La police nous observe, observons la police !

Publié le par la Rédaction

Faisons un rêve…

Et si la majorité de la population d’un pays démocratique faisait le constat qui s’impose : les forces de l’ordre protègent bien plus le pouvoir établi qu’elles ne se préoccupent du sort des plus démunis. La fameuse légende de la défense de la veuve et de l’orphelin n’est même plus évoquée, tant cela ferait sourire ceux qui ont été «éduqués» pour réprimer, dans les écoles de police. Une certitude : s’il y avait moins de policiers dans nos rues, là même où leur présence ne s’impose pas, la tranquillité de tous ne ferait qu’y gagner. En effet, si la performance exigée n’était plus la priorité, le nombre de délits constatés serait en forte diminution. Dans un climat apaisé, la question majeure ne pourrait que se poser : comment laisser le champ libre aux malfrats qui ne cessent de menacer les citoyens paisibles ? Mauvaise approche du problème car nous savons bien que nos policiers sont surtout occupés à traquer les sans-papiers, tout comme ils s’activent à faire régner un ordre musclé dans les banlieues. Sans oublier leur intérêt porté aux mouvements sociaux ou à la protection des personnalités en déplacement. À ceux qui se posent la question : Que fait la police ?, c’est là une réponse tristement sans réplique.

Éditorial de Maurice Rajsfus


La police nous observe, observons la police !

Le 23 novembre 2000 (sous la gauche, Daniel Vaillant étant ministre de l’Intérieur), se constituait un Observatoire des usagers de la police (OUP). Initiative pleine d’intérêt car, depuis mai 1997, sous le gouvernement Jospin, le pouvoir policier s’affirmait comme jamais auparavant. Cela plus particulièrement au détriment des sans-papiers, comme des jeunes des cités désignés comme des «sauvageons» par Jean-Pierre Chevènement. Dans le préambule de présentation de cette association, régie par la loi de 1901, il était précisé, à l’article 2, quant au but recherché :
— Rendre compte des faits impliquant les forces de l’ordre,
— Interpeller toutes les autorités compétentes pour que les suites nécessaires appropriées, conformément à la loi, soient données,
— Recenser les dysfonctionnements policiers en analysant les pratiques.

Comme l’Observatoire des libertés publiques s’était donné cette tâche, depuis le printemps 1994, avec la publication du bulletin mensuel, Que Fait la Police ? (plus de 150 numéros publiés depuis quinze ans), nous ne pouvions que nous rallier à cette initiative salutaire. Laquelle devait pourtant rester sans lendemain, après une réunion tenue le 7 juin 2001. La création de cet OUP présentait cet intérêt qu’elle faisait participer à une œuvre de salubrité publique, outre des associations comme la CIMADE ou la FASTI, des magistrats et des avocats, tout comme des représentants de l’Éducation surveillée. En un temps où les forces de l’ordre, surarmées, disposent d’un pouvoir exorbitant, il serait peut-être bon de reprendre ces contacts permettant de mieux informer les citoyens sur les abus de pouvoir policiers. Une meilleure prise de conscience du danger représenté par une société qui ne connaît qu’une réponse policière aux problèmes économiques et sociaux, ne peut que s’imposer. Le seul remède aux difficultés ressenties par ce pouvoir fort n’étant que l’invective, et la matraque confiée aux policiers, il n’est que temps de sortir de la torpeur ambiante…

Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 6 octobre 2009.


Informations nécessaires
Depuis notre passage du bulletin papier à Internet, l’audience de Que fait la police ? sest considérablement développée mais, dans le même temps, votre courrier n’a fait que se tarir. Noubliez pas que les coupures de la presse régionale sur les bavures et les dérives de la police et de la gendarmerie nous sont précieuses car nombre de ces «faits divers» ne sont pas relatés dans la pesse nationale. Nous vous rappelons notre adresse : Observatoire des libertés publiques, c/o NSP-Agora, 20, rue Courat, 75020 Paris.
Que fait la police ? no 34, novembre 2009
Bulletin d’information anti-autoritaire.

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