La truelle dans la gueule

Publié le par la Rédaction

swisstxt070922.jpgSamedi 22 septembre, Zurich, sous un soleil radieux d’après midi indien, un cortège de plus de 20.000 ouvriers du BTP, venu des quatre coins de la Suisse, fait preuve d’une démonstration de force au nez du patronat. Patronat qui rêve de flexibilité de temps de travail, de salaire quasi inexistant et surtout, de la mort du syndicalisme. Comment s’y prendre ? Résilier la Convention Nationale qui contractualise les rapports sociaux entre salauds et travailleurs.

En tout cas, la Société Suisse des Entrepreneurs ne s’est pas gênée de le faire le 23 mai 2007. Pour elle, cela signifie une vision plus néo-libérale du travail en bâtiment : suppression du salaire minimum, dérégulation totale de la durée du temps de travail, abolition de l’assurance obligatoire d’indemnités journalières en cas de maladie et de la protection contre le licenciement pendant la maladie. Leur rêve commence le 1er octobre 2007. Ou peut-être leur cauchemar !!!

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Il a débuté samedi, à 13h30, par la marche, chaleureuse et franchouillarde, d’un cortège armé de 10.000 sifflets et autant de drapeaux. Des rouges, des jaunes, des blancs et parce qu’il y en a pas un sur dix, une dizaine de rouge/noir et noir. Pour certains, visite de Zurich et de ses magasins chicissimes, hôtel étoilé ; pour d’autres, expression libre au mégaphone : «La truelle dans la gueule !», «Le pouvoir aux travailleurs !», «Autogestion !» … et quelques injures que je me passerai de citer. Bien entendu, cette vague de mécontents n’a pas pu découvrir les grands axes de cette charmante bourgarde, puisque gentillement canalisée dans des rues sans public.

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Arrivée à l’Helvetiaplatz : les représentants syndicaux organisateurs, UNIA et SYNA, ont exprimé en allemand, portugais, albanais, italien, serbocroate, espagnol et français leur revendication qui se traduit par un Non à la résiliation de la CN par les employeurs. Et si une marche ne suffit pas, 30.000 ouvriers sont déjà prêts à se mettre en grève.undefined La section Transjurane (autoroute Suisse-France) d’UNIA annonce clairement la couleur sur sa banderole : Pas d’autoroute sans convention. En France, des syndicats ont déjà fait taire plus d’un prolo en les laissant crier dans de grandes manifs parisiennes ou provinciales. La fièvre de cet après midi zurichois me donne un peu d’espoir. Peut-être une future chronique sur le blocage d’un chantier en bâtiment, un mouvement qui se met en place, une victoire sur le patronat.

En attendant, je vous invite à une manifestation anti Blocher le 6 octobre à Berne.

Vive la lutte pour une vie digne et fraternelle,
et la truelle dans la gueule du patronat !

Un mouton noir du dehors
Le Jura Libertaire

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