, l’État colonial faisait brûler les voiles des femmes algériennes pour endiguer la lutte des insurgés). Le prétexte : combattre ceux dont l’identité cachée représenterait un facteur d’«insécurité». La vérité : nous contraindre à être toujours visible aux yeux de tous, refuser l’existence de «communautés» (familiales, amicales, politiques ou religieuses…) échappant au contrôle. La force devant rester le monopole du pouvoir, l’État développe, de son côté, des sections d’interventions armées, entraînées et cagoulées. Il s’agit de continuer à dessiner la figure à double tête d’un supposé «ennemi intérieur» islamiste ou «ultragauchiste» afin de s’autoriser à antiterroriser tout le monde. Alors gardons l’œil et méfions-nous toujours : derrière le masque (qu’il soit burka, cagoule, capuche ou écharpe…) de ceux que l’État dévoile comme étant nos ennemis il y a nous-mêmes surtout quand cela ne nous ressemble pas du tout.

Résistons ensemble no 77, juillet 2009
Contre les violences policières et sécuritaires.


Publié dans Fichages et flicages

Commenter cet article