Colère ouvrière

Mardi 10 novembre 2009

On les appelle les «nomades du nucléaire». Ils parcourent la France de centrales en centrales pour effectuer les travaux de maintenance dans les zones les plus radioactives. En quinze ans, leurs conditions de travail et de vie se sont dégradées. Et les experts craignent pour le bilan sanitaire des années à venir. Enquête sur ceux qui se surnomment «les esclaves du nucléaire».

«Le nucléaire ne m’intéresse plus, mais j’ai pas le choix. Faut bien gagner sa vie.» Philippe Caens a 41 ans, dont 20 passés au chevet des centrales nucléaires françaises. Électricien, il exerce son métier aux cotés des agents EDF, dont il partage les difficultés. Mais pas le confortable statut. Son employeur, la société Clemessy, est moins prodigue en avantages sociaux, moins généreuse en salaire.

Désormais attaché à la centrale de Flamanville (Manche), Philippe a aussi connu, pendant quatre ans, «les grands déplacements» à travers la France, de centrales en centrales. De 40 à 60.000 kilomètres parcourus chaque année au gré des arrêts de tranche, ces périodes où les réacteurs sont arrêtés pour maintenance. «Je suis divorcé, comme la plupart de mes collègues.»

Comme Philippe, ils sont 22.000 en France, chaudronniers, électriciens, soudeurs, robinetiers, employés par des sous-traitants. On les appelle les «nomades du nucléaire». Beaucoup sont nés à proximité d’une centrale, dans des régions où, comme le Nord, le chômage dépasse largement la moyenne nationale. Ils connaissent par cœur les 58 réacteurs nucléaires français, répartis dans 19 centrales. Des milliers de kilomètres de câbles et de tuyaux à vérifier et à réparer dans les zones les plus radioactives.

Ces employés sont payés au Smic, auquel s’ajoutent les primes journalières, de 54 à 60 euros pour couvrir les frais de logement et de nourriture. «On essaie de faire de la marge sur les primes», raconte Philippe, qui avec ses 20 ans d’ancienneté, émarge à 10,50 euros de l’heure. Pour le logement, les plus vieux ont pu investir dans une caravane ou un camping-car. D’autres choisissent les hôtels bon marché, à plusieurs dans une chambre. Il y a aussi la solution du gîte, «c’est le moins désagréable, mais en période de vacances les prix explosent». Il y aussi ceux qui dorment dans leur voiture, sur le parking de la centrale. «Ceux-là n’aiment pas trop en parler parce qu’ils ont honte, confie Philippe. Je me souviens d’un arrêt de tranche où le responsable des prestataires passait à 6 heures 30 le matin sur le parking pour réveiller les gars.»

Autour des centrales, une petite économie locale s’est formée. Dans les campagnes ont fleuri les gîtes, et le long des routes, les marchands de kebab.

Au début des années 90, les sous-traitants assuraient 50% des activités de maintenance des centrales nucléaires. Ce chiffre s’élève aujourd’hui à 80%. Une dizaine de grands groupes se partagent le marché. Parmi eux, Vinci, Areva, ou Suez. Ces multinationales disposent chacune de plusieurs dizaines de filiales. Pour un seul arrêt de tranche, 30 à 70 sociétés différentes sont amenées à coopérer. Cela représente plusieurs milliers de prestataires, et jusqu’à cinquante conventions collectives différentes à gérer.

La politique du moins disant

La direction d’EDF affirme appliquer «la politique du “mieux disant”». «Nous on dit que c’est au “moins disant”, ironise Yves Adelin, ancien cadre d’EDF, responsable CGT. En fait EDF fixe officieusement un prix. Aux sociétés de proposer moins.»

Et quand le contrat d’une société n’est pas renouvelé, des salariés se retrouvent sur le carreau. C’est ce qui s’est produit en février à la centrale de Cruas (Ardèche). La société CIME qui employait 71 salariés a perdu son contrat au profit de la société Essor. Cette dernière s’était engagée à reprendre tous les employés. Mais au début du chantier, la promesse n’est tenue que pour 45 d’entre eux. Le 14 février, installés dans des caravanes devant l’entrée de la centrale, neuf prestataires ont entamé une grève de la faim pour sauver leur emploi. Elle a duré dix jours. Ils ont finalement obtenu gain de cause.

Pour chaque contrat, EDF paie au forfait. À la société sous-traitante de gérer sa productivité, parfois à la limite de la légalité. Selon une enquête réalisée par le Centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique publiée en 2004, «les glissements de planning et des imprévus nécessitent des rattrapages qui peuvent se faire qu’en faisant passer la durée du travail de 8 à 10 heures par jour, en décalant le travail de jour en travail de nuit ainsi qu’en prolongeant le travail dans la semaine pendant le week-end». Selon l’étude, 80% des prestataires interrogés en ont fait l’expérience.

En 1990 un arrêt de tranche durait entre 2 à 3 mois. Aujourd’hui les plus longs durent un mois et demi. «Pour les arrêts simples, certains battent des records à 18 jours» précise Yves Adelin. EDF réplique : «La diminution de la durée des arrêts s’inscrit dans le cadre d’une volonté d’améliorer la disponibilité des centrales nucléaires d’EDF.»

Pour Yves Adelin, «en clair, 24 heures d’arrêt de tranche c’est une perte d’un million d’euro pour EDF. Il y a 58 tranches par an en France. Faites le calcul. Sur toute la France si vous gagnez une journée d’arrêt de tranche, c’est 58 millions d’euros de gagné pour EDF. C’est pas des petites sommes.»

«Rien n’est calculé pour nous»


Marc Duboile, marié, un enfant, a 45 ans. Il est magasinier, salarié de la société Techman. Il travaille depuis huit ans dans le nucléaire : «Rien n’est calculé pour nous. On n’a pas toujours de place sur les parkings. Souvent, le premier jour du contrat on attend des heures que nos autorisations d’accès soient validées parce que pour plusieurs milliers de gars, il n’y a que deux ou trois guichets mis à disposition. Et puis, vous venez de faire 800 kilomètres depuis chez vous et on vous dit qu’il n’y a pas de casiers prévus pour vous changer. Sans parler du matériel, on attend encore des heures avant de pouvoir travailler parce que EDF ne nous donne pas les outils.»

En 2006, l’inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection, mandaté par EDF, alerte la direction : «J’ai été surpris, écrit-il dans son rapport, en arrivant sur certains sites en début d’arrêt de tranche de rencontrer des prestataires qui déploraient le manque d’outillages en zone nucléaire. Les marchés nationaux existent, et je m’interroge donc sur l’origine de cette carence qui donne dès le départ une piètre idée de l’organisation logistique des sites.»

La direction d’EDF reconnaît qu’aujourd’hui encore «des difficultés ponctuelles peuvent exister sur certains sites».

Plus de 80% des prestataires veulent arrêter


Depuis 1996, le centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique effectue, à la demande d’EDF, une enquête annuelle sur le moral des nomades du nucléaire. Ces enquêtes sont confidentielles. Une seule a été présentée aux syndicats, en 2005. Elle établissait que 84% des prestataires interrogés souhaitaient quitter l’industrie du nucléaire. La direction d’EDF confirme ce chiffre, mais s’en défend : «D’autres études montrent au contraire un fort taux de satisfaction de la part des entreprises prestataires du secteur nucléaire. Mais lorsque l’on demande de consulter ces enquêtes, la direction est gênée : “Elles ne sont malheureusement pas destinées à un usage externe.”»

En 1993, 18% de ces «intermittents du nucléaire» présentaient une symptomatologie dépressive. En 1998 ils étaient 25%. Autre symptôme inquiétant, en 2003, la mutuelle de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) remarquait que 80% des feuilles d’assurance-maladie traitées prescrivaient des calmants.

«Pour les prestataires, c’est une souffrance sociale, observe Yves Adelin. Ils ont le sentiment d’être dévalorisés par rapport aux agents EDF. Pour les agents EDF c’est une souffrance psychologique. Ils ont honte de ce que fait subir la direction aux sous-traitants.»

«On est là où ça crache»


À ces conditions de travail s’ajoute un autre problème majeur, sanitaire cette fois : l’exposition aux rayons radioactifs.

Le 4 décembre 1990, le conseil de l’Union européenne adopte la directive Euratom qui impose de diminuer la dose toxique reçue par les travailleurs du nucléaire, de 5 rems par an à 2 rems par an. Seulement quelques mois plus tard, en 1991, EDF publie le «Rapport NOC». Ses auteurs préconisent de «généraliser la sous-traitance à toutes les activités qui peuvent l’être». Simple coïncidence ? La direction d’EDF affirme qu’«il n’y a aucun lien».

Pour Yves Adelin, de la CGT, «EDF avait tout intérêt à sous-traiter les postes les plus exposés. L’entreprise se dédouanait de sa responsabilité par rapport aux pathologies médicales à long terme.»

Les prestataires du nucléaire reçoivent 80% de la dose collective d’irradiation subie dans l’industrie française du secteur. Cette dose est contrôlée sur chaque prestataire grâce à un film et à un badge dosimétriques qu’ils portent sur eux. Quand la limite est atteinte, c’est «la mise au vert», c’est-à-dire le chômage, en attendant que la dose redescende. «Alors pour garder leur boulot, il arrive que des gars dissimulent leur film et leur badge quand ils sont dans des zones où ça crache» confie Philippe Caens.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) effectue régulièrement des inspections dans les centrales, «mais le suivi des doses dépend de l’employeur. À chaque société de contrôler ses salariés», explique Evangelia Petit, de l’ASN.

«La loi impose aux employeurs de fournir une attestation d’exposition à leurs salariés, précise Michel Lallier, membre du Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaires. Le problème c’est que les prestataires changent constamment de centrale et de société, du coup il y a une énorme confusion sur qui doit délivrer ces attestations. On s’aperçoit aujourd’hui que la plupart des gars qui partent à la retraite n’ont pas d’attestation sur la dose toxique qu’ils ont reçue durant leur carrière. Dans 10 ou 15 ans, quand les premiers cancers apparaîtront, ces employés ne pourront pas faire reconnaître leur pathologie en maladie professionnelle.»

À ce jour, aucune étude n’a été réalisée en France sur les risques cancérologiques qu’encourent les prestataires du nucléaire. «Je crains le pire, affirme Michel Lallier. Il n’est pas improbable qu’on se retrouve dans quelques années face à un problème comparable à celui de l’amiante.» L’amiante a tué près d’un millier d’agents EDF. 5000 sont contaminés.

Alexandra Colineau
Association des journalistes de l’information sociale
Le Jura libertaire, 29 juillet 2008.



Témoignage reçu le 29 juillet 2008 :
Je tiens à vous remercier de ce très bel article qui reflète exactement ce que nous les prestataires du nuc, nous subissons depuis certains comme moi bientôt 23 ans.
Une info pour vous : la fameuse entreprise ESSOR vient d’obtenir les marchés sur le site de Dampierre-en-Burly, retenue sans réserves par EDF, malgré la situation sur le site de Cruas.
Pour plus d’info je peux vous prédire que les prestataires sont de plus en plus en colère. Et vous allez en entendre parler à la rentrée.

Le 10 novembre 2009 :
Bonjour, je suis un nomade du nucléaire et je peux vous dire que la situation ne va pas en s’arrangeant. Si personne ne fait rien ou ne veut rien faire le nucléaire sera une castrophe pour ces prestataires sur le plan de la santé. Aussi j’ai bien peur que cette situation se répercute sur le plan sûreté nucléaire la diffusion du film RAS nucléaire de Alain de Halleux n’est rien par rapport au réel que nous vivons. Donc je demande à nos politiciens de nous prendre en considération, merci. Un prestataire pas esclave.
Bonjour, je suis un prestataire du nucléaire et vous réponds suite à l’article «Les nomades du nucléaire». Je peux vous dire que rien n’a changé voire même agravé, sur le plan santé et sûreté. EDF SA fabrique plus de l’électricité mais une bombe à retardement chez ces prestataires par le groupe Essor et bientôt le groupe Derichebourg sans aucune compétence du nucleaire. Là j’en ai bien peur la loi du fric va-t-elle nous emmener à un Tchernobyl 2 ? merci. Un prestataire pas esclave qui veut simplement alerter l’opinion publique de la situation qu’EDF SA va nous entraîner par ses délestages de courant cet hiver, la faute à son programme, nous n’avons plus de pièce de rechange et une grande perte de connaissance.
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Vendredi 6 novembre 2009
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Dimanche 1 novembre 2009
Bangladesh : deux morts, 100 blessés dans la pire émeute ouvrière de la crise

Au moins deux personnes ont été tuées et 100 autres blessées samedi après que la police bangladeshie eut ouvert le feu contre des milliers d’ouvriers de la confection qui protestaient contre des salaires impayés, a-t-on appris de source policière.

Il s
agit des plus graves incidents dans un conflit social depuis que la crise économique a frappé le Bangladesh.

Les deux personnes ont été tuées dans la zone industrielle de Tongi, 40 km au nord de la capitale, après qu
environ 15.000 ouvriers ont commencé à lancer des pierres sur la police qui a répliqué, selon elle, par des tirs de balles en caoutchouc.

Mais selon un responsable de l
hôpital universitaire de Dhaka, Abdul Baten, «tous les blessés ont été atteints par des tirs à balles réelles, et certains sont dans un état grave», a-t-il déclaré à lAFP.

Plusieurs policiers ont été blessés ainsi qu
une centaine de manifestants, dont neuf ont été transportés à lhôpital, selon cette source.

«Les policiers ont dû tirer des balles en caoutchouc pour disperser les ouvriers qui lançaient des pierres et des briques sur eux», a assuré l
inspecteur Shafiqul Alam, ajoutant que deux personnes ont été tuées.


Les ouvriers, qui ont érigé des barricades et incendié des véhicules, exigeaient le paiement de trois mois de salaire de la part de leur employeur, la Nippon Garments, une entreprise bangladeshie qui a fermé ses portes en invoquant la chute de son carnet de commandes.

Selon un dirigeant syndical, Montu Ghosh, la Nippon Garments avait invité les ouvriers à venir se faire payer samedi matin.

«Mais ils ont fermé l
usine dans la nuit et envoyé la police la garder. Les ouvriers sont devenus furieux en constatant que les employeurs étaient partis sans les payer.»

L
industrie de la confection, qui emploie 40% de la main-d’œuvre industrielle du pays, a rapporté 80% des 15,5 milliards de dollars dexportation du Bangladesh lan dernier.

En juin, environ 50.000 ouvriers s
étaient affrontés à la police lors de manifestations contre des salaires impayés ou réduits, faisant des dizaines de blessés.

Selon Fazlul Haque, président de l
Association des industriels et exportateurs de la confection, «les distributeurs occidentaux, qui sont nos premiers acheteurs, ont réduit leurs commandes et serré les prix. Les grandes entreprises ont pu, plus ou moins, sadapter, mais la plupart des petites et moyennes sont confrontées à une situation très difficile.»

Selon les syndicats, les entreprises ont réduit les salaires pour conserver leurs commandes face à la concurrence du Vietnam, de la Chine ou de l
Inde.

Leur presse (AFP), 31 octobre 2009.
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Jeudi 29 octobre 2009
Un état des lieux d’une grève sans-papiers à Paris

La CNT nettoyage occupe toujours l’agence d’ISS dans le 12e arrondissement de Paris, au 3 rue des Meuniers, avec le soutien de Solidaires.

Un affrontement assez
violent s’est déroulé le 26 octobre entre les grévistes et les vigiles, dans le but de les sortir du lieu occupé, dont ils entravaient l’entrée et les sorties. La police est intervenue et a embarqué deux vigiles, qui portaient des matraques, ainsi qu’un syndiqué sans-papiers de la CNT Nettoyage, Koïta Cheikné, pour une garde à vue prolongée. À l’heure qu’il est, nous attendons les informations sur les suites de l’événement.

Sur le site, le lieu est désormais totalement
aux mains des grévistes dans une ambiance calme. Mais des rumeurs de provocation à venir réclament toujours une présence nombreuse sur place. ISS a lancé un référé d’heure à heure pour l’expulsion, qui sera examiné au tribunal demain matin.

La CNT Nettoyage occupe également le siège de la société
EFFI à Argenteuil, au 3 boulevard Héloïse, depuis le 27 octobre. Pour le moment, l’occupation se déroule dans de bonnes conditions.

Tout type de soutien reste bienvenue. L’aide financière
peut être envoyé à la CNT Nettoyage au 4 rue Martinique, 75018 Paris. Le syndicat remercie les camarades qui ont déjà manifesté leur solidarité.

CNT Nettoyage, 28 octobre 2009.


Dernières nouvelles du camarade Koïta Cheikné, embarqué par les flics lors de l’expulsion des nervis de la direction dISS : ayant refusé dêtre jugé immédiatement pour pouvoir préparer sa défense, il sera maintenu en détention jusquau jour de laudience, soit le 2 décembre. Nous étudions la possibilité de faire appel de cette ordonnance du tribunal.

Par ailleurs, nous renouvelons notre appel au soutien des militants de la CNT pour l
occupation en cours au 3, rue des Meuniers, métro Porte de Charenton. Une présence sur place, notamment pendant la nuit, et une aide financière aux grévistes (…)

28 octobre.


Incidents entre sans-papiers et vigiles


Trois personnes ont été placées en garde à vue aujourd’hui pour «violences réciproques» après une altercation entre des sans-papiers grévistes occupant une entreprise du 12e arrondissement parisien et des vigiles, selon une source policière.

Ces trois personnes seraient deux des quatre vigiles présents sur place et un gréviste, selon un porte-parole des sans-papiers qui fait état de deux blessés légers parmi les grévistes. Les incidents ont eu lieu au siège de l
entreprise de nettoyage Iss-Abilis en milieu de journée, lorsque les vigiles ont tenté dempêcher un groupe de sans-papiers de rejoindre leurs camarades dans lentreprise quils occupent depuis vendredi pour exiger leur régularisation, selon ce porte-parole.

Cette occupation s
inscrit dans un ensemble dactions lancées le 13 octobre et qui rassemblait mardi 4200 sans-papiers occupant une quarantaine de sites, essentiellement en Ile-de-France : entreprises dintérim, de nettoyage, chantiers, restaurants…

Leur presse (AFP), 27 octobre.


Contre lexploitation et le mépris, les travailleurs sans-papiers en grève pour leur régularisation !

La CNT apporte tout son soutien aux travailleurs sans-papiers en lutte. Depuis quelque semaines, un mouvement de grève, à l’appel d'un front syndical et associatif large, prend de l’ampleur en région parisienne. Leur but : obtenir par la grève leur régularisation, avec la publication dune circulaire de régularisation des travailleurs sans papiers, définissant des critères améliorés, simplifiés et appliqués à l’ensemble du territoire.

Nettoyage, bâtiment, restauration… les secteurs qui profitent le plus de l
exploitation de cette main dœuvre sans droits, sont les plus touchés et des dizaines de lieux de travail sont occupés dans lindifférence médiatique.

Le syndicat du Nettoyage de la CNT est partie prenante de ce mouvement de grève. Ainsi ses syndiqués sans-papiers de la société ISS, un des leaders du secteur, sont en grève depuis mi-octobre. Ils ont occupés le 18 octobre le hall de la Cité des sciences qui sous-traite des activités à de multiples entreprises abusant du statut de leurs salariés pour mieux les réduire au silence et les priver de nombreux droits. Depuis le 23 octobre, ils occupent directement le siège de leur employeur dans le 12e arrondissement de Paris. À chaque fois ils doivent résister à une forte pression tant policière — expulsion de la Cité des sciences par les CRS et arrestation de militant le 26 octobre —, que patronale — menaces constantes des vigiles au siège d
ISS. Ils restent malgré tout plus que jamais déterminés à faire valoir leur droit !

La CNT appelle tous les travailleurs et syndicalistes à manifester leur solidarité avec la révolte des plus exploités d
entre nous. Elle appelle tous les travailleurs sans-papiers à se syndiquer et rejoindre la lutte !

CNT Nettoyage, 26 octobre.


Les travailleurs sans papiers de la société ISS (nettoyage et gardiennage) luttent pour leur régularisation

Plus de 2000 salariés sans-papiers se sont mis en grève en Ile-de-France et occupent une trentaine de sites, avec le soutien d’un front syndical et associatif élargi qui dénonce l’exploitation des travailleurs sans papiers et «l’arbitraire préfectoral» dans l’examen des dossiers de régularisation par le travail.

Après avoir occupé la Cité des sciences de Paris le dimanche 18 octobre 2009, les travailleurs de la société sous-traitante ISS, l’un des leaders du nettoyage et du «multiservices», ont investi les locaux de leur société dans le 12e arrondissement (3, rue des Meuniers). ISS, dont le siège a déjà été occupé en octobre 2008, n’a jamais respecté ses engagements, licenciant ses travailleurs sans papiers après plusieurs années d’exploitation.

Ces travailleurs-euses sont nombreux et indispensables dans certains secteurs de notre économie (bâtiment, travaux publics, nettoyage, sécurité, restauration, intérim, aide à la personne, agro-alimentaire, confection…). La plupart paient des impôts, cotisent (retraites, maladie, chômage...). Ils ne prennent le travail de personne et bien souvent l’exercent dans des conditions particulièrement pénibles, parce que sans droit.

La régularisation de tous les travailleur(euse)s sans papiers,
c’est bon pour tous les salariés !

CNT Nettoyage / Solidaires Montreuil, 26 octobre.

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Jeudi 29 octobre 2009
Des injustices bien vivantes…
… La lutte des classes n’est pas morte !


Depuis 2002, l’État sécuritaire c’est trente lois qui forgent et renforcent l’État policier. Répression généralisée, criminalisation des contestataires, judiciarisation des conflits sociaux, politique xénophobe d’immigration : à l’Intérieur ou à l’Élysée, Sarkozy et ses collaborateurs ont verrouillé le pays avec les vieilles recettes idéologiques de la Droite. L’UMP peut alors appliquer son régime de classe, en faveur des possédants contre les travailleurs, sans le moindre contre-pouvoir !

Déferlement sécuritaire : contrôle, surveillance et répression

D’abord quelques exemples, concernant dix des textes ayant participé de cette dérive consommée :
LOPSI 1 (2002) : généralisation des flash-balls, accès policiers aux fichiers informatiques avec possibilité de croisements.
Perben 1 (2002) : extension des comparutions immédiates et détentions provisoires à partir de 13 ans, création de centres éducatifs fermés, abolition de la loi sur la «présomption d’innocence».
LSI (2003) : politique d’incarcération, allongement des peines existantes et création de nouveaux délits (racolage, halls d’immeuble, outrage à l’hymne et au drapeau, etc.).
Perben 2 (2004) : pose de micros et caméras dans les domiciles, infiltration policières, perquisition de nuit, allongement des gardes à vues à 4 jours (même pour les mineurs), aggravation des peines pour délits en «bande organisée » (notion floue).
Antirécidive (2005) : aggravation des lois précédentes, restriction du pouvoir des juges, prison obligatoire, limitation du sursis avec mise à l’épreuve et des réductions de peine.
Antiterrorisme (2006) : multiplication de la vidéosurveillance, accès des sections antiterroristes aux données privées et à l’ensemble des fichiers, augmentation des contrôles d’identité, fichage automatisé avec croisement de ceux existants, extension des actes concernés, alourdissement des peines et allongement des gardes à vues.
«Prévention de la délinquance» (2007) : pouvoirs policiers accrus pour les maires, création de nouveaux fichiers et délits (embuscade, guet-apens), aggravation des peines pour rébellion.
Antirécidive (2007) : peines planchers, systématisation des incarcérations.
«Rétention de sûreté» (2008) : enfermement hors décision judiciaire après l’exécution d’une peine supérieure à 15 ans, par un comité scientifique évaluant le pré-crime.
Décret anticagoules (2009) : interdiction de dissimuler son visage dans ou autour d’une manifestation, pour permettre le fichage et la reconnaissance biométrique.

Plus qu’un traitement de la délinquance ou du sentiment d’insécurité, cette accumulation sécuritaire a aussi instauré la présomption de culpabilité où chaque citoyen est un suspect à surveiller et à contrôler. Surtout pour les contestataires qui s’opposent, les syndicalistes qui agissent, les travailleurs qui luttent, ou les altermondialistes qui fauchent de l’OGM. «Dormez braves gens» : l’État-patronal protége les belles vitrines du capitalisme. Une trentaine de lois sécuritaires, donc, qui n’empêchent pourtant pas Hortefeux d’en demander toujours plus.

Car bien qu’incomplète, la liste précédente ne s’arrête malheureusement pas là. Le dimanche 18 octobre, Sarkozy et Hortefeux valident par décret deux nouveaux fichiers policiers (+70% en trois ans de leur nombre !). Après «Edvige», l’un d’eux veut ficher dès 13 ans les membres de «bandes» et «groupuscules subversifs» selon des critères géographiques, avec possibilité de recueillir les appartenances ou activités politiques, philosophiques, religieuses et syndicales. Le pré-crime par la pensée, les délits d’opinion et de fréquentations s’installent !

De nouveaux textes sont également en préparation :
Loi «contre les violences de groupes» : réactivation de la «loi anticasseurs» (1970, abolie en 1981) avec condamnation d’appartenance et «responsabilité pénale collective». Les cibles sont les banlieusards, les altermondialistes, les syndicalistes et les manifestants.
LOPSI 2 : renforcement des outils policiers et durcissement des mesures contre les «violences collectives».
Énième «réforme de la justice des mineurs» accentuant encore le répressif, suppression du juge d’instruction avec transmission du pouvoir aux procureurs sous l’autorité du ministère…

Des grognes sociales aux frondes contestataires

Le «gouvernement de la peur» veille et surveille. Mais l’escalade répressive est aussi forte que la montée quotidienne des colères sociales. Pas de mystère : le sécuritaire est le bras armé du Capital comme de la politique qui le sert. Car le ras-le-bol s’étend et concerne en effet bon nombre de catégories, des classes les plus pauvres aux classes moyennes, parmi les salariés et les chômeurs dont les combats se radicalisent souvent ou disparaissent devant l’autisme d’un Pouvoir tout-puissant.

Derrière le vingt-cinquième drame de France Télécom (privatisation et management par le stress) c’est un suicide tous les deux jours qui est lié au salariat. Des conditions de vie et de travail dégradées et aliénantes, un chômage de masse et les licenciements qui explosent, des salaires et indemnisations en baisse, le tout allant du déclassement à la paupérisation : les travailleurs sont saignés jusqu’à l’indécence. Le système par répartition et les services publics sont brisés à coup de «réformes», d’assèchement économique et de «guerre d’usure». Pendant qu’une poignée en haut de la pyramide s’en met plein les poches : bonus records pour traders, indemnités chapeaux pour banquiers, bénéfices colossaux pour la finance et les multinationales, royalties exceptionnelles pour grands patrons, exonérations de cotisations et subventions massives pour entreprises, niches et boucliers fiscaux pour privilégiés… Le refrain se répète et s’aggrave, mais ce n’est pourtant que l’urgence d’un constat.

Les profondes inégalités sociales creusées depuis bientôt 40 ans sont aujourd’hui des «tranchées de classe», avec des miradors policiers pour protéger les puissants des révoltes populaires. Les conflits sociaux se multiplient inévitablement et se durcissent devant le cri des injustices, du public au privé, des ouvriers aux cadres, des jeunes aux plus âgés. Hommes et femmes d’horizons divers étant violemment touchés par l’accaparation bourgeoise des richesses, face à la cohérence d’une logique capitaliste qui détruit la planète autant que l’humain.

Alors à tous les orphelins d’Utopie, aux travailleurs désespérés par l’avenir et aux résistants qui s’organisent dans le désert médiatique : c’est ensemble fédérés que nous gardons le seul espoir de renverser les pouvoirs qui nous oppriment ! De façon autogérée et solidaire, anti-autoritaire et libertaire : il est plus que temps pour les prolétaires de se rassembler et de passer à l’action.
— Rejoignez les organisations, associations et syndicats qui luttent ;
Reconstruisons ensemble les liens sociaux perdus et les armes égalitaires de la Solidarité ;
Réinvestissons sans hiérarchie nos lieux de vie et de travail, occupons les rues et les bâtiments stratégiques, et inventons collectivement la société émancipée de demain.

Puisque nos existences nous appartiennent,
demain est notre affaire à tous.

CNT Besançon, 29 octobre 2009.

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Mercredi 28 octobre 2009

Une grande majorité des habitants de Lons et des communes environnantes n’a pas reçu de courrier, hier.

Les facteurs du secteur étaient en grève à l
appel de SUD, de la CGT et de la CFDT pour dénoncer leurs «mauvaises conditions de travail». Selon les syndicalistes, les tensions proviennent «de la pression exercée par lencadrement et du travail supplémentaire» quon leur demande. Dans le même temps, ils soulignent «un manque de moyens» qui rend problématique «les remplacements en cas dabsence».


D
après les grévistes, 95% de la cinquantaine de facteurs du cru avaient cessé le travail. Seules trois tournées sur quarante-quatre auraient été assurées. Quatre selon la direction qui comptabilise, elle, 64% de personnel en grève. «Tous les courriers aux entreprises ont été distribués ainsi que les boîtes postales», a-t-elle encore précisé.

Des négociations ont eu lieu dans la matinée avec le directeur général du courrier qui devraient déboucher sur des propositions. Ces dernières seront soumises ce matin aux facteurs qui décideront de l
éventuelle poursuite du mouvement.

Leur presse (Le Progrès), 27 octobre 2009.
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Mardi 27 octobre 2009

La CNT apporte son soutien plein et entier à ses syndicats et sections d’entreprise, ainsi qu’aux syndicats et sections de base des autres confédérations, qui combattent au plus près, sur le terrain économique et social, le capitalisme et son cortège de misère et d’injustice.

Plus particulièrement, au syndicat Interco 76 et sa section d’entreprise du fabriquant de meuble Interior’s, où nos camarades luttent contre un plan de destruction de l’emploi. Licenciements très ciblés, car ceux-ci visent principalement les ateliers, cœur historique de la présence de la CNT dans l’entreprise.

Notre confédération apporte son soutien fraternel aux salariés et camarades de Wolters Kluwer France (Lamy, Liaisons, etc.), eux aussi victimes de la gestion destructrice du patronat de cet éditeur de droit social qui n’a de social que le nom. La section locale du syndicat de la presse et des médias récemment créée et déjà représentative y lutte avec détermination dans le cadre d’une intersyndicale contre des licenciements boursiers et la vision financière à court terme de la direction : «la régulation et la moralisation du capitalisme financier» tant invoquée par nos gouvernants ne sont bien encore une fois qu’un leurre.

La CNT salue également le courage des travailleurs sans-papiers, dont nos compagnons du syndicat CNT nettoyage de la région parisienne, qui sont entrés dans leur deuxième semaine de grève et d’occupations pour obtenir leur régularisation et des conditions de travail dignes pour toutes et tous.

La CNT condamne aussi au quotidien le harcèlement moral érigé en modèle de gestion des entreprises et dont l’extrême violence peut mener à la mort : chez Thales, à Châteaubourg, un de nos camarades tirait la sonnette d’alarme sans relâche au sein du CHSCT quant à l’augmentation des risques psychosociaux. Vendredi 23 octobre, Michèle, mise au placard depuis des mois après avoir été mise en avant comme exemple de réussite d’une femme, s’est donné la mort. Dans le privé, chez France Télécom et partout, la souffrance au travail est intolérable. Et le gouvernement tergiverse encore, «menaçant» les entreprises qui ne négocieraient pas un accord sur le stress au travail de … donner leur nom. Encore une fois une non-mesure qui vise à exonérer le patronat de ses responsabilités.

De plus, la CNT dénonce vivement la stratégie de la tension orchestrée par le gouvernement ainsi que la répression d’État qui s’abat contre certains manifestants. Nous pensons à nos camarades de l’Union locale des syndicats CNT de Poitiers, victimes de la parodie de justice que sont les comparutions immédiates et autres tribunaux d’exception.

Notre organisation appelle ses adhérents à faire preuve de la plus grande solidarité envers tous ces camarades. Un coup porté contre l’un d’entre nous est un coup porté contre nous tous !

La CNT dénonce de même la mise en scène médiatique et le populisme du gouvernement autour d’évènements répressifs plus ou moins orchestrés avec les forces de police en vue de légitimer sans cesse de nouvelles dispositions législatives toujours plus liberticides pour la population et les militants : création des fichiers de police du 16/10/09 par décret, interdiction des fumigènes, de la cagoule, etc.

Que ce soit dans les entreprises, publiques comme privées, ou les quartiers, la CNT œuvre et milite pour en finir avec ce système économique inégalitaire et l’ordre social en place. La CNT répondra à l’indécence capitaliste par la lutte !

Pour la fin de la course au profit sur le dos des travailleurs, pour la redistribution des richesses, la CNT travaille à la construction d’un syndicalisme anticapitaliste et anti-autoritaire, pour la transformation révolutionnaire de cette société. Si nous ne détruisons pas le capitalisme, c’est lui qui nous détruira !

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Samedi 24 octobre 2009

Ce qui est bien avec les jaunes, c’est qu’ils ont toujours l’aval du patron, c’est normal, c’est un échange de bons procédés. Le jaune est contre la lutte des classes et il ventile les informations du patron pour mieux tromper le travailleur. Le patron conseille et les carpettes s’allongent. Elles communiquent les «vérités» du patron. Ce n’est pas radio Londres, c’est radio Corbeau. La caractéristique du jaune c’est qu’il n’est jamais visé par un plan de licenciement et il fait croire qu’il se sent touché par le licenciement des autres. Il a la larme à l’œil, l’hypocrite, le larbin ! La jaunisse attaque toujours les syndicalistes qui font leur boulot quitte à les calomnier, le patron les remerciera en temps et en heure. Parfois, il suffit juste d’une caresse comme pour les bons toutous. Le jaune s’abrite derrière les réunions institutionnelles où il oublie les propos tenus en aparté, ce qui lui permet de se dédouaner à bon compte et d’accuser les autres de manipulation… Le jaune a une chance extraordinaire. Il peut rédiger sur son temps de travail un tract attaquant les syndicalistes en utilisant le matériel de reprographie du patron et distiller le jour même son venin. Le syndicaliste, lui, cotise au syndicat sur ses maigres ressources afin d’équiper son syndicat (ramettes de papier, duplicopieur…) et être indépendant. C’est sa fierté à lui. Et l’indépendance et la fierté, ça ne se monnaie pas.
CNT 76, 17 octobre 2009.
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Jeudi 22 octobre 2009
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Mardi 20 octobre 2009
Plan social chez Interior’s : Pour la CNT, c’est zéro licenciement et le maintien de la représentation syndicale dans l’entreprise !

En annonçant au personnel du siège social le licenciement de 33 salariés de l’entreprise sur 450, la direction, prenant prétexte de la crise économique, affute ses arguments et présente cette mesure comme un moindre mal : il faut penser à la pérennité de lentreprise… Interiors comme bon nombre dentreprises se met à lheure dun projet de licenciement collectif pour motif économique. La CNT, qui défend toutes les catégories de salariés, na pas la même analyse que la direction, bien entendu.

Tout d
abord, cette direction minimise le pourcentage de licenciés pour faire avaler la pilulle : le licenciement concerne 7,3% du personnel. Sachant que les salariés des magasins ne seront pas touchés, nous devons donc tabler sur un licenciement de 33 salariés sur 177 salariés du siège social, soit 18,6% de licenciés au Havre. Et si nous affinons lanalyse, nous constatons que cest le secteur des ateliers qui est le plus touché ; la direction veut licencier 24% du personnel des ateliers. Sachant que la majorité des syndiqués de la CNT se trouve dans les ateliers, et seule la CNT est présente comme syndicat au siège social du Havre, nous sommes plus que troublés. La direction dInteriors propose par ailleurs un système de critères pour fixer lordre des licenciements. Des critères habituels mais un critère supplémentaire qui nous interpelle, celui des qualités professionnelles :
— Plus cinq points par compétence supplémentaire ( à la tête du client ?) ;
— Moins deux points pour un avertissement de moins de trois ans ;
— Moins cinq points par mise à pied de moins de trois ans.

Ce sont chez Interior
s les critères des qualités professionnelles ! Quand on sait que les avertissements et les mises à pied concernent ceux qui ne courbent pas léchine, on voit tout de suite le public visé : cest surtout celui des syndicalistes. Le délégué syndical syndical de la CNT na-t-il pas eu une mise à pied de trois jours pour un motif futile juste après avoir défendu une secrétaire pour un problème de harcèlement au travail ? En réalité la direction entend faire dune pierre deux coups en provoquant un plan social : baisser le volume de la masse salariale et liquider le syndicat dans lentreprise. Nous ne sommes pas dupes de la manœuvre. Noublions pas que les élections professionnelles se dérouleront en mars 2010. Quelle aubaine si les éléments moteurs du syndicat ne pouvaient se présenter ! Plus de délégué syndical de la CNT pour assister et défendre les salariés… Plus délus de la CNT pour interpeller linspection du Travail… Que des candidats «indépendants» dont on apprécie les réactions aujourdhui !

Les élus de la CNT au Comité d
’entreprise ont proposé de nommer un expert comptable pour vérifier les comptes de lentreprise pour voir si la situation était si mauvaise que cela sur le plan économique. Les candidats «sans étiquette syndicale», dits candidats libres, ont refusé arguant du coût de lexpert comptable. La CNT en fut très étonnée. Nous espérons que les salariés dInteriors sauront sen souvenir.

Sur le plan économique, la direction table sur une reprise des ventes puisque aucun magasin ne fermera. Et c
est tant mieux pour les personnels concernés. Pour autant, ce sont les loyers des magasins qui grèvent le budget de lentreprise et lappréciation des difficultés économiques de lentreprise doit être globale. Ne pas utiliser uniquement comme seule variable dajustement, les bas salaires. La CNT est par ailleurs étonnée quaucun licenciement de cadres ne soit prononcé (tant mieux pour eux parce que la CNT est contre tout licenciement, mais nous raisonnons ici de manière globale). Seuls les salaires des ouvriers et des employés grèveraient le budget de la société ? Sil faut faire des économies, nous suggérons à la direction dappliquer à la lettre le droit du travail, ça lui éviterait davoir à payer régulièrement des indemnités aux Prudhommes. Interiors na-t-elle pas été condamnée à payer à une de ses anciennes salariées la somme de 50.000 euros à titre de dommages intérêts réparant la violation du droit à repos dominical et deux mille euros au titre de larticle 700 du code de procédure civile ?… Et on pourrait multiplier les exemples de sommes versées en procédures diverses et variées y compris les sommes dépensées pour éviter davoir un syndicat comme la CNT dans lentreprise… Nous pourrions parler des séminaires…

La CNT, dans un contexte aigu de chômage, ne se fait aucune illusion sur le système des reclassements. Si c
est pour trouver un travail précaire, les licenciés nauront pas besoin de cellule de reclassement, miroir aux alouettes des temps modernes. De surcroît, en licenciant les personnels qui sont les moins qualifiés comme les manutentionnaires, la direction condamne ces personnes à un chômage de longue durée si ce nest éternel, dans une localité havraise gangrénée par un chômage chronique depuis des années.

Pendant de nombreuses années, la société Interior
s, cette success story comme la qualifiait la presse locale, a engrangé de gros bénéfices. La CNT ne sen fait pas pour lavenir des patrons de lentreprise qui nont pas mis leurs œufs dans le même panier ; cest pourquoi notre syndicat exige quaucun salarié ne soit sacrifié sur lautel des profits. Que la direction diminue ses marges en attendant que les affaires reprennent. Elle ne crèvera pas de faim contrairement aux licenciés qui ne sont que très peu qualifiés pour certains et qui ne retrouveront pas de travail sitôt… Les salariés des magasins doivent aussi se sentir partie prenante dans ce conflit social car leur tour viendra après si la direction estime que les profits ne sont plus suffisants…

La CNT mobilisera les salariés et interviendra auprès de la Direction départementale du Travail pour éviter tout licenciement. D
autres solutions doivent être envisagées ! Interiors a de la réserve financière, donc pas de licenciement !

Section syndicale Interior’s, 17 octobre 2009.
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Lundi 19 octobre 2009
Mouvement ouvrier et luttes des femmes en Iran aujourd’hui

Au mois de juin 2009, le peuple d’Iran est descendu dans les rues contre le régime islamique. Le monde entier a été témoin à la fois des manifestations et protestations de masse du peuple d’Iran et des crimes de la République islamique d’Iran. Bien que la révolte du peuple d’Iran ne fasse plus la Une des actualités, la lutte continue.
Ainsi, le 18 septembre, la journée d’Al Qods, journée instaurée par le régime, s’est transformée en une nouvelle journée de protestation contre le régime, avec des dizaines de milliers de manifestant(e)s à Téhéran, Ispahan, Tabriz, Machhad et ailleurs.
La rentrée universitaire des 28 et 29 septembre a été l’occasion de nouvelles manifestations étudiantes et cela malgré la terreur que font régner les forces de répression du régime et ses milices comme celle du Bassidj, les arrestations, les tortures et viols en prison, les assassinats dans les rues et les procès-spectacles.

Face à un régime misogyne, où les discriminations sexistes sont inscrites dans tous les aspects de la législation et de la société, les femmes sont aux premiers rangs des manifestations, des protestations et même des affrontements avec les forces de répression. Celles que la République islamique a toujours considérées comme des «demi-humains» se lèvent pour mettre fin à trente ans d’apartheid sexiste, de voile obligatoire, d’oppression et de discriminations.

Depuis trente ans aussi, la violence de la République islamique se dirige contre les travailleurs et en particulier contre le mouvement ouvrier organisé. Malgré l’interdiction de constituer des syndicats libres, l’absence du droit de grève et d’organisation, les travailleurs d’Iran s’organisent dans des syndicats clandestins. Le 1er Mai 2009, ce sont des milliers de travailleurs qui se sont rassemblés au Parc Laleh de Téhéran sur la base d’une plate-forme revendicative signée de dix organisations ouvrières, et réclamant la fin des contrats précaires et des licenciements, le paiement des salaires et leur augmentation, les libertés syndicales et le droit de grève, mais aussi la fin des discriminations contre les femmes et contre les réfugiés afghans. Plus de 150 manifestant(e)s ont été arrêté(e)s à cette occasion.

La répression contre la manifestation du 1er Mai n’est pas un fait isolé. L’exemple le plus célèbre est celui du syndicat des travailleurs de la Compagnie de bus de Téhéran et banlieue, dont le dirigeant, Mansour Ossanlou, est à nouveau emprisonné depuis juillet 2007. Farzad Kamangar, syndicaliste enseignant de nationalité kurde, a lui été arrêté en 2006 et condamné à mort le 25 février 2008 pour «morabeh» («crime contre Dieu»). En août 2009, trois militants ouvriers qui avaient participé à la manifestation du 1er Mai 2009 à Sanandaj, ont été condamnés à 6 mois de prison et à 40 coups de fouets. Ces quelques exemples montrent la brutalité avec laquelle la République islamique d’Iran réprime le mouvement ouvrier et syndical.

Mais malgré la violence de la répression, les ouvriers d’Iran continuent de lutter pour une vie meilleure. Ainsi, ces dernières semaines, on a noté des protestations ouvrières dans plusieurs usines comme à Haft Tapeh (production de sucre) au Khuzestan, dans le textile à Kermanshah, à l’usine Zagros (automobile) de Borurjerd, dans les transports en commun à Khorramshar, etc.

Pour discuter de la situation du mouvement ouvrier
et des luttes des femmes aujourd’hui en Iran
Réunion publique lundi 26 octobre à 20 heures
à la librairie L’Autodidacte, 5 rue Marulaz (Besançon)

avec Mahchid Modjaverian, réfugiée iranienne
militante de l’Organisation de femmes du 8 Mars (Iran-Afghanistan)
et de la CGT Transport, membre du comité Iran de la CGT

Organisée par CGT ADDSEA, FSU et SUD Éducation, 10 octobre 2009.
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Jeudi 15 octobre 2009
Début d’émeute réprimé au centre-ville de Tizi-Ouzou
Tout est source de mécontentement


Ces derniers jours, plusieurs quartiers de la ville de Tizi-Ouzou ont tenté de manifester leurs «colères et/ou revendications» en déclenchant des émeutes et en barricadant les rues traversant leurs quartiers. Il faut dire que désormais et plus que jamais, c’est la seule manière qui leur reste pour exprimer leurs doléances, ô combien nombreuses et variées.

Après les émeutes de samedi dernier, où les habitants de la cité du «5 juillet 1962», située à l’entrée Ouest de la ville de Tizi-Ouzou, ont manifesté leur mécontentement en bloquant la route nationale no 12 à la circulation, c’est au tour d’un autre groupe de manifestants d’exprimer sa colère en tentant de bloquer la principale avenue de la ville, boulevard Abane Ramdane communément appelé «La Grande Rue», sans pour autant y parvenir.

En effet, tout de suite après que des pneus aient été allumés afin d’empêcher la circulation automobile, les forces antiémeutes de la police sont passées à l’action afin de réprimer ce mouvement de foule, pas moins de 9 fourgons cellulaires et un chasse-neige sont intervenus pour chasser les manifestants du jour et occuper les lieux afin de les dissuader de revenir sur les lieux.


Arrivés sur les lieux quelques heures après cette intervention qui a eu lieu en milieux de journée, nous n’avons pas pu avoir de réponses précises au sujet de l’identité des émeutiers ni de leurs revendications, les personnes se trouvant sur place se contentaient de nous dire que c’était des habitants de certains quartiers de la ville, vraisemblablement de la cité «Les Palmiers» (Le Marché), seul quartier proche des lieux.

Les revendications quant à elles sont nombreuses et variées, ça peut aller de la simple conduite d’assainissement éclatée à une injustice commise à l’encontre d’un citoyen habitant le quartier, tout est bon pour mettre le feu aux poudres : une distribution douteuse de logements sociaux, le ramassage des ordures qui n’est pas régulière, une alimentation en eau potable ou en électricité perturbée, le quartier qui n’a pas eu son lot de «projets de développement», des jeunes qui n’auraient pas eu de locaux offerts par l’État, des pluies qui provoquent des inondations, etc.

Enfin, dans la majorité des cas, c’est la goutte qui fait déborder le vase, la population lassée de la cherté de la vie, des passe-droits, de la bureaucratie, de la non-alternance au Pouvoir, de l’incompétence des «dirigeants» qui occupent pour leur majorité le même poste depuis des lustres avec une démoralisation qui s’installe de plus en plus parmi elle (suicide, harraga, terrorisme, intégrisme…) ne trouve aucun moyen pour s’exprimer que l’émeute.

Cela a le mérite de nous changer des images d’un peuple content des exploits footballistiques de son équipe nationale, chose qui arrange bien les affaires des «gouvernants» qui espèrent gagner du temps avec cette «aubaine» qui s’offre à lui, mais il se trouve qu’il est difficile de faire la fête le «ventre vide» !

Kabyle.com, 13 octobre 2009.



Tizi Ouzou, ville fermée
Émeutes au quartier les Eucalyptus


La ville de Tizi Ouzou a repris, le long de la journée d’hier, les allures d’une ville en émeutes généralisées. En l’espace d’une journée, les pneus qui brûlaient ont ressuscité un certain juin 2001. Différents axes routiers, notamment l’avenue Abane-Ramdane, ont été barricadés par les habitants du quartier Les Eucalyptus touchés par l’attentat kamikaze qui a visé le siège des renseignements généraux de la même ville le 3 août 2008.

Dans une déclaration, les protestataires ont dénoncé, tout d’abord, les retards injustifiés et inexpliqués des indemnisations des véhicules calcinés par le souffle de la charge explosive du kamikaze. Ensuite, ce sont les aménagements des espaces de loisirs qui attendent encore le début des travaux comme les cours, les trottoirs et les assainissements.

Enfin, la même déclaration contenait le récapitulatif des nombreuses requêtes adressées aux autorités locales, essentiellement la mairie de Tizi Ouzou. La même liste de requêtes et doléances renfermait également d’autres problèmes qui ne cessent de rendre la vie insupportable aux habitants de la cité.

En effet, selon les jeunes rencontrés sur les lieux, plusieurs demandes ont atterri sur le bureau du président de l’APC de Tizi Ouzou afin de trouver une solution aux poissonniers qui tiennent leur marché sur les trottoirs dans des conditions d’hygiène lamentables aussi bien pour eux que pour les habitants des Eucalyptus.

Jusqu’à hier, affirmaient les mêmes contestataires, aucune réponse n’est venue apporter un minimum réconfort. Hier matin, les habitants des Eucalyptus ont d’abord tenu un rassemblement devant le lieu de l’attentat, appuyés par des jeunes venus des cités voisines touchées également par la forte déflagration.

Après cette rencontre, les jeunes ont décidé de fermer toutes les artères de la ville de Tizi Ouzou, y compris la grande rue. En une heure, la fumée a envahi toute la ville. Les pneus brûlaient sur la chaussée bloquant toute circulation.

Pendant toute la journée, les édifices publics tels que les banques, les assurances ainsi que certains commerces ont fermé boutique, rappelant les événements qui ont paralysé la Kabylie de 2001 jusqu’à aujourd’hui. Vers 14 heures, les brigades antiémeute ont investi les rues et l’avenue principale. Les camions «moustaches», nom donné par les citoyens pendant les événements de 2001, ont débarrassé les barricades pour permettre une reprise de la circulation. Un citoyen a été interpellé avant d’être relâché une heure plus tard.

«Pourquoi nous prive-t-on de l’argent que l’État nous a pourtant débloqué ?», s’interrogeait un jeune. En effet, les citoyens qui recourent souvent à ce genre d’action pour attirer l’attention des pouvoirs publics sont, à présent, conscients que les blocages sont à chercher au niveau local.

Tous ces problèmes de retard dans les indemnisations, témoignaient d’autres jeunes, hier, avaient pour auteurs les responsables et les élus locaux qui gèrent mal les budgets débloqués par l’État.

Ces discussions révélatrices qui commencent à émerger de la situation de confusion révèlent, si besoin est, le grand décalage qui sépare les citoyens des responsables locaux.

Les pratiques malsaines de favoritisme, de corruption et d’attribution douteuse de projets de développement communaux sont sur toutes les lèvres. La rupture entre les responsables locaux ainsi que les élus avec les citoyens est quasiment consommée. La preuve est éloquente sur le terrain.

C’est une question facile, il n’y a que se fier au calendrier et de chercher une journée où il n’y a pas eu une route ou une mairie fermée par des citoyens excédés par la colère. La réponse : pas beaucoup. En effet, ces dernières semaines, il est constaté que les actions sont quasi quotidiennes à travers les communes comme dans la ville de Tizi Ouzou. Les raisons qui poussent les citoyens à bloquer les routes, fermer les mairies et à occuper les bureaux des administrations sont généralement les mêmes.

Sur les lieux, les contestataires énumèrent des causes relatives au retard dans le lancement des travaux, retard dans la réception des chantiers, attribution avec favoritisme de logements, non-indemnisations de diverses pertes et beaucoup de revendications, toutes relatives à la vie quotidienne des populations. Aujourd’hui, les populations n’ont plus que la rue pour crier leur ras-le-bol avant d’être dispersées par les forces de l’ordre.

Kamel Boudjad - L’Expression, 14 octobre.
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Samedi 10 octobre 2009

La situation de concurrence fait suite à l’ouverture du marché de l’archéologie préventive en 2003 et de la fin du monopole de l’Inrap, hérité de l’Afan. C’est la conséquence des politiques libérales des gouvernements qui s’inscrivent dans des accords internationaux (comme celui de l’AGCS : accords générales du commerce et des services) qui vise au privatiser, «marchandiser» tous les secteurs d’activités humaines. Ces politiques se traduisent aujourd’hui par la privatisation, à peine camouflée, de l’Éducation ou de la Santé (pour ne citer qu’eux).

La CNT dénonce cette concurrence en archéologie préventive, mais ailleurs également, pas par nostalgie de la grandeur d’un institut étatique unique monopolistique, mais par refus de la marchandisation de la culture et de la science. De plus, la concurrence ne génère qu’inégalité et précarité et les victimes en seront toujours les travailleurs.

Mais, aujourd’hui, la situation est la suivante. Nous ne pouvons que constater la multiplication des opérateurs d’archéologie qu’ils soient Inrap, privé ou des collectivités territoriales. La concurrence existe entre public et privé et aussi entre public d’État (l
Inrap) et public de collectivité (services territoriaux). Mais rien n’est réglé !!

La précarité se généralise. Le nombre de fouilles est toujours insuffisant par rapport à l’aménagement du territoire (des sites sont sacrifiés car il faut également compter sur la pression des bétonneurs sur la politique culturelle).

Il est donc urgent qu’archéologues du public et archéologues du privé luttent ensemble pour une meilleure préservation du patrimoine archéologique ainsi que l’amélioration des conditions de travail pour tous !!

Privatisation de l’Inrap ?

Après l’ouverture à la concurrence, cela n’étonnera personne que les gouvernements cherchent à privatiser l’Inrap. On a eu droit à une tentative de création d’une filiale pour les fouilles du canal Seine-Nord. La technique de la filiale a été prouvée pour la privatisation de la plus part des services publics (EDF, GDF, France Telecom, La Poste, SNCF etc.). Maintenant on introduit un nouveau contrat de travail, le contrat d’opération, plus flexible, en remplacement du CDD, déjà très précaire. Cela pour diviser davantage les salariés.

Et si ce n’est pas suffisant, la RGPP qui concerne toute la fonction publique, permet de dégrader la qualité des services publics, au cas par cas, pour mieux les privatiser.

Mauvaises conditions de travail !

Cette concurrence entre employeurs se fait au détriment des archéologues. Ce sont nos patrons (État, départements, villes, privés, etc.) qui sont en concurrence, pas les archéologues. Nous devons donc dénoncer et refuser notre cloisonnement au sein de nos structures et les interdictions, plus ou moins voilées, de nos patrons de collaborer avec d’autres collègues.

Tous les employeurs en archéologie préventive (public comme privé) utilisent la précarité, la flexibilité et obligent à une très grande et constante mobilité de la part de leurs salariés. Si aujourd’hui, les conditions de travail sont relativement semblables et correctes entre privé ou public, les exemples de l’archéologie préventive des différents pays européens nous font craindre le pire. Sauf à y opposer un rapport de force favorable aux salariés pour que les conditions de travail ne soient pas tirées vers le bas.

De plus la multiplication des structures d’embauches et de la nature de l’employeur favorise la méconnaissance de nos droits. En effet, les lois régissant les conditions de travail dans la fonction publique sont différentes de celles du code du travail s’appliquant au secteur privé. Il est à craindre que cela entraîne un non respect de conditions de travail décentes au vu du passage incessant des archéologues précaires du public au privé et inversement.

Les patrons d’archéo s’organisent, organisons la riposte !!

Nous apprenons la création d’un syndicat de patrons de l’archéologie préventive (SNPA) à l’initiative de quelques entreprises privées. Si le communiqué de cette nouvelle organisation patronale se donne pour but «l’organisation de toutes manifestations ouvertes aux professionnels ou au public», ce que personne ne peut remettre en cause, même des syndicalistes de la CNT, nous sommes plus critiques vis-à-vis de la volonté du SNPA «à étudier toutes questions professionnelles, économiques, législatives, scientifiques, techniques ou sociales intéressant la profession». Nous ne sommes pas dupes face à la véritable finalité de ce syndicat de patrons.

De la concurrence en général

La concurrence se fait toujours sur le dos des salariés pour tirer vers le bas les salaires et les conditions de travail et la recherche de plus de profit pour ces nouveaux patrons de l’archéologie ou plus d’économie pour les entreprises d’État.

La concurrence c’est l’entente des entreprises pour se partager le marché, découpage du territoire entre les différentes entreprises pour ne pas se faire concurrence, justement ! Ou encore entente pour baisser les salaires. La concurrence, c’est aussi fusion, rachat entre entreprises, fermeture, licenciements etc. Le tout sur le dos des travailleurs. Les exemples européens de l’archéologie préventive privée illustrent malheureusement trop bien nos craintes (Espagne, Grande-Bretagne… entres autres).

Il est donc temps que les salariés du privé et des collectivités locales s’organisent également, prennent contact avec des syndicats de travailleurs, pour que le rapport de force ne soit pas en leur défaveur.

Face à la concurrence : la SOLIDARITÉ !

Les archéologues ne sont pas en concurrence, nous faisons tous le même boulot. Et si nous devons tous faire le même travail, nous devons tous lutter ensemble.

C’est pourquoi la CNT, au travers de sa fédération Communication Culture Spectacle, syndique l’ensemble des acteurs de l’archéologie qu’ils soient salariés du public comme du privé. Pour combattre les effets négatifs de la concurrence, il est essentiel de s’organiser ensemble et par solidarité lutter contre la précarité, pour l’amélioration de nos conditions de travail et défendre une archéologie de qualité.

La CNT refuse autant les entreprises privées que l’entreprise d’État. Nous défendons un véritable service d’archéologie préventive géré directement par les archéologues et au profit du public.

Le monde est truelle, septembre-octobre 2009
Bulletin des travailleurs de l’archéologie et du patrimoine
Fédération CNT Communication Culture Spectacle.

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Vendredi 9 octobre 2009


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Mercredi 7 octobre 2009
Luttons à la base pour plus d’égalité sociale !

Le 7 octobre, les plus gros syndicats de la planète nous convient à participer à une journée mondiale daction pour un «travail décent». La solidarité internationale des travailleurs-euse est fondamentale et une telle démarche pourrait servir de tremplin à des luttes internationales pour obtenir plus qu’un travail décent mais un véritable partage des richesses et du travail.
Quen est-il de cette journée ?

Les défaites semblent gouverner notre époque : multiplication des licenciements massifs ; suicides de salariés détruits par le management à France Telecom et Renault ; expulsions de sans-papiers par la police à Calais ou par le service «d’ordre» de la CGT à Paris ; répression syndicale en Kanaky, à Nîmes, à Grenoble et ailleurs ; tirs de Flash-Ball mutilant la jeunesse ; désespérance paysanne ; destruction des services publics ; classe politique sourde aux salariés de Molex prêts à faire sauter leur outil de travail pour vivre dignement ; propos racistes d’un ministre encouragé par ses pairs.

Les coups pleuvent, nous avons parfois le souffle coupé et la riposte tarde à s'organiser…

Il est vain d’attendre des plans d’urgence, ceux-ci sont destinés aux banques. Il est vain d’attendre que le capitalisme se réforme de lui-même, il est trop occupé à nous distraire pour nous faire oublier ce qu’il est : une machine à broyer et à faire des profits pour une poignée de nantis. Il est vain d’espérer que le changement vienne de la gauche politique : son bilan aux affaires et ses éternelles querelles de pouvoir parlent d
eux-mêmes. Il est vain d’attendre que les grandes centrales sonnent la riposte syndicale. Elles sont trop occupées à négocier avec le gouvernement les modalités de la cogestion.

C’est à nous, travailleurs-euses, chomeurs-euses, précaires (syndiqué-e-s ou non) qu’il appartient de construire la riposte.

Les salariés de «Conti» et de la SBFM l’ont compris, les ouvriers kanaks et guadeloupéens également. Partout où les travailleurs s’organisent par eux-mêmes dans leurs luttes pour faire respecter leurs droits et en gagner de nouveaux, la société avance. Face au syndicalisme de cogestion de directions qui négocient nos défaites et isolent les luttes, l’heure est au développement d’un syndicalisme de classe, interprofessionnel et offensif, porteur d’un projet de transformation sociale anticapitaliste et anti-autoritaire.

La Confédération nationale du travail (CNT) appelle tous les travailleurs, salarié-es, chômeurs et précaires, à construire un mouvement sur les bases de la démocratie directe et vers la grève générale reconductible.

Car aujourd’hui, le gouvernement et le patronat n’ont que faire de journées d’(in)action disparates, dans une unité syndicale de façade. Les journées du 29 janvier et du 19 mars derniers, malgré des mobilisations massives, n
ont en rien entamé les politiques de casse sociale faute de s’être inscrites dans la durée, faute d’avoir créé un véritable rapport de force en notre faveur.

Nos luttes sociales ne connaissent pas de répit, quoi qu’en pensent les bureaucraties.

Les temps sont durs
Notre riposte se doit de l’être davantage

Union départementale des syndicats CNT de l’Isère, 7 octobre 2009.
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