Mercredi 26 novembre 2008
Les personnels de l’ANPE et de l’ASSEDIC en ont marre d’être méprisés, sous-payés, sur-chargés, contrôlés,
déqualifiés, sous-équipés, préssurés, sous-informés, manipulés, privatisés, délocalisés (bientôt)…
Le tout pour devenir une officine à la solde du patronat, chargée de faire accepter, à nos concitoyens, à nos
proches et à nous-mêmes, des salaires de misère et des conditions de travail indécentes.
À quand les mutations sur la Plateforme de Service Téléphonique de Pékin, en
contrat local ?
À quand les commissariats du chômage ouverts le dimanche ?
Le moment est venu d’exiger :
— L’augmentation immédiate des salaires pour les personnels ANPE et ASSEDIC,
— La titularisation de tous les précaires sans condition,
— L’abrogation des lois répressives contre les chômeurs,
— L’augmentation des minima sociaux,
— Des conditions d’accueil et de travail dignes d’un service public d’utilité sociale, qu’en qualité de contribuables,
salariés et usagers, nous construisons et faisons vivre.
La CNT invite les personnels de l’ANPE, de l’ASSEDIC et les chômeurs à se mobiliser et à participer aux actions
syndicales à venir.
En lutte maintenant,
En grève dès le 1er décembre 2008 !
Une manifestation est prévue à Paris à 10h00 Bastille-Bercy (ministère).
Dimanche 16 novembre 2008
Maintenant que la plupart des personnels de l’ANPE et de l’ASSEDIC ont compris :
— Qu’ils n’ont rien à négocier donc à gagner dans la nouvelle institution (ni en termes
de salaire, de promotion ou de conditions de travail),
— Que la déontologie et les missions du SPE s’orientent uniquement vers le contrôle des demandeurs
d’emploi qui n’ont plus que des devoirs et des obligations,
— Que le SMP réinvente le pointage physique 25 ans après son abandon,
— Que les conditions de travail et d’accueil ne vont qu’empirer et nous déqualifier (notamment
avec le déploiement des PST),
— Que la lutte des places fera des dégâts collatéraux dans l’encadrement,
— Que les rappels à la règle réguliers du DRA IDF, sur la diffusion des documents syndicaux, en disent plus long sur
l’avenir
qu’on nous
réserve, que toute la propagande officielle.
— Que l’État ne trouvera pas 1,5 milliards d’euros pour l’emploi alors qu’il débourse cash 10 milliards pour les
banques et augmente le budget des OPP,
— Que les solutions du gouvernement se résument toujours à accroître la précarité et à faire baisser
les salaires,
— Que le paritarisme et le dialogue social ont trouvé leurs limites en s’engluant dans des négociations de dupes,
au lieu de déclencher une mobilisation des salariés du SPE et usagers à partir du terrain,
— Que la fusion s’avère n’être qu’une vaste esbroufe de communication creuse et aux desseins peu
avouables,
— Qu’en définitive, la fusion ANPE-ASSEDIC ne sera que le mariage du chômage et de la misère.
Ne serait-il pas temps d’envisager une riposte unitaire, en plus d’une résistance quotidienne aux régressions sociales qui se dessinent, tant pour les personnels du Service public de
l’Emploi que pour
les chômeurs ?
La grève, on la commande au Père Noël
ou on l’organise
en assemblée souveraine des salariés ?
Dimanche 16 novembre 2008
Depuis la mi-octobre, nous nous amuserions presque de voir avec quelle énergie le gouvernement revient (en
surface seulement) sur les politiques libérales qu’il a imposées à marche forcée. Le secrétaire à l’emploi L. Wauquier annonce une relance des contrats aidés (380.000 en 2008) alors qu’on
prévoyait de ramener ce chiffre à 230.000… Aucun recul des politiques régressives et antisociales n’est envisagé. Au contraire !
Sublime hypocrisie aussi, la critique du système de formation qui n’aurait pas bien fonctionné alors que depuis des années on torpille l’accès à la formation et qu’on s’escrime à tordre le coup
de l’AFPA (quand on veut abattre son chien…).
Alors pourquoi, selon Dominique-Jean Chertier (président du CA de la nouvelle institution), la fusion ANPE-ASSEDIC sera efficace : «Nous aurons l’an prochain à peu près le même nombre
d’emplois. Avec les
référents et les entretiens uniques, nous allons faire des gains de productivité importants permettant d’améliorer le service rendu» ou alors «Mais je suis persuadé que la fusion va
occasionner rapidement des gains d’efficience» ?
Maintenant voilà donc le nouveau «plan emploi» du président de la République qui confirme les orientations citées précédemment en y introduisant encore des mesures de précarisation (CDD
assouplis et travail le dimanche) et évidemment brandit l’arme suprême contre le chômage : le guichet-référent-contrôleur unique ! C’est magique on vous dit ! Ils en sont sûrs
les gars. Donc c’est efficace parce que ça renforce l’efficacité. CQFD !
Pas étonnant donc, que l’ANPE ne soit pas exempte d’injonctions paradoxales de même type, ni d’y ressentir un éloignement de plus en plus patent entre les objectifs portés par les
ELP et le travail des conseillers, qui conduit à des situations aberrantes. Ainsi nous constatons au travers des circulaires internes ou des recommandations managériales de plus en plus de
dérives : un AEP qui ne veut pas enregistrer un entretien avec un DE car «pas dans la fenêtre de tir» et donc ne compte pas dans les indicateurs, bien que l’entretien soit effectif ; une agence qui
note dans ses dispositions particulières que les DE ne doivent pas avoir d’entretiens d’embauche le jour de leur RDV SMP…
Au regard des axes de formatage prévus pour les personnels (surtout ANPE) de la nouvelle institution, il est clair que les changements de métiers impliquent un changement de mission et surtout de
déontologie. De plus, la teneur du programme de formation prévue atteste de la volonté de voir disparaître la notion de conseil au profit de celle de contrôle. Le Référent Unique aura à sa main
tous les outils pour contraindre et sanctionner le demandeur d’emploi, d’office présumé coupable de fraude ou de fainéantise.
Comment dans ses conditions pouvoir espérer une quelconque augmentation de salaire, pour un professionnel dont la mission principale sera de faire baisser les prétentions salariales et
faire accepter un maximum de flexibilité, au regard des nouveaux codes de radiation et règles d’actualisation du PPAE ? «Exploitation bien assumée commence par soi-même», nous
rétorquera-t-on bientôt !
La crise qui secoue l’économie mondiale reste une aubaine pour les tenants de l’ultra libéralisme qui s’empressent de casser le service public au nom des économies budgétaires, de licencier
en prévision des éventuels déficits des actionnaires, d’imposer toujours plus la précarité (CDD, Contrats aidés…) et la baisse des prétentions salariales. On débourse cash 10
milliards d’euros
pour six banques françaises et on couvre leurs boursicotages toxiques à hauteur de 320 milliards. Mais pour trouver 1,5 milliards pour le service public de l’emploi… surtout quand on augmente les lignes
budgétaires destinées aux Opérateurs Privés de Placement ?
Dans un tel contexte, quel avenir pour les usagers
et les personnels du service public de l’emploi ?