Durant la nuit du dimanche 14 juin au lundi 15 juin, les drapeaux français et européen situés en haut de la mairie
de Poitiers ont été affublés de A cerclé ! (La mairie s’est ensuite bien empressée de plier les drapeaux de manière à masquer cet affront !) Malgré tous les efforts que Clayes met en œuvre
pour rendre sa ville «propre» (en apparence)… il y a toujours de petites choses pour égayer cette ville qui s’aseptise à grands pas !
Vandalisme. Deux individus ont été pris en flagrant délit. Un collectif serait en train de se
former.
Un groupe d’activistes anti-pub est-il en train de passer à l’action dans les rues de Toulouse ? Lundi soir, vers 23h15, deux personnes ont été arrêtées par les policiers, boulevard
Silvio-Trentin : elles avaient bloqué le mécanisme électrique des grands panneaux publicitaires qui bordent la route, dont certains appartiennent à la société JC Decaux,
l’un des leaders du
marché des supports d’affichage publicitaire. Âgés de 25 et 34 ans, ils ont été auditionnés puis remis en liberté.
Cette prise en flagrant délit intervient dans une période sensible, puisque ces dernières semaines, la
société Decaux s’est plainte de dégradations sur plusieurs de ses panneaux, comme le confirme Patrick Trégou, le directeur régional de l’entreprise.
«Les prendre en flagrant-délit»
«Ils s’attaquent
désormais aux automatismes des grands panneaux d’affichage. Ils les volent ou les dégradent. Est-ce que ce sont des groupes d’anti-pub, est-ce que ce sont des actes
isolés ? Je n’en
sais rien. Apparemment, ils n’agissent pas en groupe, mais l’important dans ce style d’affaire, c’est de prendre les auteurs en flagrant délit. Car sinon, parler de ces dégradations,
c’est simplement
faire de la publicité à des individus qui ne le méritent pas.» Le phénomène des anti-pub, assez peu implanté à Toulouse ces dernières années, pourrait, selon une source policière, frapper de
manière sporadique. C’est ce que laissent à penser plusieurs actions «pacifiques» ces dernières semaines.
Des actions en préparation ?
Un témoin de l’une
d’elles,
photographe à Toulouse, raconte ce qu’il a vécu, en fin de journée, le 29 avril dernier : «Avenue de Muret, 16h15, je suis sur le chemin pour aller récupérer mon fils à l’école. Devant le Bijou, une “sucette” JC
Decaux est placardée d’une affiche blanche peinte à la main qui annonce : “Tous les jours je lave mon cerveau avec la pub” […]. Au fur et à mesure que j’avance sur l’avenue, les affiches détournées et les
panneaux de pub vidés de leur contenu se succèdent, jusqu’à ce que j’aperçoive deux personnes qui traversent avec des rouleaux de papier sous le bras. Je les aborde. Ils acceptent que je prenne une ou
deux photos pour marquer le coup et m’expliquent qu’un collectif antipub est en train de voir le jour à Toulouse et que des actions d’envergure sont en préparation.» Affaire à suivre.
Leur presse (Cyril
Doumergue, La Dépêche du Midi), 7 mai 2009.
Ils préparent une grande nuit antipub
Société. Pour protester contre l’omniprésence de la publicité, un commando frappe depuis un
mois.
Le phénomène grandit tout doucement. De plus en plus de panneaux publicitaires sont victimes de vandalisme. Il y a deux semaines, une quinzaine de «seniors», ces panneaux de quatre mètres sur
deux, étaient dégradés en l’espace de quelques jours. Deux individus étaient arrêtés par les policiers, boulevard Silvio-Trentin : ils avaient détruit le mécanisme électrique qui permet le changement
d’affiche. Âgés de
25 et 34 ans, ils étaient remis en liberté après audition. «Quand ils sont pris en flagrant délit, comme cela a été le cas pour ces deux individus, le jugement du tribunal ordonne en général
réparation, explique-t-on chez JC Decaux, victime des dégradations. Mais certaines semaines, nous avons une cinquantaine de Toulouse Velô dégradés, route d’Albi ou faubourg Bonnefoy. Cela dure deux,
trois, quatre mois, et ça s’arrête. Personne n’est appréhendé.» Ce type de
dégradations a lieu, au moins, depuis début 2008.
Deux opérations en trois semaines
Mais depuis fin avril 2009, c’est le détournement qui tient le haut de l’affiche. Les deux casseurs du boulevard Silvio-Trentin ont-ils récidivé, cette fois-ci avenue de Muret ? Ou
s’agit-il
d’un autre commando
d’activistes
antipub ? «La semaine dernière, des messages ont été inscrits au marqueur noir sur des affiches d’abribus, avenue de Muret», confirme la direction régionale de JC Decaux. Le 29 avril,
deux semaines plus tôt, toujours avenue de Muret, les détourneurs frappaient déjà. Un Toulousain, photographe indépendant, avait pu les prendre en photo (ci-contre). Ils avaient inscrit plusieurs
messages, tels que «Tous les jours, je lave mon cerveau avec la pub», sur une affiche vantant les mérites d’un shampooing. Référence à la phrase du PDG de TF1, Patrick Le Lay : «Ce que nous
vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible.» Équipés d’une clé, pour ouvrir les systèmes d’affichage sans les dégrader, ils s’étaient servis de peinture à la gouache.
«Nous préparons une grande nuit de détournement d’affiches à travers Toulouse, une opération d’envergure», avaient également confié les «antipub» à leur interlocuteur
d’un soir. À
l’image des groupes
organisés dans plusieurs grandes villes de France, Paris, Marseille ou Bordeaux, l’embryon d’un mouvement antipub est en train de grandir à Toulouse.
Leur presse (Cyril
Doumergue, La Dépêche du Midi), 21 mai.
Les antipub toulousains sont repassés à l’action, en fin de semaine dernière, avenue Étienne-Billières. Ils ont inscrit au feutre noir, sur plusieurs panneaux et abribus, des
slogans tels que «Tous les jours je lave mon cerveau avec la pub» (photo ci-contre). Toulouse était jusqu’à présent le parent pauvre du mouvement antipub dans les grandes villes de France.
Depuis le début de l’année, la situation évolue.
Sur
l’un des sites
Internet nationaux des antipub, l’un d’entre eux se vante d’avoir passé «environ deux heures», jeudi
dernier, à «stopper, éteindre et détourner les sucettes déroulantes un peu partout dans Toulouse».
Une exécution très huilée
Il a effectué ces actions de détournement avec une clé spéciale, qu’il dit avoir dérobée à un employé de JC Decaux, l’entreprise leader dans le secteur des supports publicitaires. «Il suffit
d’attendre le
moment opportun, lorsqu’il a ouvert le panneau et laissé la clé dessus et qu’il retourne à sa voiture pour ramener les affiches, explique-t-il sur le site. Je m’avance et sans m’arrêter, j’ôte la clé de son trou et je continue à
marcher. À Toulouse, ils changent les affiches les mercredi et jeudi matin entre six heures et midi. Il suffit de les pister un peu et de saisir le moment clé. Quand on
s’y prend
correctement, l’agent de Decaux ne s’aperçoit pas sur le coup qu’on lui a subtilisé sa clé, mais seulement une fois qu’il veut refermer le panneau ; soit deux ou
trois minutes, pendant lesquelles on a largement le temps de s’éloigner.»
Cet antipub affirme qu’il est l’un des deux individus qui avaient été pris en photo avenue de Muret, fin avril, par un photographe indépendant (lire notre édition du 21 mai). Il avait confié à ce photographe
qu’il préparait une
«grande nuit antipub». Attend-il de recevoir du renfort pour passer à l’action ? En restera-t-il à des actions à l’envergure limitée ?
Depuis le début de l'année, le centre régional de JC Decaux déplore de nombreuses dégradations sur ses supports publicitaires. Il y a deux mois, une quinzaine de panneaux de quatre mètres sur
deux étaient dégradés en l’espace de quelques jours. Deux individus étaient arrêtés par les policiers, boulevard Silvio-Trentin : ils avaient détruit le mécanisme électrique qui permet le changement
d’affiche. Âgés de
25 et 34 ans, ils étaient remis en liberté après audition. Ces deux hommes, pris en flagrant délit, et ceux photographiés avenue de Muret, sont-ils les mêmes militants ?
Leur presse (Cyril
Doumergue, La Dépêche du Midi), 15 juin.
118 sucettes JC Decaux saccagées
à La Rochelle (Charente-Maritime)
La sûreté départementale enquête afin de retrouver le ou les auteurs de la destruction — en une seule nuit — de 118
vitres de sucettes et d’abribus JC Decaux, dévolues à l’affichage publicitaire.
En une seule
nuit, celle de lundi à mardi, 118 panneaux de la société JC Decaux [No 1 mondial dumobilier urbain, no 1 européen de l'affichage grand format, no 1 mondial de la publicité dans les aéroports, no 1 mondial du vélo en libre-service. Avec un effectif de 9400
collaborateurs, le Groupe JC Decaux est présent dans 55 pays et 3400 villes de plus de 10.000 habitants et a réalisé, en 2008, un chiffre d’affaires de 2168 millions
d’euros (source
groupe JC Decaux).], espaces destinés à accueillir de la publicité plus ou moins sensuelle, ont été
détruits dans toute la ville de La Rochelle.
Un des abribus de l’avenue du Général-Leclerc
dont la surface vitrée publicitaire a été détruite (photo Agnès Naveaux)
Aucun axe stratégique, «des abords du Conseil général, dans le quartier des Minimes, à Port-Neuf, au nord-ouest de la ville, n’a été épargné», indique le commissariat, sous-entendant une parfaite connaissance des
lieux d’implantations desdits panneaux.
David Élebaut, directeur régional de JC Decaux, confirme l’importance du carnage «dont le préjudice n’a pas encore été chiffré. Le contrat rochelais, poursuit le directeur, porte sur 200
abribus et 60 sucettes.» Une plainte a été déposée au commissariat.
La pub en ligne de mire
Une grande partie de la force de frappe JC Decaux a donc été mise à mal, le responsable précisant que, suivant les cas de figure, «une ou deux vitres des sucettes ont été brisées alors que seules
les vitres d’abribus, également porteuses de publicité, ont été vandalisées». L’adversaire, la pub, semble clairement désigné.
Les groupes antipub sont donc potentiellement dans le collimateur, même s’il faut savoir que les citoyens rochelais qui contestent de manière active la société de consommation ne sont pas prompts à la
violence et optent plus pour un déboulonnage propre des panneaux.
La police est, elle, des plus discrètes sur ses investigations, l’enquête n’excluant aucune piste. Le commissariat rochelais lance ainsi un appel à témoins [Commissariat de La Rochelle, au 05 46 51 36
36], afin de recueillir tout renseignement sur des
comportements étranges de piétons ou de personnes circulant en voiture. Il s’agit aussi éventuellement de confondre des suspects qui pourraient être interpellés.
Verre sécurit détruit
Les dégradations, commises dans la nuit du 15 au 16 juin, sans doute à l’aide d’un objet contondant ou pointu, l’ont été à un rythme d’enfer. Le ou les auteurs ont frappé en plein
cœur des sucettes ou des abribus. Autour de l’impact, le verre sécurit (d’une résistance importante) s’est ridé en des milliers de lézardes. Le
maintien en place n’est dû qu’à la structure du verre qu’il faut impérativement remplacer.
La société JC Decaux, soucieuse de son image et des clauses du marché passé avec la Ville, a fait diligence pour sécuriser les panneaux et elle résorbait hier, avec différentes équipes, les
conséquences du vandalisme. De nombreuses sucettes étaient encore, cependant, nues de pub. Le préjudice, pour l’entreprise, ne concerne pas seulement les structures supports de
l’affichage mais
aussi les campagnes publicitaires qui lui sont confiées.
À Poitiers et à Niort aussi
De mémoire de publicitaire en milieu urbain, une telle mise à sac des structures d’affichage publicitaire est une première nationale. Si La Rochelle vient de décrocher la
palme de ce type de détérioration en une nuit, d’autres villes de la région Poitou-Charentes enregistrent de tels actes de destruction de mobilier urbain abritant les couleurs de
marques.
L’agglomération poitevinepaye ainsi, depuis le début de l’année, un lourd tribut avec plusieurs
centaines de vitres JC Decaux détruites. Sur cette période, la police a procédé à plusieurs interpellations en flagrant délit, «la main dans la sucette». Les condamnations devant le tribunal
n’ont pas enrayé le
processus.
À Niort, depuis le début 2009, une centaine de dégradations similaires ont été enregistrées. Dans ces deux villes, les enquêteurs cherchent, à la fois, à être sur le coup
lorsqu’il se
produit, ce qui nécessite une capacité de surveillance et d’intervention, et à déterminer qui mène la danse : personnalités isolées, petits groupes engagés.
Pour l’heure,
aucune relation n’a
été établie entre des actes commis dans les deux villes précitées et les récents faits rochelais, d’aucuns, dans cette cité, croisent les doigts en espérant que le ou les auteurs de cette
sale nuit pour la pub sont extérieurs à la «Belle et Rebelle».
Les poursuites devant le tribunal
Militant antipub plus ou moins radical ou vandale non politisé, la personne reconnue coupable à la barre du
tribunal correctionnel pour de telles dégradations de mobilier urbain, en l’occurrence support de publicité considéré comme bien privé, encourt une peine de 2 ans de prison et 30.000 euros d'amende. Dans
l’hypothèse où il
s’agit
d’un bien public
ou affecté à l’usage du public, comme un abribus, la peine maximale peut être plus lourde d’une année. Enfin, deux ans de plus peuvent s’ajouter à la condamnation si
l’acte est commis
en réunion.
Reste que des dégradations de vitres de sucettes sont, dans les faits, qualifiés de dégradations légères et se
traduisent par des peines d’amende.
Le tribunal correctionnel de La Rochelle, comme celui de Poitiers, a déjà eu à examiner de tels dossiers. À
plusieurs audiences, des prévenus ont affirmé leur motivation politique antipub.
Leur presse (Éric Chauveau, Sud-Ouest), 20 juin 2009.
Dégradations Decaux à La
Rochelle : la piste poitevine
Un avis de recherche a été lancé par la police, pour interpeller le ou les auteurs des très nombreux faits commis à
la mi-juin.
Des plus discrètes, l’enquête de la sûreté départementale, ouverte à la suite des dégradations volontaires de mobilier urbain de la société JC Decaux, commises durant la nuit du 15 au 16 juin, a
donné lieu à un avis de recherche à l’encontre d’un Poitevin.
118 vitres de panneaux, abribus et sucettes abritant de la publicité, installés dans la ville de La Rochelle (des abords du Conseil général, dans le quartier des Minimes, à Port-Neuf, au
nord-ouest de la ville) avaient été brisées, sans doute à l’aide d’un poinçon. Les enquêteurs considèrent que, pour mener cette opération de grande envergure — un record en France —, il fallait que
les auteurs soient au moins deux et disposent d’un moyen de locomotion.
Pas de revendication
La police n’a
indiqué aucune revendication de ces dégradations. Alors qu’elle avait aussi lancé un appel à témoins dans le cadre de ces investigations, la sûreté départementale retient donc
l’hypothèse
qu’un jeune homme,
demeurant à Poitiers [À Poitiers et à
Niort, pour ce qui est de la région Poitou-Charentes, de très nombreuses dégradations du même type ont été enregistrées] et qui se situerait dans la mouvance antipub très politisée, pourrait être lié à cette affaire. Il avait comparu, le 15 juin, à la barre
du tribunal correctionnel de La Rochelle pour deux dégradations du même type commises à La Rochelle en février 2009. Il avait été condamné à une peine d’amende de 300 euros et à un stage de
citoyenneté. Le parquet, représenté à l’audience par le vice-procureur Marc Ottomani, a fait appel de ce jugement.
Pour l’heure, rien
ne permet cependant de considérer que cet homme, seul ou pas, soit l’auteur des faits rochelais de la mi-juin. Le préjudice de ces dégradations exceptionnelles est estimé à plusieurs milliers
d’euros. Si la
société JC Decaux, en contrat avec la Ville de La Rochelle, a procédé à une remise en état en un temps record, elle n’avait pas souhaité communiquer le coût précis de cette opération.
Leur presse (Éric Chauveau, Sud-Ouest), 2 juillet.
La contagion des sucettes cassées
Après Poitiers et Niort, c’est au tour de La Rochelle d’être confrontée aux dégradations.
Les dégradations du mobilier urbain Decaux étaient jusqu’ici réservées à
Poitiers. Pas une sucette ni un abribus ou presque n’a été épargné en centre-ville, porte de
Paris, avenue de la Libération ou encore dans le quartier du campus universitaire. Une source policière extérieure à la Vienne va même jusqu'à parler de 600 sucettes vandalisées depuis moins
d’un an à Poitiers
! Un record et un préjudice exceptionnel qui se chiffre en milliers d’euros.
118 vitres en une nuit !
Mais le mouvement semble faire tache d’huile. Après Poitiers et Niort (une centaine de panneaux publicitaires et abribus cassés), c’est la Rochelle qui est confrontée à ce
problème.
Dans un article de Sud-Ouest daté d’hier et titré «Dégradations Decaux : la piste poitevine», on apprend que 118 vitres de panneaux, abribus et sucettes abritant de la
publicité, ont été brisées à La Rochelle dans la nuit du 15 au 16 juin, «sans doute à l’aide d’un poinçon».
Un Poitevin recherché
La police rochelaise a lancé un avis de recherche à l’encontre d’un suspect, un Poitevin. Selon Sud-Ouest, elle s’intéresserait à «un jeune homme, demeurant à Poitiers et qui se situerait dans la
mouvance antipub très politisée». Celui-ci avait été condamné, le 15 juin, par le tribunal correctionnel de La Rochelle à une amende de 300 € et un stage de citoyenneté pour deux dégradations du
même type à La Rochelle en février 2009.
Vacances d’anars…
Même si de nouvelles sucettes cassées ont récemment refait leur apparition après une pause, Poitiers devrait dormir tranquille cet été. La Rochelle a pris le relais. L’anarchiste casseur de sucette a beau être
contre tout mais, comme l’estivant poitevin moyen, il part aussi en vacances… sur la côte.
Le 17 juin (lire CP du 18 juin), deux jeunes anarchistes ont été arrêtés en flagrant délit à Niort, devant un abribus aux vitres cassées (le couple doit être jugé le 30 juillet). Le
jeune homme avait un stylet à la main, sa copine attendant au volant d’une Clio immatriculée en Deux-Sèvres et qui avait déjà été aperçue à Poitiers près de dégradations similaires.
Leur presse (Denys Fretier, Centre Presse), 3 juillet.