Au cul d'l'Assemblée

Publié le par la Rédaction

Au cul de lAssemblée, c’est le trou de balles du Palais Bourbon : un rendez-vous initiatique et ponctuel (pour les sans-papiers, pour les sans-toît, pour les droits, quoi). Aujourd’hui, 31 juillet, la chambrée vote pour titiller le droit de grève. Dehors, c’est l’antichambre, une souricière pour jouer à chat avec les chiens.

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Après avoir croisé dans les couloirs du métro et sur les quais un nombre je calcule pas d’uniformes de différentes natures, j’émerge en sueur sur le boulevard plombé.

Partie avec au moins trois longueurs d’avance pour avoir une place assise, sans signe distinctif d’appartenance, je m’installe sur un des deux bancs de la mini-place. Sans pour autant en faire une coutume, on commence à connaître la présence sombre et massive des garde-mobiles. Mais j’avoue qu’en allumant ma clope j’apprécie pas terrible la vingtaine d’yeux placides qui cernent sous les visières levées des casques. Pour longer les rues, faut frôler leurs cars. Nouveau : ils sont déjà harnachés, jambières et genouillières rutilantes ; zèle ou prévention, en plein juillet, c’est pas raisonnable.

place-bourbon-1.gifAu fur et sans mesure la place se peuple de RG mixtes (c’est avant la fusion des polices). Une demi-heure avant le rassemblement, j’en vois un tout en noir, se barder d’autocollants CGT — il a du goût, cet homme chevelu, mais on voit souvent le noir et rouge mieux portés. Là, je compte vingt-trois individuEs de la police civile harpentant le macadam quand arrivent les premières estafettes de la CGT, venues d’aussi loin que la Picardie et le Nord. L’une d’elles s’improvise direct buvette casse-croûte, pas bête à l’heure du déjeuner. Une autre devient tribune pour orateurs d/résignés. La FSU arrive en moindre nombre, François Hollande passe dire un petit bonjour avant d’aller bouffer.

Une poignée d’élitistes FA déploie une banderole : «Abolition du salariat» en scandant : «Ni dieu ! Ni maître ! Ni kilomètres !» ; c’est vrai que les métiers des transports sont les plus présents puisque les plus touchés par ces premiers assassinats du Code du Travail.

Finalement je rencontre deux autres isolés, un CNT et un du collectif des précaires éduc91. On en a plein les oreilles des discours et on se dirige vers les fumigènes des jeunes de la CGT, où nous signons tous les trois leur pétition : ils sont les premiers sanctionnés par la RATP pour avoir distribué un tract dénonçant les prochaines mesures gouvernementales concernant le droit de grève. Comme par hasard, c’est leur premier boulot, sur la ligne la plus dure du tramway banlieue. Voilà. C’était quelques heures à Paris. Dans un Paris occupé, un Paris assiégé … un Paris raflé.

Oursapied padanléclous
Le Jura Libertaire

Publié dans Colère ouvrière

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