Jeudi 15 mai 2008
À coups de pelles, Bienne risque d’étouffer sa Coupole

Créée en 1968, la Coupole, cœur du Centre autonome de Bienne, pourrait prochainement fermer ses portes à la jeunesse. Les travaux d’urbanisation qui ont débuté sur laire de lancienne usine à gaz menacent son existence.

Cest un symbole. Pour les milieux autogérés, la culture alternative, la jeunesse et la ville de Bienne. Elle suscite fascination et admiration chez les uns, mécontentement et rejet chez les autres. Depuis sa naissance, en 1968, la Coupole reste «le» sujet qui dérange le monde politique biennois. Essentiellement dédié à la musique, ce fief autogéré, largement soutenu par la population, survit depuis quarante ans malgré des attaques récurrentes : une fois encore, la Coupole se retrouve dans l’œil du cyclone. Le plan durbanisation de la ville de Bienne prévoit en effet daménager une esplanade et un parc public, ainsi que de construire des logements à proximité du centre alternatif dici trois ans. Hubert Klopfenstein, directeur des travaux publics, estime que la cohabitation sera impossible. «Les futurs locataires risquent dêtre importunés par les activités de létablissement. Son emplacement devra vraisemblablement être remis en cause.»

Beat Junker, engagé depuis six ans dans le comité gérant la Coupole, ne partage pas cet avis. Pour lui, la cohabitation est envisageable : «Nous sommes ouverts à la discussion, ce que d
aucuns ne veulent pas croire». Il déplore le manque de dialogue entre la Ville et la Coupole. «Nous voulons quune collaboration sinstaure sous forme de partenariat», explique-t-il. M. Klopfenstein conteste ce reproche : «la Coupole a pu participer à la procédure de consultation».

Mal perçue, l
autogestion effraie

De son côté, le responsable du Service jeunesse et loisirs, Marcel Meier, constate qu
avec les politiciens les contacts ne sont pas toujours aisés : «Je mefforce de faire le pont entre deux systèmes de pensée. Cest une tâche ardue dexpliquer quautogestion ne rime pas avec espace sans règle.» Il tempère : «Nous nen sommes plus à la confrontation vive. Cependant, un dialogue tenant véritablement compte des préoccupations de la Coupole peine encore à voir le jour».

Les attitudes divergentes à l
égard de la Coupole découlent-elles de ce manque de dialogue ? Ou serait-ce linverse ? Quoi quil en soit, le centre autogéré donne encore à certains politiciens limpression dun espace où violence et drogue font la loi. La Coupole prend pourtant de sérieuses mesures en la matière. Adjudant à la police municipale et responsable des interventions lors de manifestations, René Eschmann se dit satisfait de la collaboration quentretient la Coupole avec son service. Cette dernière communique chaque mois le programme des week-end et le nombre de personnes attendues pour que la police puisse se préparer en conséquence. M. Eschmann estime quil ny a pas plus de violence à la Coupole quailleurs. «Il ne faut pas négliger quelle se situe dans une zone connue pour ses violences nocturnes», précise-t-il.

En ce qui concerne la drogue, la Coupole a mis en place un règlement très clair : pas de deal dans l
établissement. Par ailleurs, les militants de la Coupole condamnent la consommation de drogue même si, dans l’idée dautogestion, chacun se doit dêtre responsable de ses actes. Marcel Meier est conscient que le collectif de la Coupole souhaite protéger la jeunesse de la drogue. «Je suis rassuré pour les jeunes qui sy rendent. À mon avis, à défaut de critiques étayées, les thèmes de la violence et de la drogue sont utilisés pour contester le lieu.»

Une image qui dérange


Autre reproche formulé à l
encontre de létablissement alternatif : lheure de fermeture. En Suisse, les discothèques doivent fermer leurs portes à quatre heures du matin. Les soirées de la Coupole se poursuivent souvent jusquà laube. Émilie Moeschler, jeune membre du Parti socialiste romand, souligne les avantages de cette dérogation : «Les jeunes ne se retrouvent pas dans la rue à attendre le premier train et cette possibilité les dispense de devoir conduire en état débriété durant la nuit.»

De façon plus générale, on accuse l
établissement de faire tache dans la cité. «La Coupole ternit limage de Bienne», affirme Martin Scherrer, jeune représentant du Parti suisse de la liberté (parti de droite) au Conseil de ville.

Entre autres, un foyer sis devant l
entrée de la salle de concert et qui permet aux gens de la rue de se réchauffer durant la nuit. Le plan durbanisation devrait contraindre cet espace à la disparition.

La Coupole, pointe de l’iceberg

Le centre autogéré est la proie de nombreuses doléances. À tel point que ces dernières masquent et font oublier le réseau social qui l
entoure. Beat Junker regrette : «La Ville ne se rend pas bien compte du travail que nous réalisons.» En effet, la Coupole représente lorgane majeur du Centre autonome de jeunesse (CAJ). Le CAJ est un important regroupement détablissements socioculturels : Cuisine populaire, Sleep-in (accueil de nuit pour les sans-abri), Villa fantaisie (studio denregistrement, lieu de rencontre), Infoladen (kiosque dinformation alternatif)… Tous ces espaces sont tenus par des bénévoles. «La Ville, qui subventionne le CAJ à raison de 125.000 francs par an, ne pourrait tout simplement pas se payer le travail réalisé par le centre», note Beat Junker. Marcel Meier poursuit : «Jai beaucoup dadmiration pour les personnes qui simpliquent en faveur des jeunes et des marginaux. Et qui contribuent au développement de Bienne.»

Un futur proche mais incertain

Hubert Klopfenstein, convaincu depuis lo
ngtemps que la Coupole représente un frein à lurbanisation, juge envisageable de trouver un endroit différent pour les concerts et autres activités du lieu. «Loin des habitations et relativement proche du centre, le quartier de la gare des marchandises savérerait une alternative idéale. Mais rien nest encore défini», avance-t-il. Des manifestations plus calmes pourraient être en revanche organisées à la Coupole. «Pour quelle se transforme en musée ?», ironise Beat Junker.

«L
emplacement de la Coupole doit être préservé. Cest une chance quun tel lieu se trouve au centre-ville», estime Marcel Meier. Le responsable du Service jeunesse et loisirs redoute que la Coupole étouffe, faute de ne pas être bien intégrée au sein du futur aménagement. «Il faut imaginer limpossible pour garantir lutilisation actuelle de létablissement. Ville et Coupole doivent absolument réfléchir ensemble afin de rendre la cohabitation possible.» Il prévient que la Coupole, dont limage est si fortement ancrée dans les esprits, sera certainement difficile à déplacer. Dautant plus quelle marque Bienne de son identité depuis… 1968 !

Joël Hefti
Le Courrier, 8 mai 2008


«Une réussite en matière d
intégration des jeunes»

Après des études en sciences politiques, Carine Zuber se consacre au monde des arts et spectacles à travers divers mandats. Programmatrice du Cully jazz festival depuis neuf ans, responsable des projets de clubs lors dExpo.02, directrice administrative du Théâtre Bienne-Soleure depuis 2004 et présidente du groupe dexperts musicaux de Pro Helvetia depuis 2005, Carine Zuber, 35 ans, est aussi membre du Parti socialiste. Elle a été élue conseillère de Ville à Bienne en 2005. Quelques semaines après le Cully jazz festival, elle évoque la Coupole, un établissement qui a marqué sa jeunesse biennoise.

La Coupole a-t-elle joué un rôle dans votre jeunesse ?

Carine Zuber : Oui, un rôle énorme. Originaire d
un petit village des environs où il ne se passait culturellement rien, je suis venue à Bienne pour mes études gymnasiales. Jallais à la Coupole tous les week-end : cétait le seul endroit de rencontre pour les jeunes. Je ne faisais pas attention à la programmation, ce qui ma permis de découvrir une riche palette de styles musicaux. Je dois à ces années et à la Coupole mon éclectisme actuel.

Qu’est-ce que la Coupole vous a appris ?

Ce lieu montrait que des choses pouvaient être réalisées. Son fonctionnement autogéré — l
organisation et la programmation nétaient pas assurées par des professionnels — prouvait quil était possible dêtre actif et de mettre des choses sur pied soi-même. Je nai donc pas eu peur de participer activement à lorganisation dun concert rock lors des vingt-cinq ans du gymnase de Bienne. En fait, jai appris à travers la Coupole tous les principes de base pour organiser une manifestation.

Quel est votre regard sur le lieu ? Qu’apporte-t-il aujourd'hui ?

La Coupole a sa raison d
être. Les jeunes y apprennent toujours énormément de choses en étant confrontés aux problèmes dorganisation. Par exemple, ils doivent résoudre des questions logistiques ou veiller à ce que la programmation soit équilibrée. Cest un miracle quun tel lieu existe encore.

Qu’est-ce qui fait, selon vous, la particularité de la Coupole ?

L
organisation participative est un élément exceptionnel. De plus, ce fonctionnement non professionnel permet un renouveau constant. Dans de nombreux établissements tenus par des professionnels, il est souvent arrivé que le lieu perde la proximité avec le public : la programmation stagnait. Cest peut-être ce perpétuel renouvellement qui a assuré la pérennité de la Coupole.

Que représente la Coupole pour la jeunesse ?

Les jeunes y sont à l
aise car ils ont le sentiment que la Coupole leur appartient : ils sy identifient. On peut être issu de tous les milieux sociaux ou musicaux, on se sent bien à la Coupole. Le fait que la police ne puisse et ne doive pas intervenir à lintérieur de létablissement démontre que la jeunesse sait se prendre en main. La Coupole prouve que lautogestion est possible. Elle symbolise une réussite en matière dintégration des jeunes.

La Coupole est-elle présente dans votre quotidien ?

Oui. Pour ne citer qu
un exemple, nous avons invité Fred Wesley la semaine passée au Cully Jazz festival et la première fois que je lai vu… cétait à la Coupole ! Erik Truffaz, lui aussi présent à Cully, se souvient très bien de son passage à Bienne, lors dune soirée que j'avais organisée en tant quagente. Tous les artistes qui se sont produits à la Coupole en gardent un excellent souvenir.


Elle nest pas une usine à gaz

29 juin 1968 : 3000 manifestants descendent dans les rues de Zürich. Ils demandent à la Ville de mettre un local à la disposition des jeunes. De violents affrontements s
en suivent. Une semaine plus tard, la jeunesse biennoise revendique pacifiquement un centre autonome. Un petit groupe détudiants proche du mouvement contestataire de 68 organisera un sit-in réunissant environ deux cents jeunes. Ces derniers recevront rapidement un espace : la Coupole. Le Centre autonome de jeunesse (CAJ) [Le CAJ entend rappeler ce qu’il représente et prévoit dorganiser des portes ouvertes et des visites scolaires à la Coupole] voit le jour à Bienne, avant même quun discours politique clair ne le définisse. «Nous avions une vision commune dun centre géré par la jeunesse, même si nos aspirations politiques divergeaient sur certains points», se souvient Renato Maurer [Renato Maurer participe actuellement à la rédaction d’un ouvrage en trois volets retraçant l’aventure du Centre autonome de jeunesse de Bienne. Le premier tome paraîtra cet été.], ancien militant engagé dans les années septante en faveur de la Coupole. Il ajoute : «L’heure nétait pas à la politique. Il fallait construire vite et aménager lancienne usine à gaz.» Elle nen sera dès lors plus jamais une ! Cette vision dun centre autonome a suscité énormément dintérêt dans les milieux les plus divers. «Ce qui a fédéré les gens autour de ce projet, cest peut-être lespoir commun dune société plus juste, valorisant la liberté et lautonomie de lindividu», suppose Renato Maurer. Le dôme semblait refléter alors une perception particulière de la vie. «Fréquenter la Coupole représentait un choix personnel, socialement et culturellement engagé», précise-t-il. Quen est-il aujourdhui ? Un certain nombre de jeunes continuent de sinvestir dans lorganisation de la Coupole. «Lorsque je discute avec eux, jentends souvent dire qu’ils sy sentent écoutés et libres de sexprimer. Le Centre alternatif leur donne les moyens dêtre actifs, de prendre des initiatives et dapprendre énormément de choses tant au plan organisationnel que social», se réjouit ce militant. Cependant, à en croire ses propos, la majorité des usagers de la Coupole ignore que ce fief autogéré est un incroyable lieu dapprentissage. «Les jeunes ne sy identifient plus autant quà lépoque parce que de nos jours, l’offre pour la jeunesse est incroyablement diversifiée. Il faut rappeler quen 1968, il ny avait rien pour les jeunes !»

«La Coupole m
a permis de concrétiser les projets auxquels je croyais. Aujourdhui encore, je ne connais pas dautre entité qui favorise autant le développement personnel et social, la créativité et linventivité des jeunes», remarque Renato Maurer.


Un avenir sans coupole?
Les environs immédiats de la Coupole doivent être bâtis : un immeuble comprenant 50% de logements doit être placé à 13 mètrtes au nord de la Coupole. Cela entraînerait des problèmes insurmontables.
Cest pourquoi nous avons lancé une pétition contre ce projet. Tout le monde peut signer, nationalité, domicile et âge ne jouent aucun rôle. Nous avons besoin de votre aide ! Téléchargez la pétition, signez-la et renvoyez-la nous, signée par le plus de gens possible.
Pour que la Coupole reste un lieu de culture, de musique et de fête.

Dimanche 20 avril 2008
Le Toboggan, squat dijonnais, avait été expulsé parce que soi-disant la mairie avait un projet urgent dessus. Un an après il était toujours vide.

Pour pointer du doigt que les expulsions sont bien une répression politique et que les motifs avancés (tels que des projets, ou la sécurité) sont mensongers, un collectif a réoccupé ce lieu lors du week-end d’action internationale pour les squats et espaces autonomes
.

Il était prévu que l’occupation ne durerait que le week-end mais ne voulant pas laisser un si beau lieu et son jardin enchanté vide
nous avons décidé de les garder et d’y faire des activités (resto vegan, jardin collectif pour l’instant).

Une procédure d’urgence contre le squat semble avoir été lancée, l’expulsabilité est donc proche. Nous lançons un appel à toutes à tous pour que vous veniez défendre et occuper le lieu avec nous.

Le Toboggan 2, 19 avril 2008
Lundi 14 avril 2008
… et comment y remédier

Un tract de la CNT BTP 21, distribué sur les chantiers dijonnais.

Actuellement on ne peut qualifier la situation de paradisiaque dans le secteur du bâtiment :
C’est le bâtiment qui totalise le plus grand nombre d’accidents du travail (1 mort tous les 2 jours, 1 accident grave toutes les 3 minutes !).
C’est un des secteurs qui représente une des plus grosses sources de profit dans l’économie française, et dans lequel sont implantés les plus importants empires financiers (Bouygues, Eiffage, Vinci, etc.) dont les dirigeants se sont généreusement auto-attribué une augmentation moyenne de 40% pour l’année 2007.
Les salariés eux ne voient pas leur rémunération augmenter, alors que leurs conditions de travail et d’existence stagnent ou se dégradent : pénibilité, rythmes fluctuants, précarité généralisée… Et cela est vrai aussi bien dans les grosses boîtes que dans les petites, le recours à la sous-traitance étant bien souvent un moyen pour accentuer la pression sur les travailleurs de ce secteur.
Pour lutter contre cette situation une des premières choses c’est de connaître et faire respecter ses droits, et s’organiser pour en acquérir de nouveaux.


La dangerosité du travail
Article 231-8 du Code du Travail
«Le salarié signale immédiatement à l’employeur ou à son représentant toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé, ainsi que toute défectuosité qu’il constate dans les systèmes de protection.
L’employeur ou son représentant ne peut demander au salarié de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant par exemple d’une défectuosité du système de protection.»
Article 231-8-1
«Aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise à l’encontre d’un salarié ou d’un groupe de salariés qui se sont retirés d’une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu’elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou pour la santé de chacun d’eux.»
Article 231-11
«Les mesures concernant la sécurité, l’hygiène et la santé au travail ne doivent en aucun cas entraîner de charges financières pour les travailleurs.»
L’article 231-9 explique la procédure en cas de désaccord entre le patron et l’employé sur la dangerosité de la situation : Le comité d’hygième, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT [Un CHSCT, composé notamment de représentants du personnel, doit être constitué dans toutes les entreprises de plus de 50 salariés. Dans les autres, ce sont les délégués du personnel qui exercent ses fonctions.]) doit être réuni d’urgence (en moins de 24h), et le patron doit inviter l’Inspection du travail et la Caisse régionale d’assurance maladie à la réunion. Si le désaccord persiste entre la majorité du CHSCT et le taulier, c’est l’inspecteur du travail qui tranche.

CNT Interco Côte d’Or
BP 392, 21011 Dijon cedex






La CNT, c’est quoi ?
Un syndicat ! Parce que cette forme d’organisation englobe à la fois le champ économique, politique, social et culturel. Parce qu’elle offre une structure solide sur laquelle s’appuyer pour lutter au quotidien et tenter, demain, de réorganiser la société.
De combat ! Parce que la plupart des syndicats sont actuellement englués dans la collaboration avec les classes dirigeantes. Parce que l’État et le patronat ne se laissent pas convaincre par de belles paroles. Parce que seule la lutte est payante (grèves, occupations, manifestations, boycott…). Parce que les grandes avancées sociales n’ont été arrachées que dans l’action et la mobilisation.
Autogestionnaire ! Parce que les décisions doivent être prises à la base par les travailleurs eux-mêmes. Parce que nous préconisons l’auto organisation des luttes (comités de grève, coordinations…).
Et solidaire ! Parce que les hiérarchies de salaires et de fonctions ainsi que les différences de statuts, renforcent les divisions et l’égoïsme au sein de la population. Parce que les luttes des femmes, des chômeurs, des précaires, des mal logés, des sans-papiers, des lycéens et des étudiants sont aussi les nôtres.
Mardi 8 avril 2008

Au tribunal d’instance de Florac, le vendredi 11 avril 2008 à 15h30, se jouera une mascarade dont nous connaissons trop le mauvais goût. Une fois de plus nous sommes contraints de participer à cette farce quils appellent «justice». Mais quelle justice ?

Le droit est fondé sur la défense de la propriété privé, et l
appropriation privée est le fondement des inégalités. La propriété nest pas la liberté, elle est un outil pour contrôler le monde et en organiser lexploitation.

Dans les Cévennes, comme ailleurs, la propriété privée est le moyen de distribuer la terre, non pas à ceux-celles qui en vivent et y vivent, mais aux intêrets marchands (industries touristiques, résidences secondaires, spéculateurs fonciers, exploitations forestières…).

Nous occupons le Prat del Ronc SANS DROIT NI TITRE. C
est-à-dire que nous navons aucun droit légal dhabiter là et dy cultiver la terre. En bref, pour faire du Prat del Ronc un lieu «aux normes», «en règle», «légal»: il faut en expulser les habitants, les empécher dy cultiver la terre.

C
est tout ce que nous pouvons attendre du tribunal. Ce qui compte pour eux nest pas la justice ou la liberté mais laffirmation permanente que ce qui vaut dans ce monde est le privilège de quelques-uns.

On nous appelle à la barre des accusés le 11 avril, où il nous serait accordé la possibilité de nous défendre. Mais JAMAIS ils ne jugeront, JAMAIS ils ne poseront la question, du droit de tous de vivre et d
habiter librement. Ainsi, nous navons rien à attendre de cette justice et nous en refusons les règles. Ce qui vaut pour nous cest le droit pour tous de vivre et dhabiter librement.

Nous appellons tous ceux qui jugent ce jeu inacceptable à nous rejoindre le 11 avril à Florac à 15h00, et à agir par tous les moyens pour refuser le jugement, et l
expulsion des habitants du Prat del Ronc. La seule justice que nous aurons sera celle que nous ferons.

LES RÈGLES SONT INJUSTES, IL FAUT LES COMBATTRE !
(… rester silencieux cest les soutenir)

La Picharlerie, 6 avril 2008



Solidarité avec le squat du Prat del Ronc

Le 11 avril, le squat du Prat del Ronc, dans le Sud-Lozère, passe en procès pour occupation illégale. Ce squat «rural» est actif dans la diffusion d’idées et de pratiques antagonistes dans les Cévennes depuis un an, notamment depuis la destruction de la Picharlerie en juillet 2007. Ses habitants avaient prévu de participer à l
ouverture dun jardin autonome les 11 et 12 avril, dans le cadre des 2 jours dactions décentralisées en défense des squats et lieux autonomes. Pour cause de procès le 11 — cherchez lerreur… —, cette première journée est quelque peu compromise. Nous appelons donc tous ceux et celles qui se joignent à cette campagne, où quils soient, en France ou ailleurs (le propriétaire vit à Londres), à manifester à cette occasion leur solidarité avec le squat du Prat del Ronc.




Au tribunal de Florac, le 11 avril 2008…

Avril 2007, des paysan-ne-s reprennent l’activité du Prat del Ronc, à Saint-Germain-de-Calberte, en Cévennes lozériennes…

Les terres environnantes sont défrichées et cultivées. Petit à petit le lieu reprend vie : four à pain, poules, poteries, maraîchage, chevaux, plantations d
arbres fruitiers… mais aussi projections de films, soirées débats, chantiers collectifs, journées déchanges… Multitudes de projets fleurissent.

Seulement voilà, les habitant-e-s du Prat del Ronc ne sont pas de riches héritiers, ils n
ont pas de patrimoine. Le Prat del Ronc est leur seul logement, ce que produit la terre les nourrit.

Le propriétaire du lieu est un riche entrepreneur anglais qui a acheté le Prat il y a dix ans pour spéculer et n
y a jamais mis les pieds depuis lors, laissant le lieu à labandon. Les habitant-e-s ont essayé de le contacter, il na jamais daigné leur répondre.

Préfecture, renseignements généraux, huissier, gendarmeries alentours… exercent un harcèlement incessant sur ces habitant-e-s «sans droit ni titre» qui n
ont pourtant objectivement causé de tort à personne. La préfecture de la Lozère pousse le propriétaire à porter plainte et à les traîner devant la machine judiciaire dont ils savent trop bien quils ne ressortirons pas gagnants.

Le procès pour expulsion aura lieu le VENDREDI 11 AVRIL 2008 à 15h30 au tribunal d
instance de Florac.

Nous appelons toutes celles et tous ceux qui jugent ce jeu inacceptable à nous rejoindre déguisé-e-s avec de quoi faire du bruit dès 14h devant ce même tribunal et à agir par tous les moyens pour refuser le jugement et l
expulsion des habitant-e-s du Prat del Ronc. Nous affirmerons ainsi que face à la défense de la propriété privée, ce qui compte est de pouvoir vivre librement, de cultiver les terres délaissées, dhabiter les bâtiments inoccupés… La seule justice que nous aurons sera celle que nous ferons.

Les règles sont injustes, il faut les combattre ! (… rester silencieux c
est les soutenir !)

Infos Alternatives en Cévennes, Aubrac, Margeride, 7 avril 2008
Samedi 5 avril 2008
Ungdomshuset : face à l’annonce du siège de la Mairie, les autorités danoises plient…

Comme mentionné dans larticle «Vers une nouvelle Ungdomshuset ?», les militant-e-s danois-e-s avaient annoncé une nouvelle action de siège de la Mairie de Copenhague, «BlokR», pour forcer la Mairie à leur octroyer rapidement une nouvel espace autonome, suite à lexpulsion dUngdomshuset le 1er mars 2007 et un an de lutte continue depuis.

Hier, vendredi 4 mars, l
action BlokR sest finalement transformée en manifestation victorieuse de célébration dune lutte, après que la Mairie se soit engagé à mettre à disposition une maison qui rentrait dans les exigences posées par les défenseurs dUngdomshuset. Entre 5000 et 6000 personnes se sont néanmoins retrouvées pour une manifestation qui est passée devant bon nombre des lieux qui ont soutenu Ungdomshuset depuis un an ou accueilli ses activités en exil. Avec 4 camions de son punk, disco ou electronica, la manif sest terminée en fête de rue dans un square du quartier populaire de Norrebrö.

Des annonces précisaient néanmoins que la vigilance resterait de mise jusqu
à la prise de possession physique du nouveau lieu et que les manifestations hebdomadaires du jeudi continueraient jusque là. Des actions sont par ailleurs prévues au Danemark pour les 11 et 12 avril 2008, journées internationales dactions des squats et espaces autonomes.

Pour fêter ça une version mise à jour de l
article «Vers une nouvelle Ungdomshuset ?» a été publiée sur le site Brassicanigra avec une gallerie de photos illustrant un certain nombre dactions de cette année de luttes danoises.

Sans titre, 5 avril 2008
Mercredi 2 avril 2008
LÉtoile (39) : un maçon électrocuté par une décharge de 20.000 volts

En heurtant accidentellement une ligne moyenne tension avec une barre métallique, un ouvrier de 27 ans a été électrocuté sur un chantier de maçonnerie. Il a été transporté au service des grands brûlés de lhôpital Édouard-Herriot de Lyon dans un état grave.

Il était 10h34 hier matin lorsque Yann Monnot, âgé de 27 ans, a été électrocuté sur le chantier de maçonnerie installé près des locaux de lentreprise des Chalets Boisson à lÉtoile. Le jeune homme, employé par lentreprise Palanghi basée à Toulouse-le-Chateau, travaillait avec deux collègues à la construction dun mur en parpaings, dune hauteur de cinq mètres. Lune des extrémités de louvrage passait sous une ligne moyenne tension. Alors quil était seul sur léchafaudage, louvrier a manipulé une armature métallique qui a heurté un des ponts de parafoudre de cette ligne de 20.000 volts. «Nous avons pu constater après coup que nous avions enregistré une perturbation sur notre réseau électrique à ce moment précis» explique Pascal Kiener, directeur-adjoint ERDS, la filiale dEDF qui gère lexploitation du réseau électrique.

Les pompiers de Lons et le SAMU sont rapidement intervenus. Laurent Berthet-Tissot, directeur-adjoint d
EDF dans le Jura, ainsi que Christophe Breniaux, le nouveau maire de lÉtoile, se sont également rendus sur place. Le jeune ouvrier inanimé étant encore sur léchafaudage après laccident, la ligne électrique a été coupée pendant deux heures pour que les secours puissent intervenir en toute sécurité. Environ 270 foyers du secteur, dont lécole du village, ont ainsi été privés de courant entre 11 heures et 13 heures.

L
état de santé très inquiétant de Yann Monnot a nécessité lintervention dun hélicoptère de la Sécurité civile. À son bord, une équipe médicale spécialisée de lhôpital de Besançon qui a atterri à 13h40. Le blessé a ensuite été héliporté en urgence jusquau service des grands brûlés de lhôpital Édouard-Herriot de Lyon.

La sécurité du chantier en question

Une enquête a été ouverte par la brigade de gendarmerie de Lons quant aux circonstances du drame. Les premiers éléments de l
enquête laisseraient penser que toutes les précautions de sécurité nauraient pas été prises. En effet, tout chantier à proximité dune ligne électrique doit être signalé auprès dEDF par une «DR-DICT», une déclaration de renseignement et dintention de commencement de travaux.

EDF et l’entreprise étudient ensuite le site afin d
évaluer les risques encourus et détablir les mesures de sécurité à mettre en place, lesquelles peuvent comprendre la coupure de courant si la configuration des lieux lexige. «Nous navions pas été prévenus de ce chantier, affirme Pascal Kiener, de lERDS. Selon les informations dont je dispose pour le moment, il semble que nous navons pas reçu la déclaration réglementaire.» Lentreprise Palanghi na pu être jointe hier pour sexprimer sur ce sujet. Quant à lentreprise des Chalets Boisson, ses employés, choqués, se sont refusés à tout commentaire.

Sarah Fréquelin
Le Progrès (édition du Jura), 2 avril 2008


Vendredi 28 mars 2008

Les vendredi 11 et samedi 12 avril 2008, auront lieu simultanément dans une trentaine de pays, deux jours de manifestations, d’actions directes, dinformations publiques, de fêtes de rue, douvertures de squats pour défendre les espaces libres et promouvoir une culture populaire anticapitaliste. À Dijon, ces deux jours seront loccasion de partager ce qui se vit et se crée dans ces espaces autogérés et de marquer une résistance commune face à la répression, que ce soit à lencontre du Mât noir à Dijon ou dautres lieux en Europe avec des actions, manifs, concerts, zones autonomes, repas de quartiers, débats, projections…

Pour des milliers de personnes en France, précaires ou sans-papiers, squatter est un moyen de se loger et d
affirmer une «propriété dusage» face à ceux qui spéculent et accumulent richesses et biens immobiliers. Au delà de lhabitat, depuis des siècles, des gens se sont servis despaces autonomes ou de squats, urbains ou ruraux, pour reprendre le contrôle de leur vies. Ces espaces se font outils, pratiques et moyens pour mener des luttes. Depuis des décennies, les mouvements squats, en Europe et au delà, ont combattu le développement capitaliste, contribué à des luttes locales, fourni des alternatives aux cultures de profits et de consommation, permis lexistence de centres sociaux et dactivités participatives en rupture avec léconomie marchande. Ils ont montré la possibilité de sorganiser sans hiérarchies, de créer des réseaux internationaux déchange et de solidarité ; ils ont changé bien des vies, hors du contrôle social et des normes sociétales.

Ces lieux sont de ces rares espaces ressources permettant des réunions et projets militants, la création et dissémination de cultures subversives, la mise en place d
échanges non-marchands, le partage des savoirs et lexpérimentation de modes de vie différents, des débats collectifs, des pratiques de recyclage et dauto-construction, dautonomie alimentaire et de médias indépendants.

Pourtant partout en Europe, ces lieux, cruciaux dans une dynamique de résistance globale, sont menacés. De la lutte des Tanneries l
an dernier contre la vente du terrain occupé à la Générale de Santé, aux manifestations qui ont embrasées Copenhague pour protester contre lexpulsion dun espace autogéré vieux de vingt ans, en passant par tous les squats souvent plus éphémères qui émergent un peu partout, des résistances et solidarités internationales se construisent.
Samedi 22 mars 2008
Expulsion du Pain Perdu (rue des Stations, Lille) ce matin vendredi 29 février 2008. Comme l’ensemble des lieux (ré)ouverts sur Lille et environ depuis un ptit bout temps beaucoup de choses s’y passait. Et beaucoup de monde le fréquentait. Des espaces vides que promoteurs, propriétaires moisis, flics et autre municipalité veulent laisser mourir ou récupérer pour aseptiser en effaçant toute trace préexistante. Ok. Mais qu’ils verrouillent bien leur cadenas. Y’aura toujours de l’infra, de l’en-dessous, du qui ne fait pas de bruit mais qui s’installe et qui dérange, qui gratte puis qui frappe… Que l’État et tous ses agents répressifs aillent se faire foutre. Y’aura toujours une brèche dans leur garde pour les foutre à terre. De temps en temps mais sûrement.

Guerre à ce monde, feu à l’État !

Indymédia Lille, 29 février 2008
Samedi 22 mars 2008
Le Centre Social Occupé Autogéré (squatt) l’Asilo de Turin est en butte à la répression de la part de la municipalité de gauche représentée entre autres par les sinistres Chiamparino, Borghezio et Carossa qui sous couvert de vouloir venir en aide aux immigrés roumains veulent expulser ce squatt historique (13 ans) de Turin, véritable lieu de vie aux multiples activités et ce alors qu’existent des dizaines de locaux inoccupés ou voués à la spéculation depuis de nombreuses années qui pouraient accueillir les réfugiés roumains. En fait ce qui semble déranger la municipalité se trouve être la dynamique des squatts, nombreux sur la ville, et leurs discours et pratiques militantes, cela depuis de nombreuses années,véritable contre-pouvoir face aux magouilles politiciennes et aux affairistes de tous poils. Face aux risques d’expulsion et de répression la mobilisation s’organise pour riposter avec la plus grande fermeté, et ce, dans toute la ville.

Nos compagnons(es) appellent à la solidaritée internationale en interpellant et en faisant pression entres autres sur l’ambassade et consulats d’Italie :
Ambassade d’Italie : tél. 01 49 54 03 00

Consulats d’Italie :
Lyon, tél. 04 78 93 00 17
Chambéry, tél. 04 79 33 20 36

Infos et soutiens :
Radio Blackout : tél. 0039.0112495669 — Tuttosquat Informa-Azione

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Samedi 22 mars 2008
Récit et pistes de réflexions

Vous vous souvenez sans doute des batailles de rue qui ont embrasé la capitale danoise l’an dernier avant et après l
expulsion dUngdomshuset en mars 2007. La défense de ce centre autonome historique avait entraîné petit à petit la constitution dun mouvement social majeur, mobilisant une partie conséquente de la jeunesse et des milieux militants danois, avec un cocktail singulier de manifs «familiales» et d’actions directes, de négociations avec la municipalité et de sabotage, de soutiens «citoyens» et dexplosions émeutières massives.

Malgré les centaines d
arrestations et lenfermement de dizaines des militant-e-s les plus actif-ves du mouvements pour quelques semaines ou quelques mois et des procès encore à venir, les enragé-e-s danois-e-s nont en rien déposé-e-s les armes. Depuis lexpulsion, une manifestation pour réclamer une nouvelle maison a été organisée chaque semaine (cest la 53e à ce jour), regroupant suivant les moments entre quelques centaines et quelques milliers de personnes, accompagnée à chaque fois dactions différentes : sound-systems devant les prisons, intrusions dans des institutions publiques, fête de rue, blocage du centre-ville ou dun show télé et des tentatives répétées et réprimées de réoccupation de bâtiments. La préparation des actions surprise lors de ces manifs, étaient laissées chaque semaine à un groupe différent, de collectifs de lycéens à de «vieilles» squatteuses du début des années 80 reprenant du service. Pendant le printemps, la ville a été littéralement recouverte de tags «69» (le numéro de rue dUngdomshuset), de nouvelles émeutes ont éclaté lors dopérations policières qui visaient cette fois le quartier «autogéré» de Christiania, et des locaux de partis politiques, entre autres, ont été attaqués à diverses reprises. Après le sabotage de machines de chantier lors de la destruction dUngdomshuset, il ne se trouvait plus de compagnie au Danemark pour accepter de travailler sur le Ground 69 et Vaderhuset, la secte catho-facho ayant racheté les lieux na pu trouver personne à qui revendre le terrain et y implanter un nouveau projet au vu des risques associés à toute construction sur cet espace hautement symbolique.

De nouvelles tactiques d
actions ont été tentées à la fin de l'été 2007 pour obliger la mairie de Copenhague à sortir de son mutisme. Depuis les émeutes de mars, elle sétait en effet enfermée dans une refus de tout dialogue avec les «anarchistes» et essayer de sen tenir à sa volonté de tirer un trait sur une page de lhistoire militante du Danemark. Laction sans doute la plus marquante et «innovante» a été le G13. Lidée était dannoncer une action massive de prise dun bâtiment vide ouvertement désigné à lavance, sous une forme de «désobéissance civile» et en annonçant que le niveau maximum de confrontation se limiterait pour cette fois à pousser les lignes de police par divers biais, et à laide de protections corporelles. Pendant plusieurs semaines, des ateliers de préparation ouverts ont été organisés pour sentraîner collectivement à résister à la police, à fabriquer des masques et déguisements, des outils et des boucliers. Malgré les communiqués du chef de la police déclarant que ce devait être du bluff, le 6 octobre, quelques 5000 personnes se sont retrouvées pour se lancer à lassaut du bâtiment situé 13 allée Grøndalsvænge. Le «G13» était alors protégé par une bonne partie de ce que le Danemark peut compter comme policiers et camions anti-émeutes. Le cortège principal sest rapidement divisé en plusieurs groupes avec chacun des tactiques spécifiques : un bloc noir pour briser les lignes de police et barricades de manière décentralisée, un bloc jaune pour faire la même chose en groupe large, un bloc vert pour servir de bouclier et un bloc rouge créatif et en baskets pour passer par dessus les obstacles. Après des heures de confrontation avec la police, des tonnes de gaz lacrymogènes et de matraquages, des courses poursuites sur les autoroutes et voies ferrées et quelques 436 arrestations, des dizaines de personnes avaient quand même réussi à passer la zone rouge et à occuper la maison pendant quelques heures avant de se faire déloger.

Au final et même si le bâtiment G13 n
a pu être gardé, cette manifestation a été perçue comme une victoire politique pour le mouvement : la totalité des personnes arrêtées a été relâchée rapidement par la police et la mairie de Copenhague, vraisemblablement cassée par le coût politique et laddition financière carabinée du cumul des évènements des derniers mois, a annoncé le soir même quelle acceptait de négocier sur lattribution dune nouvelle Ungdomshuset. Pia Allerslev, leader du parti libéral et adjointe à la culture, consternée a alors déclaré «Il est absolument regrettable que la maire reprenne des négociations. Ils/elles ne dénoncent pas lusage de la violence et ça semble pourtant signifier quils auraient gagné. Ceci est une insulte à tous les citoyens obéissants à la loi qui font font pacifiquement la queue quand ils ont quelques chose à demander à la mairie.» On ne peut mieux dire !

Depuis, les manifestations hebdomadaires ont continué pour maintenir la pression pendant les négociations. Le 28 décembre, une journée nationale d
ouverture de squats a été lancée avec quelques occupations qui tiennent encore à lextérieur de Copenhague, alors que depuis plusieurs années, la police expulsait immédiatement toute prise de local vide. Comme lobtention dune nouvelle maison traînait en longueur, un siège de la mairie appelé BlokR avait été appelé pour le 21 février si Ungdomshuset nétait pas mis à lordre du jour du prochain Conseil Municipal. Après lobtention de cette revendication, lopération BlokR a été suspendue. Pendant ce même mois de février des émeutes massives, rappelant celles de lautomne 2005 en France ont éclaté dans le quartier populaire de Norrebro où était situé Ungdomshuset, puis dans diverses autres villes du Danemark. Des attaques sporadiques mais intenses, ciblant des bâtiments publics, voitures et forces de lordre ont complètement dépassé les autorités. Si elles impliquaient principalement de jeunes immigrés protestant contre la montée des violences policières et des politiques racistes, elles semblent avoir été soutenues activement par un certain nombre de militant-e-s radicaux-ales et inspirées en partie par les pratiques confrontationelles qui avaient suivi lexpulsion dUngdomshuset auxquelles sétaient déjà ralliés de nombreux jeunes précaires des «quartiers» de Copenhague.

Au jour d
aujourdhui, la première maison sur la table des négociations a été rejetée suite à un processus d’«auditions citoyennes» dans le voisinage, dont le résultat est contesté. De nouvelles possibilités sont étudiées, mais un second appel au siège de la mairie a été lancé pour le 3 avril afin daccélérer le processus. Si la victoire nest pas encore assurée, lobtention dune nouvelle Ungdomshuset, qui semblait complètement improbable il y a un an au vu de la détermination de la mairie et de lescalade de la conflictualité de part et dautre, semble donc être en bonne voie.

Ce récit de quelques éléments marquants de ces derniers mois, alimenté par des séjours et divers témoignages, est forcément raccourci, simpliste et probablement un peu idéalisé par la distance qui me sépare actuellement du Danemark. Si le cas très spécifique d
Ungdomshuset ne peut être exporté hors-contexte en modèle, il y aurait néanmoins, si l’on creuse un peu, de multiples réflexions stratégiques pertinentes à tirer de cette lutte avec des leçons qui peuvent autant remettre en question les parti-pris citoyennistes sur les modes dactions que certaines rigidités idéologiques et pratiques des milieux radicaux. Le cadre de cet article ne permet pas de les explorer, mais je voulais néanmoins lister quelques constats possibles et ouvrir des pistes de débats :
  • — Le fait que dans ce contexte, lexpulsion ne signifie pas la fin dune lutte mais puisse lamplifier.
  • — La solidarité dans la répression et la possibilité de continuer la résistance malgré la multiplication des enfermements et violences policières, ainsi que la capacité à sacharner sur plus dun an avec des actions hebdomadaires.
  • — La manière dont lusage de tactiques émeutières ou de sabotage peuvent encore donner une force énorme à des mouvements et appuyer efficacement dautres formes d'action, et ce alors quon a trop voulu sonner le glas de certaines formes de lutte après le G8 de Gênes, le 11 septembre et la montée en puissance de lidéologie «anti-terroriste», appuyée par son armada répressive juridique et technologique, ainsi que par le contrôle citoyen des mouvements sociaux.
  • — Une capacité générale de diversité tactique dans laquelle se superposent moments confrontationnels très durs, maintien dun dialogue avec les institutions, actions symboliques ou manifs plus tranquilles et communication constante sur les tenants et aboutissants du mouvement autant en direction des militants que des médias. Lexemple type sincarne dans la manif pépère à 5000 du 15 décembre 2006, suivie dès le lendemain dun black bloc international de plusieurs centaines de personnes marchant sur la ville pour en découdre avec la police.
  • — Une capacité de renouvellement des formes dactions avec parfois des choix délibérés du mouvement de poser des limites et cadres «rigides» sur des moments donnés comme dans le cas du G13 ou de BlokR, en fonction de ce qui semble le plus pertinent dans le rapport de forces.
  • — Lusage crucial des réseaux de solidarité internationale pour renforcer la pression.
  • — La possibilité de faire naître un mouvement social large et global à partir dune lutte à lorigine spécifique et concrète de défense dun espace autogéré.
  • — La manière dont le soutien à ce qui pouvait être perçu comme un ghetto politique punk-anarcho-autonome, finit par gagner aussi bien des lycéen-ne-s, des retraitées, des citoyens de gauche, que de jeunes immigré-e-s des quartiers populaires.
  • — La capacité à donner du sens et forger un imaginaire, à développer une esthétique outrancière et belliqueuse jusque dans lauto-dérision, à créer des histoires autour dune lutte dont létat desprit sillustre aussi bien par le peinturlurage de la petite sirène en rose bonbon que par la diffusion à la presse du haut dun toit de «The final countdown» par une horde cagoulée et encerclée de fumigènes, lusage immodéré du sigle 69, des murs de la ville jusquaux sous-vêtements sérigraphiés, ou la création dun site montrant, photos à lappui, la maison que lon sest donnée pour défi doccuper le mois prochain.
On peut présumer en tous cas, quà ce point dexpérience et dévolution du mouvement, les remous sociaux ne sarrêteront plus si facilement au Danemark, même après léventuelle obtention dune nouvelle Ungdomshuset.

Concluons par ces quelques mots tirés de l
appel pour laction BlokR du 3 avril : «Il est clair quil ny aura pas de reddition face à la bureaucratie — si les politiciens insistent pour délayer de nouveau le processus, ils vont sûrement bientôt se retrouver à devoir ramasser les morceaux carbonisés de Copenhague».

Dijon, le 21 mars 2008

Plus dinfos sur Copenhagen News Service.



Voir aussi :
Les autorités danoises plient… (05/04/08)
Samedi 22 mars 2008
Le Køpi, légendaire squat berlinois à l’allure de HLM médiéval géant, surmontant un camp de multiples roulottes et camions, était de nouveau menacé d’expulsion après 18 ans de vie. Cette forteresse symbolique de la scène autonome locale avait en effet été vendue aux enchères au printemps dernier. Depuis, les manifestations de solidarité se sont multipliées sous le moto «Køpi bleibt — und zwar so wie sie ist !» (le Køpi restera — tel qu’il est), aussi bien localement que dans le reste de l’Europe. Après des mois de «longues et dures» négociations, les occupants du Køpi viennent d’envoyer un communiqué de victoire et d’annoncer le renouvellement, avec le nouveau propriétaire, de contrats sur l’ensemble des bâtiments (habitations, salle de concert et locaux d’activités) pour les 30 années à venir. Ces contrats n’impliquent selon eux, pas de compromis quant à leur choix de vie «non-commerciale» et leurs activités politiques et culturelles.

Ils/elles tiennent à remercier toutes les personnes qui ont agi en soutien et sans qui la position de force dans laquelle ils ont pu mener les négociations n’aurait pas été possible.

Ils/elles appellent à se mobiliser pour les
journées d’actions d’avril 2008 et pour tous les autres espaces autonomes berlinois actuellement menacées d’expulsion par de gigantesques plans de gentrification et de restructuration des quartiers populaires : Rigaer 94, XB-Liebig, Liebig 14 et Schwarzer Kanal notamment.

À noter que les journées d’actions du Køpi, du 30 mai au 2 juin, sont maintenues en soutien à ces autres lieux. Une bonne opportunité d’aller faire un tour du côté de Berlin…

Samedi 15 mars 2008
undefinedMesdames, Messieurs,
Chers Collègues,

Avant la parution (juin 2008) de son numéro consacré au «Nihilisme», la revue Hiatus (Travail social et Politique) a le plaisir de vous inviter, le 17 avril 2008, à une journée de travail autour de ce thème : «Bruxelles à l
heure de lurbanisation de la dévastation !»

En voici «l’argument» :


«Si on cassait du pauvre depuis 15 ans, cela se saurait !» (C. Picqué, 2008)

«Bruxelles est un organisme au sein duquel des quartiers pourrissent et certaines couches sociales se marginalisent, telles des organes qui, non surveillés et soignés à temps, présentent des tumeurs. Tôt ou tard, par le biais des métastases, les organes malsains affecteront les organes sains.» (C. Picqué, 1989)

«Le désert croît.» (F. Nietzsche)

Pas un seul jour sans que les hauts parleurs de la Société du Spectacle ne s
atermoient sur leffervescence du secteur immobilier en Région bruxelloise et le gâchis humain quelle provoque. En fait, ne soyons pas dupes, bien loin de sattrister, cest plutôt à raviver dautant plus la férocité de ce secteur auquel ces hauts parleurs ou ces médias nous invitent. En effet, il ny a pas un seul de leur reportage qui ne se conclu sur cette note alarmiste et surmoïque : Les années à venir seront pires ! Donc, si vous voulez acquérir un bien, cest maintenant ou jamais ! Secouez-vous ! Leurs infinis reportages sur la question ne visent donc pas à «changer la vie», mais plutôt à exacerber la dévastation ou la mort en cours — à aiguiser dautant mieux le tranchant de sa redoutable faucille. Et ça marche ! La Région bruxelloise, comme dautres villes européennes, est désormais une ville où «le désert croît».

Mais de quelle désert ou dévastation parlons-nous au juste ? De celle qui prolifère, recouvre et envahit depuis plus d
une quinzaine dannées la Région bruxelloise ; de cette dévastation qui vise à «liquider» ses quartiers populaires et à, entretemps, surveiller, encadrer, terrifier et à «évacuer» peu à peu ses habitants ; de cette dévastation qui considère que chaque chose et chaque être ne «valent» quà la condition quils «rapportent» ou accroissent limpérialisme du «Chiffre» ; de cette dévastation qui sévertue à «prostituer» la Région auprès des porteurs de capitaux ou auprès des cow-boys du «Combien ?» ; de cette dévastation qui précarise les travailleurs ; de cette dévastation qui «exècre la misère» ; de cette dévastation qui juge certaines populations comme «inutiles» ou comme des «entraves» au «progrès économique» ; de cette dévastation qui, «ne prêtant quaux riches», sévertue à injecter dans chaque «rénovation urbaine» un espoir de «plus-values» (économiques) ; de cette d