Nous ne lâcherons pas !

Publié le par la Rédaction


Après le 20 novembre, où pas moins de quatorze assemblées générales de grévistes  se sont tenues dans Lyon et son agglomération, les initiatives n’ont cessé de fleurir. À Paris, un millier de manifestants se sont rassemblés à l'occasion de louverture du Salon de l’Éducation le 27 novembre. Mardi 25 et jeudi 27 novembre, des enseignants de nombreuses villes ont poursuivi la grève : à Marseille, Lyon, Dijon plusieurs manifestations ont réuni enseignants, parents délèves et lycéens. À Montreuil, Créteil, Athis-Mons, des écoles ont été occupées par les parents. Entre le 2 et le 5 décembre, des dizaines de «Nuits des Écoles» ont rassemblé parents et enseignants dans toute la France y compris dans l’agglomération lyonnaise. À Vaulx-en-Velin (où une centaine denseignants grévistes se sont réunis en AG une fois par semaine depuis le 20 novembre) ces nuits des écoles furent un franc succès. Cette mobilisation des parents extrêmement forte, partout en France, est inédite et significative de lampleur des menaces que font peser sur l’Éducation nationale lensemble des mesures Darcos.

Les raisons de la colère : moins d
école pour la majorité des élèves

Les 11.200 suppressions de postes de cette année et les 13.500 de la rentrée prochaine se traduisent par des réformes dont le vernis pédagogique ne fait pas illusion.

Ce qui a mis le feu aux poudres est sans conteste les annonces qui frappent le premier degré : la suppressions des RASED, la mise en place des 60 heures, le remplacement de l
accueil des 2 ans en maternelle par des Jardins déveil payants, les 108 heures de classe en moins. Sans parler des EPEP… Ce moins décole se conjugue partout par un enseignement de moindre qualité et totalement rétrograde : nouveaux programmes du primaire, Socle commun pour le collège (un subtil mélange de casse des statuts des enseignants et de retour à la pédagogie à lancienne), la réforme du Lycée (entres autres annonces, on apprend que de nombreuses matières deviendront optionnelles), la réduction de 4 à 3 ans de la durée du cursus des Bac pro… À quoi il faudrait rajouter la démolition de la formation professionnelle des enseignants, avec à la clé, un futur recrutement fait directement par les chefs détablissement et le sabordage des IUT et de la Recherche. Le désengagement de l’État sapparente à un véritable démantèlement du Service public déducation. À court et moyen terme, il sagit dune privatisation pure et simple de lÉducation nationale. Les autres services publics sont aussi passés par là.

Pouvons-nous laisser faire ça ?

Dans des centaines d
écoles, laide personnalisée a été gelée. Il sagit maintenant de transformer lessai et dobtenir sa suppression pure et simple, ainsi que celle de toutes les mesures visant le premier degré. Au delà, les enseignants du second degré — tout autant touchés par les décrets Darcos — doivent porter leurs revendications : les enseignants de collège, par exemple, ont à peine pu se battre sur des questions aussi graves que la suppression de la carte scolaire, le Socle commun, les heures supplémentaires, la note de vie scolaire… Déjà la résistance sorganise dans les IUT, les IUFM, les lycées, au CNRS.

L
ampleur de la mobilisation autour de toutes ces questions, malgré la frilosité des centrales syndicales (ir)responsables est un espoir pour tous ceux qui luttent au quotidien pour une meilleure école. Une école qui ne soit plus un lieu de tri social mais démancipation.

Toutes les formes de mobilisations sont importantes et complémentaires… Mais nous ne pouvons plus nier lurgence dun appel à une grève nationale, qui posera la question de la reconduction. Nous ne pouvons pas nous déclarer vaincu sans nous être battu. Cette lutte est la nôtre, à nous de la porter, comme cela a été fait le 20 novembre, dans les espaces de décisions collectives que sont les assemblées générales.

CNT Éducation du Rhône, 5 décembre 2008.
POUR CONTACTER LA CNT DANS LE JURA


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