Chômage et précarité

Vendredi 27 novembre 2009
Morlaix (29) : La mairie occupée par le comité de chômeurs

Depuis 17 heures, le comité de chômeurs et solidaires occupe la mairie de Morlaix. Une vingtaine de personnes protestent ainsi contre «l’injustice sociale banalisée et généralisée».

D’autres actions de ce type ont également lieu à Lannion, Rennes et Quimper. Ce mouvement
s’inscrit dans le cadre des marches régionales qui ont lieu un peu partout en France depuis le 20 novembre et jusqu’au 5 décembre. Des marches organisées pour protester contre le chômage, les licenciements et les précarités.

Leur presse (Le Télégramme), 27 novembre 2009.



Le comité de chômeurs et solidaires occupe la mairie de Morlaix

Ils sont une vingtaine à avoir investi le hall de la mairie pour y porter leurs revendications. Le comité de chômeurs et solidaires MNCP, rejoint par des militants de Brest et des membres de partis de gauche, se disent «prêts à passer la nuit» dans le bâtiment. «Un lieu public qui appartient à tout le monde.»

Ils indiquent vouloir ainsi exprimer leur «colère face à l’injustice sociale banalisée et généralisée». Les revendications, portant sur la précarité, sont les mêmes que celles exprimées à Brest, où une action similaire a lieu depuis vendredi dernier. D’autres mouvements se sont déclenchés à Lannion, Rennes et Quimper.

À Morlaix, les militants ont rencontré John Enot, directeur général des services, qui pour l’heure n’entend pas laisser l’action se prolonger au-delà des horaires d’ouverture au public. Pour «une question de droit et de méthode».

L’action s’inscrit dans le cadre des marches régionales qui ont lieu un peu partout en France depuis le 20 novembre (jusqu’au 5 décembre). Une distribution de tracts sur le marché est prévue samedi matin.

Leur presse (Ouest-France), 27 novembre.
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Vendredi 27 novembre 2009

Le mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes occupe la mairie de Rennes depuis ce matin.

Dès 10 heures une quarantaine de chômeurs et précaires a occupé un Pôle emploi pour dénoncer la délation pratiquée par les Pôle emploi avec la mise en place de «la lampe bleue». Devant le nombre conséquent de personnes, la direction de l’agence a annulé les rendez vous et empêché l
accueil des chômeurs.

À la suite de cette action nous nous sommes dirigés vers la mairie pour l
occuper et nous nous sommes installés dans le hall de la mairie, façade gauche.

Comme le mouvement brestois, nous comptons y rester. Nous appelons le maximum de personnes à nous rejoindre et à occuper les bâtiments publics et mairies de toutes les villes de France. Nous risquons dêtre expulsés à 18 heures, venez nombreux.

MCPL Rennes, 27 novembre 2009.



Chômeurs et précaires évacués du hall de la mairie

Ce vendredi matin, une trentaine de «chômeurs précaires en lutte» (MCPL) ont commencé à investir le hall nord de la mairie Rennes. Et ce, jusqu’à 13h30. Après une négociation avec l’élue de permanence, ceux-ci ont ensuite occupé le hall sud.

Décidés à une occupation durable, ils ont alors appelé le plus grand monde de personnes à venir les rejoindre vers 18 heures. C’en était trop pour les élus municipaux qui ont fait appel aux forces de l’ordre. À 16 heures, une trentaine de policiers sont donc intervenus pour faire évacuer les lieux. L’opération a duré moins de cinq minutes.

L’objectif des membres du MCPL était de dénoncer l’emploi des lampes UV par les services de Pôle emploi. Ces lampes sont destinées à vérifier la validité des papiers d’identité des chômeurs. Officiellement, pour éviter toute fraude. Pour le MCPL, ce dispositif permet à Pole emploi «de participer à la chasse aux sans-papiers».
Leur presse (Ouest-France), 27 novembre.
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Mercredi 25 novembre 2009

La désastreuse fusion des ASSEDICS et de l’ANPE a entraîné une surenchère de contrôles humiliants, de mépris (ah les joies du 39 49...) et de radiations. Le refus de l’accompagnement contraint des chômeurs vers l’emploi «raisonnable», c’est-à-dire sous-payé et non choisi, à coups de convocations mensuelles imposées et de menaces n’était d’ailleurs pas pour rien dans les grèves de salariés de Pôle Emploi eux aussi soumis aux contraintes du contrôle de gestion. L’instauration du RSA quant à elle, loin d’encourager les travailleurs pauvres à intégrer ce dispositif qui leur est destiné, s’est traduit par une réticence prononcée à entrer dans cet engrenage du flicage.

Ces deux mesures sociales sont accompagnées d’une inflation des discours sur la «mobilisation» des précaires : la glorification de la «valeur travail» aux relents pétainistes conjuguée aux techniques de management et de coaching seraient censées motiver tous ceux qui semblent dubitatifs face aux bienfaits de l’emploi. Des stages, des formations bidon, des «accompagnements» intensifs sous-traités à des boîtes privés se faisant du pognon sur le dos des précaires viennent rappeler au futur travailleur heureux qu’il faut être actif et impliqué même dans un boulot de merde et sous-payé. Et pour bien d’autres, c’est la course au cachet, sans cesse recommencée et le piège du statut d’auto-entrepreneur, l’auto-exploitation, la faillite et l’endettement pour perspectives.

Parmi les millions d’inscrits à Pôle Emploi, plus de la moitié ne perçoivent pas d’allocations. Des millions de «découragés» se débrouillent avec des expédients divers et préfèrent éviter les sinistres locaux aseptisés de Pôle Emploi et leurs agents au bord de la crise de nerfs. On parle de plus de 8 millions de salariés pauvres, dont une très large majorité des femmes, vivant avec des revenus dérisoires et confrontés à des conditions de travail dégradantes. Dans ce contexte, les conditions de logement de millions de personnes continuent à être désastreuses. La pression sur les sans-papiers condamnés à des boulots encore plus sous-payés que d’autres et à la peur s’accroît. Entretemps les gouvernants gouvernent et les capitalistes capitalisent. Le vol de nourriture explose, nous dit-on, dans les supermarchés. Appelons ça auto-défense sociale.

C’est contre la misère et le flicage de la misère que des sans-papiers se mettent en grève, que des précaires, des mal-logés s’organisent et agissent en menant des actions dans les Pôle Emploi et les CAF, en faisant des auto-réductions dans des supermarchés, en occupant des maisons vides.

Des marches de chômeurs et précaires ont commencé dans une quinzaine de villes ; à Brest la mairie est occupée depuis vendredi 20 novembre et devient un lieu de regroupement pour ceux qui décident de sortir de l’isolement et de lutter.

Samedi 5 décembre une manifestation nationale aura lieu à Rennes, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Marseille et Paris. Avant et après, intensifions les luttes de tous les précaires.

Exigeons dès maintenant :
-  Le relèvement massif des minima sociaux, pas d’allocation en dessous du SMIC,
-  La suppression de l’«offre raisonnable d’emploi» et du suivi mensuel obligatoire,
-  La suppression du 3949 et le rétablissement de l’accueil au guichet,
-  La liberté d’établir ou non un contrat d’insertion avec des contenus décidés par les allocataires eux-mêmes.
Manifestation contre le chômage, la précarité, pour de nouveaux droits
Samedi 5 décembre à 14h, place Stalingrad à Paris


Multiplions les actions avant et après le 5 décembre, et retrouvons-nous
-  Mercredi 25 nov à 15h à Asnières, Métro Courtilles, ligne 13,
-  Mercredi 2 décembre à 11h place du Châtelet,
-  Samedi 28 à 16h, 14 quai de Charente (M° Corentin Cariou), une rencontre pour préparer ensemble la manifestation du 5 décembre.





Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :
Permanence CAP
Accueil et informations sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle
Lundi de 15h à 18h
Envoyez questions détaillées, remarques, analyses
Permanences précarité
Lundi de 15h à 17h30
Adressez témoignages, analyses, questions, récits d’action, infos utiles
À la Coordination des intermittents et précaires
14 quai de Charente, Paris 19e
Métro Corentin Cariou, ligne 7
Tél. 01 40 34 59 74
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Mercredi 25 novembre 2009

Licenciements, augmentation de la pauvreté, dislocation du service public. La situation sociale est sous tension mais la situation politique est amorphe : aucune journée de grève depuis des mois, peu de mouvements de contestation depuis la rentrée. Voilà plusieurs mois que nous avons commencé à nous organiser, nous, chômeurs, salariés et étudiants contre le mépris que nous subissons. Les diffusions de textes, les occupations et les décontaminations de Pôle Emploi se sont succédées en Bretagne et ailleurs. Et là, interviennent des marches régionales contre le chômage, la précarité et les licenciements au milieu de l'autonme, sous la pluie bretonne et dans la grisaille sociale. La marche bretonne ponctuée d'actions, s'étale sur deux semaines : du 20 au 24 à Brest, du 25 au 26 à Morlaix, du 26 au 28 à Lannion, puis Quimper, Saint-Brieuc la deuxième semaine, pour finir le 5 décembre à Rennes par une manifestation régionale.

Appel à occupation ! À Brest, la manifestation du vendredi 20 novembre s'est conclue par l'occupation de la mairie. Cette occupation est intervenue le jour du départ des marches régionales. L'occupation a commencé par une intervention à un colloque organisé à la mairie autour des «questions d'habitat, les acteurs de l'immobilier dans l'agglomération brestoise». Nous nous sommes rendus à plusieurs dizaines à la tribune pour arracher une prise de parole. Nous avons exprimé notre sentiment de révolte envers les décideurs politiques, les techniciens et les gestionnaires du logement. Ainsi, nous avons élu domicile à l'Hôtel de ville depuis déjà cinq jours. C'est dans ce contexte que nous lançons ce modeste appel à l'occupation des mairies et des bâtiments publics stratégiques.


Pourquoi occuper ? La précarité touche ou menace chacun d'entre nous, et se réunir pour s'y opposer est essentiel. S'organiser, c'est donc se prémunir de l'isolement, mais aussi combattre la culpabilisation que l'on nous fait endosser. Là où les salariés disposent de locaux syndicaux, nous, précaires, ne bénéficions d'aucune salle pour nous organiser. C'est une manière de préserver notre motivation, pour continuer la lutte et la vivre tous ensemble, 24h/24h. Occuper pour avoir un lieu, un lieu qui permet à chacun de se renseigner, de participer, de nous rejoindre. Occuper pour agir vers l'extérieur, la ville, ses Pôle Emploi, sa CAF et ses hauts lieux du contrôle social.

Pourquoi la mairie ? Parce que notre collectif n'est pas reconnu administrativement et ne peut pas réserver la salle municipale, telle que la maison du Peuple ou la maison des syndicats. Parce que quand bien même nous disposerions de l'autorisation de louer la salle des syndicats, nous ne sommes pas disposés à payer 100 euros afin de rendre public un débat évité par les dirigeants de la société. La mairie, c'est le lieu central par exellence, celui qui rend visible au plus grand nombre notre mobilisation. Comme dans ce monde, il n'y a pas de logement pour tous, nous occupons la maison commune, la maison de toutes et tous. Nous nous approprions un lieu mais surtout des moments de vie, arrachés au sinistre système marchand.

Qu'est-ce qu'occuper ? Occuper c'est rompre la morosité ambiante. C'est assurer un point d'accueil à la journée pour les chômeurs et les précaires. Une permanence quotidienne où nous précaires, radiés de Pôle Emploi, aux allocataires du RSA obligés de payer la taxe d'habitation (dispensée précédement aux personnes recevant le RMI) pouvons venir exposer nos problèmes spécifiques, trouver une réponse collective et s'organiser en conséquent. Occuper c'est s'organiser collectivement : Assemblées Générales, préparations d'actions. Occuper c'est créer. Créer un lieu de convivialité avec ses joies, ses peines, ses tensions... bref des émotions partagées au cours des repas collectifs, des ateliers (projection, écriture...) et des éprouvantes nuits de sommeil. Ah ! quel bonheur lorsque la vie remplace la gestion !

Notre objectif. Nous cherchons à amplifier le mouvement des précaires, des humiliés et insoumis. Cette occupation de la mairie ne suffit pas. À Brest, elle ne sera que temporaire mais elle en appelle à d'autres occupations. Que se succèdent les occupations pour engager un rapport de force avec les pouvoirs publics. Le gouvernement doit prendre acte, des précaires s'organisent et entendent ne rien lâcher.

Marche des chômeurs - Brest, 24 novembre 2009.

Rendez-vous franciliens : Multiplions les actions avant et après les manifestations régionales du 5 décembre à Lyon, Toulouse, Marseille, Rennes et Paris,
- Mercredi 25 nov à 15h à Asnières, Métro Courtilles, ligne 13,
- Mercredi 2 décembre à 11h place du Châtelet,
- Samedi 28 à 16h, 14 quai de Charente (Métro Corentin Cariou), une rencontre pour préparer ensemble la manifestation du 5 décembre.
Consulter le site de la CIP pour suivre les infos dans les régions.
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Samedi 21 novembre 2009

Le collectif «En marche contre le chômage, la précarité et les licenciements»avait invité, aujourd’hui, les Brestois à une marche régionale. À 14 heures, ils étaient une quarantaine à s’être rassemblés devant le Pôle Emploi de L’Harteloire.

Parmi eux, Anne-Marie Kervern, adjointe au maire UDB. «Je soutiens toujours ce type d’initiative qui essaye de réveiller une ambiance comme anesthésiée. Il y a dans ce mouvement des personnes qui vivent des situations de chômage. Il faut être actif face à ça.» Le groupe a ensuite pris le chemin de la place de la Liberté, avant d’occuper jusqu’en soirée les locaux de l’hôtel de ville.

Demain et dimanche encore…

«Nous nous sommes invités au forum de l’habitat et avons interpellé les entrepreneurs présents sur le problème des logements. Nous dénonçons les abus d’autorité des banques, des agences immobilières et des huissiers, responsables de notre précarisation. Au cours de la déambulation urbaine, nous avons signalé une partie des immeubles laissés vides par Brest Métropole Océane. Nous avons décidé de rester dîner à l’hôtel de ville. Puis d’y dormir, en écho au mouvement de chômeurs de 97-98. Mais surtout, pour nous organiser le temps d’un week-end et peut-être bien plus encore.»

Le mouvement continue donc demain et dimanche.

Leur presse (Télégramme de Brest), 20 novembre 2009.
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Lundi 2 novembre 2009
Buenos Aires
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Dimanche 1 novembre 2009

La mairie de Paris menace d’expulser la coordination des locaux du 14 quai de Charente (Paris 19). Or ce lieu est devenu un espace crucial pour l’action, la réflexion et les fabrications mises en œuvre par celles et ceux qui l’utilisent comme point d’appui à des luttes qui s’opposent à l’individualisation libérale, à la concurrence de tous contre tous.
Dans un contexte de remise en cause générale des garanties collectives existantes, la décision d’expulser la Coordination des Intermittents et Précaires s’inscrirait clairement dans la lignée des offensives anti-sociales en cours.

S’en prendre au 14 quai de Charente, c’est attaquer une expérience de création de solidarités concrètes née d’un mouvement socio-politique, le mouvement des intermittents et précaires en 2003.

Expulser, ce serait détruire un modèle d’action collective qui s’est construit sur le refus du rôle de simple figurant dans le «dispositif d’accompagnement social» de l’État, c’est-à-dire d’un système qui entretient la précarité pour mieux atomiser les individus et leurs luttes.


L’expulsion : une conception de l’aménagement urbain ?

La Mairie motive cette expulsion par l’aménagement de la ZAC Claude Bernard au cœur d’un «secteur d’aménagement Paris Nord-Est» de 200 hectares. Dans les années à venir, ce «secteur Paris Nord-Est» devrait accueillir deux lignes de tramway, une gare RER, 590.000 m2 d’activités économiques (pour 25.000 hypothétiques emplois nouveaux), 600.000 m2 de logements (15.000 habitant-e-s) et 110.000 m2 d’équipements publics.

Ce gigantesque projet urbain fait la part belle aux bureaux, logements privés et «intermédiaires» réservés aux classes moyennes et aisées. La Mairie, dont la logique d’aménagement urbain est exclusivement marchande, n’a évidemment pas prévu d’espaces pour le développement d’activités sociales autonomes, de pratiques d’éducation populaire et d’entraide. On nous signifie donc qu’il n’y aurait plus de place pour la maison des précarités que la coordination a progressivement fait vivre en ces lieux.

Un lieu unique, à préserver

Toutes les expériences, les choix de vie, les croisements, les pratiques et les rencontres permises par l’existence du 14 quai de Charente en ont fait un lieu d’auto-organisation. C’est là son originalité, son intérêt pour les individus et collectifs qui le font vivre. Des permanences de défense des droits sociaux à l’université ouverte, une cantine, une bibliothèque, nombreuses sont les activités gratuites ou à prix libre qui prennent place en ces lieux.

Voilà pourquoi nous n’acceptons pas les deux fausses propositions de «relogement» qui nous ont été faites. La première de ces fausses propositions visait à réduire l’espace social qui s’est créé à ce qu’il n’a jamais été : un simple bureau d’information, un supplétif des organismes sociaux défaillants, la seconde était soumise à la réalisation d’un contrat d’objectif incompatible avec l’autonomie de la CIP. La Ville finance des projets coûteux et élitistes tels le 104 rue d’Aubervilliers ou la future Halle Pajol. Paris a les moyens de concéder aux précaires des lieux d’organisation et d’activités.

Empêchons la mise à mort de cette expérience de mise en commun, de fabrication et de partage de ressources.
Dans cette ville de riches où vivent tant de pauvres, nous avons besoin de lieux pour habiter le monde.
Pas d’expulsion sans un relogement qui permette le maintien et le développement des activités en cours.
Ici ou ailleurs, le 14 quai de Charente doit vivre !

Action : Retrouvons-nous pour faire entendre le refus de l’expulsion dont la Ville de Paris menace la Coordination des intermittents et précaires :
Jeudi 5 novembre à 17h, Métro République, terre-plein central

Prévenez collègues et amis, faites passer le mot. Empêchons la mise à mort de cette expérience de mise en commun, de fabrication et de partage de ressources.

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Jeudi 29 octobre 2009

Le RSA est censé contribuer de façon décisive à la lutte contre la pauvreté. Bonjour l’escroquerie !

Le RSA (Revenu de solidarité active) remplace le Revenu minimum d’insertion (RMI) et l
Allocation de parent isolé (API). Il complète les revenus du travail des travailleurs pauvres et oblige à sinscrire à Pôle Emploi.

Derrière son côté «charitable», c
est en fait une application de lescroquerie intellectuelle du «travailler plus» pour «gagner plus» qui stigmatise «loisiveté» des RMistes face aux «pauvres méritants» et va ainsi amener à une mise en concurrence accrue des travailleurs entre eux.

L
État, aujourd'hui, nous fait miroiter que nous pouvons gagner plus en travaillant moins !!! Mais le fondement de cette politique ne serait-il pas dorganiser la précarisation du travail en essayant de nous faire passer la pilule sans heurt ? Demain, qui lempêchera de diminuer le SMIC à 800 EUR pour un temps plein ?

De même, cette incitation financière à la reprise d
un emploi quelle quen soit la qualité, risque de provoquer une généralisation du travail au noir (donc sans couverture sociale et sans cotisation pour la retraite).

Enfin, si le RSA ne permet pas d
accéder à un revenu décent, il ne sera pas non plus le moyen de recevoir une reconnaissance professionnelle, ni même dentrevoir un avenir solide.

Évaluations réalisées par le simulateur de calcul du RSA disponible sur www.caf.fr :
— SMIC temps plein (35 heures) : 1000 EUR net par mois,
— RSA mi-temps (17,5 heures) : 710 EUR net par mois (500 EUR de salaire + 210 EUR de RSA),
— RSA quart-temps (8,75 heures) : 550 EUR net par mois (250 EUR de salaire + 305 EUR de RSA).

Mais ne nous y trompons pas. Un SMIC à temps plein ne permet déjà pas de vivre dignement !

Précarisation accrue

Le «but recherché» de faire sortir les RMistes et les travailleurs «modestes» de la pauvreté ne sera pas atteint, compte tenu des revenus qui resteront bien en-dessous de ce qu
ils devraient être pour vivre décemment.

L
État, par la création du RSA, nous démontre que le revenu, seul, nest plus suffisant pour permettre aux travailleurs (et souvent à leurs familles) de vivre dignement. Plutôt que d’imposer une augmentation des salaires, il obéit, comme ça a toujours été le cas, aux ordres du patronat.

Nous risquons dans les années à venir de voir exploser, grâce à ce dispositif, le nombre de travailleurs pauvres, et disparaître le SMIC. Ne pouvant diminuer le salaire minimum horaire, l
État propose au patronat de réduire le temps de travail, donc le revenu global.

Une personne seule travaillant à temps plein et rémunérée au SMIC perçoit environ 1000 EUR net par mois. Avec le RSA, en travaillant à mi-temps, elle percevra un revenu global d
un peu plus de 700 EUR.

Un cadeau supplémentaire pour le patronat

Finalement le RSA est une aubaine pour le patronat qui se voit offrir des «petits boulots subventionnés». En effet les employeurs vont être encouragés à développer des postes à bas salaire et à temps partiel. Le tout dans un marché du travail nettement plus flexible. On peut déjà les entendre dire : «On ne peut pas vous proposer un temps complet, c
est la crise. Mais ne vous inquiétez pas, le RSA est là pour compléter vos revenus…»

Avec la sous-traitance au secteur privé (Adecco…) d
un grand nombre de demandeurs d’emploi (pour «soulager» Pôle-emploi), cest lafflux dune main d’œuvre bon marché et docile, car précaire, pour les entreprises.

Machine à exclure, à casser, à fliquer !

Loin d
être une solution, le RSA ne combat même pas lexclusion, il linstitutionnalise.

Le RSA impose plus d
obligations que le RMI. En effet pour avoir droit au RSA, il faudra être inscrit à Pôle-Emploi et donc se plier aux mêmes règles que les chômeurs avec le risque de radiation des listes et donc dune suspension des allocations.

Les personnes qui ne sont pas en capacité de reprendre un emploi (ne pouvant donc pas accepter une «offre d
emploi raisonnable»), ne seront donc pas concernées par le RSA.

S
ajoute à cela un système de flicage-fichage. Déjà, à sa mise en place, il était quasiment demandé de poursuivre ses parents en justice si ceux-ci naidaient pas financièrement les bénéficiaires. Récemment, la CNIL (Commission nationale de linformatique et des libertés) a été saisie pour vérifier la création dun fichier conséquent consultable par un grand nombre dintervenants dont ni la qualité ni la diversité, ni léventail des usages quils pourraient en faire nest connu !

Enfin, comme pour le RMI et la plupart des aides sociales, le RSA se base sur la «famille». Encore une fois, il est impossible d
être considéré comme un individu à part entière. Les documents présentant le RSA parlent de «nombre dheures de travail dans le couple», ou bien de «revenu dactivité du couple», ceci sans se soucier de savoir qui travaille et combien de temps. Est-ce lhomme, la femme, ou les deux ? Combien de temps chacun, pour quel salaire ? Un salaire est bien versé à une personne nominativement, pourquoi pas le RSA ?

Chômeur, pour continuer d’être pauvre, va falloir travailler !

Travaillons tous-tes, moins et autrement !

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Lundi 19 octobre 2009
Bonjour,

Nous sommes chômeurs, RSAstes, travailleurs précaires, étudiants, qui entre autres activités socialement reconnues ou pas, animons le mouvement des chômeurs et précaires de Rennes. Nous avons constitué ce collectif il y a près d’un an déjà, ne voulant plus subir la sollicitude d’un gouvernement qui n’a aucunement pour but d’améliorer notre situation, mais bien plutôt de renforcer son emprise sur la «main d’œuvre à problèmes» que nous sommes à ses yeux. Nous ne nous faisons pas d’illusion quant à ses intentions. Nous savons bien qu’un chômage de masse et une précarité en cours de généralisation sont une aubaine pour nos dirigeants : pression à la baisse sur les salaires, épouvantail de la misère, contournement des droits sociaux…

Mais le pouvoir, forcément fragilisé par la crise et l’impopularité de ses «réformes», a besoin d’alimenter la figure du chômeur fainéant, s’appuyant et encourageant le racisme social ordinaire et désignant à la vindicte populaire des «parasites» à rééduquer ou à éliminer. Désigner un bouc émissaire lui est nécessaire pour entretenir son alliance avec les classes privilégiées, acheter la passivité des classes moyennes, continuer à diviser les classes pauvres.

Nous autres «parasites», comme tout un chacun, nous formons, consommons, réfléchissons, communiquons, nous salarions, faisons valoir nos compétences, montons des projets. Nous sommes sans cesse en rapport avec des institutions formelles et informelles de cette société. Bref, nous sommes «insérés» et productifs, nous participons à cette même machine qui nous traite de parasites et d’improductifs. En fait, nous ne sommes pas attaqués pour notre supposée paresse, mais parce que nous incarnons aux yeux du pouvoir une capacité de refus et d’insoumission existant de manière diffuse dans toute la société et qui, si elle s’assumait sans réserve et se coordonnait, constituerait pour lui une véritable menace.

Car, bien que productifs, nous n’acceptons pas n’importe quel travail, dans n’importe quelles conditions, pour n’importe quel salaire. Nous n’acceptons pas d’être ballottés d’un suivi mensuel obligatoire à un stage de coaching imposé, nous n’acceptons ni d’être les variables d’ajustement du marché du travail, ni celle du marché de l’insertion. Et surtout, nous ne le voulons pour personne. La précarité ne nous a pas rendu serviles.

Dans ces conditions, il nous paraît naturel de venir à votre rencontre, vous qui, une nouvelle fois, affirmez votre refus du management néolibéral de Pôle Emploi. Nous sommes attentifs à vos luttes depuis un an contre la fusion ANPE-ASSEDIC telle qu’elle s’est faite, contre les PST, contre l’intensification des cadences et le rôle de strict contrôleur qu’on veut vous voir jouer. Certains parmi vous nous ont appris combien la direction de Pôle Emploi était mise en difficulté par vos résistances syndicales et par l’attitude de nombreux conseillers qui refusent d’appliquer à la lettre le suivi mensuel et l’offre raisonnable d’emploi, cherchant à tout prix à éviter désinscriptions et radiations.

Pourtant, aujourd’hui, il est nécessaire d’aller plus loin. Les collectifs et organisations ayant organisé les États Généraux du chômage et de la précarité vont être, à partir de la fin novembre, à l’initiative de marches de chômeurs convergeant le 5 décembre en une manifestation à Paris. Dans une dizaine de villes, des collectifs comme le nôtre envisagent des actions coordonnées chaque fin de mois contre Pôle Emploi ; les démarches d’accompagnement des chômeurs par les collectifs pour débloquer les dossiers et défendre ce qui reste de droits des allocataires, se multiplient. Vous le savez, seule l’intervention sur la scène publique des usagers de Pôle Emploi peut vous permettre d’obtenir gain de cause dans la défense de votre métier.

De la même façon, nous avons besoin que vous vous manifestiez à nos côtés, pour briser chez un certain nombre de précaires l’image du conseiller voyant en chaque chômeur un fraudeur en puissance et ne se mobilisant que pour ses intérêts catégoriels. Bref, nous avons besoin que vous vous manifestiez publiquement comme nos égaux.

Pour nous, il ne fait aucun doute que nos luttes convergent. Mais cela ne peut pas suffire, ni être à la hauteur de la catastrophe sociale et morale actuelle. Pour un certain nombre d’entre vous, par delà les mobilisations ponctuelles qui donnent un peu d’énergie, la question cruciale demeure certainement la suivante : vais-je continuer de travailler pour Pôle Emploi, ou vais-je démissionner ? La récente vague de suicides à France Télécom montre bien combien cette alternative est une impasse, ces salariés manifestant par leur geste qu’ils ne peuvent pas plus rester que partir. Il n’y a pas d’autre choix, si vous souhaitez réellement défendre une idée positive de votre métier, que d’amplifier la désobéissance à l’égard de la «Boutique» Pôle Emploi dont nous sommes, vous salariés et nous usagers, les coproducteurs, tenus séparés par un appareil d’État investi par une machine de guerre néolibérale.

Nous devons pouvoir prendre la parole et lutter ensemble pour ce que nous voulons : un service public de l’emploi qui informe les précaires sur leurs droits et les accompagne, selon leurs besoins et attentes, dans leurs démarches et projets. Les suicides chez France Télécom, le climat délétère qui règne à Pôle Emploi, la lassitude, le désespoir et la colère de nombreux chômeurs (qui parfois se retournent contre vous), sont les symptômes d’une urgence politique à ouvrir un coin d’espérance dans l’horizon bouché des restructurations libérales irresponsables dont la fusion constitue un exemple accablant. Nous avons besoin de crever ensemble la chape de silence qui entoure Pôle Emploi, la culture du secret qui y règne. Nous avons besoin que vous nous fassiez connaître tous les cas de radiations que vous n’avez pas pu empêcher, que vous signaliez aux chômeurs l’existence des collectifs qui défendent leurs droits, que vous nous fassiez parvenir toutes les circulaires, les décrets régissant ou qui vont régir prochainement nos situations, sur lesquels nos dirigeants se gardent bien de communiquer. De notre côté, nous sommes ouverts à toutes les propositions de coopération et d’action qui vous paraîtraient pertinentes.

Aujourd’hui, il faut matérialiser un espace de rencontre, de communication et d’action commune, en plus, et à côté des organisations syndicales. Nous ne nous adressons pas qu’aux plus «militants» d’entre vous, qui sont déjà débordés par leurs mandats, mais également à tous ceux, syndiqués ou non, qui pensent qu’on ne peut pas faire l’économie d’une telle coordination, pour peu qu’on prétende provoquer une rupture, un coup d’arrêt de la machine.

Nous sommes à vos côtés aujourd’hui et le serons à chaque fois que vous affirmerez, comme aujourd’hui, votre dissidence à l’égard d’une institution qui s’est retournée contre nous tous.

Nous vous invitons d’ores et déjà à une réunion publique le samedi 24 octobre à 17 heures à la cantine populaire, 244 rue de Nantes à Rennes, où nous pourrions revenir ensemble sur toutes ces questions.

Mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes.

Le MCPL invite chacun à se rendre au rassemblement organisé le 20 octobre par les agents de Pôle Emploi en grève. Ce rassemblement prévu à 10 heures devant la direction régionale de Pôle Emploi, 13 rue Dupont des Loges à Rennes, sera l’occasion d’apporter une nouvelle fois notre soutien aux salariés en lutte mais également de les tenir au courant des différentes mobilisations initiées par les collectifs de chômeurs et précaires. Ce moment permettra d’insister sur la nécessaire prise en compte des exigences de ces derniers, de faire de cette journée de lutte un moment propice à la rencontre et à une organisation en commun des luttes à venir.

CIP-IDF, 18 octobre 2009.
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Vendredi 9 octobre 2009

Une occupation du Pôle emploi de la rue Vicq d’Azi (Paris 10e) est en cours depuis 11h ce matin.

Comme ce fut le cas à Montreuil la semaine dernière, nous voulons obtenir des résultats. En effet, depuis des mois Pôle emploi prélève des indus à au moins 500 personnes en France qui voient leur revenu amputé, parfois sans avertissement, le plus souvent sans motivation sérieuse et sans que soit respectée la «quotité insaisissable» que cette institution est supposée leur laisser. Le fait de voir supprimé ou brutalement baissé des indemnités chômage qui avaient fait l’objet d’une notification d’ouverture de droit entraîne de graves difficultés : agios et interdits bancaires, impayés de loyers, impossibilité de payer les frais de garde d’enfant et des problèmes quotidiens.

Ces intermittents du spectacle ont eu le tort d’être en congé maternité ou maladie. Pôle emploi a revu à la baisse leur allocation chômage sans se soucier des formes légales ni des conséquences pratiques de cette diminution de revenu. Depuis des semaines déjà, ces recalculé(e)s se mobilisent pour faire respecter leurs droits.

Venez nous rejoindre sur place (métro Colonel Fabien), prévenez vos amis et collègues, qu’ils viennent ! Pour tous, nous avons besoin d’imposer un rapport de force contre Policemploi.

Pôle emploi répond à celles et ceux qui se mobilisent par des promesses, tantôt d’annulation totale des dettes, tantôt d’annulation partielle, sans que pour autant ces engagements soient suivis d’effets. Le médiateur national de Pôle emploi déclare que toutes les personnes concernées vont être contactées afin de revoir la procédure mais nous savons déjà que même celles qui se sont manifestées à plusieurs reprises (recours amiables, rendez-vous, courriers, occupations) n’ont pas vu régler leur situation et sommes fondés à penser que les autres personnes touchées par ce recalcul n’ont actuellement aucune chance d’obtenir quoi que ce soit de Pôle emploi.

Les organismes payeurs (Unedic, Caf, Sécurité sociale) procèdent à la «répétition de l’indu» de manière parfaitement arbitraire, de leur propre chef, alors que dans tout autre cas, la répétition de l’indu doit faire l’objet d’une procédure qui établit la réalité de l’indu. Ce privilège exorbitant entraîne des difficultés pour des centaines de milliers d’allocataires, nous sommes décidé(e)s à ne pas nous laisser faire.

Alors que le bureau de l’Unedic qui se réunira le 14 octobre prochain doit statuer sur ces pratiques inacceptables, nous sommes ici aujourd’hui pour exiger l’annulation pure et simple de l’ensemble de ces indus pour l’ensemble des concerné(e)s.
Nous attendons sur place les responsable de Pôle emploi Île-de-France.

CIP-IDF, 9 octobre 2009 - 11h19.
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Mardi 6 octobre 2009

Comme annoncé publiquement, l’Assemblée contre la précarisation s’est rendu au Pôle emploi de la Belle de Mai (rue Lautard, 13003 Marseille) dans l’intention de se réunir avec les précaires et les chômeurs présents pour échanger sur les problèmes rencontrés avec l’administration et se défendre collectivement.

Le Pôle emploi initialement ouvert, a fermé ses grilles lorsque nous sommes arrivés sur les lieux. Au préalable, un vigile embauché pour l’occasion réalisait un filtrage à l’entrée — l’objectif qui lui était assigné : laisser passer les chômeurs isolés et refuser l’entrée aux chômeurs organisés, empêchant ainsi toute forme de solidarité.


Au cours de la matinée, de nombreux «usagers» ont donc trouvé les portes closes (sans aucune explication) ce qui montre, une fois de plus, le total mépris du Pôle emploi. La réunion publique s’est maintenue à l’extérieur où les personnes présentes ont mis à profit le temps passé ensemble pour échanger leurs expériences, leurs difficultés, chacun apportant son témoignage. Des discussions se sont entamées pour mener collectivement de futures actions visant à dénoncer publiquement les objectifs réels du Pôle emploi : fliquer les précaires, faire baisser les chiffres du chômage en multipliant les radiations, nous soumettre à des démarches administratives absurdes, inutiles et interminables, nous faire accepter des emplois à n’importe quel prix.

Au bout de deux heures de présence, un agent des Renseignements Intérieurs est venu nous transmettre une proposition de la direction : recevoir une délégation de deux ou trois personnes. La position de l’Assemblée n’a pas changé sur ce point, à savoir que si la direction du Pôle emploi veut rencontrer les chômeurs elle est invitée à se rendre sur leurs lieux de rassemblement et s’adresser à tous.

L’objectif de l’assemblée demeure celui de s’organiser collectivement pour renverser le rapport de force.

Les assemblées continuent de se réaliser chaque lundi soir à 18 heures dans le local de Mille Bâbords, 61 rue Consolat - 13001 Marseille.

Venez participer et tenez-vous au courant pour de prochaines actions et rendez-vous!



Pôle Emploi, à Montreuil comme ailleurs, ne pas se laisser faire

Jeudi 1er octobre, rendez-vous était donné pour une action désarmons Policemploi !, un récit de cette journée.

Infozone, 6 octobre 2009
Liste d’information pour la France sauvage.

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Mercredi 30 septembre 2009

Ceux qui connaissent aujourd’hui une situation de chômage et de précarité affrontent une double nécessité, lutter contre la situation qui leur est faite, situation qui n’a fait qu’empirer ces derniers mois, et remettre en cause les politiques de l’emploi telles qu’elles sont menées, nous laissant le choix entre la radiation et les petits boulots mal payés, exténuants et précaires.

Dans un premier temps, la crise de l’économie a signifié pour les chômeurs et précaires l’instauration d’un climat propice à l’accentuation du contrôle et des radiations, moyen de résorber les effets de la crise et d’éviter à tout prix une explosion des chiffres du chômage. Mais la crise de l’économie pourrait bien apparaître pour nous chômeurs et précaires comme une bonne nouvelle, comme le moyen d’échapper aux pressions et contrôle quotidien de l’institution, car Pôle emploi se trouve maintenant confronté à une situation qui n’était pas prévue : des pans entiers de l’industrie sont désormais touchés par un chômage de masse. Effets différés de la crise qui commencent seulement à apparaître et dont on n’a pas fini de mesurer l’ampleur, en particulier dans les secteurs de l’automobile et du textile.

L’équilibre précaire, maintenu entre les nouvelles inscriptions de demandeurs d’emploi et les radiations, ne va pas tenir longtemps dans cette situation et Pôle emploi ne sera plus en mesure d’assurer un contrôle aussi strict, ni de maintenir le même rythme de radiation, à moins de prendre le risque de voir enfler une population de pauvres à qui l’on a supprimé les revenus et qui pourrait devenir un réservoir de colère et de désespoir prêt à éclater à tout moment.

L’évolution du traitement du chômage peut se résumer ainsi : depuis la mise en place du PPAE, Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi, les chômeurs sont soumis à de nouvelles et multiples procédures de contrôle ; parmi celles-ci ont retiendra l’obligation d’accepter toute offre dite «raisonnable», au regard d’un marché de l’emploi qui exige de la main d’œuvre dans les secteurs où les rémunérations sont les plus faibles et les conditions de travail les plus dures, deux refus non justifiés entrainant la radiation et la suspension des allocations, ou encore la présence à toute convocation, une absence entraînant les mêmes conséquences. Il est à noter également que les conditions définies par l’offre raisonnable d’emploi évoluent au bout de trois, puis six, et enfin, douze mois, passé cette période les chômeurs sont contraints d’accepter toute offre d’emploi proposant un salaire au moins égal à leur allocation chômage.

La mise en place du RSA est venue étendre ce contrôle à l’ensemble des anciens Rmistes, puisqu’ils sont maintenant également soumis au PPAE et à l’offre raisonnable d’emploi. Les allocations qui étaient auparavant «subordonnées» à une démarche d’insertion mais qui existaient comme un droit peuvent aujourd’hui être supprimées et ses bénéficiaires laissés sans ressources, de surcroît les chômeurs et les bénéficiaires du RSA sont contraints de travailler sans pour autant connaître une augmentation substantielle de leur revenu.

La fusion ANPE-Assedic instaure le contrôle à distance, un seul numéro pour joindre Pôle emploi à présent, le 39 49, une plate-forme téléphonique régionalisée, tout contact avec Pôle emploi en dehors des rendez-vous mensuels devant être effectué par téléphone ou par mail. Finie ainsi la possibilité d’avoir un interlocuteur direct et identifiable, en cas de radiation, on n’a jamais le même conseiller pour suivre son dossier.

À cela s’ajoutent, les rendez-vous mensuels obligatoires et les ateliers bidons, auxquels il sera de plus en plus dur d’échapper, pour nous apprendre à faire un CV ou une lettre de motivation, incapable que nous sommes. Nous touchons ici aux images qu’aimeraient nous voir incarner le pouvoir et les institutions. D’un côté la figure du mauvais chômeurs, rétif à tout travail et profitant tel un parasite des allocations sociales (c’est de cela que vient nous suspecter chaque dispositif de contrôle). De l’autre la figure de l’handicapé social incapable de réaliser lui-même une recherche d’emploi et qu’il faudra par conséquent toujours accompagner dans ses démarches.

Nous refusons cette classification et nous disons que nul chômeur n’est rétif à tout travail, mais plutôt qu’il y aura toujours des rétifs à l’ordre économique tant que nous ne pourrons pas travailler librement, selon nos aspirations et en accord avec une collectivité affranchie du capitalisme. La colère que suscitent Pôle emploi et la Caf montre qu’existe toujours un désir de défendre ses droits et d’en acquérir d’autres comme cela s’est produit pendant le mouvement des chômeurs de l’hiver 97-98. C’est pour cela qu’il est d’autant plus important, à l’heure où ces figures reviennent avec force, de faire exister une autre parole et d’affirmer que nous n’en voulons pas.


Une des premières nécessité est alors de parvenir à organiser les chômeurs et précaires pour empêcher les radiations ou pour débloquer des allocations, par des actions juridiques ou collectives, comme cela s’est fait à la commission locale d’insertion de Ploërmel et qui a permis à une allocataire de récupérer 2800 euros qui lui était dû. Une autre tâche inséparable est bien sûr de construire un rapport de force avec Pôle emploi pour obtenir le retrait du PPAE et de l’offre raisonnable d’emploi, ainsi que de la plate forme téléphonique 39 49, comme l’ont exigé les salariés grévistes de Pôle emploi en juin dernier. Enfin, s’organiser au sein d’un mouvement de chômeurs et précaire permet de trouver d’autres formes de sociabilité que celles offertes par la société-entreprise qui ne connaît que des sujets de l’économie et des variables d’ajustements. Autres formes de sociabilité que l’on pourrait qualifier d’horizontales et égalitaires.

La seconde nécessité pour un mouvement de chômeurs et précaires aujourd’hui serait de mener une lutte contre les politiques de l’emploi et l’institution chargée de les administrer, avant que celle-ci ne sous-traite massivement au privé comme cela à déjà commencé. Il y a donc une importance à frapper Pôle emploi maintenant, au moment où cette institution est la plus faible. La crise que traverse cette institution nous donne l’occasion de la mettre politiquement en crise.

Nécessité donc pour les chômeurs et précaires d’aggraver la crise de Pôle emploi qui est inséparable de la crise de l’économie. Impossible alors de souhaiter une quelconque résorption de la crise économique. Un retour à la normale, à la bonne santé économique signifierait la bonne marche de Pôle emploi et donc l’amplification des pressions exercée sur les demandeurs d’emploi, le chantage au travail quel qu’il soit pour éviter la radiation, ou encore la culpabilisation de ne pas être un employé modèle à l’heure de l’optimisme et de la reprise. La crise nous offre la possibilité d’envisager une autre réalité et d’autres conditions de vie que celles qui existaient jusqu’alors, cela nous fait penser qu’il n’y a rien à attendre d’une reprise de l’économie et du marché de l’emploi. C’est plutôt, par notre capacité à nous organiser et à nous affranchir de l’économie et de ces crises, en leurs substituant de nouvelles formes d’organisation du travail non-basées sur l’exploitation, que nous pourrons changer nos conditions d’existence, conditions d’existences que le pouvoir veut voir constituer de pauvreté, d’isolement et d’humiliation. Pour ce faire, il nous a semblé qu’une cible privilégiée était l’espace de gestion du chômage qui est également l’endroit où sont attribués un certains nombre de revenus, à l’heure où ceux-ci, dans un contexte de crise, tendent à diminuer et deviennent alors objet de luttes politiques d’importance.

Pour discuter de toutes ces questions et envisager des perspectives de luttes pour les chômeurs et précaires, nous vous invitons à une réunion publique avec le Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte de Rennes et la Coordination des Intermittents et Précaires d’Île-de-France, le samedi 3 octobre à 17h à la Cantine Populaire, 244, rue de Nantes.

Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte de Rennes
22, rue de Bellevue, ligne 3 arrêt Jeanne d’Arc

Réunion publique à la cantine populaire :
Ni chair à patrons, ni chair à radiations !
Faisons dérailler Pôle emploi !
Samedi 3 octobre, à 17h
Au 244, rue de Nantes, Rennes
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Jeudi 13 août 2009

«(…) la multiplication par deux du nombre de chômeurs et de précaires dans les pays riches, prévue à l’horizon 2010, pourrait difficilement rester sans conséquences», disent des gouvernants.
De l’autre coté, sans attendre que cela arrive de soi-même, il y a une activité politique pour faire advenir ces conséquences, et les orienter.

En guise de préparation de la rentrée, la Coordination des intermittents et précaires d’Île-de-France publie des propositions et contributions aux débats que cela occasionne :
Dette. Notes de travail ; Fragments de discussions réelles ou virtuelles
Rien ne sert de courir, il faut tout remettre à plat ! Chômeur(euses), précaires, entrons en résistance !
Enrayons la machine à précariser, mettons en crise Pôle emploi
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Vendredi 17 avril 2009

Alors que le nombre de chômeurs explose à Marseille, et après que les ASSEDIC ont considérablement réduit leurs effectifs les années précédentes, certaines antennes du tout nouveau Pôle Emploi n’hésitent pas à fermer leurs guichets au moins une fois par semaine ; c’est-à-dire qu’au moment où les salariés en ont le plus besoin, le service public de l’emploi devient de moins en moins accessible.

Et bien sûr aucune information en direction des demandeurs d’emploi (qui n’ont rien d’autre à faire que d’aller se casser le nez sur les portes closes de leur ASSEDIC) n’est communiquée par le Pôle Emploi.

Les conséquences de cette incapacité à remplir une mission de service public, à faire bénéficier de leurs droits ceux qui en ont encore plus besoin aujourd’hui, à redistribuer la part de nos salaires qui finance les caisses de l’assurance chômage sont graves et inadmissibles : retards dans le traitement des dossiers pouvant aller jusqu’à six mois, retards dans les paiements, erreur dans les calculs d’allocations, décisions arbitraires, non motivées, souvent prises par des agents peu formés, absence de communication… et se traduisent directement dans nos vies par l’impossibilité de faire face à nos dépenses courantes ; les huissiers eux, agissent sans délai !

Par la fusion des ASSEDIC et de l’ANPE les missions du service public de l’emploi changent ; il s’agit aujourd’hui non de garantir l’accès de tous à l’assurance chômage que tous financent mais bien de servir de moins en moins d’allocations à un nombre de plus en plus restreint de chômeurs. Et ceux qui remplissent cette mission, qui en même temps que de nos dossiers s’occupent de nos vies, sont affublés du titre ronflant, provocateur et lourd de sens de «liquidateurs» (sic). On croit rêver, mais non ; LIQUIDATEURS !

ORGANISONS-NOUS
AVANT QU’ILS NOUS AIENT TOUS LIQUIDÉS !

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Mardi 17 mars 2009

Aujourd’hui mardi 17 mars 2009, des chômeurs, intermittents et précaires coordonnés sont actuellement (11h15) à l’agence Pôle Emploi Vicq d’AZir (Paris 10e).
Cette visite collective a pour but de défendre le dossier d’un précaire afin d’obtenir du Pôle Emploi que la demande d’indus à son égard soit annulée.
Joints par téléphone, les visiteurs et visiteuses annoncent qu’une réunion avec les salariéEs de Pôle Emploi est sur le point de débuter…
Voici le tract distribué ce jour.

Ni Pôle Emploi, ni RSA : Créolisons la crise !

Nous appelons tous les précaires, chômeurs, intermittents de l’emploi, tous ceux qui savent que l’emploi ne permet pas nécessairement de subsister, tous ceux qui savent qu’ils passeront à un moment ou un autre au chômage, à envahir les agences de Pôle Emploi et les CAF pour se défendre, se rencontrer, agir : débloquons les dossiers, annulons les «indus», surveillons les visites domiciliaires, échangeons des informations, refusons la société de concurrence : manifestons, bloquons, occupons.

Les institutions qui nous gèrent et nous contrôlent sont en crise. Les confédérations syndicales ne pourront longtemps proposer des journées de grève bimestrielle et isolées. Les CAF vont administrer 4,5 millions d’allocataires du RSA. Elles sont déjà débordées, payent en retard. Leurs agents s’interrogent sur leur moyens et leur rôle. Il en est de même à Pôle Emploi, machine à précariser née de la fusion des ANPE et des ASSEDIC.

Autant de lieux à investir collectivement pour combattre l’atomisation à laquelle on nous destine.

Contraints par Pôle Emploi de passer par la plateforme téléphonique du 3949 pour toutes nos démarches, nous sentons bien qu’il s’agit à la fois de nous contrôler et de nous tenir à distance, sans prise sur ce qui nous arrive. Aux ouvertures de droits qui tardent, aux informations inaccessibles s’ajoute l’humiliation de devoir parler à une machine, d’y perdre son temps, son argent et son calme.

Ils menacent de couper les allocations de qui n’acceptera pas les emplois sous-payés dont le RSA cherche à imposer la généralisation. Nous refusons tout de ces hommes à Rolex. Les assistés, ce sont les banques et les entreprises. L’emploi à n’importe quel prix, nous ne l’acceptons pas.

Plus de trente ans de précarisation nous ont prévenus : leur réforme permanente détruit les droits pour individualiser, isoler chacun dans la course à la survie. On nous culpabilise pour mieux nous faire plonger dans les eaux glacées du calcul égoïste, de la concurrence de tous contre tous. Nous nous faisons une joie de nous y soustraire et de nous y opposer. Contre la froide violence qui nous enserre, les catégories et les lois qui nous séparent, retrouvons-nous pour agir, agir pour le grand nombre.

La dernière campagne présidentielle le promettait : tout est possible. Ils ont le front d’annoncer une «prime» de 200 euros aux «éligibles» au RSA. Ça frise l’auto-intox : au lendemain de la grève victorieuse en Guadeloupe, croire qu’une telle insulte adressée à des millions de personnes puisse valoir solde de tout compte est le signe d’une arrogante débilité.

Tirons sur l’ambulance, prenons nos affaires en main.
Organisons-nous.

RENDEZ-VOUS JEUDI 19 MARS À 13H30
À LA SORTIE DU MÉTRO SAINT-SÉBASTIEN FROISSARD

Des chômeurs, intermittents et précaires coordonnés
CIP-IDF / HNS-info, 17 mars 2009
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