Grèce : des enseignants occupent la télévision publique et appellent à la grève générale du 5 mai

Publié le par la Rédaction

 

 

Vers 21h45, alors que les infos de 21 heures étaient en direct, des dizaines de professeurs ont pénétré dans le quartier général de la télévision publique à Athènes. Après les infos, la chaîne avait prévu une interview de la ministre de l’Éducation. Les profs voulaient être présents dans le studio pendant l’interview de la ministre et être autorisés à parler aussi.


Tandis que les nouvelles étaient à l’antenne, soudainement on a entendu des bruits et des arguments de base et à partir de là le flux normal du programme a été arrêté pendant plusieurs heures. Les forces spéciales de la police ont envahi l’immeuble en tabassant les professeurs dans les couloirs.

En fin de compte, après des négociations et plus de violences policières, à 23 heures, les manifestants ont réussi à obtenir le passage d’un court message enregistré à l’antenne. Les professeurs sont membres de l’Union nationale des enseignants ; leur déclaration a porté contre le FMI et a appelé à la grève générale du mercredi 5 mai. Ils ont aussi parlé de la nouvelle loi du ministère de l’Éducation qui va diminuer la qualité du service public de l’éducation et mettre au chômage plusieurs milliers d’enseignants.

 

 

«Nous sommes membres de la Coordination des enseignants aux droits du travail limité et de l’Union pan-hellénique des enseignants au chômage. Nous avons décidé de venir ici aujourd’hui, dans les studios de la télévision gouvernementale, pour deux raisons : la première est que depuis six mois maintenant les médias de masse gardent le silence sur les mesures économiques du gouvernement. Le seconde est que nous voulons démonter, dans la pratique, le monologue de Mme Diamantopoulou, ministre de l’Éducation, qui garde le silence sur les nombreuses lois qui vont être votées et détruisent l’éducation publique. Nous avons été reçus à l’intérieur et à l’extérieur du studio par une équipe de MAT quivalent grec des CRS, NdT] prêts à nous tabasser. Nous condamnons le ministère de l’Éducation et les autorités de NET-channel pour cet événement : vous voyez qu’il y a des preuves de violence sur nous. 
Le gouvernement fait entrer dans la réalité le “programme de stabilité” en mettant plus de trente élèves dans chaque classe et gardant au chômage des milliers de profs. La “nouvelle école” comme aime à l’appeler le gouvernement, n’est en réalité pas nouvelle du tout. C’est vraiment vieux et nous fait revenir en arrière. Cela sera contre les besoins et les droits de la société en Grèce. Contre les travailleurs, les parents, les étudiants, les enseignants. Le gouvernement nous demande de payer le coût de l’éducation, vous appelle, vous les parents, vos enfants qui étudient, nous qui enseignons. Après les lois de Mme Diamantopoulou nous serons licenciés ; elle vire près de 17'000 enseignants qui sont payés à l’heure ou sont en intérim ! Nous pensions que nous étions la minorité, mais il semble que nous devenions la majorité après qu’ils nous ont apporté le FMI, lequel aura pour résultat l’augmentation de la pauvreté et le chômage pour des milliers de travailleurs. Tout le monde dans la rue pour bloquer les mesures économiques, donner des coups de pied au FMI et à ceux qui l’ont amené ici. Demain [Mercredi 5 mai, NdT] nous manifesterons pour bloquer les mesures économiques qui détruisent le système éducatif. Mercredi 5 mai tout le monde sera en grève, personne ne travaillera. Nous nous rassemblerons devant le musée archéologique à 11 heures pour bloquer les mesures économiques. 
Nous prenons les rues, nous nous levons !»


Traduit de l’anglais (After the Greek Riots)
par Gachet, HNS-info, 5 mai 2010.

 


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