La police travaille à Villetaneuse

Publié le par la Rédaction

Un jeune homme hospitalisé après un tir de flashball au visage

 

Un jeune homme est hospitalisé à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, après avoir reçu un tir de flashball dans le visage, mercredi soir, à Villetaneuse (Seine-saint-Denis), alors qu’il tentait, selon ses proches et son avocat, de calmer une échauffourée entre des jeunes d’une quinzaine d’années et des policiers d’Épinay-sur-Seine.

 

Nordine, 27 ans, a été opéré à deux reprises jeudi. Selon ses proches et son avocate, il aurait une joue perforée et la mâchoire cassée. Son frère, âgé de 31 ans, aurait lui reçu plusieurs coups de matraque après s’être rebellé en voyant que son jeune frère était blessé. Il a été transporté à l’hôpital avant d’être placé en garde à vue au commissariat d’Épinay. L’IGS (la police des polices) a été saisie de cette affaire et l’avocate de la victime affirme son intention de déposer plainte contre la police.

 

Tout est parti, dans l’après midi, d’une banale histoire de portable. De retour d’une patrouille dans la cité Saint-Leu, un policier d’Épinay-sur-Seine s’aperçoit qu’il a perdu son téléphone. En début de soirée, il revient sur les lieux avec d’autres policiers. Mais aucune trace du portable, malgré, selon l’avocate de Nordine, «une tentative de médiation» de son client auprès des «petits» de la cité pour retrouver le téléphone.

 

«Les policiers ont perdu les pédales»

 

Plusieurs témoignages, corroborés par une source policière, indiquent que les gardiens de la paix se mettent alors à verbaliser des véhicules en série. «En trente ans, je n’ai jamais vu une seule voiture prendre un PV dans cette rue», assure un ami du frère de Nordine, habitant de la cité. «Les policiers ont perdu les pédales», admet une source policière.

 

Alertés par l’agitation autour de leurs voitures, plusieurs habitants sortent de chez eux. Selon l’ami du grand frère de la victime, «un attroupement de jeunes, mais aussi de pères de familles, s’est formé autour des policiers». C’est là que survient l’étincelle. Un adolescent attrape le carnet à souche d’un policier. Ce dernier tente de l’en empêcher. Et l’échauffourée commence entre une cinquantaine de jeunes et les forces de l’ordre. Des renforts arrivent. Des bombes lacrymogènes fusent et plusieurs balles de flashball sont tirées pour disperser les jeunes.

 

Une balle en caoutchouc vient se loger dans le visage de Nordine, qui, selon l’ami de son frère, tentait de calmer le jeu. Ce témoin, qui dit «bien connaître» les policiers d’Épinay pour avoir passé toute sa jeunesse dans cette cité qu’il juge «tranquille», affirme avoir ensuite discuté avec le fonctionnaire qui a tiré la balle à l’origine de l’accident. Ce dernier lui aurait assuré avoir visé «vers le bas» et que Nordine était sans doûte baissé au moment du tir. La préfecture de police de Paris n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire qui risque de relancer le débat sur l’utilisation du flashball par les forces de l’ordre.

 

Leur presse (Antoine Lannuzel, Libération), 20 mai 2010.

 


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