Agitation

Samedi 28 novembre 2009
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Mercredi 25 novembre 2009

La publication de Vol au-dessus d’un nid de casseurs a suscité sur la toile des commentaires le plus souvent louangeurs. Certains de leurs auteurs se sont sentis, à tort, encouragés à développer deux thèses que je résume grossièrement : 1) Les casseurs de vitrines sont presque toujours des flics ou au moins infiltrés par des flics ; 2) Le bris de vitrine est un symptôme de la dégénérescence post-moderne des groupes de la gauche extraparlementaire.

Rangeant ma bibliothèque, je redécouvre opportunément un livre intitulé Les Pankhurst. L’ascension du féminisme, de David Mitchell
dito-Service, Le Cercle du Bibliophile, Genève, 1971], consacré à Emmeline Pankhurst et à ses filles Christabel, Sylvia et Adela, militantes anglaises pour le droit de vote des femmes au début du vingtième siècle.

J’y relève certains passages qui peuvent alimenter la réflexion des militants sur les stratégies à adopter dans les manifestations de rue. Les événements récents (Poitiers, 2009) et bien d’autres à venir sans doute, confèrent à ces données historiques une actualité permanente.

Si j’avais un marteau…

«Suffragettes», le terme est ironique (emploi du suffixe «ette») et se justifie par le fait que la principale revendication des militantes de l’Union sociale et politique des femmes (WSUP) est le suffrage réellement universel, réservé jusque-là aux hommes.

Les militantes anglaises pratiquent l’action directe sous presque toutes les formes imaginables, agressant les politiciens dans la rue (Winston Churchill est cravaché au visage). Elles payent durement leur engagement, sont malmenées par la police, condamnées à de lourdes peines de prison, et soumises à l’alimentation forcée par gavage lorsqu’elles font des grèves de la faim.


David Mitchell énumère ainsi les faits d’armes des «suffragettes» : «On fracassa des réverbères, on peignit Vote pour les femmes sur les bancs des parcs publics, le capitonnage des wagons de chemins de fer fut lacéré, des trous de serrure bouchés avec des grains de plomb ; on peignit en blanc les numéros des maisons, on saccagea des plates-bandes municipales, et des terrains de golf et de jeux de boules […]. On endommagea des fils du téléphone avec des cisailles à long manche, on fit exploser des boîtes à fusibles. Les fenêtres du Carlton, du Junior Carlton et des Reform Clubs volèrent en éclats. […] Une tribune au champ de courses d’Ayr [fut] incendiée, ainsi qu’un certain nombre de grandes et coûteuses résidences, souvent hideuses d’ailleurs, causant des sinistres de plusieurs centaines de milliers de livres au grand dam des compagnies d’assurance. Treize peintures furent lacérés à la Manchester Art Gallery et l’on brisa la vitrine d’un coffret à bijoux à la Tour de Londres (ainsi que des serres à orchidées au Jardin botanique de Kew). On trouva des bombes près de la Banque d’Angleterre, et une explosion […] détruisit la nouvelle maison de Lloyd George [
1863-1945. Premier ministre] à Walton Heath, alors en construction.»

La presse conjure (avec humour ?) les militantes du WSUP de ne point endommager des terrains de golf qui aident les politiciens à se délasser et à travailler au bien public l’esprit reposé. Elles répliquent que le refus des politiques de reconnaître le droit de vote aux femmes prouve assez que la pratique du golf est sans effet sur leur lucidité.

Les violences, symboliques ou concrètes, commises par les militantes se justifient à leurs yeux par un raisonnement que l’on peut ainsi résumer : rien de la vie sociale ordinaire (commerce, art, loisirs, politique…) ne peut prétendre à la légitimité ou à l’immunité tant que dure le scandale de l’interdiction du vote des femmes. La faiblesse du raisonnement tient au fait qu’aucun des aspects de la vie en société n’est critiqué en tant que tel (que signifie la valeur, l’argent ? etc.), ou du point de vue d’une critique globale du système social (quels intérêts servent les politiciens ?), mais uniquement d’un point de vue moral.

On ne voit pas pourquoi d’autres catégories de personnes n’articuleraient pas — d’ailleurs elles le font — le même raisonnement à propos des discriminations particulières dont elles sont l’objet (considérant éventuellement les revendications féminines ou féministes comme très négligeables, voire illégitimes). La société serait ainsi constituée ou grosse d’un certain nombre de catégories prêtes à détruire les vitrines de luxe, devant lesquelles elles ne demanderaient qu’à bayer, pourvu que leurs revendications soient satisfaites. On voit que la perspective historique de cette agitation est, idéalement, la paix sociale et marchande.

Par ailleurs, l’on sait (où l’on vérifiera en y songeant un instant) qu’il est plus facile d’imaginer matériellement un monde infini qu’un monde fini. De même, dans la question qui nous occupe, il semble plus malaisé d’imaginer une «casse radicale» qui s’interrompe un jour. Après quelle victoire totale, en effet, quelle satisfaction complète, quel signe du destin ? Si l’on reconnaît au bris de vitre le statut fétichisé de signe radical par excellence (et non sa seule fonction traditionnelle d’appel lancé à la police, jadis via les bornes placées au coin des rues à cet effet), on peut craindre qu’il y ait toujours un marteleur pour récuser qu’on transforme en verre la silice…

… J’y mettrais tout mon cœur !

Le 1er mars 1912, tandis que Mrs Pankhurst elle-même réussit à briser quelques vitres de la résidence du Premier ministre au 10 Downing Street, d’autres militantes, armées de lance-pierre et de marteaux, font plusieurs milliers de livres sterling de dégât en mettant à bas systématiquement les vitrines des rues commerçantes à la mode. On arrête plus de deux cent «suffragettes».


Il est bon, pour se représenter au mieux cette émeute, de se souvenir que les femmes anglaises qui manifestent portent le costume qui est celui de leur genre à l’époque en : de longues jupes descandant jusqu’aux chevilles et, le plus souvent, d’incroyables chapeaux. On est bien loin de la tenue sportive, légère et unisexe qu’affectionnent les manifestant(e)s d’aujourd’hui.

Le London Museum conserve des spécimen de lance-pierre et de marteaux saisis sur les manifestantes. Sur le manche de l’un des marteaux brise-vitre [
Dont la photographie est reproduite p. 101 du livre], on a gravé la formule «For to free» : «Pour [se] libérer».

Le 16 février 1912, Mrs Pankhurst s’adresse à des «suffragettes» tout juste sorties de la prison à laquelle elles ont été condamnées pour bris de vitrines : «L’argument du carreau cassé est l’argument le plus précieux en politique moderne. L’une des choses les plus étranges de notre civilisation réside dans le fait que les femmes du vingtième siècle s’aperçoivent que l’appel à la raison et à la justice a moins de valeur que le fait de briser du verre. […] Une vie de femme, sa santé, n’ont-elles pas plus de valeur qu’un carreau ?» [p. 96].

Que pouvons-nous retenir de cet épisode, assez mal connu ici, du mouvement pour les droits des femmes ?
—  «L’argument du carreau cassé» est d’emploi moderne, mais non récent, comme on pourrait le croire à lire les commentaires offusqués de journalistes, de politiques et de bureaucrates syndicaux, pour qui la chienlit commence en 1968 avec la contestation de la dite «société de consommation».
—  Le geste consistant à briser en grand nombre les vitres de bâtiments officiels ou de magasins, pour «physique» et spectaculaire qu’il soit, n’est pas l’apanage de manifestants du genre masculin (militarisés de surcroît). Il a au contraire été pratiqué et théorisé par des femmes.
—  Action directe manifestement illégale, le bris de vitrines n’est pas nécessairement un symptôme (encore moins une preuve) de la radicalité du but poursuivi. En effet, si elles s’attaquent à une incontestable discrimination, les «suffragettes» ne contestent ni le système représentatif ni (sous réserve de vérifications dans une documentation de meilleure qualité) le système capitaliste. Elles cassent pour pouvoir intégrer le système à égalité avec les hommes. Il y a donc des casseurs et des casseuses réformistes.

J’imagine quelque jeune camarade, le geste suspendu, marteau levé ou boule de pétanque calée contre la clavicule. «Ben alors, je sais plus, moi… je tire, je pointe ou je laisse tomber ?» C’est que l’histoire n’est pas là pour nous éviter de penser par nous-mêmes (nous en dis-penser) ou d’analyser les situations concrètes sur lesquelles nous voulons avoir prise. Elle peut en revanche, ce qui est déjà beaucoup, contribuer à garantir contre certains préjugés et automatismes idéologiques qui ne sont pas (ou plus) identifiés comme tels.

Claude Guillon, 22 novembre 2009.


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Mardi 24 novembre 2009
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Jeudi 19 novembre 2009
Mouchard, 27 octobre 2009
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Mercredi 18 novembre 2009
Engins incendiés sur la RN 147 : enquête en cours. Sabotage ?

Les faits se sont produits dans la nuit de dimanche à lundi sur la RN 147 sur la commune de Lhommaizé, dans la Vienne : sept engins de chantier ont été incendiés.

Il semblerait qu
il sagisse dun incendie criminel puisque des charges explosives ont été retrouvées sur place, des bouteilles avec système de mise à feu à retardement. Plusieurs systèmes nauraient dailleurs pas fonctionné. Les services de déminage de La Rochelle ont été dépêchés sur les lieux. Cest, semble-t-il, le chantier délargissement de la RN 147, entre Limoges et Poitiers qui était visé. Des empreintes et des traces ADN sont soumises à analyses. Lentreprise Belin, propriétaire du matériel détruit, a annoncé quelle allait porter plainte contre X au tribunal de Poitiers.

Leur presse (Marie-Agnès Cordier,
France 3 LPC), 17 novembre 2009.



Des engins de chantier piégés et incendiés à Lhommaizé (Vienne)

Douze engins de travaux publics stationnés sur le chantier d’extension de la RN147 (entre Poitiers et Limoges) à hauteur de la commune de Lhommaizé (Vienne) ont été incendiés dans la nuit de dimanche à lundi. La piste criminelle ne fait aucun doute.

Ce sont des passants qui ont alerté les pompiers à 5h30. Le dispositif trouvé sur place était important : «L’ensemble des engins de travaux publics étaient piégés avec des bouteilles contenant un produit en cours d’analyse et des dispositifs de mise à feu», a indiqué le commandement régional de la gendarmerie de Poitiers.

Douze engins ont été détruits et six antres endommagés. «Nous ne disposons d’aucune revendication», précisait-on de source proche de l’enquête confiée à la section de recherche de la gendarmerie de Montmorillon.

Arrivés en tout début de matinée sur place, les démineurs de la sécurité civile de La Rochelle ont en outre «trouvé des bouteilles contenant de l’essence dans les poubelles alentours».

«Nous estimons les dégâts à plusieurs centaines de milliers d’euros. Nous n
’avons jamais vu ça même si nous sommes habitués à subir des dégradations sur nos chantiers», déclarait lundi soir François Barens, le directeur de la société Bellin de Lusignan (Vienne) à qui appartiennent les engins détruits.

Le directeur de la société, qui envisage de «faire appel à une entreprise spécialisée dans la sécurité sur ses chantiers», disait ne pas savoir quand le chantier pourrait reprendre.

Leur presse (AP), 16 novembre.



Déviation de Fleuré : qui en veut à l’entreprise Bellin ?

Douze engins de terrassement ont brûlé sur le chantier de la déviation de Fleuré. Des bouteilles dun liquide inflammable ont été retrouvées.

Francis Barens, le directeur de la société de travaux publics Bellin dans la Vienne, ne comprend toujours pas ce qui lui est arrivé. Il était un peu plus de 5 heures du matin hier quand le feu a pris, quasiment simultanément, sur douze engins de chantier alignés sur le terrassement de la déviation de Fleuré, côté Dienné, sur l
axe Poitiers-Limoges.

«Ce n
est pas accidentel, dit-il. Des bouteilles contenant du liquide inflammable a été retrouvé sous les engins. Cest volontaire, sciemment préparé. Je ne comprends pas pourquoi.»
 
«C
est un coup très dur pour lentreprise»

Compacteurs, bulldozers, niveleuses… alignent leurs carcasses noircies dans le haut de la butte où elles attendaient hier matin de reprendre le chantier. Tous les engins ne sont pas totalement calcinés, mais douze ont été endommagés par les flammes au moins partiellement. Ce qui les rend inutilisables.

«Je vais voir avec ma compagnie d
assurances comment elle peut prendre en charge ce type dévènement, poursuit Francis Barens. Mais de toute manière, cest un préjudice très lourd pour la société. Un coup dur que je ne mexplique pas. Je ne me connais pas dennemis.»

En découvrant les engins en feu, les employés de l
entreprise de travaux publics ont alerté les pompiers qui ont évité que les incendies ne se propagent avant de les circonscrire totalement. Appel a également été lancé à la gendarmerie qui a fait intervenir une équipe de déminage. Dabord pour sassurer que des bouteilles ne se trouvaient pas sous les engins encore intacts. Ensuite pour commencer leurs investigations.

Pompiers et gendarmes sont restés sur place une bonne partie de la matinée.

Leur presse (Jean-Jacques Boissonneau,
La Nouvelle République), 16 novembre.


Douze engins de chantier piégés au sud de Poitiers

Déjà retardé par une bataille autour de lappel doffres, le chantier de la RN 147 est à larrêt après le mystérieux incendie, lundi, dau moins douze engins de travaux publics.

Réveillés en urgence lundi vers 6 heures du matin, les démineurs de la sécurité civile de La Rochelle sont eux-mêmes restés confondus devant le dispositif incendiaire utilisé. En pleine campagne, à 4 kilomètres du petit bourg de Lhommaizé, situé entre Poitiers et Limoges (Vienne), douze coûteux engins de travaux publics venaient d
être incendiés, et six autres épargnés par un système dallumage défaillant. Comme les gendarmes et le procureur de Poitiers, les deux hommes ont depuis pour consigne le silence absolu.

Un étrange liquide gélatineux

Associés aux techniciens de la cellule d
intervention criminelle de la gendarmerie (CIC), ceux-ci ont notamment découvert intactes plusieurs bouteilles en plastique remplies dun mélange dessence et de liquide gélatineux rosâtre, glissées pour la plupart dans les moteurs. Des bouteilles reliées chacune à un cube dallume-barbecue afin, semble-t-il, de laisser le temps aux incendiaires de quitter sans risque le chantier de déviation de la RN 147.

Pelleteuses, niveleuses et compacteurs, le préjudice subi par l
entreprise Bellin est au minimum de plusieurs centaines de milliers deuros. Un acte inédit, dont le patron de cette société basée à Lusignan assure dautant moins connaître lorigine quaucune revendication na été portée. «Pas de tracts, pas de tags, rien.» Regrettant bien çà et là quelques vols de carburant et autres dégradations mineures, François Barrens répète en revanche sa stupéfaction : «Cest la première fois quune telle chose se produit, et je ne comprends vraiment pas pourquoi.»

Maintes fois reporté depuis 2004, le chantier de cette déviation d
à peine 7 kilomètres fut pourtant récemment au cœur dune bataille intense entre les deux entrepreneurs se disputant le juteux appel doffres de 15 millions deuros. Dabord retenu fin 2007 par lÉtat pour réaliser les travaux, le groupement Guintoli-Eurovia Poitou-Charentes avait ensuite été écarté au profit de son concurrent Colas — une filiale de Bouygues —, ayant soulevé un vice de procédure. Et cest donc associée à Colas que lentreprise Bellin avait finalement lancé les travaux début septembre. Au printemps, lavocat de Guintoli-Eurovia était allé jusquà soupçonner publiquement lÉtat de favoriser le groupe Bouygues, provoquant aussitôt la colère de la préfecture.

Une vengeance ?

Et si personne aujourd'hui ne fait officiellement le lien entre les dégradations de lundi et cette rivalité somme toute logique, une source proche du dossier estime qu
il sagit là de lune des hypothèses explorées par les enquêteurs de la brigade de recherches de Montmorillon.

Balayée par François Barrens, cette piste est en revanche évoquée par le maire de Lhommaizé. «Nous n
avons jamais eu de problèmes avec les riverains expropriés ni avec la moindre association écologique», explique Jacqueline Artus. «Alors, comme dautres, je repense aux tensions quil y avait au tribunal. Mais sans aucune certitude, car nous navons absolument pas dindice. Sans oublier que mon village est également sur le tracé de la future LGV, et que cet acte lamentable pourrait aussi très bien être l’œuvre dun salarié licencié.»

Une fois achevée la laborieuse expertise des engins calcinés, le chantier pourrait malgré tout reprendre dans une dizaine de jours. Avec très certainement une équipe de vigiles en renfort.

Leur presse (Sylvain Cottin,
La Nouvelle République), 18 novembre.


Engins incendiés : enquête tous azimuts

Lhommaizé. Lenquête part dans toutes les directions après lopération programmée de destruction des engins de chantier de la déviation de Fleuré.

L
enquête part dans toutes les directions après lopération méthodique de destruction par des dispositifs incendiaires des engins de chantier de la déviation de Fleuré, lundi, à Lhommaizé. Qui a intérêt à cette opération ? Vengeance de concurrents évincés, de salariés licenciés, dopposants au projet de déviation… Toutes les hypothèses sont travaillées.

De nouveaux experts sont venus sur le terrain, hier, pour estimer le préjudice qui s
annonce énorme. Douze engins ont été affectés par les dispositifs incendiaires. Certains sont entièrement carbonisés, dautres partiellement. «Il y en a dautres, pour lesquels on ne sait pas. Il peut y avoir des dégâts qui ne sont pas apparents», explique Francis Barens du groupe Bellin TP. «On ne pourra pas reprendre cette semaine, cest sûr. Après, la semaine prochaine, ça dépendra de notre capacité à remplacer les engins de chantier. Le préjudice nest pas estimé. Lexpert na pas rendu ses conclusions.» Une plainte contre X a été déposée hier auprès des services de la gendarmerie.

Le chantier de la déviation de Fleuré, qui porte sur sept kilomètres, doit normalement être livré au commanditaire en septembre 2010. «C
est la première fois quon voit une chose pareille. Le problème, cest quon ne sait pas qui est visé. Lentreprise ? Le chantier ? Le maître douvrage ?»

Le responsable de l
entreprise Bellin assure navoir reçu aucune menace ni pression, liées à ce chantier. «Rien ne laissait présager cela. Les problèmes judiciaires, ça concernait le marché précédent. Pour moi, cest inconcevable quun concurrent samuse à ça. On na pas non plus eu de problèmes avec des salariés licenciés», se défend Francis Barens. Alors qui ? Et pour atteindre quel objectif ?

Le parquet ne fait aucun commentaire sur cette affaire. «L
enquête est en cours.» Il confirme quelle na donné lieu à aucune interpellation.

Leur presse (La Nouvelle République), 18 novembre.
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Lundi 9 novembre 2009
Début du festival anarchiste de Saint-Pétersbourg

Le festival anarchiste annuel «Pétersbourg noire» a commencé hier avec une promenade dans la ville et une occupation festive. Depuis déjà quelques jours se retrouvent à Saint-Pétersbourg des anarchistes de toute la Russie, des anciens États de l’URSS et d’autres parties du monde.

Hier après-midi le «Blanck Piter» de cette année a commencé par une promenade alternative dans la ville pour visiter différents lieux de résistance. Outre le lieu de mémoire officiel des victimes du stalinisme, nous avons visité une prison, l’endroit où eurent lieu un attentat contre le Tsar et les actions contre le sommet du G8 en 2006, un ancien squat, un club qui a été attaqué récemment par des nazis, ainsi que certains ouvrages réalisés par des artistes anarchistes.

Le soir a eu lieu une occupation festive. Un chantier de rénovation au sud de l’île Vassili avait été préparé pour cela. Pendant la fête un groupe anarchiste de chanson-techno a joué, le Liedermacher U., qui est peut-être aussi un peu connu à l’ouest et un duo de rappeurs. Vers minuit, la maison a été quittée à nouveau sans problème et les gens se sont dispersés sur la place Penn.

Jusque là il n’y a eu aucune répression, même si les flics étaient nerveux, quand le cortège de 150 participant-e-s est passé devant un bâtiment du FSB. Il pourrait en être autrement aujourd’hui car une action directe est prévue…


Festival anarchiste de Saint-Pétersbourg : deuxième jour

Le festival anarchiste «Tschorny Pjetrograd» s’est poursuivi aujourd’hui avec une série d’ateliers, théâtre, cinéma et actions ; pas de répression pour le moment.

L’action-squat de la nuit de vendredi n’est pas passée aussi inapperçue que nous le pensions ; la porte du chantier par laquelle nous étions entrés dans la maison est maintenant bloquée. Une mauvaise nouvelle bien pire : le festival devra se terminer avec beaucoup moins de charbon que prévu, parce qu’il y a quelques jours, suite à une intrusion dans un appartement, une partie de la caisse de dons a été volée.

Le samedi a commencé par un coup manqué. La station de métro Nowatscherkassowskaja était un point de rendez-vous pour une action ; quand les gens se sont rassemblés là vers 10 heures et demie, l’attention des flics a été attirée et ils ont frappé ; trois personnes ont été arrêtées et ont été retenues au poste jusqu’à l’après-midi. Le reste des participants s’est enfui, mais l’action a été empêchée et les œufs de couleur sont retournés dans le tiroir.

À partir de midi, une discussion a commencé. On discutait entre autres choses des formes de l’action directe et le rapport entre celle-ci, la propagande et les perspectives révolutionnaires imaginables ; sur la sécurité des relations avec ordinateurs, internet et téléphones portables ; sur «Food not bombs» ; sur les formes d’alternatives économiques ; et enfin sur le sexisme dans le mouvement anarchiste. Malheureusement le cadre temporel de chaque atelier a été dépassé, c’est pourquoi le dernier d’entre-eux, qui était simplement intitulé «Anarchosex», a dû être annulé pour des raisons temporelles et il appartient à votre fantaisie d’imaginer ce qu’il aurait pu être.

Le soir a été joué au Théâtre libre, un petit centre culturel indépendant près de l’université, une mise en scène intéressante du Procès de Kafka, avant d’aller de nouveau au squat. Sur le chemin, nous avons perdu malheureusement deux personnes qui ont braillé la Marseillaise dans la rue car elles étaient particulèrement ivres. Par chance les flics n’ont pas fait le rapport avec le reste de la meute, ainsi nous avons pénétré tranquillement dans une maison vide près de la station de métro Pétrograd. Là, était installé un bar dans une pièce chic, où on a d’abord un peu fait la fête ; enfin se sont rencontrés dans ce festival des gens qui ne s’étaient pas vus de l’année. Pour conclure on a projeté le nouveau film sur la répression politique en Russie et l’Anarchist Black Cross, qui a déjà été vu à l’ouest ; encore mille mercis à ceux qui nous ont soutenu et aux donateurs ! La baraque a été quittée sans problème ; là du matériel pour la nuit a encore été partagé … car finalement une journée n’a que 24 heures…

Traduit de l’allemand par Gachet
HNS-info, 9 novembre 2009.
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Jeudi 5 novembre 2009
Londres, 1er avril 2009
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Dimanche 1 novembre 2009
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Jeudi 29 octobre 2009
Périgueux, printemps 2009
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Mercredi 28 octobre 2009
saintLaurent-en-Grandvaux, 27 octobre 2009
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Lundi 26 octobre 2009
Gare Montparnasse, Paris, avril 2005
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Samedi 24 octobre 2009
Lons-le-Saunier, automne 2009
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Lundi 19 octobre 2009


Besançon - place Pasteur, 16 octobre 2009
Des photos ploumploum tralalalistes du centre-ville de Besançon, sur la toute nouvelle place Pasteur où personne ne peut s’assoir sauf à la terrasse d’un café… Louis. Une place qui ne sert plus qu’à la consommation et accessoirement de parking à la voiture des flics qui aiment se mettre là pour surveiller, et surveiller encore.
(«Thoura» veut dire «révolution» en arabe.)
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Jeudi 15 octobre 2009
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Jeudi 15 octobre 2009
Belfort : Le banquier alimente les petits comptes avec les gros

Un banquier belfortain a puisé dans le compte de certains clients pour en aider d’autres pendant plusieurs mois. Il a été condamné à six mois de prison avec sursis.

Fabrice a longtemps été un banquier sans histoire. Ses clients lui faisaient une confiance totale, ses collègues l’appréciaient, il s’acquittait de sa tâche avec zèle et dépassait même régulièrement ses objectifs.

Mais en 2004, plusieurs clients ont constaté des anomalies dans la gestion de leur dossier. La direction de son établissement, la Caisse d’Épargne, a alors ouvert une inspection et découvert une série d’opérations litigieuses. Et déroutantes.

Entre février et novembre 2004, Fabrice a prélevé des sommes comprises entre 300 et 8000 € sur les comptes de certains clients en falsifiant leur signature, souvent grossièrement.

Durant la même période, l’une de ses clientes a signé une autorisation de prêt alors qu’elle croyait se porter caution, et un autre a découvert qu’il avait souscrit une assurance-vie… à son insu.

«J’étais en dépression»

Au total, les sommes détournées s’élevaient à 38.300 €, dont 24.300 € aux dépens d’une seule victime. Mais les cinq années d’enquête n’ont mis en évidence aucun enrichissement personnel de la part de Fabrice.

Et pour cause : Fabrice reversait l’intégralité des sommes à d’autres clients qui se trouvaient dans des situations financières difficiles. Il lui est même arrivé à plusieurs reprises de retirer de l’argent sur son propre compte pour réparer ses erreurs.

L’histoire pourrait prêter à sourire si elle ne s’était pas mal terminée pour tout le monde. Les victimes ont eu leur lot d’inquiétude, la Caisse d’Épargne a dû leur verser des indemnités, et les «bénéficiaires» malgré eux de l’affaire ont vu leurs difficultés décupler lorsqu’on leur a demandé de rembourser.

Jugé hier matin au tribunal de Belfort, Fabrice a reconnu les faits, mais n’a pas été en mesure de répondre à la principale interrogation des magistrats. Pourquoi ? «Je me pose cette question tous les jours, c’était une période très confuse, j’étais en dépression, balbutie-t-il à la barre. Je n’ai pas l’âme d’un Robin des bois qui prend aux riches pour donner aux pauvres. Peut-être que je me suis senti coincé parce que je ne pouvais pas aider des clients en difficulté…»

Dans son réquisitoire, la procureure, Estelle Hourany, a souligné que les retraits avaient été faits sur les comptes de personnes lui faisant entièrement confiance, et requis un «avertissement important» : six mois avec sursis.

L’avocate de la Caisse d’Épargne, Me Charline Bonnot, a rappelé que l’établissement avait promptement lancé une enquête et indemnisé les victimes. Quant à l’avocat de Fabrice, Me Alain Schartner, il a décrit son client comme un homme perdu, qui «s’est carbonisé au travail». Selon lui, Fabrice avait à cette époque trois fois plus de dossiers à gérer que la moyenne des chargés d’affaires du secteur.

Les magistrats se sont finalement conformés aux réquisitions. Fabrice écope de six mois avec sursis.

Leur presse (Le Pays), 15 octobre 2009.
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