Brèves de la répression - leur presse

Publié le par la Rédaction

Retraites : Prison ferme pour des mineurs

 

La justice a prononcé, pour la première fois depuis l'éclatement des violences lundi près de lycées, des peines de prison ferme pour des jeunes casseurs, à Lyon et à Nanterre, où un mineur a été placé en détention provisoire dans l'attente de son jugement.

 

Jugé en comparution immédiate mardi devant le tribunal correctionnel de Nanterre, un jeune homme, au casier judiciaire vierge et déscolarisé depuis janvier, a écopé d'une peine de 8 mois de prison dont 6 mois avec sursis, avec mandat de dépôt à l'audience, a-t-on appris aujourd'hui auprès du parquet de Nanterre. Il comparaissait pour des pillages dans le centre commercial de la Défense, survenus dans la foulée des incidents près du lycée Joliot-Curie de Nanterre, théâtre de violents affrontements entre jeunes et policiers depuis lundi.

 

À Lyon, des peines allant de deux mois de prison avec sursis jusqu'à trois mois ferme ont été infligées aujourd'hui en correctionnelle à six jeunes arrêtés mardi dans le centre-ville au plus fort des violences, les jugements pour six autres n'ayant pas été encore prononcés.

 

Extrêmement hétéroclites par leur profil comme par leur attitude à l'audience, onze jeunes hommes de 18 à 27 ans et une adolescente de 18 ans comparaissaient pour "violences contre personne dépositaire de l'autorité publique", "vols" ou "dégradations".

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 21 octobre 2010.

 

 

Tours : Les huit interpellés ont été relâchés

 

Vers 17h, les six étudiants et deux lycéens, qui avaient été interpellés, vers 13h, par la police dans le quartier Mirabeau, ont été relâchés. La police a procédé à une simple vérification de leur identité. La centaine de jeunes qui les attendaient devant le commissariat ont quitté les lieux depuis. Une AG est en cours à l’université des Tanneurs.

 

Leur presse (La Nouvelle République), 21 octobre.

 

 

Manifestations : 266 interpellations

 

Un total de 266 personnes ont été interpellées aujourd'hui en marge des manifestations contre la réforme des retraites, portant à 2.257 le nombre d'interpellations, dont 1.677 gardes à vue, depuis le 12 octobre, a-t-on appris jeudi auprès du ministère de l'Intérieur.

 

Au cours de la même période, depuis le 12 octobre, 72 policiers ont été blessés, a-t-on précisé au ministère.

 

Pour la seule journée de jeudi, 266 personnes ont été interpellées en marge des manifestations de lycéens et d'étudiants, parmi lesquelles 191 ont été placées en garde à vue.

 

À l'appel des syndicats lycéens et étudiants UNL, Fidl et Unef, des jeunes sont descendus dans la rue dans plusieurs villes de France, notamment à Paris où ils étaient entre 4.000 et 15.000, selon les sources.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 21 octobre.

 

 

Prison ferme pour 4 manifestants

 

Quatre hommes, interpellés lors de heurts avec la police qui avaient donné lieu à 18 interpellations après la manifestation contre la réforme des retraites mardi à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), ont été condamnés aujourd'hui à des peines de prison ferme.

 

Jugé en comparution immédiate, un docker de 41 ans a été condamné à 2 mois ferme et 2 mois avec sursis et mise à l'épreuve, sans mandat de dépôt.

 

Un jeune de 18 ans domicilié à Trignac été condamné à 2 mois de prison ferme et un homme de 34 ans sans domicile fixe à 1 mois de prison ferme, tous deux avec mandat de dépôt.

 

Enfin, un étudiant guérandais de 18 ans a été condamné à un mois de prison ferme sans mandat de dépôt.

 

Depuis la manifestation contre les retraites du 7 septembre, c'est la quatrième fois que des heurts se produisent à Saint-Nazaire à l'issue de défilés contre la réforme des retraites. Les trois fois précédentes, des manifestants interpellés avaient également été condamnés à des peines de prison ferme en comparution immédiate.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 21 octobre.

 

 

Seine-Saint-Denis : Cinquantaine d'interpellations

 

Une cinquantaine de personnes ont été interpellées aujourd'hui en Seine-Saint-Denis, en marge des manifestations lycéennes, a-t-on appris de source proche du dossier.

 

En une semaine, quelque 300 personnes ont été arrêtées dans ce département sensible. Une source judiciaire a précisé qu'environ 90% des gardes à vue concernaient des mineurs, en très grande majorité sans antécédents judiciaires.

 

Trois majeurs ont été condamnés en comparution immédiate par le tribunal de Bobigny : l'un pour "violences aggravées" à deux mois de prison avec sursis, un autre pour "mise en danger d'autrui" à une amende de 200 euros et enfin, le troisième pour un "vol portière" à quatre mois d'emprisonnement avec sursis, assorti d'une mise à l'épreuve pendant deux ans. Le parquet a interjeté appel pour les deux premiers. Aucun mineur n'a pour le moment été jugé.

 

Aujourd'hui, 32 personnes ont été interpellées à Pantin, pour le pillage d'une parfumerie. Quatre ont été arrêtés au Blanc-Mesnil, en possession d'une batte de base-ball, d'un couteau, d'un marteau et d'un pistolet à grenailles. À Saint-Denis, deux personnes ont été interpellées avec du matériel permettant la confection d'engins incendiaires. Dans cette ville, les rideaux des boutiques du centre-ville étaient fermés ce matin, après que des vitrines ont été cassées et des magasins pillés.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 21 octobre.

 

 

Violences/92 : Détention provisoire

 

Un jeune de 17 ans a été placé en détention provisoire aujourd'hui après avoir été présenté à un juge du tribunal pour enfants de Nanterre à la suite d'incidents avec la police mardi au lycée Genevoix à Montrouge (Hauts-de-Seine), a annoncé le parquet de Nanterre.

 

Le mineur est poursuivi pour "violences" commises sur des policiers et "dégradation en réunion de deux véhicules", en marge des incidents qui ont éclaté mardi devant le lycée Genevoix à Montrouge entre jeunes et forces de l'ordre, a expliqué une porte-parole du parquet. Il comparaîtra en état de récidive pour les violences contre les forces de police le 17 novembre devant le tribunal pour enfants de Nanterre. Le jeune homme avait déjà été condamné pour des faits similaires en mai.

 

Aujourd'hui, huit personnes dont sept mineurs ont été interpellées en marge des incidents entre jeunes et forces de l'ordre dans les Hauts-de-Seine. Une quinzaine de lycées ont été affectés dans le département par des mouvements de revendication, dont cinq ont fait l'objet de blocages, a indiqué jeudi la préfecture des Hauts-de-Seine.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 21 octobre.

 

 

Lyon/défilé : Des jeunes condamnés

 

Des peines allant de deux mois de prison avec sursis jusqu'à trois mois ferme ont été infligées ce soir à Lyon en correctionnelle à six jeunes arrêtés mardi dans le centre-ville au plus fort des violences, les jugements pour six autres n'ayant pas été encore prononcés.

 

Extrêmement hétéroclites par leur profil comme par leur attitude à l'audience, onze jeunes hommes de 18 à 27 ans et une adolescente de 18 ans comparaissaient pour "violences contre personne dépositaire de l'autorité publique", "vols" ou "dégradations".

 

La peine la plus lourde, soit six mois de prison dont trois ferme, a été infligée à un jeune de 20 ans pour avoir blessé un policier à la cheville en lançant une grosse pierre de plus d'un kilo, signe selon le parquet d'une "volonté de faire mal". "J'étais parmi cette foule. Les policiers n'ont pas hésité à nous charger, je me suis fait gazer huit fois, on n'avait pas d'autre moyen pour les repousser", a protesté le jeune homme, "en recherche d'emploi" depuis deux ans et mal à l'aise à la barre.

 

Parmi les autres prévenus, sans antécédents judiciaires pour dix d'entre eux, se trouvait un magasinier-fleuriste de 27 ans, syndiqué à la CFDT et poursuivi pour avoir "brandi une barre de fer, lancé des bouteilles et des cailloux et incité d'autres manifestants à faire de même". "J'étais agité mais pas violent, juste engagé. J'ai juste envie que cette réforme ne passe pas", s'est-il défendu, assurant qu'il n'avait rien lancé et qu'il ne brandissait qu'un "porte-slogan" en bois. Il a été condamné à deux mois avec sursis.

 

Visage juvénile, longs cheveux blonds flottant dans le dos, un étudiant en ébénisterie de 19 ans a reconnu avoir "jeté plusieurs pierres sur les CRS", invoquant son "sentiment d'insécurité" alors que les forces de l'ordre "tiraient des grenades lacrymo" sur les adolescents rassemblés sur la place. Il a été condamné à deux mois de prison avec sursis.

 

La même peine, assortie de travaux d'intérêt général, a été infligée à un étudiant de 18 ans inscrit en histoire et anthropologie à l'université Lyon-2, qui a reconnu avoir tagué "Non à l'Etat policier" sur le socle de l'emblématique statue de Louis-XIV située sur la place Bellecour. Interrogé sur la résistance qu'il a opposée à son interpellation, il a répondu : "Je n'ai pas eu le temps de beaucoup réfléchir. J'ai crié pour que les journalistes me voient et que mon arrestation ne passe pas inaperçue."

 

Deux autres prévenus ont écopé de deux et trois mois de prison avec sursis.

 

En soirée, six autres jeunes attendaient encore leur jugement.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 21 octobre.

 

 

Chambéry : Après les violences de mardi, le malaise et l’inquiétude demeurent

 

Mardi en fin de matinée, des jeunes ont pris à partie la police à Chambéry. Des affrontements ont ensuite eu lieu tout l’après-midi avec des jets de pierres contre des tirs de grenades lacrymogènes.

 

 

Le prévenu porte encore la veste à capuche blanche et étoilée, qui l’a confondu. Le crâne rasé à quelques millimètres, les pattes courant jusqu’au menton, Jérémy Compoy, 20 ans, avance à la barre et dit nonchalamment : «Je voulais voir si c’était comme à la télé. L’effet que cela fait quand on est dans une manif et que ça commence à casser.»

 

Hier en comparution immédiate, il a aussi pu voir “l’après”. Le procès.

 

«Des faits extrêmement violents durent depuis quelques jours à Chambéry» décrit le substitut du procureur, Gwenaëlle Terrieux. «Mardi, des incendies ont été allumés en plein centre-ville par des casseurs…» En marge des échauffourées, neuf personnes ont été interpellées. Dont Jérémy Compoy, en milieu de journée.

 

«Vous ne devez pas en faire un exemple», répète son avocate, Me Catherine Rey. Elle le sent : «Il n’a pas à payer pour les autres, avec une sanction exemplaire !»

 

La question est : que faisait-il, mardi, à Chambéry ? «Vous comprendrez que l’on se demande si vous n’étiez pas là pour casser du flic», avance le président. Car le jeune homme, établi à Yenne depuis quatre mois, à Alès auparavant, à Lyon un temps, est sans travail. Il a appris, récemment, qu’il était père de famille. Ses études, il les a quittées en troisième.

 

 

“Casser du flic”

 

Il n’affiche pas d’émotion. «J’étais venu à Chambéry avec un copain pour qu’il s’achète des baskets. On était dans le parc quand la manif est passée. Je me suis dit pourquoi pas ?»

 

Sa trace, on la retrouve à 11h15 près de la place des Éléphants. Des policiers l’identifient “formellement”, à sa tenue vestimentaire. Son visage était masqué par une écharpe.

 

Alors en tête de cortège, le garçon reconnaît «deux jets de cannettes en métal» vers le cordon de forces de l’ordre. «Tout le monde en a jeté. À l’avant, ils étaient là pour ça ! J’étais un peu rond, on avait bu une dizaine de bières. C’est parti comme ça…»

 

Deux cannettes en métal ? «Des cailloux et du verre», renvoie plutôt le ministère public, qui indique également que le garçon avait un pavé à la main lors de son interpellation, une heure plus tard.

 

«Est-il le seul à porter cette veste à Chambéry ?», s’interroge son avocate, étonnée qu’il ait aussi été le seul à être interpellé, «à sortir du lot».

 

Condamné. Deux mois de prison ferme avec mandat de dépôt. «Ce n’est pas un lycéen, il ne porte aucune revendication et venait cagoulé, pour casser. Il devait comparaître. Le message doit passer pour que ces faits cessent», avait plaidé le ministère public. Dans la salle, une militante de la Ligue des droits de l’Homme et deux jeunes. La fille pleure.

 

Leur presse (Le Dauphiné Libéré), 21 octobre.

 

 

 

 

Poitiers/manifestation : Une blessée

 

Des bousculades, durant lesquelles une jeune fille a été légèrement blessée, se sont produites aujourd'hui à Poitiers entre forces de l'ordre et lycéens qui tentaient de bloquer un établissement du centre-ville, selon la police et des témoignages d'élèves et d'enseignants. De source policière, on a indiqué qu'il n'y avait eu "aucun usage de la force" mais seulement "quelques bousculades" au moment où les forces de l'ordre ont repoussé les lycéens pour laisser l'accès libre à l'établissement. Une jeune fille a été conduite par les pompiers à l'hôpital après être tombée mais n'a pas été frappée, a-t-on indiqué de même source.

 

Les faits se sont produits vers 7h30 lorsqu'une trentaine d'élèves ont tenté de bloquer l'accès au lycée Victor-Hugo. La dizaine de policiers présents les ont alors repoussés une première fois, avant que d'autres lycéens n'arrivent, selon des témoignages recueillis par un correspondant de l'AFP. Des heurts ont alors éclaté et des "coups de matraques" ont été donnés par les forces de l'ordre, a indiqué à l'AFP une représentante locale de l'UNL.

 

Selon elle, deux jeunes, dont une lycéenne qui souffre de trois côtes cassées "consécutivement à des coups de matraque" ont été transportés à l'hôpital. Toujours selon la représentante lycéenne, un policier a donné une gifle à un élève. Les policiers ont ensuite formé un cordon autour de l'établissement, désormais libre d'accès. Quelque 300 lycéens se sont ensuite rassemblés devant le lycée avant de partir manifester en ville. Plusieurs professeurs sont spontanément sortis dans la rue "pour protéger les élèves", selon des lycéens.

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 21 octobre.

 

 

Les tribunaux cléments avec les supposés "casseurs"

 

Les premiers jugements prononcés à Lyon, Paris et Nanterre contre de jeunes gens interpellés pour des incidents en marge des manifestations contre la réforme des retraites sont des peines de prison avec sursis, contre les réquisitions des procureurs.

 

Le profil des prévenus ne correspond pas aux déclarations des autorités décrivant les fauteurs de troubles comme des "casseurs" issus des banlieues, sans lien avec le mouvement contre le projet gouvernemental de réforme des retraites.

 

À Lyon, les quatre premières personnes majeures jugées dans la soirée de mercredi en correctionnelle n'avaient aucun casier judiciaire. Elles ont toutes été condamnées à des peines avec sursis, à l'exception d'une jeune lycéenne sanctionnée d'un mois de prison ferme pour un incendie de poubelles.

 

Il n'y a pas eu de mandat de dépôt et elle est sortie libre du tribunal, avec la possibilité d'un aménagement de peine sans incarcération. Les trois autres prévenus condamnés à des peines de quelques mois de prison avec sursis étaient des proches de cette jeune fille, dont un père de famille au chômage.

 

Le parquet de Lyon se refuse à donner des informations sur les mineurs interpellés, qui passent par un autre circuit judiciaire, où la détention provisoire est impossible en dessous de 16 ans pour ce type de faits. Le préfet a dit qu'ils venaient de la banlieue et étaient souvent connus de la police.

 

À Nanterre (Hauts-de-Seine), autre théâtre principal des violences de ces derniers jours, un jeune homme a été condamné mardi à deux mois de prison ferme et écroué pour des violences et le recel d'un blouson volé dans le saccage d'un magasin.

 

Mercredi, le tribunal a prononcé une peine de quatre mois de prison avec sursis contre deux autres prévenus, refusant de suivre le parquet qui demandait de la prison ferme. Il s'agissait de deux jeunes gens sans antécédents judiciaires mis en cause pour des jets de projectiles.

 

Par ailleurs, une trentaine de mineurs ont fait l'objet de procédures devant le juge des enfants ces derniers jours, avec en minorité des défèrements immédiats et une majorité de convocations à une date ultérieure.

 

Il s'agit dans l'immense majorité des cas, dit le parquet de Nanterre, de très jeunes collégiens ou lycéens sans casier judiciaire. Le plus jeune a 13 ans.

 

Le parquet de Nanterre estime que "l'échantillon" de fauteurs de troubles ainsi remis à la justice n'est pas forcément représentatif, mais qu'il s'agit de jeunes gens arrêtés après les manifestations ou en lisière des mouvements.

 

"Quand vous avez beaucoup de troubles, vous privilégiez le maintien de l'ordre. Les interpellations de mineurs ne sont pas révélatrices des troubles", dit un porte-parole du parquet.

 

Les tribunaux sont traditionnellement confrontés à des difficultés sur ces dossiers, souvent seulement composés d'un procès-verbal de police désignant un interpellé, qui nie les faits. Les juges hésitent alors à condamner car une méprise est toujours possible dans le contexte d'une manifestation de rue.

 

Leur presse (Reuters), 21 octobre.

 


 Montpellier : La manif devant Pôle emploi s'achève par des interpellations

 

Cinq personnes ont été interpellées, hier en milieu de matinée lors d'une manifestation organisée devant l'agence Pôle Emploi de l'avenue de Toulouse à Montpellier. L'intervention des policiers de la bac est intervenue en fin de manifestation alors que les personnes présentes devant l'agence avaient, semble-t-il, l'intention de barrer l'avenue avec des containers à poubelles.

 

Leur presse (Midi Libre), 21 octobre.

 

 

Meaux : Un lycéen violent trahi par Youtube

 

C’est grâce à des images découvertes sur le site YouTube qu’un lycéen de Meaux (Seine-et-Marne), auteur d’une agression sur un policier, a été identifié. Jugé mercredi après-midi au tribunal correctionnel de Meaux, il a été condamné à deux mois de prison ferme, sans incarcération à l'issue de l'audience.

 

 

Le mardi 12 octobre, en marge des manifestations contre la réforme des retraites, alors que 150 jeunes empêchent l’accès au lycée Coubertin de Meaux, les forces de l’ordre interviennent pour débloquer le passage. Sur la vidéo, on aperçoit le jeune homme de 18 ans pousser violemment dans le dos un fonctionnaire, le faisant tomber à terre. Identifié grâce à la vidéo, il a été arrêté ce mercredi matin et jugé dans la foulée. 

 

Leur presse (Guénaèle Calant, Le Parisien), 20 octobre.

 

 

Patrice Ribeiro : «Le maintien de l'ordre est une science très politique»

 

Face aux casseurs, essentiellement des jeunes de banlieue et des militants d’extrême gauche, les forces de l’ordre ont pour consigne d’agir avec prudence afin d’éviter à tout prix la bavure. Entretien avec Patrice Ribeiro, secrétaire général de Synergie, syndicat d’officiers de police.

 

La Croix : Quel est le profil des casseurs interpellés ces jours derniers en marge des manifestations ?

 

Patrice Ribeiro : On trouve, hormis quelques lycéens sans histoire qui, dans la ferveur collective, se laissent aller à jeter des projectiles, deux profils principaux. D’une part les casseurs de banlieue, qui agissent dans un but de déprédation et de prédation. Ils cassent, brûlent et pillent des magasins, voire dépouillent les manifestants.

 

D’autre part, des militants issus de l’extrême gauche ou de l’ultra gauche qui, parfois, appartiennent à des formations politiques et qui eux, cassent uniquement dans une logique de subversion. Ils sont aux manifestations lycéennes ce que les Black Blocs (NDLR, groupes autonomes ultraviolents) sont aux sommets du G8.

 

La répartition entre casseurs de banlieue et militants d’extrême gauche varie d’un cortège à l’autre, en fonction de l’environnement social : les premiers étaient majoritaires lors des incidents survenus à Nanterre, et moins nombreux en marge de la manifestation lyonnaise de mardi. Il n’y a là rien de bien neuf, si ce n’est que les nouvelles technologies permettent à ces jeunes gens de se rassembler plus rapidement et, le cas échéant, de faire valoir leurs «exploits» sur des blogs.

 

Pourquoi les casseurs sont-ils si difficiles à contrôler ?

 

Globalement, ce sont des personnes connues des services de police. Le problème, c’est qu’elles sont très mobiles et forment des «nébuleuses». Elles se réunissent au sein du cortège, en sortent — souvent masquées — pour casser des vitrines, puis retournent se fondre parmi les manifestants. Dans ces conditions, il est difficile de charger car on risquerait de créer un dangereux mouvement de foule. Le plus efficace est d’envoyer de petites unités mobiles, avec un soutien à l’arrière, pour éviter que des policiers ne se fassent lyncher.

 

Les policiers ont-ils parfois pour consigne de laisser casser plutôt que de prendre des risques ?

 

Bien sûr. Le maintien de l’ordre est une science hautement politique. Jamais le gouvernement ne tombera si une enquête portant sur un braquage n’aboutit pas. Mais il joue sa survie en cas de manifestation qui tourne mal. Dès lors, tout l’art consiste à trouver un équilibre entre les différents risques.

 

Les services d’ordre des manifestations sont-ils totalement désarmés ?

 

Ceux des grosses confédérations — notamment celui de la CGT, sans état d’âme, organisé comme une armée et qui collabore bien avec la police — ne se laissent jamais déborder. Mais les services d’ordre des syndicats lycéens, quand ils existent, pèchent par leur amateurisme. D’ailleurs, ceux qui poussent les jeunes dans la rue ont bien conscience des risques de débordement.

 

Recueilli par Denis Peiron
Leur presse (La Croix), 20 octobre.


 

Affrontements d'après manif à Saint-Nazaire : Quatre hommes encore en garde à vue

 

À 18h ce jour, quatorze des dix-huit personnes interpellées mardi après les débordements qui ont suivi la manifestation nazairienne avaient été remises en liberté. Quatre d'entre eux étaient mineurs. Ils ont été présentés au juge des enfants pour une mise en examen qui précédera une éventuelle sanction pénale.

 

 

Sur les autres libérés, neuf ont reçu des convocation à une prochaine audience du tribunal correctionnel. Ils sont poursuivis pour violences sur personnes dépositaire de l'autorité publique, outrage et port d'arme illégal. Un salarié du port a en effet été interpellé en possession d'une fronde avant la manifestation. Enfin, quatre hommes étaient toujours en garde à vue ce soir. Pour eux, il subsiste l'hypothèse d'un jugement vendredi en comparution immédiate. 

 

Leur presse (Ouest-France), 20 octobre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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