Nanterre : La traque policière des émeutiers de la semaine dernière

Publié le par la Rédaction

Manifestations : Comment la police retrouve les casseurs

 

La Sécurité publique applique à ces petits voyous les techniques d'enquête criminelle.

 

Un jeune interpellé par les forces de l'ordre, le 19 octobre à Lyon. En banlieue parisienne, des policiers ont exploité des sources vidéo pour identifier les meneurs de plusieurs échauffourées.

 

«Même après la manif, l'enquête continue.» La nouvelle stratégie du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, contre les casseurs commence à porter ses fruits. Plusieurs voyous ont été interpellés en région parisienne, après une enquête minutieuse. Et d'autres interpellations devraient suivre un peu partout en France.

 

Dans les Hauts-de-Seine, onze jeunes, dont huit mineurs, ont ainsi été interpellés jeudi, après des investigations qui auront duré huit jours. Travaillant à la manière de la PJ, les policiers en tenue ont exploité les photos et les vidéos prises lors d'échauffourées à Nanterre. Y compris depuis l'hélicoptère qui filmait les heurts. «Ces vidéos permettent de lire jusqu'à la marque des chaussures des émeutiers !», s'enthousiasme un officier de police. Dans cette enquête, un suspect a été trahi par sa chevalière en or, bien reconnaissable. D'autres ont eu le tort de laisser leurs empreintes sur le montant des abribus qu'ils brisaient ou des traces d'ADN sur les pierres jetées sur les forces de police. Or quelques gouttes de sueur suffisent aujourd'hui à confondre un malfaiteur.

 

Il y eut d'abord le temps de l'urgence. Sur les quelque 2500 casseurs arrêtés en France, dont environ 1800 placés en garde à vue, depuis le début du mouvement contre la réforme des retraites, le 12 octobre, l'immense majorité des personnes interpellées l'a été en flagrant délit. Ce nombre important d'arrestations a pu être obtenu notamment grâce au recours d'agents infiltrés dans les cortèges. Une technique redoutable qui expose cependant la police aux accusations de provocation de la part des manifestants.

 

La polémique entretenue par le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, en milieu de semaine, n'est donc pas surprenante. Et elle a appelé à une réponse énergique de la préfecture de police de Paris. Dès jeudi, le prétendu policier «ninja» qui aurait incité aux troubles a été interpellé dans un squat. Il s'agirait en fait d'un militant de la mouvance contestataire radicale…

 

La police s'informe sur Facebook

 

De l'autre côté du périphérique, en Seine-Saint-Denis, le préfet Christian Lambert, ancien du Raid et des brigades d'élite de la police judiciaire, comme la BRI, a pu faire réaliser environ 300 arrestations à chaud. Il avait lui aussi mis en place un dispositif léger composé de policiers en civil et d'agents des forces mobiles. L'intérêt immédiat de tous ces «flags», comme disent les policiers, est qu'ils permettent de neutraliser, au moins le temps d'une garde à vue, ceux qui auraient pu se retrouver le lendemain même au cœur de nouveaux saccages.

 

«Mais le résultat judiciaire n'est pas garanti, particulièrement dans le 9-3, où les magistrats du siège manifestent souvent un degré d'exigence procédurale inversement proportionnel au poids des sanctions prononcées», ironise un haut fonctionnaire Place Beauvau.

 

Curieusement, alors que la loi Estrosi sur les bandes a été votée, les chefs de police sont encore nombreux à se plaindre des difficultés à faire condamner les voyous interpellés sur le vif. «L'imputation du fait est toujours aussi complexe à établir dans le cadre du flagrant délit, explique un gradé. Les interprétations diffèrent d'une juridiction à l'autre.» Avoir participé à des violences collectives ne suffit pas pour être condamné. «Il faut toujours prouver l'implication personnelle, dire qui tenait la pierre qui a atteint tel fonctionnaire», résume un chef de groupe de la Sécurité publique. D'où l'intérêt des dernières enquêtes, qui privilégient la preuve scientifique.

 

Au plus fort des troubles, Nicolas Sarkozy avait assuré : les casseurs «seront arrêtés, retrouvés et punis, à Lyon comme ailleurs, sans aucune faiblesse». La police lyonnaise devrait le prendre au mot. Dans la cité des Gaules, c'est sur Facebook notamment que les enquêteurs auraient trouvé matière à confondre les casseurs. Ceux, en tout cas, qui étalent imprudemment leurs faits d'armes à longueur de pages.

 

Leur presse (Jean-Marc Leclerc,
Le Figaro), 29 octobre 2010.

 

 

Manifestations lycéennes : Sept casseurs arrêtés

 

Après la vague de violence, l’heure est aux interpellations. Hier matin, onze jeunes personnes soupçonnées d’avoir participé aux caillassages et dégradations en tout genre de la semaine dernière à Nanterre, ont été arrêtées par la sûreté territoriale des Hauts-de-Seine. Depuis huit jours, les enquêteurs épluchent des centaines de photos prises pendant les échauffourées et affrontements avec les forces de l’ordre et des heures de vidéo pour identifier les casseurs et les arrêter.

 

Nanterre, le 18 octobre. Les abords du lycée Joliot-Curie ont été le théâtre d’affrontements, pendant plusieurs jours, entre jeunes casseurs et forces de l’ordre.

 

Les premiers suspects ont donc reçu la visite des policiers, hier, dès 6 heures. Excepté un jeune de la cité Gagarine à Colombes, tous vivent à Nanterre, dans les cités Pablo-Picasso, la Boule, les Provinces-Françaises, et la plupart sont scolarisés, certains à Joliot-Curie, siège de la contestation. Parmi les onze personnes arrêtées, sept sont mineures. Les autres ont entre 18 et 20 ans.

 

Confondu par une bague

 

Hier soir, seul un de ces jeunes majeurs, celui qui vit à Colombes, était toujours en garde à vue à la sûreté territoriale pour «participation à un attroupement armé, violence volontaire contre un agent de la force publique et dégradations». Il sera déféré au parquet aujourd’hui et vraisemblablement jugé en comparution immédiate. Les trois autres ont été remis en liberté faute de preuves suffisantes. Quant aux mineurs, parmi lesquels une jeune fille de 14 ans, ils devraient s’expliquer devant la justice prochainement. Seul l’un d’entre eux a été mis hors de cause, faute de preuve suffisante également.

 

De nouveaux coups de filet devraient être organisés prochainement. La sûreté territoriale continue d’examiner les photos, prises notamment depuis les toits et de l’hélicoptère de la Sécurité civile qui a patrouillé une matinée entière au-dessus du lycée Joliot-Curie et ses environs. Plutôt que d’essayer d’arrêter les casseurs en flagrant délit, la police départementale a opté pour une technique d’investigations un peu plus longue, mais «plus efficace», commente un proche de l’enquête. Même si l’identification des suspects se révèle difficile. «Ils sont encapuchonnés, se cachent le visage avec des écharpes… ce n’est pas évident, mais on y arrive.»

 

Un des casseurs interpellés hier a été confondu par sa bague. Certains n’ont pu nier car les policiers ont retrouvé, lors des perquisitions, les vêtements qu’ils portaient sur les photos dans leurs armoires. Grande et reconnaissable, la jeune fille arrêtée est photographiée une batte de base-ball à la main occupée à détruire un abribus de l’avenue Pablo-Picasso, perpendiculaire à l’avenue Joliot-Curie. «Nous avons également relevé de nombreuses empreintes digitales et même génétiques sur les cailloux et projectiles», souligne un proche de l’enquête.

 

Leur presse (Le Parisien), 29 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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qsdfe 30/10/2010 19:50



On reconnait dans le premier article le style nauséeux du journaliste au garde-à-vous, le fameux Jean-Marc Leclerc, fidèle héritier de la prose répugnante de l'ancien Figaro qui encensait
Dassault et se réjouissait ouvertement de la mort de sans-papiers. Ce sont ce genre de personnes qui nous aide encore à établir des différences entre les torchons de la presse capitaliste, le
Monde, Libération...


Si vous lisez Leclerc à voie haute vous sentirez mauvais de la bouche !