Pour commencer, des papiers

Publié le par la Rédaction

Le R-A-L-E sans-papiers occupe la Fédération française du Bâtiment
(6/14 rue de la Pérouse), Métro Boissière (ligne 6)

Non à la politique des quotas !
Mêmes droits pour tous les travailleurs !

Des centaines de milliers de sans-papiers travaillent dans le bâtiment, les travaux publics, la restauration et l’hôtellerie…, ils effectuent les travaux les plus pénibles et indispensables. Grâce à eux les routes s’allongent, les maisons s’élèvent, les plats chauds sont sur la table, le linge est nettoyé…

Ils existent, mais les lois répressives qui se multiplient à des fins électoralistes les rendent invisibles.

Pourtant dans la rue ils doivent raser les murs, se défenestrer pour fuir l’uniforme au risque de leur vie, vivre dans la crainte des rafles, des centres de rétention, des expulsions…

Pourtant dans leurs lieux de travail, ils doivent baisser les yeux, subir les salaires divisés par deux ou par trois, les accidents de travail, [la menace] d’être jetés dans la rue…. sans pouvoir se défendre.

Pourtant ils participent à l’économie de ce pays, alors que la chasse contre eux, contre leurs enfants devient chaque jour plus sauvage.

Pourtant, ils sont décrits comme «profiteurs» du chômage, des allocations… Alors qu’il s’agit d’un mensonge entretenu pour des raisons politiques et économiques :
1) Il s’agit de diviser la population de pauvres, en mettant sur le dos des étrangers en particulier les sans-papiers la cause de leurs difficultés, voir le Ministère de l’Identité nationale de Sarkozy…

2) Les patrons ont besoin d’une main d’œuvre docile, pas chère, à leur merci, qui a peur de la police, exploitable et licenciable, qui n’a qu’un seul droit : se taire et obéir…
Basta ! Les sans-papiers ne veulent plus vivre dans l’humiliation, le mépris et la peur. Ils veulent les mêmes droits que leurs camarades avec des papiers.

Ils veulent compter sur leur solidarité, celle des syndicats, parce qu’ils savent que le sort que leur réserve aujourd’hui le patronat sera le nôtre demain si nous ne réagissons pas ensemble. L’esclavage sera pour tout le monde.

Ici et là, nos camarades sans-papiers commencent à sortir du bois, ils font grève, ils occupent. Dans les conditions extrêmement difficiles, ils ont osé. Et les grands patrons, les «donneurs d’ordre» ont dû céder. Et certains parmi eux ont gagné. Les patrons et les services de l’État ont été obligés de les régulariser.

Ils ont le dos contre le mur, il ne leur reste que le chemin de la lutte. De la pitié, de l’aumône ils n’en veulent pas. Ils veulent garder leur dignité. Ils veulent gagner leurs droits.

Aujourd’hui, nous nous trouvons à la Fédération française du Bâtiment dont le Président, Christian Baffy a été reçu par M. Hortefeux le 7 juin dernier pour une discussion au sujet des principales orientations de la politique de l’immigration choisie.

M. Baffy a jugé à l’issue de cette réunion que la dernière loi Sarkozy sur l’immigration choisie tardait à produire ses effet, les décrets d’application n’ayant été publiés que tardivement.

Nous exigeons que la F.F.B.
1) Condamne les rafles qui s’opèrent contre les sans-papiers sur les chantiers,

2) Fasse pression sur le Président, M. Sarkozy et son gouvernement pour la régularisation des sans-papiers.

Même droits, mêmes salaires pour tous. Pour commencer, des papiers.

Réseau d’alerte et de lutte contre l’exploitation des sans-papiers



Ce jeudi 27 septembre, une trentaine de militants du Rale ont occuppé pendant quatre heures les locaux de la Fédération Française du Bâtiment situés au 6/14 rue de la Pérouse dans le 16e arrondissement à Paris afin d’exiger que la FFB :
1) Condamne les rafles qui s’opèrent contre les sans-papiers sur les chantiers,

2) Fasse pression sur le Président, M. Sarkozy et son gouvernement pour la régularisation des sans-papiers.

Une délégation du Rale a été reçue par M. Boulanger, secrétaire général de la FFB.

Ce dernier a nié que la réunion du 7 juin dernier avec Brice Hortefeux réunissant une vingtaine de fédérations professionnelles ait porté sur la politique de l’immigration choisie, et démenti les propos de M. Baffy président de la FFB reportés par l’AFP sur une application soi-disant tardive de la dernière loi Sarkozy.

Il n’a souhaité donner aucune réponse à nos interrogations sur le questionnaire diffusé par le Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale auprès des fédérations pour évaluer les quotas de recrutement, et a déclaré que ses adhérents sont sensibilisés au travail au noir, et n’embauchent pas de sans-papiers.

La délégation l’a interpellé sur les rafles par rapport à quoi il n’a pas souhaité se positionner, tout en en minimisant l’existence et les conséquences.

À l’évocation du problème de la sous-traitance en cascade, le représentant de la FBB a répondu que c’est légal, sachant pertinemment que le patronat en tire bénéfice au détriment des sans-papiers.

À l’évocation du cas d’Habichi, sans-papiers toujours hospitalisé depuis son accident de travail en juin 2006 non reconnu par l’employeur, a été répondu qu’«il faut voir des avocats».

Après une longue discussion de deux heures, nous sommes plus que jamais convaincus que le patronat veut maintenir une main d’œuvre corvéable à merci, ce qui ne fait que renforcer notre détermination dans notre action.


Réseau d’alerte et de lutte contre l’exploitation des sans-papiers

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Publié dans Colère ouvrière

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