Colère ouvrière

Samedi 28 novembre 2009
Manzoni Bouchot : Les salariés ont repris le travail

Fin de la grève chez Manzoni Bouchot à Saint-Claude. Après d’âpres négociations, direction et syndicats ont signé un accord au milieu de la nuit en préfecture. L’activité a repris dans la foulée.

Les salariés de la société jurassienne dénonçaient les conditions de travail et les salaires. Convention de chômage partiel, compensations financières liées au chômage, formations, les revendications des salariés ont pratiquement toutes été entendues.

Les salariés ont également obtenu l’amélioration des conditions de travail, nettoyage des locaux, remise en état des chariots élévateurs, mise à disposition de tenues de sécurité.

La Préfète du Jura a annoncé sa venue dans l’entreprise le 15 janvier prochain. À cette occasion, elle mettra en place un comité de pilotage pour assurer le suivi de ce protocole d’accord.

Plein Air, 27 novembre 2009.


Un protocole de fin de grève signé chez MBF Technologies

Après dix jours de grève, un accord a finalement été trouvé entre la direction et les salariés qui réclamaient une amélioration des conditions de travail et une hausse des salaires.

Après dix jours de grève et avec la médiation de la Direction du travail, un accord a fini par être trouvé dans la nuit entre la direction et les représentants des quatre syndicats de MBF-Technologies, ex-Manzoni-Bouchot, le groupe de sous-traitance automobile sanclaudien. L’accord a été trouvé peu après minuit et un protocole de fin de grève officiellement signé hier matin à 10 heures à la Préfecture.

«C
est un événement important, explique François Foucquart, directeur départemental du Travail qui a assuré la médiation des négociations. On sinquiétait vraiment pour la pérennité du site. Après dix jours de grève, léquilibre commençait à être en danger.» Dautant que des dissensions internes étaient aussi en train démerger. La CGT, qui avait dabord refusé de signer, a fini par accepter après que les trois autres syndicats (FO, CFDT et CGC) se sont rétractés au nom du «tous ensemble ou pas».

Ce n
est pas la première fois quun mouvement social secoue le premier employeur privé du bassin sanclaudien. Que ce soit du temps de lactionnariat familial, des fonds de pension, ou même depuis que lentreprise a été reprise par le Groupe Arche en juin 2007. Le mouvement lancé mercredi 18 novembre avait ceci de particulier, quil a été dans un premier temps initié par des salariés hors organisations syndicales. Un ras-le-bol suscité par des conditions de travail dégradées. Auquel se sont greffées des revendications salariales, une augmentation dun euro par heure, que la direction jugeait surréaliste. Il a fallu la médiation des services de lÉtat, pour assurer une médiation entre les deux parties. François Fouquart, le directeur départemental du Travail sest rendu une première fois sur les lieux jeudi 19 novembre, jusquà minuit, il y est retourné avant-hier toute la journée. Le maire, Francis Lahaut, sest également chargé de faire le lien entre les différentes parties. Durant dix jours, des piquets de grève se sont tenus à lentrée des deux sites de lentreprise, sur la zone industrielle, et à Étables. La production était quasiment à larrêt complet.

Les ouvriers ont donc repris le travail à 5 heures du matin. Le protocole garantit qu
il ny aura pas de chômage partiel en 2010 (mais un plan de formation), des avancées sur les revendications damélioration des conditions de travail (remise en état de chariots élévateurs, stock de chaussures dans les pointures courantes, réparation des fuites du toit de lusine, remplacement de léclairage, réparation des portes et progrès dans le nettoyage des locaux).

Sur le plan des salaires, les salariés n
ont pas pu obtenir les un euro par heure daugmentation qu'ils réclamaient ; mais 15 centimes (20 euros par mois) semblent gagnés, en attendant les négociations de février prochain. Chaque salarié ayant chômé se verra attribuer une compensation financière de 200 euros net par personne. «On na quand même pas eu ce quon voulait complètement, mais on est satisfaits à 80%» commentent les représentants des quatre organisations syndicales.

«Je suis très heureuse de vous retrouver tous pour signer ce protocole de fin de grève, a déclaré la Préfète Joëlle Le Mouël. Merci à tous les acteurs de ce partenariat. L
État sera présent à la fois au côté de la direction et des salariés pour que cette convention arrive à son terme ; il sera le garant de son bon déroulement. LÉtat continuera à être au cœur de la médiation.» La Préfète a également annoncé (et cest une mesure assez exceptionnelle) la mise en place dun comité de pilotage au sein de lentreprise. Assuré par le directeur et linspectrice du Travail, ce comité sera officiellement installé, sur place, par la Préfète le 15 janvier prochain.

Le Progrès, 28 novembre.



Le travail a repris chez MBF Technologies à Saint-Claude


Après dix jours de grève, un accord a été signé aujourdhui vendredi en préfecture du Jura entre les salariés et la direction. Un comité de pilotage a été mis en place par la préfète. Dès 5 heures ce matin, le travail avait repris à Saint-Claude.

La direction de MBF Technologies, les salariés et la direction du Travail ont négocié ferme jusque tard jeudi soir. Ce matin, en préfecture du Jura, un protocole d
accord a finalement été signé. Si les salariés ont eu gain de cause sur leurs revendications qui concernaient les conditions de travail, la direction na en revanche pas cédé sur laugmentation dun euro par heure réclamée par les grévistes. De son côté, la préfète a mis en place un comité de pilotage jusquau 15 janvier, dont la mission sera de vérifier que les engagements pris seront bien respectés.


Le Progrès, 27 novembre 2009.


MBF Technologies : les grévistes persistent, la direction ne plie pas


Au sein de MBF Technologies, à Saint-Claude, la grève se poursuit. Le piquet est toujours installé, et la détermination de mise. Certains ouvriers ont malgré tout repris le travail «parce qu’à un moment donné, il faut bien gagner sa vie», tandis que dautres hésitent encore à se désolidariser du groupe de grévistes.

Cela malgré la présence hier matin, sur le site, du maire de la commune, Francis Lahaut, et de François Foucquart, directeur départemental du Travail, qui ont tenté d
appeler les grévistes au compromis.

Mais de compromis, certains ne veulent plus entendre parler, «estimant avoir déjà assez donné». Au sein des syndicats, les avis divergent. Fouad El Yamani, délégué FO, a même tenté de convaincre ses collègues de reprendre le travail. «Je veux que le site de Saint-Claude existe toujours, et je ne veux surtout pas que 450 personnes se retrouvent au chômage.»

Hier soir, le directeur du site, discutait encore avec les grévistes. Les aura-t-il convaincus ? Décision à suivre.

Christelle Lalanne - Le Progrès, 27 novembre 2009.


MBF Technologies : la reprise du travail toujours incertaine


Après une semaine de grève, les négociations sont toujours d'actualité entre les représentants syndicaux, la direction et les salariés de MBF Technogies, le sous-traitant automobile sanclaudien.

Mercredi matin, à l'issue d'une réunion qui aura duré jusqu'à quatre heures du matin, des avancées ont été notées dans un protocole de fin de grève. La Direction s'étant engagée, d'après une source proche du dossier, à réaliser les travaux, finalement estimés nécessaires, dans l'entreprise ; accorder à tous une mutuelle d'entreprise ; signer la convention de chômage partiel à 75% dès l'arrêt du mouvement de grève et réviser rapidement les bas salaires.

Par contre, Patrick Bellity campe sur ses positions et n'envisage aucune augmentation en 2009.

La Préfète, qui recevait hier après-midi les délégués, se serait engagée à faire respecter les points de cet accord.

À l'heure où nous imprimions ces lignes, nous ne savions pas si oui ou non les ouvriers avaient décidé d'accepter ce protocole de fin de grève en reprenant le travail.

PSA aurait en effet effectué une petite pression sur MBF Technologies pour que certaines pièces soient livrées avant vendredi.

Le Progrès, 26 novembre.



MBF Technologies - Saint-Claude (Jura) : la grève qu'il fallait


Saint-Claude, petite ville du Jura, vit en grande partie du travail d'une usine installée depuis longtemps et produisant des pièces en aluminium pour l'industrie automobile, notamment des carters. MBF Technologies emploie au total 450 salariés répartis sur deux sites, et c'est là qu'une grève a démarré mardi 17 novembre.

Alors que des salariés réclamaient pour la énième fois des conditions de travail décentes, le directeur leur a déclaré qu'ils n'avaient qu'à «prendre le portail». Les présents lui ont répondu que c'était à lui de le faire et que, puisque c'était comme ça, ils se mettaient en grève. Le mouvement a été immédiatement suivi par la quasi-totalité des ouvriers, soit 300 personnes qui, depuis, occupent l'usine par roulement.

Il y a effectivement de quoi être en colère : depuis deux ans et demi que l'équipementier automobile Arche a repris l'usine, après que la vieille famille Manzoni-Bouchot qui la détenait depuis longtemps l'a vendue, tout est laissé à l'abandon, aucun entretien, aucun investissement n'est fait. Ainsi il pleut dans les ateliers et l'eau peut même tomber sur un four, ce qui représente un danger mortel, l'équivalent d'une bombe. Tout est dans un état déplorable : il faut amener de chez soi son papier toilette, son savon, ses outils parfois, laver ses bleus chez soi, et tout est à l'avenant...

D'autre part, cette année a été une des plus dures que le patron ait fait vivre au personnel. Outre un plan de 166 suppressions d'emplois en juillet dernier, le patron a aussi imposé du chômage partiel payé seulement à 60% du salaire brut, ce qui a représenté une perte de salaire de plusieurs centaines d'euros. Cela alors que les salaires sont déjà bas : 73 personnes par exemple gagnent moins de 9 euros de l'heure.

Pas étonnant que le groupe Arche soit devenu le numéro un français de la fonderie aluminium pour l'automobile et même «un champion européen» comme il aime se définir, car c'est avec la peau de ses salariés qu'il y réussit.

Les travailleurs demandent un euro de l'heure d'augmentation et l'amélioration des conditions de travail. La direction a proposé une prime de 200 euros, et seulement pour ceux qui ont eu du chômage technique, ce que les grévistes ont refusé. Elle les menace maintenant d'un plan de cent suppressions d'emplois. Guère impressionnés, ils ont décidé de continuer. «La marche arrière est cassée», disent-ils. Pour eux, c'est le bon moment pour exiger leur dû, car PSA et Renault n'ont que quelques jours de stock et, sans leurs pièces, ils devront rapidement arrêter des chaînes. De plus, la direction prévoit de remettre du chômage en janvier.

Mais surtout il y a de quoi être décidé à rendre coup pour coup à cette direction si arrogante. Comme l'a dit un gréviste : «Il y a le monde entier ici, depuis l'Asie jusqu'à la Méditerranée, mais il n'y a pas de différence entre nous et on restera tous unis.»

Lutte ouvrière no 2156, 27 novembre.


Grève chez MBF Technologies : «Illégitime et suicidaire»

Hier soir, sonnait une semaine de grève chez MBF Technologies à Saint-Claude. Une grève initiée par les salariés, «pour réclamer une augmentation générale de un euro/heure et dénoncer leurs mauvaises conditions de travail».

Dans un communiqué, reçu hier, la Direction, qui n'avait pas souhaité, dans un premier temps, répondre à nos questions, indique qu'elle «ne comprend pas la soudaineté de cette grève qu'elle trouve illégitime et suicidaire». D'autant, poursuit-elle «que le Groupe Arche a apporté à son site de Saint-Claude, un soutien sans faille et a même été jusqu'à proposer récemment un plan de formation longue durée afin d'éviter d'aggraver le niveau de chômage dans ce bassin d'emploi sinistré». Quant aux mauvaises conditions de travail, la Direction dément. «À ce jour aucune revendication de cet ordre n'a été signalée à la Direction par les représentants du personnel dans les instances prévues à cet effet.» Et précise également «le plus bas salaire chez MBF est supérieur de 25,4% du Smic».

Christelle Lalanne - Le Progrès, 25 novembre.


La grève continue, les jaunes la ramènent
MBF Technologies : les grévistes toujours sur le pied de guerre

Depuis mardi dernier, les salariés sanclaudiens du sous-traitant automobile, MBF Technologies, sont en grève. Ces 300 ouvriers de la production, se mobilisent pour «une augmentation générale de 1 euro/heure». Dans les rangs des syndicats, les pour et les contre commencent à s'opposer. La CGT a hissé les drapeaux, alors que la CFDT déclare «ne pas cautionner un mouvement qui pourrait coûter le travail à de nombreux employés. Ni l'intimidation exercée sur le personnel non gréviste.»

Le Progrès, 24 novembre.



Le mouvement continue chez MBF Technologies


Les ouvriers grévistes ont maintenu leur piquet vendredi soir, et toute la journée de samedi. Ils continueront ce dimanche se relayant, entre équipes du matin, de nuit, de week-end, pour assurer une présence devant le site de la zone industrielle.

Certains se disent «prêts à perdre leur emploi plutôt qu’à continuer à travailler dans ces conditions», dénonçant le mauvais état des sanitaires, des vestiaires, du réfectoire, des fuites d’eau.


Une équipe de sécurité a été recrutée par la direction pour assurer la surveillance de l’entreprise durant le week-end.

Le Progrès, 22 novembre.



MBF Technologies : Un euro de plus par heure sinon rien

Avec 300 grévistes sur 450 salariés, ce mouvement de grève initié par les ouvriers sanclaudiens, se poursuivra tout le week-end. Et la semaine prochaine si «la Direction n’accorde pas l’augmentation». Ambiance sur place.

«Les promesses y’en a ras-le-bol… Ça fait longtemps qu
on nous en fait… aujourdhui, on veut du concret… et sans attendre.»

Les 300 grévistes de MBF Technologies, sur les 450 que comptent l
entreprise, sur les sites sanclaudiens d’Étables et la Zone du Plan dAcier, parlent dune seule voix.

Et elle n
est pas syndicale.

«Ce mouvement est celui des employés qui depuis trois ans fournissent de nombreux efforts et font confiance, à tort, à une direction, qui les abandonne complètement.»

Les ouvriers en ont marre.

Marre de travailler plus que de raison «pour gagner moins». Marre «de recevoir, à chaque fois qu
’il pleut, de leau sur la tête alors quils travaillent». Marre de «travailler sur du matériel vétuste que personne ne répare». Marre encore «daller dans des toilettes ou personne noserait aller et de faire leur pause dans une salle qui nest pas reposante». Marre enfin, «dêtre obligé de se mettre en grève pour que la direction sengage à améliorer toutes ces conditions de travail».

«On nous parle de pacte social mais on ne nous écoute pas, c
est pour cela quaujourdhui nous sommes si nombreux.»


En effet, 90% de grévistes à la Zone et 60% à Étables, sont des pourcentages que les autres mouvements de grève, n
avaient pas égalés. Celui-ci sannonce également plus coriace, car «la marche arrière est cassée». Cela, bien que de nombreuses réunions se soient tenues entre mercredi et jeudi et que des propositions aient été faites par la Direction. Notamment lamélioration des conditions de travail nommées ci-dessus, prime de 200 euros net pour chaque salarié ayant effectué en 2009 du chômage partiel, pas de plan social et dans le cas où le manque de commandes lobligerait, convention de chômage partiel à 75% contre les 50% pratiqués en 2009. Lissage des horaires de lusinage et de la fonderie, jusquà décembre.

Enfin, révision dès janvier 2010 des plus bas salaires… 73 personnes touchent moins de 9 euros de l
heure chez MBF Technologies. Rien par contre, sur laugmentation générale dun euro/heure, revendiqué dans le préavis de grève. «Cela coûterait à lentreprise 1,6 million annuel, alors quen 2009, à Saint-Claude, elle en a perdu 7», constate François Foucquart, directeur départemental du Travail. «Si le travail ne reprend pas jai des craintes pour la survie de lentreprise.» Hier, la direction aurait déclaré «si le mouvement de grève devait continuer, un plan social concernant 100 personnes pourrait être mis en place. Léquipe de week-end serait quant à elle purement et simplement supprimée.» Une déclaration impossible à vérifier, puisque pour la toute première fois, Patrick Bellity, président du Groupe Arche, s’est refusé à tout commentaire dans nos colonnes.

«Depuis 1972, jen ai vu des crises chez Manzoni»
Fouad El Yamani, Technicien atelier mécanique
Je suis entré chez Manzoni-Bouchot en 1972. Jai donc connu lentreprise familiale. Tout nétait pas rose, et il y a aussi des mouvements sociaux. Je me souviens quon sétait battu pour obtenir des chaussures de sécurité… Trente ans après ce sont la même chose. Ensuite il y a eu lentreprise financière. Du temps de Léman Capital, on nous répétait sans cesse «que largent navait pas dimportance», cétait des belles années. Il y a eu de nombreux investissements et à cette époque nous étions plus de 800 personnes, rien quà la fonderie. Aujourdhui nous avons lentreprise industrielle, et des tas de promesses jamais tenues ni aucun investissement effectué. Pour quune entreprise réussisse il faut quelle sache dépenser, investir et se renouveler.
Délégué syndical FO, je soutiens aujourdhui le mouvement des salariés.

«Faire grève : je ne peux pas me le permettre»

Martial Chabrand, Pilote machine
Je suis depuis 14 ans chez Manzoni-Bouchot. Jai travaillé à la Zone avant de venir travailler à Étables. Jai vu les choses se détériorer au fil des ans et les revendications de mes collègues sur les conditions de travail sont justifiées. Vrai aussi quon nous a promis beaucoup de chose, et que nous navons rien vu venir.
Seulement, nous avons des syndicats pour faire remonter nos revendications à la Direction. Contrairement aux autres, moi je leur fais encore confiance. Et puis de toute façon je ne peux vraiment pas me permettre de faire grève. Ma femme est au chômage, jai une fille à nourrir, plus un crédit de voiture. Moi je suis ici pour bosser, pour fournir les pièces aux clients, que cela plaise ou non aux autres.

Christelle Lalanne - Le Progrès, 21 novembre.



Les salariés de MBF Technologies en grève depuis mardi soir

Les conditions de travail, le chomage partiel rémunéré à 75%, le lissage des horaires fondeur/usineur… Autant de revendications que défendent les salariés sanclaudiens.

Plus habituellement menée par les syndicats, la grève qui secoue, depuis mardi soir, la production de MBF Technologies à Saint-Claude, est une grève spontanée déclenchée par les salariés.

Après le départ volontaire de 75 personnes, en septembre, les ouvriers restant ont du poursuivre le travail.

Et apparemment, «pas dans de bonnes conditions».

Car c’est l
une des revendications de cette nouvelle grève des salariés de la Zone Industrielle et d’Étables.

«Les conditions de travail se sont détériorées au fil des années, mais aujourd
hui, tout part nimporte comment. Loutillage est en mauvais état, on ne le remplace pas…» Les horaires, aussi, semblent poser problème.

«Avec du personnel en moins, c
est autant de travail en plus.»

Alors pour y pallier, en partie, «nous demandons une augmentation générale de un euro de l
heure».

Autre point revendiqué «le lissage entre les horaires de l
usinage et ceux de la fonderie».

Ce point semble résolu, en tout cas, jusqu
à la fin de lannée, puisque la direction a donné son accord.

Par contre, «le chômage partiel payé à 75%» et l
augmentation horaire nont pas trouvé décho favorable auprès de la direction.

Celle-ci aurait cependant fait une proposition, via son directeur des ressources humaines, «une prime de 200 euros net/salariés ayant été au chômage cette année». «Pas assez» ont rétorqué les employés. François Foucquard, directeur de la Direction Départementale du Travail et de l
Emploi était hier à Saint-Claude. Il a tenu à rencontrer les délégués syndicats, du personnel et les salariés. «LÉtat a consenti de nombreux efforts financiers pour aider votre entreprise. Et continue de le faire. Tout a été fait pour que MBF ne soit jamais abandonné. Mais aujourdhui, il vous faut absolument trouver un terrain dentente avec votre direction.»

Hier soir, à l
heure où nous imprimions, François Foucquard était toujours présent dans les murs de lentreprise. Une réunion téléphonique réunissant direction et délégués du personnel, sy tenait pour tenter une fois encore de faire avancer les uns sans trop faire reculer les autres.

Le mouvement de grève était apparemment maintenu à Saint-Claude.

Christelle Lalanne - Le Progrès, 20 novembre.

Mouvement de grève chez Manzoni Bouchot

Depuis mardi soir, les salariés de la production ont lancé un mouvement de grève chez Manzoni Bouchot. Une initiative qui semble très suivie.

C
est cette fois à linitiative des salariés, et non des syndicats, quun mouvement de grève a été déclenché, depuis mardi soir, chez Manzoni Bouchot, à Saint-Claude. Daprès les premiers éléments en notre possession, le mouvement serait très suivi parmi les salariés de la production. À lorigine du mécontentement, les conditions de travail. Ce jeudi après-midi, les délégués du personnel ont rencontré le directeur départemental du Travail.

Le Progrès, 19 novembre.
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Vendredi 27 novembre 2009
Le peuple vigneron a défilé à Montpellier, la police a réprimé…

En souvenir des «mutins de la République» de 1907, «obrar per capitar !»

La manifestation du 25 novembre 2009 a rassemblé des milliers de vignerons du Languedoc et du Roussillon. 10.000 viticulteurs et viticultrices, retraité(e)s, sympathisant(e)s à la cause paysanne, occitants et catalans ont répondu présents à l’appel malgré un déploiement répressif démesuré, de police, et de matériel militaire, «Lengadòc Roge, Lengadòc occupat !»

Le Président du Syndicat des Vignerons du Midi, Philippe Vergnes, qui n’a pas l’air, à en croire les barbouillages muraux, sur les routes menant à Montpellier, de faire l’unanimité du peuple vigneron, a déclaré en ouverture du cortège : «Nous sommes économiquement morts. Depuis 2004, la viticulture traverse la crise la plus terrible de son histoire. Les vignerons sont dans le désarroi le plus total, abandonnés, sans perspective d’avenir. Nous attendons un signe fort pour redonner espoir aux vignerons et leur montrer que les pouvoirs publics ont enfin décidé de prendre leurs responsabilités. Nous sommes devant l’une des plus grandes injustices jamais subies par les vignerons. Nous espérons que l’État sera assez sage pour nous apporter une réponse.»

D’autres formes d’expression permettent de mieux comprendre
la colère du Midi qui monte ces jours-ci.

Indymedia Nantes, 27 novembre 2009.


Deux interpellations

Deux viticulteurs, lun originaire de Cruzy, à la limite de lAude et de lHérault, lautre venu du Sud-Est, ont été interpellés à Montpellier hier, en fin daprès-midi, après la dislocation de la manifestation viticole.

Ces interpellations ont eu lieu durant les affrontements qui ont opposé vignerons et CRS, autour de la promenade du Peyrou, avant le retour en bus des manifestants. Alors que le cortège venait de se terminer, un groupe de viticulteurs s
est affronté aux forces de lordre qui gardaient lentrée du centre-ville de Montpellier, où un millier de policiers avaient été déployés. Un landau enflammé a été lancé vers les CRS, et des projectiles ont fusé des rangs des manifestants. Une charge a ensuite dispersé les manifestants jusquaux Arceaux, au bout de la promenade du Peyrou, et cest à ce moment que les interpellations ont eu lieu.

La police a affirmé qu
il sagissait «de deux jeunes hommes proches de la mouvance anarchiste», avant de reconnaître que cétaient «deux fils de viticulteurs».

Ils ont été placés en garde à vue et auditionnés par le parquet. Ils devaient être libérés dans la nuit avec une convocation au tribunal.

Leur presse (L’Indépendant), 26 novembre.



Heurts, après la dislocation…

«On quitte Montpellier…» Philippe Vergnes a parlé, la manifestation a vécu. Il est 17h45. Les viticulteurs regagnent les bus. Presque tous. En effet, un groupe de jeunes vignerons qui semblent avoir envie d’en découdre, campe derrière les grilles des jardins du Peyrou pour un face-à-face tendu avec les CRS, nombreux à cet endroit-là.

Dès la première charge, les forces de l’ordre gagnent du terrain. Les viticulteurs, rejoints par quelques anars qui profitent de l’occasion, reculent. Après avoir pratiqué le «deux pas en avant, un pas en arrière», le temps d’amagrir encore le nombre de manifestants — il en reste alors une vingtaine —, les CRS chargent un peu plus fort, lacrymo à l’appui. Résultat : deux interpellations.

Deux viticulteurs, un de Cruzy (Hérault) et un JA du Gard sont placés en garde à vue. Le père du jeune Héraultais s’est, lui, blessé dans les escaliers qui conduisent au parking des Arceaux. Il est 19h30. À Montpellier, la manif semble maintenant terminée.

En fait, les deux gardes à vue remettent le feu aux poudres. Les bus, une vingtaine, qui n’étaient pas encore repartis se vident. Les viticulteurs, très énervés, font brûler quelques pneus. À ce moment-là, tandis que les forces de l’ordre interviennent, deux motards de la police tombent de leur véhicule. L’un est frappé sur le casque à coups de barre de fer, les deux étant aspergés de vin. La tension est à son comble. Plus d’un millier de manifestants se dirige vers le commissariat pour demander l’assurance de la libération de leurs deux collègues. Ce qu’ils semblent obtenir vers 20h15.

Les viticulteurs décident alors de rejoindre leurs bus pour se lancer sur la route d’une longue nuit…  Un peu plus tôt dans l’après-midi, à Canet-d’Aude, un transformateur EDF désaffecté a été endommagé tandis qu’à Ouveillan, ce sont des inscriptions du CRAV (Comité Régional d’Action Viticole) qui ont fleuri sur les murs d’un ancien restaurant.

Des faits anecdotiques au regard de ce qui se passera un peu plus tard sur la route d’un retour mouvementé qui les ramènera chez eux en passant du côté de Sète…

Leur presse (Midi Libre), 25 novembre.



Manifestation des vignerons : quelques incidents ont éclaté

Dernier baroud dhonneur ? Dernière manifestation de masse ? Dernière mobilisation du peuple vigneron uni ? Derrière ces hypothèses se cachaient bien des craintes, celles des dérapages violents. Il nen a rien été lors de la manifestation à Montpellier. Pourtant un sentiment de désespoir, de désespérance, planait sur cette troupe à genoux mais prête à se relever après lintervention de Philippe Vergnes.

6000 vignerons ont défilé sur les boulevards de la capitale régionale. Au rythme assourdissant des explosions de soufre. Le cortège n
a pas manqué de sarrêter pour faire détonner de puissants pétards devant une agence du Crédit agricole et deux enseignes du Mc Do ? Devant les Montpelliérains médusés de voir un tel défilé, celui-ci sest malgré tout déroulé sans incident. Dans les rues proches de la préfecture, un dispositif impressionnant de policiers avait été déployé.

Vers 17h45, les manifestants de retour sur la place du Peyrou ont alors fait face aux forces de l
ordre. Pétards fumigènes puis des bouteilles de verre ont été lancés pendant de longues minutes sur les CRS, positionnés sous larche. Sans broncher, ils ont tenu cette position : la consigne devait être ne pas répondre aux provocations. «Sortez de Montpellier ! Sortez de Montpellier !» a lancé énervé Philippe Vergnes à ceux qui voulaient en découdre. Le plus gros de la troupe a alors quitté la place du Peyrou, seule une centaine dirréductibles a continué a provoqué les CRS. Ces derniers, à trois reprises, ont lancé de mini-assauts avant de se replier sous les huées de petits groupes. Les visages cachés plusieurs jeunes gens ont continué à lancer des pierres, ainsi quune poussette sur les forces de lordre, toujours aussi impassibles.

Vers 18h15, les CRS ont tiré les premières bombes lacrymogènes dispersant ce qui restait des manifestants. Puis les policiers soutenus par les hommes de la BAC ont investi l
esplanade du Peyrou faisant fuir les provocateurs. La plupart des vignerons avaient rejoint leurs cars et avaient décidé de se restaurer sur le parking des Arcades avant de rejoindre leurs départements respectifs. Une rumeur insistante planait quant à déventuelles étapes «casses» lors du retour. Des étapes avec des cibles comme des hards discounts, des supérettes ? Mais dans quelles directions : dans lAude, le Vaucluse, lHérault ou le Gard ? Sur différents points stratégiques, les gendarmes mobiles avaient installé des dispositifs de sécurité pour faire face à toutes éventualités. La nuit sannonçait longue…

Leur presse (Jean-Luc Letitre, La Dépêche du Midi), 26 novembre.



Incidents après la manifestation de viticulteurs dans lHérault

Des incidents ont éclaté mercredi soir dans lHérault, un département sous très haute surveillance, après la manifestation de viticulteurs qui a rassemblé dans laprès-midi à Montpellier 10.000 personnes selon les organisateurs, 3600 selon la préfecture.

Plus de 1000 gendarmes et policiers avaient été mobilisés pour la manifestation. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les forces de l
ordre étaient massivement déployées aux sorties dautoroutes et aux péages de lA9, selon la gendarmerie.

Les représentants des forces de l
ordre étaient également positionnées dans plusieurs villes, comme Pezenas ou Béziers. Là, 200 et 300 dentre eux entouraient la ville pour interdire laccès au centre aux six bus de viticulteurs qui se dirigeaient vers le département de lAude, selon la gendarmerie.

Vers minuit, seule cette colonne de bus de viticulteurs posait problème, selon la gendarmerie. Les forces de l
ordre accompagnaient ces bus vers lA9 alors quun dispositif de sécurité a été mis en place à Narbonne.

En début de soirée, les bus de manifestants ont tenté d
entrer à Pézenas mais en ont été empêchés par les très nombreuses forces de lordre et ont été obligés de prendre la direction de Béziers. Le convoi, survolé par un hélicoptère de la gendarmerie, sest ensuite dirigé vers Servian où les manifestants ont allumé des feux sur la route, avant dêtre repoussés par des gaz lacrymogènes. Ils ont ensuite endommagé les vitres et le volet roulant du magasin Lidl.

Selon la gendarmerie, l
hélicoptère qui survolait les bus de viticulteurs a été la cible dune fusée de détresse qui na cependant pas touché lappareil. Plusieurs véhicules de gendarmes ont été caillassés, selon la même source et le chauffeur du commandant de groupement a été blessé.

Entre Pezenas et Béziers, des manifestants ont allumé des feux sur le bas-côté et la RN9 a été complètement bloquée par une importante colonne de véhicules de la gendarmerie.

Des dégradations ont également été commises à l
issue de la manifestation dans des communes aux alentours de Montpellier, notamment dans des grandes surfaces à Mèze et Cournonsec, a-t-on appris auprès de la gendarmerie.

La préfecture de l
Hérault a signalé dans un communiqué des feux de poubelles et des jets de pétards, ainsi que «plusieurs débuts dincendie qui ont nécessité la fermeture momentanée de la rue des Arceaux».

«Deux motos de police ont été renversées par les manifestants», a ajouté la préfecture.

Leur presse (AFP), 25 novembre.
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Dimanche 15 novembre 2009

Il y a comme un embarras. On veut être là avec les grévistes, être solidaires, dire qu’on est pas dupe, qu’il n’y a pas que des usagers-en-colère-avec-le-sentiment-d’être-pris-en-otage. Alors des gens passent sur les piquets, et pas simplement pour ramener leur soupe même pas comestible (le dernier tract crypto-gauchiste, la bonne parole façon LO ou LCR). L’envie peut-être de participer ou de s’organiser ensemble, relayer la lutte et la parole des grévistes, amener à grailler sur les piquets, ou monter une cuisine sur place comme à Caterpillar à Grenoble en mars 2009, trouver du fric pour alimenter les caisses de soutien aux traminots poursuivis, participer aux manifs sauvages et aux actions…

Mais il y a quand même des moments de malaise. «Pourquoi vous êtes là ?» Les jeunes à capuche ou à dreads se font un peu embrouiller, il y a de la suspicion. Les flics, en prime, mettent en garde contre les «casseurs et autres anarchistes infiltrés». Certains syndiqués regardent d’un mauvais œil ceux qui risqueraient de faire déraper le mouvement, le rendre instable ou contagieux.

«Pourquoi vous êtes là ?» On peut répondre sur deux plans. Parce qu’on est en lutte aussi : à la fac, dans la vie, sur d’autres boîtes, en intérim (là où justement il n’y a pas d’organisation collective suffisante pour vivre les beaux moments des piquets ou des manifs, quand les petits chefs sont mis à l’amende…). Certain-es tenteront peut-être : parce qu’on est en révolte, parce qu’on sent bien que chaque lutte peut desserrer l’étreinte, inverser le rapport de force localement et un peu plus largement, parce qu’il faut que ça communique, qu’une puissance politique migre et trace d’autres voies que les circuits de l’exploitation (école - taf merdique - pôle emploi - taf merdique, etc.)… Ces bonnes raisons on a l’impression qu’elles étaient plus faciles à dire, plus partageables quand tout le monde voyait en gros ce que voulait dire «la classe ouvrière», «les travailleurs», «la révolution» ou «le Parti». Mais on n’en est plus là. Alors il faut répondre sur un autre plan et ne plus se vautrer dans ce qui ne sont désormais que de grossières caricatures qui masquent nos réalités.

1910, soupe communiste à Rouen
lors d’une grève des terrassiers

«Pourquoi vous êtes là ?» Pour faire à manger, pour faire un journal de liaison entre les luttes, faire de l’affichage ou des bombages ensemble… Ça fait un ancrage matériel, un apport réel qui donne l’occasion de passer du temps ensemble, pour discuter de toutes les belles raisons exposées plus haut, pour s’engueuler sur la fraude, pour se raconter d’où on part et tout ce qu’on a gagné, et même parler de la suite, pourquoi pas.

Aller à la rencontre d’une lutte, de personnes en lutte, suppose de ne pas oublier sur le chemin qu’on débarque dans un univers où certains enjeux nous échappent. Les moments de lutte, de mouvement, sont l’occasion de nouveaux agencements, de nouveaux rapports, c’est d’ailleurs ce qui dote chaque lutte d’une force qui lui est propre. Pour entrer en résonance avec cette force, il faut être subtil, ce qui ne signifie pas être fin stratège, mais être attentif à ce qu’on dégage et à la manière de communiquer ce qu’on est sans rompre un échange possible. Car la rencontre peut être avortée si on reste cloitré dans son identité, si on arrive en brandissant fièrement sa caricature, son identité d’étudiant radical, de vieil anarchiste ou de jeune marxiste-léniniste. Une rencontre, c’est justement ce qui est susceptible de nous modifier, de nous transformer. Il y a donc un enjeu à venir en étant prêt à être autre chose que la catégorie dans laquelle on s’enferme si facilement. Et les grévistes ne s’y trompent pas : ils enverront balader beaucoup plus facilement des gens qu’ils suspectent de venir pour «récupérer leur mouvement», recruter et déverser de la propagande que des gens qui prendront leur lutte au sérieux en essayant de la renforcer.

Pour autant, on n’est pas rien ni personne et se faire aimer de tous n’a jamais été un mot d’ordre, pas question de mettre de l’eau dans son vin ou de jouer les hypocrites pour que ça ait l’air de mieux se passer. Il faut assumer ce dont on est porteur politiquement, ça passe par accepter la tension qui existe entre assumer des positions politiques fortes et le faire finement en évitant les symboles grossiers ; il y a donc un enjeu à réinventer un langage pour dire notre existence politique (le souvenir des luttes…) avec nos mots à nous. On parle pas de se compromettre, mais de s’ajuster, et de le faire avec d’autres personnes qui elles aussi s’attaquent au cours normal des choses. Ce travail politique, c’est celui d’une rencontre possible, celui des identités politiques, des caricatures qui nous collent à la peau, des clichés dans lesquels on tombe parfois, d’une révolte qui se débat pour ne pas sombrer dans de petites boîtes qu’on aura vite fait de mettre au placard.

1907, soupe communiste à Nantes, grève des dockers

Parmi ces possibles, se pose aussi la question des syndicats et de notre rapport à eux. Certes les syndicats brident la plupart du temps les luttes et les mouvements, on connaît l’histoire. Mais considérer les syndicalistes a priori comme des connards, c’est passer à côté de quelque chose. C’est s’imaginer qu’un syndicaliste n’est que ça, qu’il le porte dans tout ce qu’il fait, dans tous ses choix. Ça fige une fois encore les identités. Et c’est certainement pas en dénonçant les «syndicalistes-flics» qu’on contribue à ce qu’ils soient autre chose. Car ce qui importe, ce sont les déplacements qui peuvent s’opérer derrière les étiquettes syndicales : comment des syndicalistes, en situation (de lutte exacerbée, face à une direction très hostile) embrayent sur des pratiques radicales qui dépassent celles du syndicalisme classique (blocage des flux de l’économie, assumer devant les «usagers» de bloquer la vie normale, s’affronter aux policiers et aux vigiles, etc.). La rencontre est possible et probable si on s’ouvre et si on ne se complait pas avec facilité dans la gestuelle de la radicalité, si on s’agence avec les déplacements identitaires que la lutte produit, chez les gens en lutte et chez les syndicalistes, qui peuvent devenir tout autre chose que ce qu’on croit savoir d’eux.

Faire une rencontre suppose aussi de pas débarquer à vide. Il faut être porteur de quelque chose : d’une position, de questions, même si elles sont difficiles à formuler et que ça fait un peu bégayer, même si ça force à réfléchir (c’est pas en tant que précaires ou étudiants ou lycéens qu’on débarque mais bien parce qu’on voit ou on pressent un rapport politique entre des luttes, des points de résistance, un rapport qui reste largement à définir) ; porteur de présents, d’une organisation matérielle pour la lutte, de quoi renforcer les différents foyers. Plus simplement croiser les gens, mais imaginer déjà comment s’organiser avec.

Outrage no 7, automne 2009
Incendiaire, gratuit, sur Lyon et ses environs.
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Samedi 14 novembre 2009
Grenoble, janvier 2008
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Mardi 10 novembre 2009

On les appelle les «nomades du nucléaire». Ils parcourent la France de centrales en centrales pour effectuer les travaux de maintenance dans les zones les plus radioactives. En quinze ans, leurs conditions de travail et de vie se sont dégradées. Et les experts craignent pour le bilan sanitaire des années à venir. Enquête sur ceux qui se surnomment «les esclaves du nucléaire».

«Le nucléaire ne m’intéresse plus, mais j’ai pas le choix. Faut bien gagner sa vie.» Philippe Caens a 41 ans, dont 20 passés au chevet des centrales nucléaires françaises. Électricien, il exerce son métier aux cotés des agents EDF, dont il partage les difficultés. Mais pas le confortable statut. Son employeur, la société Clemessy, est moins prodigue en avantages sociaux, moins généreuse en salaire.

Désormais attaché à la centrale de Flamanville (Manche), Philippe a aussi connu, pendant quatre ans, «les grands déplacements» à travers la France, de centrales en centrales. De 40 à 60.000 kilomètres parcourus chaque année au gré des arrêts de tranche, ces périodes où les réacteurs sont arrêtés pour maintenance. «Je suis divorcé, comme la plupart de mes collègues.»

Comme Philippe, ils sont 22.000 en France, chaudronniers, électriciens, soudeurs, robinetiers, employés par des sous-traitants. On les appelle les «nomades du nucléaire». Beaucoup sont nés à proximité d’une centrale, dans des régions où, comme le Nord, le chômage dépasse largement la moyenne nationale. Ils connaissent par cœur les 58 réacteurs nucléaires français, répartis dans 19 centrales. Des milliers de kilomètres de câbles et de tuyaux à vérifier et à réparer dans les zones les plus radioactives.

Ces employés sont payés au Smic, auquel s’ajoutent les primes journalières, de 54 à 60 euros pour couvrir les frais de logement et de nourriture. «On essaie de faire de la marge sur les primes», raconte Philippe, qui avec ses 20 ans d’ancienneté, émarge à 10,50 euros de l’heure. Pour le logement, les plus vieux ont pu investir dans une caravane ou un camping-car. D’autres choisissent les hôtels bon marché, à plusieurs dans une chambre. Il y a aussi la solution du gîte, «c’est le moins désagréable, mais en période de vacances les prix explosent». Il y aussi ceux qui dorment dans leur voiture, sur le parking de la centrale. «Ceux-là n’aiment pas trop en parler parce qu’ils ont honte, confie Philippe. Je me souviens d’un arrêt de tranche où le responsable des prestataires passait à 6 heures 30 le matin sur le parking pour réveiller les gars.»

Autour des centrales, une petite économie locale s’est formée. Dans les campagnes ont fleuri les gîtes, et le long des routes, les marchands de kebab.

Au début des années 90, les sous-traitants assuraient 50% des activités de maintenance des centrales nucléaires. Ce chiffre s’élève aujourd’hui à 80%. Une dizaine de grands groupes se partagent le marché. Parmi eux, Vinci, Areva, ou Suez. Ces multinationales disposent chacune de plusieurs dizaines de filiales. Pour un seul arrêt de tranche, 30 à 70 sociétés différentes sont amenées à coopérer. Cela représente plusieurs milliers de prestataires, et jusqu’à cinquante conventions collectives différentes à gérer.

La politique du moins disant

La direction d’EDF affirme appliquer «la politique du “mieux disant”». «Nous on dit que c’est au “moins disant”, ironise Yves Adelin, ancien cadre d’EDF, responsable CGT. En fait EDF fixe officieusement un prix. Aux sociétés de proposer moins.»

Et quand le contrat d’une société n’est pas renouvelé, des salariés se retrouvent sur le carreau. C’est ce qui s’est produit en février à la centrale de Cruas (Ardèche). La société CIME qui employait 71 salariés a perdu son contrat au profit de la société Essor. Cette dernière s’était engagée à reprendre tous les employés. Mais au début du chantier, la promesse n’est tenue que pour 45 d’entre eux. Le 14 février, installés dans des caravanes devant l’entrée de la centrale, neuf prestataires ont entamé une grève de la faim pour sauver leur emploi. Elle a duré dix jours. Ils ont finalement obtenu gain de cause.

Pour chaque contrat, EDF paie au forfait. À la société sous-traitante de gérer sa productivité, parfois à la limite de la légalité. Selon une enquête réalisée par le Centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique publiée en 2004, «les glissements de planning et des imprévus nécessitent des rattrapages qui peuvent se faire qu’en faisant passer la durée du travail de 8 à 10 heures par jour, en décalant le travail de jour en travail de nuit ainsi qu’en prolongeant le travail dans la semaine pendant le week-end». Selon l’étude, 80% des prestataires interrogés en ont fait l’expérience.

En 1990 un arrêt de tranche durait entre 2 à 3 mois. Aujourd’hui les plus longs durent un mois et demi. «Pour les arrêts simples, certains battent des records à 18 jours» précise Yves Adelin. EDF réplique : «La diminution de la durée des arrêts s’inscrit dans le cadre d’une volonté d’améliorer la disponibilité des centrales nucléaires d’EDF.»

Pour Yves Adelin, «en clair, 24 heures d’arrêt de tranche c’est une perte d’un million d’euro pour EDF. Il y a 58 tranches par an en France. Faites le calcul. Sur toute la France si vous gagnez une journée d’arrêt de tranche, c’est 58 millions d’euros de gagné pour EDF. C’est pas des petites sommes.»

«Rien n’est calculé pour nous»


Marc Duboile, marié, un enfant, a 45 ans. Il est magasinier, salarié de la société Techman. Il travaille depuis huit ans dans le nucléaire : «Rien n’est calculé pour nous. On n’a pas toujours de place sur les parkings. Souvent, le premier jour du contrat on attend des heures que nos autorisations d’accès soient validées parce que pour plusieurs milliers de gars, il n’y a que deux ou trois guichets mis à disposition. Et puis, vous venez de faire 800 kilomètres depuis chez vous et on vous dit qu’il n’y a pas de casiers prévus pour vous changer. Sans parler du matériel, on attend encore des heures avant de pouvoir travailler parce que EDF ne nous donne pas les outils.»

En 2006, l’inspecteur général pour la sûreté nucléaire et la radioprotection, mandaté par EDF, alerte la direction : «J’ai été surpris, écrit-il dans son rapport, en arrivant sur certains sites en début d’arrêt de tranche de rencontrer des prestataires qui déploraient le manque d’outillages en zone nucléaire. Les marchés nationaux existent, et je m’interroge donc sur l’origine de cette carence qui donne dès le départ une piètre idée de l’organisation logistique des sites.»

La direction d’EDF reconnaît qu’aujourd’hui encore «des difficultés ponctuelles peuvent exister sur certains sites».

Plus de 80% des prestataires veulent arrêter


Depuis 1996, le centre de recherche en gestion de l’école Polytechnique effectue, à la demande d’EDF, une enquête annuelle sur le moral des nomades du nucléaire. Ces enquêtes sont confidentielles. Une seule a été présentée aux syndicats, en 2005. Elle établissait que 84% des prestataires interrogés souhaitaient quitter l’industrie du nucléaire. La direction d’EDF confirme ce chiffre, mais s’en défend : «D’autres études montrent au contraire un fort taux de satisfaction de la part des entreprises prestataires du secteur nucléaire. Mais lorsque l’on demande de consulter ces enquêtes, la direction est gênée : “Elles ne sont malheureusement pas destinées à un usage externe.”»

En 1993, 18% de ces «intermittents du nucléaire» présentaient une symptomatologie dépressive. En 1998 ils étaient 25%. Autre symptôme inquiétant, en 2003, la mutuelle de la centrale de Paluel (Seine-Maritime) remarquait que 80% des feuilles d’assurance-maladie traitées prescrivaient des calmants.

«Pour les prestataires, c’est une souffrance sociale, observe Yves Adelin. Ils ont le sentiment d’être dévalorisés par rapport aux agents EDF. Pour les agents EDF c’est une souffrance psychologique. Ils ont honte de ce que fait subir la direction aux sous-traitants.»

«On est là où ça crache»


À ces conditions de travail s’ajoute un autre problème majeur, sanitaire cette fois : l’exposition aux rayons radioactifs.

Le 4 décembre 1990, le conseil de l’Union européenne adopte la directive Euratom qui impose de diminuer la dose toxique reçue par les travailleurs du nucléaire, de 5 rems par an à 2 rems par an. Seulement quelques mois plus tard, en 1991, EDF publie le «Rapport NOC». Ses auteurs préconisent de «généraliser la sous-traitance à toutes les activités qui peuvent l’être». Simple coïncidence ? La direction d’EDF affirme qu’«il n’y a aucun lien».

Pour Yves Adelin, de la CGT, «EDF avait tout intérêt à sous-traiter les postes les plus exposés. L’entreprise se dédouanait de sa responsabilité par rapport aux pathologies médicales à long terme.»

Les prestataires du nucléaire reçoivent 80% de la dose collective d’irradiation subie dans l’industrie française du secteur. Cette dose est contrôlée sur chaque prestataire grâce à un film et à un badge dosimétriques qu’ils portent sur eux. Quand la limite est atteinte, c’est «la mise au vert», c’est-à-dire le chômage, en attendant que la dose redescende. «Alors pour garder leur boulot, il arrive que des gars dissimulent leur film et leur badge quand ils sont dans des zones où ça crache» confie Philippe Caens.

L’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) effectue régulièrement des inspections dans les centrales, «mais le suivi des doses dépend de l’employeur. À chaque société de contrôler ses salariés», explique Evangelia Petit, de l’ASN.

«La loi impose aux employeurs de fournir une attestation d’exposition à leurs salariés, précise Michel Lallier, membre du Conseil supérieur de la sûreté et de l’information nucléaires. Le problème c’est que les prestataires changent constamment de centrale et de société, du coup il y a une énorme confusion sur qui doit délivrer ces attestations. On s’aperçoit aujourd’hui que la plupart des gars qui partent à la retraite n’ont pas d’attestation sur la dose toxique qu’ils ont reçue durant leur carrière. Dans 10 ou 15 ans, quand les premiers cancers apparaîtront, ces employés ne pourront pas faire reconnaître leur pathologie en maladie professionnelle.»

À ce jour, aucune étude n’a été réalisée en France sur les risques cancérologiques qu’encourent les prestataires du nucléaire. «Je crains le pire, affirme Michel Lallier. Il n’est pas improbable qu’on se retrouve dans quelques années face à un problème comparable à celui de l’amiante.» L’amiante a tué près d’un millier d’agents EDF. 5000 sont contaminés.

Alexandra Colineau
Association des journalistes de l’information sociale
Le Jura libertaire, 29 juillet 2008.



Témoignage reçu le 29 juillet 2008 :
Je tiens à vous remercier de ce très bel article qui reflète exactement ce que nous les prestataires du nuc, nous subissons depuis certains comme moi bientôt 23 ans.
Une info pour vous : la fameuse entreprise ESSOR vient d’obtenir les marchés sur le site de Dampierre-en-Burly, retenue sans réserves par EDF, malgré la situation sur le site de Cruas.
Pour plus d’info je peux vous prédire que les prestataires sont de plus en plus en colère. Et vous allez en entendre parler à la rentrée.

Le 10 novembre 2009 :
Bonjour, je suis un nomade du nucléaire et je peux vous dire que la situation ne va pas en s’arrangeant. Si personne ne fait rien ou ne veut rien faire le nucléaire sera une castrophe pour ces prestataires sur le plan de la santé. Aussi j’ai bien peur que cette situation se répercute sur le plan sûreté nucléaire la diffusion du film RAS nucléaire de Alain de Halleux n’est rien par rapport au réel que nous vivons. Donc je demande à nos politiciens de nous prendre en considération, merci. Un prestataire pas esclave.
Bonjour, je suis un prestataire du nucléaire et vous réponds suite à l’article «Les nomades du nucléaire». Je peux vous dire que rien n’a changé voire même agravé, sur le plan santé et sûreté. EDF SA fabrique plus de l’électricité mais une bombe à retardement chez ces prestataires par le groupe Essor et bientôt le groupe Derichebourg sans aucune compétence du nucleaire. Là j’en ai bien peur la loi du fric va-t-elle nous emmener à un Tchernobyl 2 ? merci. Un prestataire pas esclave qui veut simplement alerter l’opinion publique de la situation qu’EDF SA va nous entraîner par ses délestages de courant cet hiver, la faute à son programme, nous n’avons plus de pièce de rechange et une grande perte de connaissance.
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Vendredi 6 novembre 2009
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Dimanche 1 novembre 2009
Bangladesh : deux morts, 100 blessés dans la pire émeute ouvrière de la crise

Au moins deux personnes ont été tuées et 100 autres blessées samedi après que la police bangladeshie eut ouvert le feu contre des milliers d’ouvriers de la confection qui protestaient contre des salaires impayés, a-t-on appris de source policière.

Il s
agit des plus graves incidents dans un conflit social depuis que la crise économique a frappé le Bangladesh.

Les deux personnes ont été tuées dans la zone industrielle de Tongi, 40 km au nord de la capitale, après qu
environ 15.000 ouvriers ont commencé à lancer des pierres sur la police qui a répliqué, selon elle, par des tirs de balles en caoutchouc.

Mais selon un responsable de l
hôpital universitaire de Dhaka, Abdul Baten, «tous les blessés ont été atteints par des tirs à balles réelles, et certains sont dans un état grave», a-t-il déclaré à lAFP.

Plusieurs policiers ont été blessés ainsi qu
une centaine de manifestants, dont neuf ont été transportés à lhôpital, selon cette source.

«Les policiers ont dû tirer des balles en caoutchouc pour disperser les ouvriers qui lançaient des pierres et des briques sur eux», a assuré l
inspecteur Shafiqul Alam, ajoutant que deux personnes ont été tuées.


Les ouvriers, qui ont érigé des barricades et incendié des véhicules, exigeaient le paiement de trois mois de salaire de la part de leur employeur, la Nippon Garments, une entreprise bangladeshie qui a fermé ses portes en invoquant la chute de son carnet de commandes.

Selon un dirigeant syndical, Montu Ghosh, la Nippon Garments avait invité les ouvriers à venir se faire payer samedi matin.

«Mais ils ont fermé l
usine dans la nuit et envoyé la police la garder. Les ouvriers sont devenus furieux en constatant que les employeurs étaient partis sans les payer.»

L
industrie de la confection, qui emploie 40% de la main-d’œuvre industrielle du pays, a rapporté 80% des 15,5 milliards de dollars dexportation du Bangladesh lan dernier.

En juin, environ 50.000 ouvriers s
étaient affrontés à la police lors de manifestations contre des salaires impayés ou réduits, faisant des dizaines de blessés.

Selon Fazlul Haque, président de l
Association des industriels et exportateurs de la confection, «les distributeurs occidentaux, qui sont nos premiers acheteurs, ont réduit leurs commandes et serré les prix. Les grandes entreprises ont pu, plus ou moins, sadapter, mais la plupart des petites et moyennes sont confrontées à une situation très difficile.»

Selon les syndicats, les entreprises ont réduit les salaires pour conserver leurs commandes face à la concurrence du Vietnam, de la Chine ou de l
Inde.

Leur presse (AFP), 31 octobre 2009.
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Jeudi 29 octobre 2009
Un état des lieux d’une grève sans-papiers à Paris

La CNT nettoyage occupe toujours l’agence d’ISS dans le 12e arrondissement de Paris, au 3 rue des Meuniers, avec le soutien de Solidaires.

Un affrontement assez
violent s’est déroulé le 26 octobre entre les grévistes et les vigiles, dans le but de les sortir du lieu occupé, dont ils entravaient l’entrée et les sorties. La police est intervenue et a embarqué deux vigiles, qui portaient des matraques, ainsi qu’un syndiqué sans-papiers de la CNT Nettoyage, Koïta Cheikné, pour une garde à vue prolongée. À l’heure qu’il est, nous attendons les informations sur les suites de l’événement.

Sur le site, le lieu est désormais totalement
aux mains des grévistes dans une ambiance calme. Mais des rumeurs de provocation à venir réclament toujours une présence nombreuse sur place. ISS a lancé un référé d’heure à heure pour l’expulsion, qui sera examiné au tribunal demain matin.

La CNT Nettoyage occupe également le siège de la société
EFFI à Argenteuil, au 3 boulevard Héloïse, depuis le 27 octobre. Pour le moment, l’occupation se déroule dans de bonnes conditions.

Tout type de soutien reste bienvenue. L’aide financière
peut être envoyé à la CNT Nettoyage au 4 rue Martinique, 75018 Paris. Le syndicat remercie les camarades qui ont déjà manifesté leur solidarité.

CNT Nettoyage, 28 octobre 2009.


Dernières nouvelles du camarade Koïta Cheikné, embarqué par les flics lors de l’expulsion des nervis de la direction dISS : ayant refusé dêtre jugé immédiatement pour pouvoir préparer sa défense, il sera maintenu en détention jusquau jour de laudience, soit le 2 décembre. Nous étudions la possibilité de faire appel de cette ordonnance du tribunal.

Par ailleurs, nous renouvelons notre appel au soutien des militants de la CNT pour l
occupation en cours au 3, rue des Meuniers, métro Porte de Charenton. Une présence sur place, notamment pendant la nuit, et une aide financière aux grévistes (…)

28 octobre.


Incidents entre sans-papiers et vigiles


Trois personnes ont été placées en garde à vue aujourd’hui pour «violences réciproques» après une altercation entre des sans-papiers grévistes occupant une entreprise du 12e arrondissement parisien et des vigiles, selon une source policière.

Ces trois personnes seraient deux des quatre vigiles présents sur place et un gréviste, selon un porte-parole des sans-papiers qui fait état de deux blessés légers parmi les grévistes. Les incidents ont eu lieu au siège de l
entreprise de nettoyage Iss-Abilis en milieu de journée, lorsque les vigiles ont tenté dempêcher un groupe de sans-papiers de rejoindre leurs camarades dans lentreprise quils occupent depuis vendredi pour exiger leur régularisation, selon ce porte-parole.

Cette occupation s
inscrit dans un ensemble dactions lancées le 13 octobre et qui rassemblait mardi 4200 sans-papiers occupant une quarantaine de sites, essentiellement en Ile-de-France : entreprises dintérim, de nettoyage, chantiers, restaurants…

Leur presse (AFP), 27 octobre.


Contre lexploitation et le mépris, les travailleurs sans-papiers en grève pour leur régularisation !

La CNT apporte tout son soutien aux travailleurs sans-papiers en lutte. Depuis quelque semaines, un mouvement de grève, à l’appel d'un front syndical et associatif large, prend de l’ampleur en région parisienne. Leur but : obtenir par la grève leur régularisation, avec la publication dune circulaire de régularisation des travailleurs sans papiers, définissant des critères améliorés, simplifiés et appliqués à l’ensemble du territoire.

Nettoyage, bâtiment, restauration… les secteurs qui profitent le plus de l
exploitation de cette main dœuvre sans droits, sont les plus touchés et des dizaines de lieux de travail sont occupés dans lindifférence médiatique.

Le syndicat du Nettoyage de la CNT est partie prenante de ce mouvement de grève. Ainsi ses syndiqués sans-papiers de la société ISS, un des leaders du secteur, sont en grève depuis mi-octobre. Ils ont occupés le 18 octobre le hall de la Cité des sciences qui sous-traite des activités à de multiples entreprises abusant du statut de leurs salariés pour mieux les réduire au silence et les priver de nombreux droits. Depuis le 23 octobre, ils occupent directement le siège de leur employeur dans le 12e arrondissement de Paris. À chaque fois ils doivent résister à une forte pression tant policière — expulsion de la Cité des sciences par les CRS et arrestation de militant le 26 octobre —, que patronale — menaces constantes des vigiles au siège d
ISS. Ils restent malgré tout plus que jamais déterminés à faire valoir leur droit !

La CNT appelle tous les travailleurs et syndicalistes à manifester leur solidarité avec la révolte des plus exploités d
entre nous. Elle appelle tous les travailleurs sans-papiers à se syndiquer et rejoindre la lutte !

CNT Nettoyage, 26 octobre.


Les travailleurs sans papiers de la société ISS (nettoyage et gardiennage) luttent pour leur régularisation

Plus de 2000 salariés sans-papiers se sont mis en grève en Ile-de-France et occupent une trentaine de sites, avec le soutien d’un front syndical et associatif élargi qui dénonce l’exploitation des travailleurs sans papiers et «l’arbitraire préfectoral» dans l’examen des dossiers de régularisation par le travail.

Après avoir occupé la Cité des sciences de Paris le dimanche 18 octobre 2009, les travailleurs de la société sous-traitante ISS, l’un des leaders du nettoyage et du «multiservices», ont investi les locaux de leur société dans le 12e arrondissement (3, rue des Meuniers). ISS, dont le siège a déjà été occupé en octobre 2008, n’a jamais respecté ses engagements, licenciant ses travailleurs sans papiers après plusieurs années d’exploitation.

Ces travailleurs-euses sont nombreux et indispensables dans certains secteurs de notre économie (bâtiment, travaux publics, nettoyage, sécurité, restauration, intérim, aide à la personne, agro-alimentaire, confection…). La plupart paient des impôts, cotisent (retraites, maladie, chômage...). Ils ne prennent le travail de personne et bien souvent l’exercent dans des conditions particulièrement pénibles, parce que sans droit.

La régularisation de tous les travailleur(euse)s sans papiers,
c’est bon pour tous les salariés !

CNT Nettoyage / Solidaires Montreuil, 26 octobre.

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Jeudi 29 octobre 2009
Des injustices bien vivantes…
… La lutte des classes n’est pas morte !


Depuis 2002, l’État sécuritaire c’est trente lois qui forgent et renforcent l’État policier. Répression généralisée, criminalisation des contestataires, judiciarisation des conflits sociaux, politique xénophobe d’immigration : à l’Intérieur ou à l’Élysée, Sarkozy et ses collaborateurs ont verrouillé le pays avec les vieilles recettes idéologiques de la Droite. L’UMP peut alors appliquer son régime de classe, en faveur des possédants contre les travailleurs, sans le moindre contre-pouvoir !

Déferlement sécuritaire : contrôle, surveillance et répression

D’abord quelques exemples, concernant dix des textes ayant participé de cette dérive consommée :
LOPSI 1 (2002) : généralisation des flash-balls, accès policiers aux fichiers informatiques avec possibilité de croisements.
Perben 1 (2002) : extension des comparutions immédiates et détentions provisoires à partir de 13 ans, création de centres éducatifs fermés, abolition de la loi sur la «présomption d’innocence».
LSI (2003) : politique d’incarcération, allongement des peines existantes et création de nouveaux délits (racolage, halls d’immeuble, outrage à l’hymne et au drapeau, etc.).
Perben 2 (2004) : pose de micros et caméras dans les domiciles, infiltration policières, perquisition de nuit, allongement des gardes à vues à 4 jours (même pour les mineurs), aggravation des peines pour délits en «bande organisée » (notion floue).
Antirécidive (2005) : aggravation des lois précédentes, restriction du pouvoir des juges, prison obligatoire, limitation du sursis avec mise à l’épreuve et des réductions de peine.
Antiterrorisme (2006) : multiplication de la vidéosurveillance, accès des sections antiterroristes aux données privées et à l’ensemble des fichiers, augmentation des contrôles d’identité, fichage automatisé avec croisement de ceux existants, extension des actes concernés, alourdissement des peines et allongement des gardes à vues.
«Prévention de la délinquance» (2007) : pouvoirs policiers accrus pour les maires, création de nouveaux fichiers et délits (embuscade, guet-apens), aggravation des peines pour rébellion.
Antirécidive (2007) : peines planchers, systématisation des incarcérations.
«Rétention de sûreté» (2008) : enfermement hors décision judiciaire après l’exécution d’une peine supérieure à 15 ans, par un comité scientifique évaluant le pré-crime.
Décret anticagoules (2009) : interdiction de dissimuler son visage dans ou autour d’une manifestation, pour permettre le fichage et la reconnaissance biométrique.

Plus qu’un traitement de la délinquance ou du sentiment d’insécurité, cette accumulation sécuritaire a aussi instauré la présomption de culpabilité où chaque citoyen est un suspect à surveiller et à contrôler. Surtout pour les contestataires qui s’opposent, les syndicalistes qui agissent, les travailleurs qui luttent, ou les altermondialistes qui fauchent de l’OGM. «Dormez braves gens» : l’État-patronal protége les belles vitrines du capitalisme. Une trentaine de lois sécuritaires, donc, qui n’empêchent pourtant pas Hortefeux d’en demander toujours plus.

Car bien qu’incomplète, la liste précédente ne s’arrête malheureusement pas là. Le dimanche 18 octobre, Sarkozy et Hortefeux valident par décret deux nouveaux fichiers policiers (+70% en trois ans de leur nombre !). Après «Edvige», l’un d’eux veut ficher dès 13 ans les membres de «bandes» et «groupuscules subversifs» selon des critères géographiques, avec possibilité de recueillir les appartenances ou activités politiques, philosophiques, religieuses et syndicales. Le pré-crime par la pensée, les délits d’opinion et de fréquentations s’installent !

De nouveaux textes sont également en préparation :
Loi «contre les violences de groupes» : réactivation de la «loi anticasseurs» (1970, abolie en 1981) avec condamnation d’appartenance et «responsabilité pénale collective». Les cibles sont les banlieusards, les altermondialistes, les syndicalistes et les manifestants.
LOPSI 2 : renforcement des outils policiers et durcissement des mesures contre les «violences collectives».
Énième «réforme de la justice des mineurs» accentuant encore le répressif, suppression du juge d’instruction avec transmission du pouvoir aux procureurs sous l’autorité du ministère…

Des grognes sociales aux frondes contestataires

Le «gouvernement de la peur» veille et surveille. Mais l’escalade répressive est aussi forte que la montée quotidienne des colères sociales. Pas de mystère : le sécuritaire est le bras armé du Capital comme de la politique qui le sert. Car le ras-le-bol s’étend et concerne en effet bon nombre de catégories, des classes les plus pauvres aux classes moyennes, parmi les salariés et les chômeurs dont les combats se radicalisent souvent ou disparaissent devant l’autisme d’un Pouvoir tout-puissant.

Derrière le vingt-cinquième drame de France Télécom (privatisation et management par le stress) c’est un suicide tous les deux jours qui est lié au salariat. Des conditions de vie et de travail dégradées et aliénantes, un chômage de masse et les licenciements qui explosent, des salaires et indemnisations en baisse, le tout allant du déclassement à la paupérisation : les travailleurs sont saignés jusqu’à l’indécence. Le système par répartition et les services publics sont brisés à coup de «réformes», d’assèchement économique et de «guerre d’usure». Pendant qu’une poignée en haut de la pyramide s’en met plein les poches : bonus records pour traders, indemnités chapeaux pour banquiers, bénéfices colossaux pour la finance et les multinationales, royalties exceptionnelles pour grands patrons, exonérations de cotisations et subventions massives pour entreprises, niches et boucliers fiscaux pour privilégiés… Le refrain se répète et s’aggrave, mais ce n’est pourtant que l’urgence d’un constat.

Les profondes inégalités sociales creusées depuis bientôt 40 ans sont aujourd’hui des «tranchées de classe», avec des miradors policiers pour protéger les puissants des révoltes populaires. Les conflits sociaux se multiplient inévitablement et se durcissent devant le cri des injustices, du public au privé, des ouvriers aux cadres, des jeunes aux plus âgés. Hommes et femmes d’horizons divers étant violemment touchés par l’accaparation bourgeoise des richesses, face à la cohérence d’une logique capitaliste qui détruit la planète autant que l’humain.

Alors à tous les orphelins d’Utopie, aux travailleurs désespérés par l’avenir et aux résistants qui s’organisent dans le désert médiatique : c’est ensemble fédérés que nous gardons le seul espoir de renverser les pouvoirs qui nous oppriment ! De façon autogérée et solidaire, anti-autoritaire et libertaire : il est plus que temps pour les prolétaires de se rassembler et de passer à l’action.
— Rejoignez les organisations, associations et syndicats qui luttent ;
Reconstruisons ensemble les liens sociaux perdus et les armes égalitaires de la Solidarité ;
Réinvestissons sans hiérarchie nos lieux de vie et de travail, occupons les rues et les bâtiments stratégiques, et inventons collectivement la société émancipée de demain.

Puisque nos existences nous appartiennent,
demain est notre affaire à tous.

CNT Besançon, 29 octobre 2009.

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Mercredi 28 octobre 2009

Une grande majorité des habitants de Lons et des communes environnantes n’a pas reçu de courrier, hier.

Les facteurs du secteur étaient en grève à l
appel de SUD, de la CGT et de la CFDT pour dénoncer leurs «mauvaises conditions de travail». Selon les syndicalistes, les tensions proviennent «de la pression exercée par lencadrement et du travail supplémentaire» quon leur demande. Dans le même temps, ils soulignent «un manque de moyens» qui rend problématique «les remplacements en cas dabsence».


D
après les grévistes, 95% de la cinquantaine de facteurs du cru avaient cessé le travail. Seules trois tournées sur quarante-quatre auraient été assurées. Quatre selon la direction qui comptabilise, elle, 64% de personnel en grève. «Tous les courriers aux entreprises ont été distribués ainsi que les boîtes postales», a-t-elle encore précisé.

Des négociations ont eu lieu dans la matinée avec le directeur général du courrier qui devraient déboucher sur des propositions. Ces dernières seront soumises ce matin aux facteurs qui décideront de l
éventuelle poursuite du mouvement.

Leur presse (Le Progrès), 27 octobre 2009.
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Mardi 27 octobre 2009

La CNT apporte son soutien plein et entier à ses syndicats et sections d’entreprise, ainsi qu’aux syndicats et sections de base des autres confédérations, qui combattent au plus près, sur le terrain économique et social, le capitalisme et son cortège de misère et d’injustice.

Plus particulièrement, au syndicat Interco 76 et sa section d’entreprise du fabriquant de meuble Interior’s, où nos camarades luttent contre un plan de destruction de l’emploi. Licenciements très ciblés, car ceux-ci visent principalement les ateliers, cœur historique de la présence de la CNT dans l’entreprise.

Notre confédération apporte son soutien fraternel aux salariés et camarades de Wolters Kluwer France (Lamy, Liaisons, etc.), eux aussi victimes de la gestion destructrice du patronat de cet éditeur de droit social qui n’a de social que le nom. La section locale du syndicat de la presse et des médias récemment créée et déjà représentative y lutte avec détermination dans le cadre d’une intersyndicale contre des licenciements boursiers et la vision financière à court terme de la direction : «la régulation et la moralisation du capitalisme financier» tant invoquée par nos gouvernants ne sont bien encore une fois qu’un leurre.

La CNT salue également le courage des travailleurs sans-papiers, dont nos compagnons du syndicat CNT nettoyage de la région parisienne, qui sont entrés dans leur deuxième semaine de grève et d’occupations pour obtenir leur régularisation et des conditions de travail dignes pour toutes et tous.

La CNT condamne aussi au quotidien le harcèlement moral érigé en modèle de gestion des entreprises et dont l’extrême violence peut mener à la mort : chez Thales, à Châteaubourg, un de nos camarades tirait la sonnette d’alarme sans relâche au sein du CHSCT quant à l’augmentation des risques psychosociaux. Vendredi 23 octobre, Michèle, mise au placard depuis des mois après avoir été mise en avant comme exemple de réussite d’une femme, s’est donné la mort. Dans le privé, chez France Télécom et partout, la souffrance au travail est intolérable. Et le gouvernement tergiverse encore, «menaçant» les entreprises qui ne négocieraient pas un accord sur le stress au travail de … donner leur nom. Encore une fois une non-mesure qui vise à exonérer le patronat de ses responsabilités.

De plus, la CNT dénonce vivement la stratégie de la tension orchestrée par le gouvernement ainsi que la répression d’État qui s’abat contre certains manifestants. Nous pensons à nos camarades de l’Union locale des syndicats CNT de Poitiers, victimes de la parodie de justice que sont les comparutions immédiates et autres tribunaux d’exception.

Notre organisation appelle ses adhérents à faire preuve de la plus grande solidarité envers tous ces camarades. Un coup porté contre l’un d’entre nous est un coup porté contre nous tous !

La CNT dénonce de même la mise en scène médiatique et le populisme du gouvernement autour d’évènements répressifs plus ou moins orchestrés avec les forces de police en vue de légitimer sans cesse de nouvelles dispositions législatives toujours plus liberticides pour la population et les militants : création des fichiers de police du 16/10/09 par décret, interdiction des fumigènes, de la cagoule, etc.

Que ce soit dans les entreprises, publiques comme privées, ou les quartiers, la CNT œuvre et milite pour en finir avec ce système économique inégalitaire et l’ordre social en place. La CNT répondra à l’indécence capitaliste par la lutte !

Pour la fin de la course au profit sur le dos des travailleurs, pour la redistribution des richesses, la CNT travaille à la construction d’un syndicalisme anticapitaliste et anti-autoritaire, pour la transformation révolutionnaire de cette société. Si nous ne détruisons pas le capitalisme, c’est lui qui nous détruira !

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Samedi 24 octobre 2009

Ce qui est bien avec les jaunes, c’est qu’ils ont toujours l’aval du patron, c’est normal, c’est un échange de bons procédés. Le jaune est contre la lutte des classes et il ventile les informations du patron pour mieux tromper le travailleur. Le patron conseille et les carpettes s’allongent. Elles communiquent les «vérités» du patron. Ce n’est pas radio Londres, c’est radio Corbeau. La caractéristique du jaune c’est qu’il n’est jamais visé par un plan de licenciement et il fait croire qu’il se sent touché par le licenciement des autres. Il a la larme à l’œil, l’hypocrite, le larbin ! La jaunisse attaque toujours les syndicalistes qui font leur boulot quitte à les calomnier, le patron les remerciera en temps et en heure. Parfois, il suffit juste d’une caresse comme pour les bons toutous. Le jaune s’abrite derrière les réunions institutionnelles où il oublie les propos tenus en aparté, ce qui lui permet de se dédouaner à bon compte et d’accuser les autres de manipulation… Le jaune a une chance extraordinaire. Il peut rédiger sur son temps de travail un tract attaquant les syndicalistes en utilisant le matériel de reprographie du patron et distiller le jour même son venin. Le syndicaliste, lui, cotise au syndicat sur ses maigres ressources afin d’équiper son syndicat (ramettes de papier, duplicopieur…) et être indépendant. C’est sa fierté à lui. Et l’indépendance et la fierté, ça ne se monnaie pas.
CNT 76, 17 octobre 2009.
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Jeudi 22 octobre 2009
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Mardi 20 octobre 2009
Plan social chez Interior’s : Pour la CNT, c’est zéro licenciement et le maintien de la représentation syndicale dans l’entreprise !

En annonçant au personnel du siège social le licenciement de 33 salariés de l’entreprise sur 450, la direction, prenant prétexte de la crise économique, affute ses arguments et présente cette mesure comme un moindre mal : il faut penser à la pérennité de lentreprise… Interiors comme bon nombre dentreprises se met à lheure dun projet de licenciement collectif pour motif économique. La CNT, qui défend toutes les catégories de salariés, na pas la même analyse que la direction, bien entendu.

Tout d
abord, cette direction minimise le pourcentage de licenciés pour faire avaler la pilulle : le licenciement concerne 7,3% du personnel. Sachant que les salariés des magasins ne seront pas touchés, nous devons donc tabler sur un licenciement de 33 salariés sur 177 salariés du siège social, soit 18,6% de licenciés au Havre. Et si nous affinons lanalyse, nous constatons que cest le secteur des ateliers qui est le plus touché ; la direction veut licencier 24% du personnel des ateliers. Sachant que la majorité des syndiqués de la CNT se trouve dans les ateliers, et seule la CNT est présente comme syndicat au siège social du Havre, nous sommes plus que troublés. La direction dInteriors propose par ailleurs un système de critères pour fixer lordre des licenciements. Des critères habituels mais un critère supplémentaire qui nous interpelle, celui des qualités professionnelles :
— Plus cinq points par compétence supplémentaire ( à la tête du client ?) ;
— Moins deux points pour un avertissement de moins de trois ans ;
— Moins cinq points par mise à pied de moins de trois ans.

Ce sont chez Interior
s les critères des qualités professionnelles ! Quand on sait que les avertissements et les mises à pied concernent ceux qui ne courbent pas léchine, on voit tout de suite le public visé : cest surtout celui des syndicalistes. Le délégué syndical syndical de la CNT na-t-il pas eu une mise à pied de trois jours pour un motif futile juste après avoir défendu une secrétaire pour un problème de harcèlement au travail ? En réalité la direction entend faire dune pierre deux coups en provoquant un plan social : baisser le volume de la masse salariale et liquider le syndicat dans lentreprise. Nous ne sommes pas dupes de la manœuvre. Noublions pas que les élections professionnelles se dérouleront en mars 2010. Quelle aubaine si les éléments moteurs du syndicat ne pouvaient se présenter ! Plus de délégué syndical de la CNT pour assister et défendre les salariés… Plus délus de la CNT pour interpeller linspection du Travail… Que des candidats «indépendants» dont on apprécie les réactions aujourdhui !

Les élus de la CNT au Comité d
’entreprise ont proposé de nommer un expert comptable pour vérifier les comptes de lentreprise pour voir si la situation était si mauvaise que cela sur le plan économique. Les candidats «sans étiquette syndicale», dits candidats libres, ont refusé arguant du coût de lexpert comptable. La CNT en fut très étonnée. Nous espérons que les salariés dInteriors sauront sen souvenir.

Sur le plan économique, la direction table sur une reprise des ventes puisque aucun magasin ne fermera. Et c
est tant mieux pour les personnels concernés. Pour autant, ce sont les loyers des magasins qui grèvent le budget de lentreprise et lappréciation des difficultés économiques de lentreprise doit être globale. Ne pas utiliser uniquement comme seule variable dajustement, les bas salaires. La CNT est par ailleurs étonnée quaucun licenciement de cadres ne soit prononcé (tant mieux pour eux parce que la CNT est contre tout licenciement, mais nous raisonnons ici de manière globale). Seuls les salaires des ouvriers et des employés grèveraient le budget de la société ? Sil faut faire des économies, nous suggérons à la direction dappliquer à la lettre le droit du travail, ça lui éviterait davoir à payer régulièrement des indemnités aux Prudhommes. Interiors na-t-elle pas été condamnée à payer à une de ses anciennes salariées la somme de 50.000 euros à titre de dommages intérêts réparant la violation du droit à repos dominical et deux mille euros au titre de larticle 700 du code de procédure civile ?… Et on pourrait multiplier les exemples de sommes versées en procédures diverses et variées y compris les sommes dépensées pour éviter davoir un syndicat comme la CNT dans lentreprise… Nous pourrions parler des séminaires…

La CNT, dans un contexte aigu de chômage, ne se fait aucune illusion sur le système des reclassements. Si c
est pour trouver un travail précaire, les licenciés nauront pas besoin de cellule de reclassement, miroir aux alouettes des temps modernes. De surcroît, en licenciant les personnels qui sont les moins qualifiés comme les manutentionnaires, la direction condamne ces personnes à un chômage de longue durée si ce nest éternel, dans une localité havraise gangrénée par un chômage chronique depuis des années.

Pendant de nombreuses années, la société Interior
s, cette success story comme la qualifiait la presse locale, a engrangé de gros bénéfices. La CNT ne sen fait pas pour lavenir des patrons de lentreprise qui nont pas mis leurs œufs dans le même panier ; cest pourquoi notre syndicat exige quaucun salarié ne soit sacrifié sur lautel des profits. Que la direction diminue ses marges en attendant que les affaires reprennent. Elle ne crèvera pas de faim contrairement aux licenciés qui ne sont que très peu qualifiés pour certains et qui ne retrouveront pas de travail sitôt… Les salariés des magasins doivent aussi se sentir partie prenante dans ce conflit social car leur tour viendra après si la direction estime que les profits ne sont plus suffisants…

La CNT mobilisera les salariés et interviendra auprès de la Direction départementale du Travail pour éviter tout licenciement. D
autres solutions doivent être envisagées ! Interiors a de la réserve financière, donc pas de licenciement !

Section syndicale Interior’s, 17 octobre 2009.
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Lundi 19 octobre 2009
Mouvement ouvrier et luttes des femmes en Iran aujourd’hui

Au mois de juin 2009, le peuple d’Iran est descendu dans les rues contre le régime islamique. Le monde entier a été témoin à la fois des manifestations et protestations de masse du peuple d’Iran et des crimes de la République islamique d’Iran. Bien que la révolte du peuple d’Iran ne fasse plus la Une des actualités, la lutte continue.
Ainsi, le 18 septembre, la journée d’Al Qods, journée instaurée par le régime, s’est transformée en une nouvelle journée de protestation contre le régime, avec des dizaines de milliers de manifestant(e)s à Téhéran, Ispahan, Tabriz, Machhad et ailleurs.
La rentrée universitaire des 28 et 29 septembre a été l’occasion de nouvelles manifestations étudiantes et cela malgré la terreur que font régner les forces de répression du régime et ses milices comme celle du Bassidj, les arrestations, les tortures et viols en prison, les assassinats dans les rues et les procès-spectacles.

Face à un régime misogyne, où les discriminations sexistes sont inscrites dans tous les aspects de la législation et de la société, les femmes sont aux premiers rangs des manifestations, des protestations et même des affrontements avec les forces de répression. Celles que la République islamique a toujours considérées comme des «demi-humains» se lèvent pour mettre fin à trente ans d’apartheid sexiste, de voile obligatoire, d’oppression et de discriminations.

Depuis trente ans aussi, la violence de la République islamique se dirige contre les travailleurs et en particulier contre le mouvement ouvrier organisé. Malgré l’interdiction de constituer des syndicats libres, l’absence du droit de grève et d’organisation, les travailleurs d’Iran s’organisent dans des syndicats clandestins. Le 1er Mai 2009, ce sont des milliers de travailleurs qui se sont rassemblés au Parc Laleh de Téhéran sur la base d’une plate-forme revendicative signée de dix organisations ouvrières, et réclamant la fin des contrats précaires et des licenciements, le paiement des salaires et leur augmentation, les libertés syndicales et le droit de grève, mais aussi la fin des discriminations contre les femmes et contre les réfugiés afghans. Plus de 150 manifestant(e)s ont été arrêté(e)s à cette occasion.

La répression contre la manifestation du 1er Mai n’est pas un fait isolé. L’exemple le plus célèbre est celui du syndicat des travailleurs de la Compagnie de bus de Téhéran et banlieue, dont le dirigeant, Mansour Ossanlou, est à nouveau emprisonné depuis juillet 2007. Farzad Kamangar, syndicaliste enseignant de nationalité kurde, a lui été arrêté en 2006 et condamné à mort le 25 février 2008 pour «morabeh» («crime contre Dieu»). En août 2009, trois militants ouvriers qui avaient participé à la manifestation du 1er Mai 2009 à Sanandaj, ont été condamnés à 6 mois de prison et à 40 coups de fouets. Ces quelques exemples montrent la brutalité avec laquelle la République islamique d’Iran réprime le mouvement ouvrier et syndical.

Mais malgré la violence de la répression, les ouvriers d’Iran continuent de lutter pour une vie meilleure. Ainsi, ces dernières semaines, on a noté des protestations ouvrières dans plusieurs usines comme à Haft Tapeh (production de sucre) au Khuzestan, dans le textile à Kermanshah, à l’usine Zagros (automobile) de Borurjerd, dans les transports en commun à Khorramshar, etc.

Pour discuter de la situation du mouvement ouvrier
et des luttes des femmes aujourd’hui en Iran
Réunion publique lundi 26 octobre à 20 heures
à la librairie L’Autodidacte, 5 rue Marulaz (Besançon)

avec Mahchid Modjaverian, réfugiée iranienne
militante de l’Organisation de femmes du 8 Mars (Iran-Afghanistan)
et de la CGT Transport, membre du comité Iran de la CGT

Organisée par CGT ADDSEA, FSU et SUD Éducation, 10 octobre 2009.
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