Vendredi 17 avril 2009

Alors que le nombre de chômeurs explose à Marseille, et après que les ASSEDIC ont considérablement réduit leurs effectifs les années précédentes, certaines antennes du tout nouveau Pôle Emploi n’hésitent pas à fermer leurs guichets au moins une fois par semaine ; c’est-à-dire qu’au moment où les salariés en ont le plus besoin, le service public de l’emploi devient de moins en moins accessible.

Et bien sûr aucune information en direction des demandeurs d’emploi (qui n’ont rien d’autre à faire que d’aller se casser le nez sur les portes closes de leur ASSEDIC) n’est communiquée par le Pôle Emploi.

Les conséquences de cette incapacité à remplir une mission de service public, à faire bénéficier de leurs droits ceux qui en ont encore plus besoin aujourd’hui, à redistribuer la part de nos salaires qui finance les caisses de l’assurance chômage sont graves et inadmissibles : retards dans le traitement des dossiers pouvant aller jusqu’à six mois, retards dans les paiements, erreur dans les calculs d’allocations, décisions arbitraires, non motivées, souvent prises par des agents peu formés, absence de communication… et se traduisent directement dans nos vies par l’impossibilité de faire face à nos dépenses courantes ; les huissiers eux, agissent sans délai !

Par la fusion des ASSEDIC et de l’ANPE les missions du service public de l’emploi changent ; il s’agit aujourd’hui non de garantir l’accès de tous à l’assurance chômage que tous financent mais bien de servir de moins en moins d’allocations à un nombre de plus en plus restreint de chômeurs. Et ceux qui remplissent cette mission, qui en même temps que de nos dossiers s’occupent de nos vies, sont affublés du titre ronflant, provocateur et lourd de sens de «liquidateurs» (sic). On croit rêver, mais non ; LIQUIDATEURS !

ORGANISONS-NOUS
AVANT QU’ILS NOUS AIENT TOUS LIQUIDÉS !

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Mardi 17 mars 2009

Aujourd’hui mardi 17 mars 2009, des chômeurs, intermittents et précaires coordonnés sont actuellement (11h15) à l’agence Pôle Emploi Vicq d’AZir (Paris 10e).
Cette visite collective a pour but de défendre le dossier d’un précaire afin d’obtenir du Pôle Emploi que la demande d’indus à son égard soit annulée.
Joints par téléphone, les visiteurs et visiteuses annoncent qu’une réunion avec les salariéEs de Pôle Emploi est sur le point de débuter…
Voici le tract distribué ce jour.

Ni Pôle Emploi, ni RSA : Créolisons la crise !

Nous appelons tous les précaires, chômeurs, intermittents de l’emploi, tous ceux qui savent que l’emploi ne permet pas nécessairement de subsister, tous ceux qui savent qu’ils passeront à un moment ou un autre au chômage, à envahir les agences de Pôle Emploi et les CAF pour se défendre, se rencontrer, agir : débloquons les dossiers, annulons les «indus», surveillons les visites domiciliaires, échangeons des informations, refusons la société de concurrence : manifestons, bloquons, occupons.

Les institutions qui nous gèrent et nous contrôlent sont en crise. Les confédérations syndicales ne pourront longtemps proposer des journées de grève bimestrielle et isolées. Les CAF vont administrer 4,5 millions d’allocataires du RSA. Elles sont déjà débordées, payent en retard. Leurs agents s’interrogent sur leur moyens et leur rôle. Il en est de même à Pôle Emploi, machine à précariser née de la fusion des ANPE et des ASSEDIC.

Autant de lieux à investir collectivement pour combattre l’atomisation à laquelle on nous destine.

Contraints par Pôle Emploi de passer par la plateforme téléphonique du 3949 pour toutes nos démarches, nous sentons bien qu’il s’agit à la fois de nous contrôler et de nous tenir à distance, sans prise sur ce qui nous arrive. Aux ouvertures de droits qui tardent, aux informations inaccessibles s’ajoute l’humiliation de devoir parler à une machine, d’y perdre son temps, son argent et son calme.

Ils menacent de couper les allocations de qui n’acceptera pas les emplois sous-payés dont le RSA cherche à imposer la généralisation. Nous refusons tout de ces hommes à Rolex. Les assistés, ce sont les banques et les entreprises. L’emploi à n’importe quel prix, nous ne l’acceptons pas.

Plus de trente ans de précarisation nous ont prévenus : leur réforme permanente détruit les droits pour individualiser, isoler chacun dans la course à la survie. On nous culpabilise pour mieux nous faire plonger dans les eaux glacées du calcul égoïste, de la concurrence de tous contre tous. Nous nous faisons une joie de nous y soustraire et de nous y opposer. Contre la froide violence qui nous enserre, les catégories et les lois qui nous séparent, retrouvons-nous pour agir, agir pour le grand nombre.

La dernière campagne présidentielle le promettait : tout est possible. Ils ont le front d’annoncer une «prime» de 200 euros aux «éligibles» au RSA. Ça frise l’auto-intox : au lendemain de la grève victorieuse en Guadeloupe, croire qu’une telle insulte adressée à des millions de personnes puisse valoir solde de tout compte est le signe d’une arrogante débilité.

Tirons sur l’ambulance, prenons nos affaires en main.
Organisons-nous.

RENDEZ-VOUS JEUDI 19 MARS À 13H30
À LA SORTIE DU MÉTRO SAINT-SÉBASTIEN FROISSARD

Des chômeurs, intermittents et précaires coordonnés
CIP-IDF / HNS-info, 17 mars 2009
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Lundi 16 mars 2009
Rendez-vous mardi 17 mars à 10h30

La fusion de l’ANPE et des Assedic dans le Pôle Emploi vise à assujettir des conduites que ni les entreprises ni la police ne peuvent contrôler à elles seules. Nous serons tous au RSA (4,5 millions d’allocataires prévus), soumis à une offre «raisonnable» d’emploi qui impose l’acceptation d’un salaire égal à l’allocation perçue sous peine de la perdre et dépendants d’une assurance-chômage (Unedic) qui n’indemnise pas même la moitié des chômeurs ; quand nous ne serons pas menottés au guichet parce que c’est comme ça que l’on trie les immigrés. Voilà ce qu’ils veulent.

On lit dans les journaux que Pôle Emploi dysfonctionne. Mais pas à quoi sert cette institution. Ce serait un problème de rodage de la machine, de surcoût des communications. Sauf que, de convocations en «prestations» d’accompagnement, contraints par Pôle Emploi de passer par le 39 49 pour toute démarche, nous sentons bien qu’il s’agit à la fois de nous contrôler au plus près et de nous tenir à distance, sans prise sur ce qui nous arrive. Cette machine à précariser fleure bon l’excellence, le «mérite» productif, tant vanté par les organisateurs de cette société d’individualisation et de concurrence. L’emploi, on le fera, et au mieux, aux petits oignons du «suivi individuel».

On nous ressert une version «personnalisée» de la messe travailliste pour nous y impliquer, avec ou sans adhésion, jusqu’à l’humiliation de devoir parler à une machine, d’y perdre son temps, de l’argent et son calme. Une spoliation et une colère dont nous pouvons faire quelque chose collectivement pour ne plus les subir.

Perdez votre vie, travaillez plus pour gagner moins, accordez votre foi à la performance de chacun qui fait la concurrence entre tous et vivez dans la dèche, le soupçon et la honte. C’est la rédemption ou la chute : Intégrez-vous chômeurs, tremblez mécréants !

Tout l’arsenal destiné à nous mettre en concurrence et à nous faire vivre dans la crainte ne leur suffit plus. Il faudrait encore se serrer la ceinture et puis, Tous ensemble, ouais !, se retrousser les manches pour sauver l’économie. Comme toujours, c’est sur le travail qu’ils tablent pour contrôler le plus grand nombre.

Eh bien, nous préférons ne pas. Ni corvéables, ni traçables à merci, nous ripostons à l’atomisation. Collectivisons le refus. Pour ne pas subir, agissons.

Rendez-vous mardi 17 mars à 10h30
devant le siège de la CFDT
(Comité Féodal et Démocratique pour le Turbin),
4 boulevard de la Villette, Métro Belleville à Paris.

Des intermittents, chômeurs et précaires coordonnés
CIP-IDF

Des actions contre Pôle Emploi ont eu lieu en Bretagne, en Guadeloupe le 39 49 a été «suspendu», et les incidents se multiplient dans les agences — pour réaliser les cadences, les agents de Pôle Emploi sont sous tension. Des deux côtés du guichet, la crise de Pôle Emploi se fait sentir :
De l’autre côté du miroir. Perspectives de fraternisation entre chômeurs et «conseillers à l’emploi»
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Samedi 21 février 2009
Le licenciement, l’arme des patrons

Pour augmenter leurs profits, les capitalistes licencient. Ils tirent les salaires vers le bas en augmentant la peur du chômage, et nous font payer les pots cassés de la crise. Ils mettent la pression sur ceux qui travaillent pour gagner plus en faisant produire plus, à moins de travailleurs et travailleuses (les «gains de productivité») pour débourser moins de salaires.

Cela avec pour résultats des plans de licenciements et la misère programmée pour des millions de personnes. La crise actuelle a pour conséquence prévisible des dizaines de milliers de licenciements. Face à cet enjeu crucial, il nous faut réfléchir aux stratégies les plus à même de permettre aux travailleurs et travailleuses de se défendre, tout en ouvrant des perspectives de transformation de la société qui permettent d’en finir avec ce système générateur de misère.

Quelle stratégie ?

Les léninistes brandissent comme revendication «l
interdiction des licenciements». Cette revendication est de nature démagogique parce qu’elle tente de faire croire aux salariés que l’État peut les protéger contre les coups tordus des patrons et des actionnaires.

Mais l
’État est le bras armé des patrons : il envoie les CRS contre les grévistes, liquide toutes les manifestations de solidarité sociale en privatisant, criminalise lentraide, prend aux pauvres pour donner aux riches. Les 300 milliards deuros donnés aux banques à la faveur de la crise et les exonérations de cotisations patronales démontrent une nouvelle fois, sil est besoin, quil ne faut rien attendre dautre de l’État, que son soutien aux patrons. Une telle revendication condamne à lattentisme, en brandissant lillusion du «bras protecteur de l’État» qui serait un barrage à la politique patronale. Bien au contraire, nous pensons que les travailleuses et les travailleurs ont tout intérêt à agir directement pour lutter contre les licenciements.

Qu’entendons nous par «agir directement» ?

Les entreprises fonctionnent grâce aux travailleuses et aux travailleurs. C
est pour cela que nous affirmons que loutil de travail leur appartient, quels que soient les titres de propriété brandis, et cautionnés par l’État.

Dans le cadre d
un plan de licenciements, lenjeu pour les personnes licenciées, cest déchapper à la misère. Pour cela, nous pensons que le premier élément est la construction d’un rapport de forces. Occuper lusine, attaquer les intérêts économiques de la boîte donneuse dordres ou ceux des entreprises clientes (par exemple par le boycott, loccupation de filiales, le blocage de lacheminement des produits de la boîte en question…), pour se réapproprier loutil de travail et disposer dun moyen de pression. Cest cette utilisation de l’action directe offensive contre le capital quil faut promouvoir. La solution historique du mouvement ouvrier, cest lexpropriation des patrons et le redémarrage de la production dans le cadre de lautogestion, cest-à-dire par les travailleuses et les travailleurs eux-mêmes, pour eux-mêmes. Cest cette solution que nous devons remettre au goût du jour.

Une telle solution a par exemple été mise en œuvre dans des centaines d
entreprises en Argentine lors de la crise de 2001. Les patrons sétant enfuis avec la caisse, les ouvriers nont pas attendu un hypothétique et illusoire secours de l’État. Ils se sont organisés collectivement, sans hiérarchie, pour redémarrer lactivité sous forme coopérative, en reprenant leur outil de travail. On trouve dautres initiatives autogestionnaires du même genre aujourdhui ou au cours de lhistoire, comme par exemple récemment les «Strike bike» en Allemagne. En France, lexemple de LIP nous donne également quelques pistes. Si lexpropriation nest pas possible, dans le cas dun plan social partiel, faute de rapport de forces, il est intéressant de proposer la mise en commun des indemnités de licenciement pour lancer une coopérative ouvrière, sur la base du principe «à travail égal, salaire égal», et de légalité totale entre coopérateurs (en terme de décisions, de gestion de la structure).

Difficultés et pistes de réponses

Dans ce type de luttes, plusieurs difficultés émergent. D
abord une telle perspective ne va pas sans linstauration dun rapport de forces. L’État ne tardera pas à jouer lauxiliaire et le garant des intérêts du patronat en envoyant la «force publique» pour tenter dévacuer les salariés en lutte de lentreprise. Tous les prétextes seront invoqués : entrave à la «liberté du travail» (sic), dégradation, effraction, non respect de la propriété privée, «trouble à lordre public», etc. Le patronat peut aussi faire intervenir des milices, sous formes de boîtes de sécurité privées, voire dhommes de main. Il est alors indispensable dorganiser la solidarité à lextérieur de la boîte : en allant voir les autres entreprises aux alentours, en sollicitant les organisations interprofessionnelles des syndicats (UL…), et, si elles font défaut, en allant rencontrer directement la population, les autres travailleuses et travailleurs, sur les quartiers…

Ensuite, si la forme «coopérative» existe légalement (la loi du 19 juillet 1978, articles 48 à 52, permet la reprise en coopérative d
une entreprise qui dépose le bilan), la loi sur les SCOOP a permis un détournement de lesprit originel des coopératives. Il faut donc être attentif à la forme choisie, afin déviter au maximum de permettre un retour à des logiques capitalistes au sein de la structure coopérative.

Les coopératives peuvent fonctionner de manière très proche des entreprises capitalistes : certaines de celles qui existent reproduisent les inégalités de salaire, le maintien d
une distinction dirigeants/dirigés, dun encadrement, la dépendance envers un actionnaire (jusquà 50% du capital). Il est important daffirmer la revendication de légalité des salaires, mais aussi celle dune gestion collective de la coopérative, ainsi que le contrôle de la totalité du «capital» par les salariés.

Le second problème, c
est la pression capitaliste du marché, la logique de la concurrence qui a tendance soit à mettre en difficulté la survie du projet, soit de faire évoluer celui-ci vers les normes capitalistes de rentabilité. Cest en cela que nous ne pouvons considérer la constitution de SCOOP comme autre chose quune solution temporaire, un outil de résistance, et que nous devons réaffirmer la nécessité dun changement révolutionnaire, seul à même de permettre de surmonter cette pression. La forme coopérative telle quelle existe légalement est un outil de résistance, mais à terme il ny a pas de perspective réelle de lutte contre les licenciements sans perspective de transformation révolutionnaire de la société. Il est dès lors impératif que les coopératives ainsi créées soit des appuis aux luttes sociales, puissent faire jouer lentraide comme contre-société ouvrière.

On peut insister sur la mise en réseau nécessaire des coopératives, sur l
entraide, afin de rompre lisolement, mais cela ne suffit pas.

L
exemple de lArgentine nous le montre, où la pression capitaliste du marché a contraint de nombreuses coopératives à la fermeture, où l’État na eu de cesse, une fois la vague de révolte affaiblie, de vouloir récupérer les outils de production coopératifs, où les milices patronales ont pu intervenir pour briser la résistance ouvrière, où, plus grave, certaines coopératives ont remis en vigueur les normes de production et dorganisation du travail (inégalités de salaires, distinction dirigeants/dirigés) pour «sadapter» à la pression capitaliste du marché.

Le seul moyen de rompre avec cette capacité qu
ont le capitalisme et l’État à intégrer les structures qui lui sont antagonistes, cest le développement incessant des luttes, cest la fédération des structures de résistances coopératives, avec la pratique de la mutualisation directe de la production chaque fois que cest possible.

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Samedi 21 février 2009

Depuis maintenant quelques mois focalisés sur le remboursement de nos dents (les coups de matraque de la fusion ont fait quelques dégâts, heureusement la Mutuelle générale nous couvre), le carambar à 25 cents qu’on pourra dorénavant s’offrir en fin de repas, le chiffrage kilométrique de nos déplacements et notre comité d’entreprise (qui au final reverse sous forme de prestations, certes équitables, le salaire que l’Établissement ne nous donne pas), on en oublierait un autre détail, celui-ci d’importance :
Entre deux conseils, celui qui indemnise est aussi celui qui contrôle.

Un mélange des genres tout droit sorti d’un roman de Kafka !

Pourquoi dans ces conditions ne pas avoir intégré dans la fusion le maigre effectif de la remarquable Inspection du Travail pour contrôler les abus des entreprises ?

Ce sont donc bien encore les chômeurs qui sont implicitement désignés comme responsables des crises (artificielles) capitalistes et sont les premières victimes de la guerre (réelle) des chiffres du chômage.

Quant à nous conseillers, nous sommes historiquement passés de travailleur social à employé commercial pour finir aujourd’hui agent contrôleur des chômeurs !

L’évolution de notre système informatique fera de nous dès demain, des policiers de l’emploi qui collaborerons à la hausse statistique des interpellations des étrangers en situation irrégulière.

La CNT au cœur des luttes milite contre cette injustice inhérente au système et se bat sur le terrain pour l’utilité sociale du monde du travail par sa réorganisation.

Ni contrôleurs, ni délateurs!
Refusons d’être les matons de Taule Emploi !

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Jeudi 5 février 2009

Tous les trois ans (désormais deux) se négocie la convention UNEDIC (Union nationale pour lemploi dans lindustrie et le commerce) qui définit les conditions dindemnisation des chômeurs et chaque fois ses droits baissent un peu plus. Pour rappel, lUNEDIC est cogérée par le patronat et les syndicats. Cest une gestion paritaire comme pour les caisses dassurance retraite et maladie. L’État ne fait quagréer les décisions et arbitre en cas de problème.

Le 16 décembre 2008, dans plusieurs villes de France, des rassemblements étaient organisés pour montrer — au MEDEF notamment — que les propositions de réduire à nouveaux les droits des chômeurs, précaires et aussi des intermittents (avec la disparition annoncée des annexes 8 & 10) ne passeraient pas sans résistance. À Toulouse, à l’appel de la CGT privés d
emploi Mirail, de la Coordination des intermittents et précaires de Midi-Pyrénées, de la CNT 31 et dautres encore, quelque 300 personnes — dont beaucoup dintermittents — se sont retrouvées devant lASSEDIC Bachelier fermée, comme durant chaque appel à mobilisation. Loccupation de lASSEDIC naura pas lieu ! Quimporte, nous décidons doccuper la CAF (Caisse d’allocations familiales) pour commencer une AG mais le lieu est apparemment trop petit. La manifestation se dirige alors vers le TNT (Théâtre national de Toulouse) où lassemblée générale commence enfin. Le but est délaborer la suite de la mobilisation et dessayer dy impliquer le maximum de gens. Une centaine de personnes sont restées et la détermination de chacun(e) est assez claire. Nous décidons donc de maintenir la pression et appelons à une nouvelle action pour le jeudi 18 décembre 2008.

Le jour venu, environ 200 personnes sont présentes. Le cortège se met en route et une équipe en profite pour aller recouvrir d
affiches les vitrines des différentes agences dintérim qui polluent le boulevard. Nous croisons le cortège des lycéens en lutte. Ils sont un gros millier assez déterminé mais faute danticipation, les deux cortèges sencouragent et chacun repart dans son coin… malgré la volonté exprimée lors de la précédente AG den terminer avec le cloisonnement des luttes. Nous nous dirigeons maintenant vers lobjectif et quinze minutes après, nous occupons lANPE de la place Occitane. Une grosse centaine de personnes sont encore là et nous entamons une nouvelle assemblée générale. Le but nest évidemment pas la réunionite mais limplication dun maximum de gens dans lélaboration de la lutte. Nous détaillons le projet de la future convention UNEDIC 2009-2011 et chacun donne son avis. Nous en profitons aussi pour échanger avec les agents de lANPE tenu(e)s à un devoir de réserve — sic ! Elles nous expliquent les pressions de leur hiérarchie et le manque de moyens criants qui les exposent directement à la colère des usagers. De notre coté, nous leur disons que cest le pouvoir que nous visons et que nos intérêts sont communs. Après quelques heures, les Renseignements généraux sont rejoins par une dizaine de BACeux qui nous donnent loccasion, avec la sonnerie de leurs portables : la «Septième compagnie» et Sergio Leone, dadmirer leur exceptionnelle culture générale. Peu après, une centaine de gardes mobiles avec casques et boucliers nous expulsent. Nous résistons légèrement face au déploiement disproportionné mais globalement laction est réussie, les échanges ont été assez intéressants. Une nouvelle manif-action est appelé pour le samedi 20 décembre 2008.

On ne lâche rien. Rendez-vous est donné pour rejoindre la manifestation de solidarité avec la Grèce avec qui nous défilons jusqu
à notre nouvel objectif : le magasin Virgin du Capitole. Pourquoi, Virgin ? Parce que Geoffroy Roux de Bezieux est le président de Virgin mobil et aussi chargé pour le ME(r)DEF de négocier à lUNEDIC. Une autre proposition adoptée par lAG était de ne pas se cantonner à de la représentation mais dorganiser des actions offensives qui tapent là où ça fait mal au patronat : le portefeuille. Arrivé devant Virgin, nous sommes un peu plus dune centaine et nous nous déployons sur les trois entrées. La sécurité a été apparemment prévenue et reste placide. Nous installons les murs (en polystyrène) et commençons le blocage économique. Personne ne rentrera. Évidemment nous devons faire face au mécontentement de certains accros de consommation mais globalement les gens comprennent et sont solidaires. Nous sommes à la veille de Noël et les rues sont bondées. Après quatre heures de blocage, nous partons. Le but est atteint et même si quelques dizaines de milliers deuros ne représentent rien pour la multinationale Virgin, notre but était aussi de nous faire entendre et dinciter dautres villes à nous imiter.

Dans deux jours, le mardi 23 décembre 2008 aura lieu la dernière réunion pour la nouvelle convention UNEDIC et nous décidons malgré la date de maintenir un appel au rassemblement. Seulement cinquante personnes sont venues et les fourgons de police nous accompagnent le long du parcours. Nous décidons toujours de continuer car rien nest réglé ! Cest courant février que l’État agréera cette convention et la question des annexes 8 et 10 pour les intermittents nest toujours pas discutée.


Rendez-vous est pris pour le lundi 5 janvier 2009. Ce jour, partout en France les salarié(e)s de lANPE et des ASSEDIC font grève pour sopposer à la fusion Pôle Emploi et aux nouvelles exigences de flicage des chômeurs. Nous chômeurs, précaires, intermittents et salarié(e)s avons bien conscience que cette nouvelle restructuration nest pas simplement du ressort des agents ANPE et ASSEDIC, mais concerne lensemble des salarié(e)s. Nous décidons donc — toujours avec la CGT, SUD, la CNT, les intermittents et la coordination des intermittents et précaires de Midi-Pyrénées, plus des individu(e)s — de rejoindre le rassemblement prévu par les grévistes de lANPE et des ASSEDIC pour leur exprimer notre solidarité. Le geste est apprécié mais chacun reste quand même dans son coin. Les mauvaises habitudes sont dures à casser ! Après une heure, nous décidons une nouvelle AG improvisée dans la salle des Illustres de la Mairie, place du Capitole. Nous arrivons dans les lieux sans aucune opposition et nous installons, après avoir disposé nos banderoles sur les balcons. Les nouveaux élu(e)s «socialistes» viennent nous voir et prennent des notes. Nous leurs disons les raisons de notre présence puis entamons lAG pour définir la suite de la mobilisation. Une équipe est chargée de réaliser des affiches et des banderoles et dautres dorganiser une action de blocage économique pour le samedi 10 janvier 2009.

Entretemps, nous nous rendons à une nouvelle journée de grève des agents Pôle Emploi. Seulement quelques salarié(e)s sont présent(e)s mais les slogans sont clairs («chômeurs et salarié(e)s, solidarité») et la détermination intacte. Après une petite ballade dans les rues de Toulouse durant laquelle nous discutons avec les salarié(e)s en grève et les invitons à rejoindre l
AG interpro que nous avons appelée à la Bourse du travail, chacun(e) repart. Vendredi 9 janvier 2009, lassemblée générale réunit une trentaine de personnes. Cest peu ! Chacun(e) se présente et un salarié de la CGT-ANPE nous fait un topo détaillé du nouveau projet de convention dassurance chômage qui sannonce être (on sen doutait) un nouveau recul des droits des chômeurs et des plus précaires. Les quelques miettes concédées cachent en fait une véritable escroquerie avancée par le MEDEF et signée comme dhabitude par le syndicat collabos : la CFDT. Les éventuels excédents de lUNEDIC seront ainsi reversés aux patrons sous forme dexonération de charges ! Après ces joyeuses perspectives, nous évoquons la grève générale du jeudi 29 janvier 2009 et les perspectives de cette journée.

Samedi 10 janvier 2009, une nouvelle action est annoncée dans la foulée de la manifestation contre les bombardements en Palestine. Une centaine de personnes sont là. L
objectif de laction se trouve face à nous sur la place Esquirol : le magasin MIDICA dont le patron, M. Garigou, est un membre éminent du MEDEF 31. Arrivés face aux portes du magasin, nous installons les murs en polystyrène. Des vigiles testostéronés essayent de nous arrêter mais se résignent vite en voyant lafflux de bloqueurs. Deux banderoles sont aussi tendues devant le magasin («inter lutte» et «résistance») et des tracts expliquant les raisons du blocage sont distribués aux clients qui sortent de MIDICA. Après trente minutes le magasin est quasiment vide. Comme pour Virgin, le but de cette action est de nous faire entendre. Par le MEDEF, mais aussi par tous les salarié(e)s. Une simple manifestation naurait pas eu cet effet ! Après deux heures de blocages, nous décidons de lever le barrage. Tout sest bien passé et même si encore une fois, des inévitables consommateurs forcenés ont hurlé à la prise dotages, globalement nous avons reçu le soutien de passants nous encourageant à continuer…

En février, la nouvelle convention UNEDIC sera peut-être effective. Mais mi-Janvier 2009, rien n’est sûr car seules deux organisations (le ME(r)DEF et la CFDT) ont donné leur signature. Il en faut trois en tout pour que l
accord soit validé. Cest donc la prudence qui semble prédominer. Pas étonnant quand on sait que 500.000 nouveaux chômeurs (actuellement 160.000) vont débarquer dans les mois qui viennent et que la colère risque de monter…

Interpro 31
Le Combat syndicaliste, février 2009.
POUR CONTACTER LA CNT DANS LE JURA
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Mercredi 28 janvier 2009

Licenciements massifs, lapidation des acquis sociaux, privatisation des services publics, précarisation de l’emploi, contrôle social accru… c’est une véritable offensive que subit le monde du travail aujourd’hui. 47.000 chômeurs de plus en octobre, 64.000 en novembre, et combien de centaines de milliers d’autres dans les mois à venir ?

On entend dire à tout va depuis maintenant plusieurs mois «c
est la crise !» et il semblerait que cela suffise à justifier tout et nimporte quoi, notamment les quelques milliards sortis des caisses de l’État — soit disant vides pour les retraites et la sécurité sociale — et distribués aux banquiers afin quils se remettent de leurs mésaventures spéculatives. Dun autre côté, la même crise justifie aussi le fait que les travailleurs devront se serrer la ceinture pour payer la facture. En somme, on distribue les richesses aux riches pour quils restent riches et on précarise les travailleurs afin de diminuer le coût du travail. Voila donc comment le capitalisme sautoalimente de la misère quil sème.

Les travailleurs de la santé et du social ne sont pas en reste :
La fusion ANPE-ASSEDIC, donnant naissance au «pôle emploi», vient définitivement sceller le sort du service public de lemploi. Précarité pour les agents des deux établissements et traitement expéditif des dossiers de demandeurs demploi dans un contexte où le chômage risque dêtre en progression exponentielle.
Dans le secteur de la santé, on assiste au minutieux démantèlement de lhôpital public au bénéfice dun système de soins privatisés. La loi Bachelot «hôpital, santé, territoire» découlant du rapport Larcher permet en effet la fermeture des hôpitaux publics jugés non rentables, et donc la suppression massive de postes.
Dans le champ du travail social, la logique de contrôle des «classes dangereuses» se poursuit avec notamment la multiplication des établissements pénitentiaires pour mineurs, la sortie du rapport Varinard, lavènement du tout répressif sur léducatif… La casse des conventions collectives 66 et 51 menace les statuts et acquis des salariés tout en imposant une logique de profit dans le secteur sanitaire et social.

Il ne s
agit que de quelques exemples car les attaques portées par la classe dirigeante au service du capitalisme touchent tous les pans de la société et tous les secteurs économiques. Le gouvernement compte sur la crise économique pour servir décran de fumée à son projet dune société dominée de bout en bout par le système capitaliste mais aussi sur une autre crise, celle du syndicalisme, pour ne pas avoir à faire face à un mouvement de résistance dans la rue et dans les entreprises.

Cest pourquoi la fédération CNT des travailleurs de la santé, du social et des collectivités territoriales appelle les travailleurs — du public, du privé, retraités, en formation, privés demploi ou du droit de travailler — à entamer un mouvement de grève interprofessionnel à compter du 29 janvier afin de construire collectivement et dans la durée la riposte qui simpose. Les journées de grèves isolées et sporadiques ont grandement montré leur inefficacité et seule la grève générale reconductible est à même de faire entendre les revendications des travailleurs.




ANPE : Liquidation totale après fermeture définitive
Tout doit disparaître !


En cette période de soldes, c’est bien à Pôle Emploi que l’on trouve les meilleures affaires. Tout est bradé par la direction et certains syndicats, complices de cette faillite organisée.

L’ADASA, abandonnée par la direction de Pôle Emploi subit des difficultés financières sans précédent et ne pourra probablement pas assurer la livraison des chèques restaurant pour le mois de février, ni assumer le versement des prestations qui, jusque là, permettaient aux agents de tenir le coup.

Vous pensiez pouvoir partir en vacances pour oublier ce cauchemar ? C’est raté !!!

Comme si cela ne suffisait pas, notre salaire est encore allégé de plusieurs centaines d’euros correspondant à la mutuelle d’entreprise et à la prévoyance imposées par la direction.

Notre métier est liquidé. Il est bien loin le temps où la devise de l’institution était «notre métier, l’emploi» ! En effet, seront bientôt opérationnels à Pôle Emploi, les policiers de l’emploi voués à contrôler les papiers d’identités, à dénoncer et culpabiliser les plus précaires.

Face à tant de mépris pour notre métier, pour notre mission de service public, dans des conditions de travail toujours plus dégradées, une seule solution : la lutte.

Nous appelons tous les agents de Pôle Emploi à se mobiliser dans les actions prévues le 29 janvier pour réclamer la juste reconnaissance du travail que nous accomplissons pour un service public digne de ce nom.

Ne signons pas un chèque en blanc à la politique de M. Sarkozy !!!

Toutes et tous en grève le 29 janvier !

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Dimanche 25 janvier 2009
Ce sont quelques dépêches anodines de ce mois de janvier, qui nous mettent en scène comme une évidence, le retour du «toxicomane qui a fait une OD», précaire sans nom, sans passé, ni adresse, dont la mort, seul dans un hôtel meublé ne pose pas question socialement.

C’est une brève dans la rubrique fraudes du mois d’octobre. Une femme de trente ans, prostituée, a fait plusieurs mois de détention préventive et s’est vue condamner à rembourser 2031 euros à la CAF ainsi qu’une amende de 2031 euros pour perception indue du RMI.

Au tribunal, la jeune femme a reconnu la prostitution, elle a aussi parlé de la peur que lui inspirait son proxénète. Les journaux se contentent de mettre en avant les deux voitures du «couple», présentent la femme comme une complice.

Bref, la jurisprudence pourra désormais faire l’affaire pour n’importe quelle autre prostituée.

Femme précaire, femme coupable, même d’être victime, l’antienne n’est pas nouvelle. Trainée au tribunal lorsqu’elle vend son corps, et peu importe que le bénéfice aille à d’autres. Interdite d’école si elle cache ses cheveux, morale de classe à géométrie variable.

Mais la prison, l’opprobre et l’exclusion ne suffisent plus à exclure, il faut bien que s’y ajoute l’interdiction de droits sociaux, celle des droits civiques ayant montré son inefficacité, les pauvres s’en foutent de voter, ma bonne dame.

Et ce qui est valable pour le RMI le sera bien évidemment pour la CMU.

Et ce qui est valable pour les prostituées le sera aussi pour tous les abonnés de la Cour des Miracles que nous sommes : faire la manche après tout c’est aussi un revenu, et puis la récup’, la brocante sauvage, pas mieux. Sans parler de la vente d’épis de mais ou de marrons chauds au coin des rues.

Tout travail mérite salaire ? Pas forcément, dans les cas suscités. Tout travail mérite patron, le plus souvent, et quand le boulot est aux limites de la légalité, le salaire est une option, pas les brimades, l’exploitation, les arnaques à répétition.

Tout a commencé par la répression «préventive». Punir le racolage «passif», la «mendicité agressive», la «contrefaçon», la «vente illégale sur la voie publique», la consommation de «stupéfiants» (qui n’incluent pas les drogues légales, le Ricard et le Xanax du bon père de famille par exemple). Forcer les prostituées, ceux qui font la manche, les marchands à la sauvette à se faire discrets, presque invisibles dans l’espace urbain.

Ce qui ne se voit plus est censé avoir disparu, au moins aux yeux des citoyens intégrés pour qui la vie quotidienne doit continuer sans heurts, dans des espaces aseptisés où rien ne doit rappeler la misère possible, la chute tant crainte dans les bas fonds.

La réalité, la pauvreté qui explose s’est faite silhouettes furtives, celles des tentes et des campements au bord du périphérique qu’on ne remarque que lorsqu’ils brûlent et que la fumée bloque la circulation des voitures et des trains. Celle de ces femmes et des hommes, dont les ombres hantent le coin de l’œil lorsqu’on roule le soir le long des parkings des magasins et des entrepôts en bord de voie rapide.

Celle de ces vendeurs qu’on voit passer menottés, au côté d’un pandore qui pousse le bidon à marrons, ou traine un sac rempli de babioles. Celle de la silhouette emmitouflée assise sur le rebord du quai entourée de grands baraqués en vert fort menaçants mais qui arborent pour notre tranquillité d’esprit un «Médiation Sociale» écrit très gros sur leur blouson gonflé.

Nous voilà invisibles, pas aux yeux des prédateurs, cependant…

Les overdoses massives reviennent à nouveau en ce début 2009 : on meurt à nouveau, en banlieue parisienne de saloperies frelatées, car il y a belle lurette déjà que les toxicomanes traqués par les flics ne s’aventurent plus guère dans les rares permanences de soins ou espaces de prévention, trop peur d’être fichés ou tout bêtement arrêtés à la sortie.

Morts de froid, de misère, viols, suicides … Et désormais trop perçus et poursuite pour fraude… Suite logique de la répression préventive, la disparition légale, ceux qui sont déjà des délinquants sont forcément des fraudeurs. Quand on est en prison, le RMI est coupé, et puisque les prostituées, les mendiants, les vendeurs à la sauvette, les «toxicomanes» sont de toute façon destinés à passer par la prison, un jour ou l’autre, puisqu’ils sont enfermés dehors, la logique veut donc qu’on leur interdise le RMI, et l’accès aux soins dès maintenant.

Mais alors raisonnons jusqu’à l’absurde, et pourquoi donc n’auraient-ils pas le droit aux allocations chômage, puisqu’on leur demande de déclarer leurs revenus faute de quoi on leur intente un procès pour fraude. Et la Sécu alors, et la bonification pour heures supplémentaires, et les congés payés, tiens ? Et le crédit à taux préférentiel pour l’accession sociale à la propriété ?

Bah non, ni le RMI, ni le salariat, l’exploitation brute, le retour à l’âge précédent, celui d’avant les droits sociaux, tout doit disparaître, on vous l’a dit et répété.

Les classes laborieuses sont sommées de redevenir les classes dangereuses, livrées à elles-même.

Chiche ? Ironie du sort, là haut on semble avoir oublié ce qui avait motivé le RMI, la CMU, ce truc qu’on appelait insertion. C’est sûr les 400 euros de merde ne payaient pas grand-chose, mais c’était un contact avec le monde visible, un moyen d’éviter quand même que les ghettos réservés aux invisibles ne fassent déborder leurs miasmes sur le monde propret de l’autre côté de la barrière.

Moins de CMU, plus de tuberculose, d’hépatites ou de bonne vieille gale. La rue c’est crade.

Moins de thune, même plus ce filet de sécurité, ces quelques dizaines d’euros, pour payer l’hôtel ou la bouffe, les soirs ou la manche n’a pas marché, ou l’on a désespérément besoin d’une dose de n’importe quoi pour tenir le coup ? Alors plus de sang, parce qu’il faut bien manger, parce que la police est partout, mais quand même pas omniprésente.

Les silhouettes se font plus furtives mais plus menaçantes. Bien sûr, le grand nettoyage est en marche, on tire à nouveau le pauvre et le sous pauvre comme un lapin, on construit à toute berzingue de la prison, du centre fermé, on patrouille et on re-patrouille, on embauche du flic bénévole.

Mais la foule des dangereux indigents ne cesse de grandir, c’est un puits sans fonds.

Même les étudiants font la pute, découvrait Libération, il y a quelques mois, pour payer leur chambre de bonne et leurs bouquins. Avec cette jurisprudence notons-le, les deux professions seront désormais incompatibles légalement, sous peine de suspension de l’allocation logement pour non déclaration de revenus. Et comme l’on ne pouvait déjà pas faire Rmiste et étudiant, on sait déjà quel statut les enfants de pauvres seront obligés d’abandonner.

De toute façon, plus de RMI pour personne, le RSA bientôt. Et les concernés ont déjà fait les calculs, avec le RSA on vit encore moins qu’avec le RMI. Donc on sera bien obligés de continuer à être en fraude permanente, à ne pas déclarer qu’on vit en couple, à se réserver des ménages au noir, parce que sinon, le complément saute. Et comme tout augmente, il faudra bien aussi chanter ou raconter notre vie dans le métro, à un moment ou à un autre.

Et nous irons donc remplir les tribunaux, et occuper les journées de travail des agents de la CAF qui calculeront méthodiquement le montant de nos «trop perçus».

Parce que l’enfer est quand même affaire de détail, de nos jours.

Les journalistes sont allés interroger les voisins qui avaient balancé la prostituée et son proxénète, ont minutieusement reconstitué l’itinéraire du couple. Mais aucun n’est allé demander à la CAF, pour quoi diable deux mille TRENTE ET UN euros de trop perçu.

C’est là ou la cohorte des Rmistes et des Rsastes, légalement exploités, ou frauduleusement esclaves ne peut que se rassembler dans un immense éclat de rire, teinté d’amertume, c’est vrai. Les classes dangereuses modernes, contrairement à leurs ancêtres ont en face d’eux des juges et des contrôleurs sociaux d’une mesquinerie inédite. Les Jean Valjean et les Fantine n’avaient pas besoin de se creuser la tête pour comprendre leur sort : c’était soit vingt heures de boulot par jour pour une boule de pain ou trente ans de tôle si tu prenais la miche sans passer par la case travail.

Mais pour nous autres, tout de même la question se pose : que l’on soit intérimaire avec un misérable complément ASSEDIC toujours revu à la baisse, Rsaste généreusement gratifié de quelques euros en plus, ou estampillé fraudeur parce qu’on a vendu son corps hors des chemins légaux.

De quels cerveaux malades, de quel tortueux raisonnement bureaucratique, peuvent bien sortir ces calculs d’apothicaire, ces sommes à trois centimes près qui sanctionnent ou récompensent une misère de toute façon immuable ?

Collectif RTO, 24 janvier 2009.
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Lundi 5 janvier 2009

Lundi 5 janvier entre en service le nouveau «Pôle emploi» issu de la fusion de l’ANPE et des ASSEDIC. Cette fusion, qu’on nous présente comme un progrès, sera en réalité catastrophique tant pour les chômeurs que pour les personnels concernés.

Tout d’abord, la fusion de deux métiers très différents, la gestion de l’indemnisation des chômeurs d’un côté, et leur accompagnement dans la recherche d’emploi ou de formation se fait dans l’improvisation la plus totale. Les personnels vont voir s’accroître une charge de travail déjà excessive, ils ne seront pas suffisamment formés pour mener leur nouvelles tâches à bien, la politique du chiffre mise en place depuis des années ne va que s’accentuer.

Mais en dehors des questions de rémunération, de statut et de conditions de travail des personnels du nouvel établissement les premières victimes de cette fusion seront les chômeurs eux-mêmes !

Comment prendre en charge correctement des personnes en recherche d’emploi, certaines en grande difficulté lors d’entretiens préformatés de 20 minutes ? Comment gérer dans ce laps de temps un dossier individuel, un accompagnement personnalisé, tout en effectuant à marche forcée les contrôles des droits à indemnisation et de la situation juridique du chômeur ?

C’est la porte ouverte à la transformation des personnels de la nouvelle agence en contrôleurs devant faire du chiffre, des radiations, au détriment de tout résultat réel en matière de retour à l’emploi.

C’est également le recours accru à des agences privées de placement, au coût prohibitif, alors qu’on nous parle d’économies.

En concentrant le service public de l’Emploi sur les missions régaliennes de contrôle social, la fusion ANPE-ASSEDIC ouvre la porte à une marchandisation croissante des services de conseil, de formation et d'accompagnement.

L’objectif réel de fusion est de masquer une pénurie récurrente d’emploi en stigmatisant encore plus les chômeurs, principales victimes de cette situation. Avec le lifting des lois scélérates, les pratiques de fichages croissantes et le développement du «tout sécuritaire», les classes dangereuses sont de retour. Malheur à celui qui perdra son statut de salarié pour rejoindre les plus démunis !

En les conjuguant avec les autres attaques de nos droits sociaux (temps de travail, retraite, santé…) le gouvernement prépare un arsenal juridique destiné à contenir les mouvements sociaux qui surgiront à cause du creusement des inégalités et d’un chômage en hausse exponentielle.

Face au démantèlement du service public de l’Emploi, à la dénaturation des missions vers plus de flicage (tant pour les usagers que pour les personnels), la remise en cause des garanties sociales, qui se profilent, les salariés de l’ANPE et de l’ASSEDIC doivent se mobiliser aux côtés des chômeurs.

La CNT soutien et appelle à la grève reconductible des personnels ANPE et ASSEDIC du 5 janvier, le jour même de l’ouverture officielle de «Pôle emploi».

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Samedi 3 janvier 2009

5 janvier 2009 : Pôle emploi,
Naissance d’une nouvelle institution
ou mort programmée du service public de l’emploi ?

Avec un chômage en hausse exponentielle ;
Des conditions d’accueil et de travail empirées par les restructurations ;
De nouvelles fonctions (plate-forme téléphoniques, accueil unique…) ;
De nouvelles missions (RSA, Plan seniors…) ;
Des moyens humains et matériels insuffisants ;
Une précarité institutionnalisée ;
Un pouvoir d
achat en régression ;
Des disparités salariales injustifiables entre personnels ANPE et ASSEDIC…

Comment prétendre lutter contre le chômage dans de telles conditions ?

Et comme conséquence pour les chômeurs une pression et un contrôle accrus, une mise à distance ainsi qu
une déshumanisation des relations.

De toute urgence, utilisons lHeure Mensuelle dInformation syndicale (HMI) pour faire converger les revendications des personnels ANPE et ASSEDIC, ainsi que pour défendre les intérêts des usagers. Construisons un mouvement unitaire de protestation. Remplissons nos cahiers de doléances en assemblée générale.
Mobilisons-nous dans la grève, le 5 janvier 2009, pour porter nos légitimes revendications à la Direction de la nouvelle institution !

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Lundi 15 décembre 2008

Chômeurs, précaires, intermittents, intérimaires…

À l’occasion de la sixième et avant-dernière séance de négociations sur la prochaine convention d’assurance-chômage, le STICS CNT (interpro) de Marseille appelle

à la journée unitaire de mobilisation
mardi 16 décembre 2008
et notamment au rassemblement à 10h00 devant devant le siège du MEDEF, place du Général de Gaulle, à Marseille.

Chômeurs, précaires, intermittents, intérimaires ou salarié(e)s, nous sommes toutes et tous concerné(e)s ! Non, le chômage et la précarité ne concernent pas simplement quelques un(e)s mais nous toutes et tous ! Est-il nécessaire de rappeler que le chômage est une arme de division dans les mains du patronat ? D’un coté, l’État stigmatise toujours un peu plus les chômeurs, et de l’autre le patronat fait planer la menace des licenciements pour museler toutes contestations.

Les profiteurs, c’est eux.
Ne les laissons pas faire !
Ne les laissons pas nous diviser !




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Samedi 6 décembre 2008

Partout on ressassait qu’il allait bien falloir se serrer la ceinture : travailler plus pour simplement survivre. Minima réduits, allocs sous conditions, salaires bloqués et retraites retardées, la crise, nous connaissons. Et voilà que celle-ci n’est plus simplement le signe qui régit nos vies, voilà que la crise atteint de plein fouet le capitalisme, voilà que le fleuve tranquille de la valorisation connaît lui aussi les tsunamis répétés de l’incertitude.

Avec ce tournant, il se vérifie que cette société — celle-là même dont on serinait qu’elle était trop menacée par les déficits publics pour devoir à ses membres quelque chose plutôt que rien, celle-là même qui nous assignait à la dette, financière, temporelle et morale — voilà que cette société donc est en mesure d’arroser d’une pluie mondiale de milliards, les banques, les compagnies d’assurances et le secteur immobilier. Cette accélération de l’histoire aura au moins eu pour effet de remettre quelques pendules à leur place.

Si la pratique a infligé sa leçon, le discours officiel, pour sa part, à quelques tremolos sur la régulation des affaires et l’éthique des entreprises près, paraît inébranlable : la dignité de qui n’est pas une banque doit continuer de passer par l’étroit chenal du travail salarié. Il faudrait donc accepter n’importe quelle offre «raisonnable» d’emploi sous peine de radiation et suppression de revenu, subir la suspicion des départements et les intrusions de la CAF en dépendant du RSA, avoir capitalisé des droits et être un artiste de l’entreprenariat de soi pour ouvrir droit au chômage, souscrire à l’obligation de s’activer que la fusion de l’ANPE et de l’ASSEDIC en un Pôle emploi doit conforter, bref, vouloir «gagner plus» et se soumettre pour un minimum.

Ce plan d’attaque peut-t-il se réaliser ? Rien n’est moins sûr. Envisageons l’exemple du RSA, nouvelle pièce centrale de ce consensus travailliste qui, avec d’autres, donne forme à la société. Moment probablement crucial d’une réforme permanente, le RSA, avec l’obligation d’inscription au chômage qu’il comporte, va impliquer plus de chômeurs à inscrire et, pire encore, à suivre. Il va également entraîner une explosion du nombre d’allocataires gérés et contrôlés par CAF. Ses dispositions englobent une telle masse de populations que la montée en charge à laquelle diverses institutions se voient théoriquement contraintes paraît vertigineuse, contradictoire et risquée.

Typique de l’actuelle dépolitisante inflexion morale de la politique, le RSA est, pour notre bien, comme on le proclame partout, une nouvelle pièce de la machine à précariser. Peut-on prévoir ses effets ? En matière d’emploi, au moins deux. Prétendant lisser les irrégularités de revenu mensuel afin de «sécuriser les parcours», cette réforme modifie les normes salariales et va, d’une part diriger l’activité et le besoin de revenu vers le «travail indépendant» sous-payé et, d’autre part, conduire les salariés précaires vers des CDI, en l’espèce, des contrats à temps partiels à durée indéterminé.

Le CDI sera en effet un des seul moyen de se garantir un revenu stable avec un RSA qui individualise et laisse opaque les modalités de son cumul avec des salaires. On va «blanchir du travail au noir», développer les services aux personnes et aux entreprises, et multiplier les CDI type Mac do et grande distribution. Mais cette restructuration du marché de l’emploi intervient alors qu’avec la crise du crédit, les reconversions économiques s’accélèrent. Avant même le RSA, le chômage est «reparti à la hausse».

Pour faire face à la situation, il ne suffira pas d’assister les entreprises, il va falloir disposer d’un lien direct à la population elle-même. Allié de la concurrence, le mérite se mesure à l’aune de l’entreprise et de son fameux esprit. L’essentiel est de continuer à graduer ce mérite, a découper des catégories, à gouverner les individus. Alors ça bricole. D’un côté, on annonce que dans l’automobile, l’ouvrier, le vrai — pas comme ces milliers d’intérimaires aux contrats non renouvelés, aujourd’hui en butte aux règles de l’assurance chômage — sera couvert lors de mises au chômage technique (il pourra «se reposer», dit le journal de 20h de France 2), 1000 heures par an payé au SMIC par l’État, un complément étant versé par l’entreprise, et de l’autre côté, on verse pas moins de 70 euros supplémentaires de prime de fin d’année à chaque bénéficiaire…

Surtout, ne prétendre ni à une formation désirée ni à une retraite avant le statut de grabataire reconnu ou la mort. On borne nos comportements : faut pas se solidariser avec des immigrés non-choisis, sous peine d’inculpation pour «aide au séjour irrégulier», pas se complaire dans l’addiction aux droits sociaux car il est immoral et condamnable de «vivre dans l’assistance» sans vivre dans la honte, tout comme il faut interdire d’échapper à la traçabilité (suivi individualisé, carte navigo ou de crédit, portables, prélèvements ADN) sous peine d’arraisonnement.

Mais, derrière les mises en scène d’une capacité d’initiative, les plans de relance, les gesticulations «anti-terroristes», sous la réforme permanente et l’inflexion sécuritaire, l’activité de gouvernement apparaît pour ce quelle est : l’organisation des privilèges, le refus de l’égalité.

Ce collectivisme des dominants, on le dit désormais décomplexé. Le fait est qu’il se permet avec simplicité tous les arrangements tandis qu’il refuse obstinément en général et en détails tout ce qui remettrait en cause l’atomisation sociale et l’écrasement qui l’autorise encore à fonctionner.

Nous sommes tous des irréguliers de ce système absurde et mortifère.

Ni RSA, ni CDI, auto-organisation !

CIP-IDF - L’Interluttants no 29, décembre 2008.
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Mercredi 26 novembre 2008

Les personnels de l’ANPE et de l’ASSEDIC en ont marre d’être méprisés, sous-payés, sur-chargés, contrôlés, déqualifiés, sous-équipés, préssurés, sous-informés, manipulés, privatisés, délocalisés (bientôt)…
Le tout pour devenir une officine à la solde du patronat, chargée de faire accepter, à nos concitoyens, à nos proches et à nous-mêmes, des salaires de misère et des conditions de travail indécentes.

À quand les mutations sur la Plateforme de Service Téléphonique de Pékin, en contrat local ?

À quand les commissariats du chômage ouverts le dimanche ?

Le moment est venu d’exiger :
— L’augmentation immédiate des salaires pour les personnels ANPE et ASSEDIC,
— La titularisation de tous les précaires sans condition,
— L’abrogation des lois répressives contre les chômeurs,
— L’augmentation des minima sociaux,
— Des conditions d’accueil et de travail dignes d’un service public d’utilité sociale, qu’en qualité de contribuables, salariés et usagers, nous construisons et faisons vivre.
La CNT invite les personnels de l’ANPE, de l’ASSEDIC et les chômeurs à se mobiliser et à participer aux actions syndicales à venir.

En lutte maintenant,
En grève dès le 1er décembre 2008 !


Section ANPE, 24 novembre 2008.


Une manifestation est prévue à Paris à 10h00 Bastille-Bercy (ministère).




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Dimanche 16 novembre 2008

Maintenant que la plupart des personnels de l’ANPE et de l’ASSEDIC ont compris :
— Qu’ils nont rien à négocier donc à gagner dans la nouvelle institution (ni en termes de salaire, de promotion ou de conditions de travail),
— Que la déontologie et les missions du SPE sorientent uniquement vers le contrôle des  demandeurs demploi qui nont plus que des devoirs et des obligations,
— Que le SMP réinvente le pointage physique 25 ans après son abandon,
— Que les conditions de travail et daccueil ne vont quempirer et nous déqualifier (notamment avec le déploiement des PST),
— Que la lutte des places fera des dégâts collatéraux dans lencadrement,
— Que les rappels à la règle réguliers du DRA IDF, sur la diffusion des documents syndicaux, en disent plus long sur lavenir quon nous réserve, que toute la propagande officielle.
— Que l’État ne trouvera pas 1,5 milliards deuros pour lemploi alors quil débourse cash 10 milliards pour les banques et augmente le budget des OPP,
— Que les solutions du gouvernement se résument toujours à accroître la précarité et à faire baisser les salaires,
— Que le paritarisme et le dialogue social ont trouvé leurs limites en sengluant dans des négociations de dupes, au lieu de déclencher une mobilisation des salariés du SPE et usagers à partir du terrain,
— Que la fusion savère nêtre quune vaste esbroufe de communication creuse et aux desseins peu avouables,
— Quen définitive, la fusion ANPE-ASSEDIC ne sera que le mariage du chômage et de la misère.

Ne serait-il pas temps d
envisager une riposte unitaire, en plus dune résistance quotidienne aux régressions sociales qui se dessinent, tant pour les personnels du Service public de l’Emploi que pour les chômeurs ?

La grève, on la commande au Père Noël
ou on l’organise
en assemblée souveraine des salariés ?


Syndicat CNT santé social & collectivités territoriales rp
Section ANPE, le 14 novembre 2008.

Qui sème la misère, récolte la colère !


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Dimanche 16 novembre 2008

Depuis la mi-octobre, nous nous amuserions presque de voir avec quelle énergie le gouvernement  revient (en surface seulement) sur les politiques libérales  qu’il a imposées à marche forcée. Le secrétaire à l’emploi L. Wauquier annonce une relance des contrats aidés (380.000 en 2008) alors qu’on prévoyait de ramener ce chiffre à 230.000… Aucun recul des politiques régressives et antisociales n’est envisagé. Au contraire !

Sublime hypocrisie aussi, la critique du système de formation qui n’aurait pas bien fonctionné alors que depuis des années on torpille l’accès à la formation et qu’on s’escrime à tordre le coup de l’AFPA (quand on veut abattre son chien…).

Alors pourquoi, selon Dominique-Jean Chertier (président du CA de la nouvelle institution), la fusion ANPE-ASSEDIC sera efficace : «Nous aurons l
an prochain à peu près le même nombre demplois. Avec les référents et les entretiens uniques, nous allons faire des gains de productivité importants permettant daméliorer le service rendu» ou alors «Mais je suis persuadé que la fusion va occasionner rapidement des gains defficience» ?

Maintenant voilà donc le nouveau «plan emploi» du président de la République qui confirme les orientations citées précédemment en y introduisant encore des mesures  de précarisation (CDD assouplis et travail le dimanche) et évidemment brandit l
arme suprême contre le chômage : le guichet-référent-contrôleur unique ! Cest magique on vous dit ! Ils en sont sûrs les gars. Donc cest efficace parce que ça renforce lefficacité. CQFD !

Pas étonnant donc, que l
ANPE ne soit pas exempte dinjonctions paradoxales de même type, ni dy ressentir un éloignement de plus en plus patent entre les objectifs portés par les ELP et le travail des conseillers, qui conduit à des situations aberrantes. Ainsi nous constatons au travers des circulaires internes ou des recommandations managériales  de plus en plus de dérives : un AEP  qui ne veut pas enregistrer un entretien avec un DE car «pas dans la fenêtre de tir» et donc ne compte pas dans les indicateurs, bien que lentretien soit effectif ; une agence qui note dans ses dispositions particulières que les DE ne doivent pas avoir dentretiens dembauche le jour de leur RDV SMP…

Au regard des axes de formatage prévus pour les personnels (surtout ANPE) de la nouvelle institution, il est clair que les changements de métiers impliquent un changement de mission et surtout de déontologie. De plus, la teneur du programme de formation prévue atteste de la volonté de voir disparaître la notion de conseil au profit de celle de contrôle. Le Référent Unique aura à sa main tous les outils pour contraindre et sanctionner le demandeur d
emploi, doffice présumé coupable de fraude ou de fainéantise.

Comment dans ses conditions pouvoir espérer une quelconque augmentation de salaire, pour un  professionnel dont la mission principale sera de faire baisser les prétentions salariales et faire accepter un maximum de flexibilité, au regard des nouveaux codes de radiation et règles d
actualisation du PPAE ? «Exploitation bien assumée commence par soi-même», nous rétorquera-t-on bientôt !

La crise qui secoue l
économie mondiale reste une aubaine pour les tenants de lultra libéralisme qui sempressent de casser le service public au nom des économies budgétaires, de licencier en prévision des éventuels déficits des actionnaires, dimposer toujours plus la précarité (CDD, Contrats aidés…) et  la baisse des prétentions salariales. On débourse cash 10 milliards deuros pour six banques  françaises et on couvre leurs boursicotages toxiques à hauteur de 320 milliards. Mais pour trouver 1,5 milliards pour le service public de lemploi… surtout quand on augmente les lignes budgétaires destinées aux Opérateurs Privés de Placement ?

Dans un tel contexte, quel avenir pour les usagers
et les personnels du service public de l’emploi ?



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