Vendredi 27 novembre 2009
Morlaix (29) : La mairie occupée par le comité de
chômeurs
Depuis 17 heures, le comité de chômeurs et solidaires occupe la mairie de Morlaix. Une vingtaine de personnes
protestent ainsi contre «l’injustice sociale banalisée et généralisée».
D’autres actions de ce type ont également lieu à Lannion, Rennes et Quimper. Ce mouvement s’inscrit dans le cadre des marches régionales qui ont
lieu un peu partout en France depuis le 20 novembre et jusqu’au 5 décembre. Des marches organisées pour protester contre le chômage, les licenciements et les précarités.
Leur presse (Le Télégramme), 27 novembre 2009.
Le comité de chômeurs et solidaires occupe la mairie de Morlaix
Ils sont une vingtaine à avoir investi le hall de la mairie pour y porter leurs revendications. Le comité de
chômeurs et solidaires MNCP, rejoint par des militants de Brest et des membres de partis de gauche, se disent «prêts à passer la nuit» dans le bâtiment. «Un lieu public qui appartient à tout le
monde.»
Ils indiquent vouloir ainsi exprimer leur «colère face à l’injustice sociale banalisée et généralisée». Les revendications, portant sur la précarité, sont les mêmes que celles exprimées à Brest, où une action similaire a lieu depuis vendredi
dernier. D’autres mouvements se sont déclenchés à Lannion, Rennes et Quimper.
À Morlaix, les militants ont rencontré John Enot, directeur général des services, qui pour l’heure n’entend pas laisser l’action se prolonger au-delà des horaires d’ouverture au public. Pour «une
question de droit et de méthode».
L’action s’inscrit dans le cadre des marches régionales qui ont lieu un peu partout en France depuis le 20 novembre (jusqu’au 5 décembre). Une distribution de tracts sur le marché est prévue
samedi matin.
Leur presse (Ouest-France), 27 novembre.
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Vendredi 27 novembre 2009
Le mouvement des chômeurs et précaires en lutte de Rennes occupe la mairie de Rennes depuis ce
matin.
Dès 10 heures une quarantaine de chômeurs et précaires a occupé un Pôle emploi pour dénoncer la délation pratiquée par les Pôle emploi avec la mise en place de «la lampe bleue». Devant le nombre
conséquent de personnes, la direction de l’agence a annulé les rendez vous et empêché l’accueil des chômeurs.
À la suite de cette action nous nous sommes dirigés vers la mairie pour l’occuper et nous nous sommes installés dans le hall de la mairie, façade gauche.
Comme le mouvement brestois, nous comptons y rester.
Nous appelons le maximum de personnes à nous rejoindre et à occuper les bâtiments publics et mairies de toutes les villes de France. Nous risquons d’être expulsés à 18 heures, venez
nombreux.
MCPL Rennes, 27 novembre
2009.
Chômeurs et précaires évacués du hall de la mairie
Ce vendredi matin, une trentaine de «chômeurs précaires en lutte» (MCPL) ont commencé à investir le hall nord
de la mairie Rennes. Et ce, jusqu’à 13h30. Après une négociation avec l’élue de permanence, ceux-ci ont ensuite occupé le hall sud.
Décidés à une occupation durable, ils ont alors appelé le plus grand monde de personnes à venir les rejoindre vers 18 heures. C’en était trop pour les élus municipaux qui ont fait appel
aux forces de l’ordre. À 16 heures, une trentaine de policiers sont donc intervenus pour faire évacuer les lieux. L’opération a duré moins de cinq minutes.
L’objectif des membres du MCPL était de dénoncer l’emploi des lampes UV par les services de Pôle emploi. Ces lampes sont destinées à vérifier la validité des papiers d’identité des chômeurs.
Officiellement, pour éviter toute fraude. Pour le MCPL, ce dispositif permet à Pole emploi «de participer à la chasse aux sans-papiers».
Leur presse (Ouest-France), 27 novembre.
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Mercredi 25 novembre 2009
La désastreuse fusion des ASSEDICS et de l’ANPE a entraîné une surenchère de contrôles humiliants, de mépris (ah
les joies du 39 49...) et de radiations. Le refus de l’accompagnement contraint des chômeurs vers l’emploi «raisonnable», c’est-à-dire sous-payé et non choisi, à coups de convocations
mensuelles imposées et de menaces n’était d’ailleurs pas pour rien dans les grèves de salariés de Pôle Emploi eux aussi soumis aux contraintes du contrôle de gestion. L’instauration du RSA
quant à elle, loin d’encourager les travailleurs pauvres à intégrer ce dispositif qui leur est destiné, s’est traduit par une réticence prononcée à entrer dans cet engrenage du
flicage.
Ces deux mesures sociales sont accompagnées d’une inflation des discours sur la «mobilisation» des précaires : la glorification de la «valeur travail» aux relents pétainistes conjuguée aux
techniques de management et de coaching seraient censées motiver tous ceux qui semblent dubitatifs face aux bienfaits de l’emploi. Des stages, des formations bidon, des
«accompagnements» intensifs sous-traités à des boîtes privés se faisant du pognon sur le dos des précaires viennent rappeler au futur travailleur heureux qu’il faut être actif et impliqué même
dans un boulot de merde et sous-payé. Et pour bien d’autres, c’est la course au cachet, sans cesse recommencée et le piège du statut d’auto-entrepreneur, l’auto-exploitation, la faillite et
l’endettement pour perspectives.
Parmi les millions d’inscrits à Pôle Emploi, plus de la moitié ne perçoivent pas d’allocations. Des millions de «découragés» se débrouillent avec des expédients divers et préfèrent éviter les
sinistres locaux aseptisés de Pôle Emploi et leurs agents au bord de la crise de nerfs. On parle de plus de 8 millions de salariés pauvres, dont une très large majorité des femmes, vivant avec
des revenus dérisoires et confrontés à des conditions de travail dégradantes. Dans ce contexte, les conditions de logement de millions de personnes continuent à être désastreuses. La pression sur
les sans-papiers condamnés à des boulots encore plus sous-payés que d’autres et à la peur s’accroît. Entretemps les gouvernants gouvernent et les capitalistes capitalisent. Le vol de nourriture
explose, nous dit-on, dans les supermarchés. Appelons ça auto-défense sociale.
C’est contre la misère et le flicage de la misère que des sans-papiers se mettent en grève, que des précaires, des mal-logés s’organisent et agissent en menant des actions dans les Pôle Emploi et
les CAF, en faisant des auto-réductions dans des supermarchés, en occupant des maisons vides.
Des marches de chômeurs et précaires ont commencé dans une quinzaine de villes ; à Brest la mairie est occupée depuis vendredi 20 novembre et
devient un lieu de regroupement pour ceux qui décident de sortir de l’isolement et de lutter.
Samedi 5 décembre une manifestation nationale aura lieu à Rennes, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Marseille et Paris. Avant et après, intensifions les luttes de tous les précaires.
Exigeons dès maintenant :
- Le relèvement massif des minima sociaux, pas d’allocation en dessous du SMIC,
- La suppression de l’«offre raisonnable d’emploi» et du suivi mensuel obligatoire,
- La suppression du 3949 et le rétablissement de l’accueil au guichet,
- La liberté d’établir ou non un contrat d’insertion avec des contenus décidés par les allocataires
eux-mêmes.
Manifestation contre le chômage, la précarité, pour de nouveaux droits
Samedi 5 décembre à 14h, place Stalingrad à Paris
Multiplions les actions avant et après le 5 décembre, et retrouvons-nous
- Mercredi 25 nov à 15h à Asnières, Métro Courtilles, ligne 13,
- Mercredi 2 décembre à 11h place du Châtelet,
- Samedi 28 à 16h, 14 quai de Charente (M° Corentin Cariou), une rencontre pour préparer ensemble la manifestation du 5 décembre.
Pour ne pas se laisser faire, agir collectivement :
Permanence CAP
Accueil et informations sur le régime d’assurance-chômage des intermittents du spectacle
Lundi de 15h à 18h
Envoyez questions détaillées, remarques, analyses
Permanences précarité
Lundi de 15h à 17h30
Adressez témoignages, analyses, questions, récits d’action, infos utiles
À la Coordination des intermittents et précaires
14 quai de Charente, Paris 19e
Métro Corentin Cariou, ligne 7
Tél. 01 40 34 59 74
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Mercredi 25 novembre 2009
Licenciements, augmentation de la pauvreté, dislocation du service public. La situation sociale est sous tension
mais la situation politique est amorphe : aucune journée de grève depuis des mois, peu de mouvements de contestation depuis la rentrée. Voilà plusieurs mois que nous avons commencé à nous
organiser, nous, chômeurs, salariés et étudiants contre le mépris que nous subissons. Les diffusions de textes, les occupations et les décontaminations de Pôle Emploi se sont succédées en
Bretagne et ailleurs. Et là, interviennent des marches régionales contre le chômage, la précarité et les licenciements au milieu de l'autonme, sous la pluie bretonne et dans la grisaille
sociale. La marche bretonne ponctuée d'actions, s'étale sur deux semaines : du 20 au 24 à Brest, du 25 au 26 à Morlaix, du 26 au 28 à Lannion, puis Quimper, Saint-Brieuc la deuxième semaine,
pour finir le 5 décembre à Rennes par une manifestation régionale.
Appel à occupation ! À Brest, la manifestation du
vendredi 20 novembre s'est conclue par l'occupation de la mairie. Cette occupation est intervenue le jour du départ des marches régionales. L'occupation a commencé par une intervention à un
colloque organisé à la mairie autour des «questions d'habitat, les acteurs de l'immobilier dans l'agglomération brestoise». Nous nous sommes rendus à plusieurs dizaines à la tribune pour arracher
une prise de parole. Nous avons exprimé notre sentiment de révolte envers les décideurs politiques, les techniciens et les gestionnaires du logement. Ainsi, nous avons élu domicile à l'Hôtel de
ville depuis déjà cinq jours. C'est dans ce contexte que nous lançons ce modeste appel à l'occupation des mairies et des bâtiments publics stratégiques.
Pourquoi occuper
? La précarité touche ou menace chacun d'entre nous, et se réunir pour s'y opposer est essentiel. S'organiser, c'est donc se prémunir de l'isolement, mais aussi combattre la culpabilisation
que l'on nous fait endosser. Là où les salariés disposent de locaux syndicaux, nous, précaires, ne bénéficions d'aucune salle pour nous organiser. C'est une manière de préserver notre motivation,
pour continuer la lutte et la vivre tous ensemble, 24h/24h. Occuper pour avoir un lieu, un lieu qui permet à chacun de se renseigner, de participer, de nous rejoindre. Occuper pour agir vers
l'extérieur, la ville, ses Pôle Emploi, sa CAF et ses hauts lieux du contrôle social.
Pourquoi la mairie ? Parce que notre collectif n'est pas reconnu administrativement et ne peut pas réserver la salle municipale, telle que la maison du Peuple ou la maison des syndicats.
Parce que quand bien même nous disposerions de l'autorisation de louer la salle des syndicats, nous ne sommes pas disposés à payer 100 euros afin de rendre public un débat évité par les
dirigeants de la société. La mairie, c'est le lieu central par exellence, celui qui rend visible au plus grand nombre notre mobilisation. Comme dans ce monde, il n'y a pas de logement pour tous,
nous occupons la maison commune, la maison de toutes et tous. Nous nous approprions un lieu mais surtout des moments de vie, arrachés au sinistre système marchand.
Qu'est-ce qu'occuper ? Occuper c'est rompre la morosité ambiante. C'est assurer un point d'accueil à la journée pour les chômeurs et les précaires. Une permanence quotidienne où nous
précaires, radiés de Pôle Emploi, aux allocataires du RSA obligés de payer la taxe d'habitation (dispensée précédement aux personnes recevant le RMI) pouvons venir exposer nos problèmes
spécifiques, trouver une réponse collective et s'organiser en conséquent. Occuper c'est s'organiser collectivement : Assemblées Générales, préparations d'actions. Occuper c'est créer. Créer un
lieu de convivialité avec ses joies, ses peines, ses tensions... bref des émotions partagées au cours des repas collectifs, des ateliers (projection, écriture...) et des éprouvantes nuits de
sommeil. Ah ! quel bonheur lorsque la vie remplace la gestion !
Notre objectif. Nous cherchons à amplifier le mouvement des précaires, des humiliés et insoumis. Cette occupation de la mairie ne suffit pas. À Brest, elle ne sera que temporaire mais elle
en appelle à d'autres occupations. Que se succèdent les occupations pour engager un rapport de force avec les pouvoirs publics. Le gouvernement doit prendre acte, des précaires s'organisent et
entendent ne rien lâcher.
Rendez-vous franciliens : Multiplions les actions avant et après les manifestations régionales du 5 décembre à
Lyon, Toulouse, Marseille, Rennes et Paris,
- Mercredi 25 nov à 15h à Asnières, Métro Courtilles, ligne 13,
- Mercredi 2 décembre à 11h place du Châtelet,
- Samedi 28 à 16h, 14 quai de Charente (Métro Corentin Cariou), une rencontre pour préparer ensemble la
manifestation du 5 décembre.
Consulter le site de la CIP pour suivre les infos dans les
régions.
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Mercredi 30 septembre 2009
Ceux qui connaissent aujourd’hui une situation de chômage et de précarité affrontent une double nécessité, lutter
contre la situation qui leur est faite, situation qui n’a fait qu’empirer ces derniers mois, et remettre en cause les politiques de l’emploi telles qu’elles sont menées, nous laissant le choix
entre la radiation et les petits boulots mal payés, exténuants et précaires.
Dans un premier temps, la crise de l’économie a signifié pour les chômeurs et précaires l’instauration d’un climat propice à l’accentuation du contrôle et des radiations, moyen de résorber les
effets de la crise et d’éviter à tout prix une explosion des chiffres du chômage. Mais la crise de l’économie pourrait bien apparaître pour nous chômeurs et précaires comme une bonne nouvelle,
comme le moyen d’échapper aux pressions et contrôle quotidien de l’institution, car Pôle emploi se trouve maintenant confronté à une situation qui n’était pas prévue : des pans entiers de
l’industrie sont désormais touchés par un chômage de masse. Effets différés de la crise qui commencent seulement à apparaître et dont on n’a pas fini de mesurer l’ampleur, en particulier dans les
secteurs de l’automobile et du textile.
L’équilibre précaire, maintenu entre les nouvelles inscriptions de demandeurs d’emploi et les radiations, ne va pas tenir longtemps dans cette situation et Pôle emploi ne sera plus en mesure
d’assurer un contrôle aussi strict, ni de maintenir le même rythme de radiation, à moins de prendre le risque de voir enfler une population de pauvres à qui l’on a supprimé les revenus et qui
pourrait devenir un réservoir de colère et de désespoir prêt à éclater à tout moment.
L’évolution du traitement du chômage peut se résumer ainsi : depuis la mise en place du PPAE, Projet Personnalisé d’Accès à l’Emploi, les chômeurs sont soumis à de nouvelles et multiples
procédures de contrôle ; parmi celles-ci ont retiendra l’obligation d’accepter toute offre dite «raisonnable», au regard d’un marché de l’emploi qui exige de la main d’œuvre dans les secteurs où
les rémunérations sont les plus faibles et les conditions de travail les plus dures, deux refus non justifiés entrainant la radiation et la suspension des allocations, ou encore la présence à
toute convocation, une absence entraînant les mêmes conséquences. Il est à noter également que les conditions définies par l’offre raisonnable d’emploi évoluent au bout de trois, puis six, et
enfin, douze mois, passé cette période les chômeurs sont contraints d’accepter toute offre d’emploi proposant un salaire au moins égal à leur allocation chômage.
La mise en place du RSA est venue étendre ce contrôle à l’ensemble des anciens Rmistes, puisqu’ils sont maintenant également soumis au PPAE et à l’offre raisonnable d’emploi. Les allocations qui
étaient auparavant «subordonnées» à une démarche d’insertion mais qui existaient comme un droit peuvent aujourd’hui être supprimées et ses bénéficiaires laissés sans ressources, de surcroît les
chômeurs et les bénéficiaires du RSA sont contraints de travailler sans pour autant connaître une augmentation substantielle de leur revenu.
La fusion ANPE-Assedic instaure le contrôle à distance, un seul numéro pour joindre Pôle emploi à présent, le 39 49, une plate-forme téléphonique régionalisée, tout contact avec Pôle emploi en
dehors des rendez-vous mensuels devant être effectué par téléphone ou par mail. Finie ainsi la possibilité d’avoir un interlocuteur direct et identifiable, en cas de radiation, on n’a jamais le
même conseiller pour suivre son dossier.
À cela s’ajoutent, les rendez-vous mensuels obligatoires et les ateliers bidons, auxquels il sera de plus en plus dur d’échapper, pour nous apprendre à faire un CV ou une lettre de motivation,
incapable que nous sommes. Nous touchons ici aux images qu’aimeraient nous voir incarner le pouvoir et les institutions. D’un côté la figure du mauvais chômeurs, rétif à tout travail et profitant
tel un parasite des allocations sociales (c’est de cela que vient nous suspecter chaque dispositif de contrôle). De l’autre la figure de l’handicapé social incapable de réaliser lui-même une
recherche d’emploi et qu’il faudra par conséquent toujours accompagner dans ses démarches.
Nous refusons cette classification et nous disons que nul chômeur n’est rétif à tout travail, mais plutôt qu’il y aura toujours des rétifs à l’ordre économique tant que nous ne pourrons pas
travailler librement, selon nos aspirations et en accord avec une collectivité affranchie du capitalisme. La colère que suscitent Pôle emploi et la Caf montre qu’existe toujours un désir de
défendre ses droits et d’en acquérir d’autres comme cela s’est produit pendant le mouvement des chômeurs de l’hiver 97-98. C’est pour cela qu’il est d’autant plus important, à l’heure où ces
figures reviennent avec force, de faire exister une autre parole et d’affirmer que nous n’en voulons pas.
Une des premières nécessité est alors de parvenir à organiser les chômeurs et précaires pour empêcher les radiations ou pour débloquer des allocations, par des actions juridiques ou collectives,
comme cela s’est fait à la commission locale d’insertion de Ploërmel et qui a permis à une allocataire de récupérer 2800 euros qui lui était dû. Une autre tâche inséparable est bien sûr de
construire un rapport de force avec Pôle emploi pour obtenir le retrait du PPAE et de l’offre raisonnable d’emploi, ainsi que de la plate forme téléphonique 39 49, comme l’ont exigé les salariés
grévistes de Pôle emploi en juin dernier. Enfin, s’organiser au sein d’un mouvement de chômeurs et précaire permet de trouver d’autres formes de sociabilité que celles offertes par la
société-entreprise qui ne connaît que des sujets de l’économie et des variables d’ajustements. Autres formes de sociabilité que l’on pourrait qualifier d’horizontales et égalitaires.
La seconde nécessité pour un mouvement de chômeurs et précaires aujourd’hui serait de mener une lutte contre les politiques de l’emploi et l’institution chargée de les administrer, avant que
celle-ci ne sous-traite massivement au privé comme cela à déjà commencé. Il y a donc une importance à frapper Pôle emploi maintenant, au moment où cette institution est la plus faible. La crise
que traverse cette institution nous donne l’occasion de la mettre politiquement en crise.
Nécessité donc pour les chômeurs et précaires d’aggraver la crise de Pôle emploi qui est inséparable de la crise de l’économie. Impossible alors de souhaiter une quelconque résorption de la crise
économique. Un retour à la normale, à la bonne santé économique signifierait la bonne marche de Pôle emploi et donc l’amplification des pressions exercée sur les demandeurs d’emploi, le chantage
au travail quel qu’il soit pour éviter la radiation, ou encore la culpabilisation de ne pas être un employé modèle à l’heure de l’optimisme et de la reprise. La crise nous offre la possibilité
d’envisager une autre réalité et d’autres conditions de vie que celles qui existaient jusqu’alors, cela nous fait penser qu’il n’y a rien à attendre d’une reprise de l’économie et du marché de
l’emploi. C’est plutôt, par notre capacité à nous organiser et à nous affranchir de l’économie et de ces crises, en leurs substituant de nouvelles formes d’organisation du travail non-basées sur
l’exploitation, que nous pourrons changer nos conditions d’existence, conditions d’existences que le pouvoir veut voir constituer de pauvreté, d’isolement et d’humiliation. Pour ce faire, il nous
a semblé qu’une cible privilégiée était l’espace de gestion du chômage qui est également l’endroit où sont attribués un certains nombre de revenus, à l’heure où ceux-ci, dans un contexte de
crise, tendent à diminuer et deviennent alors objet de luttes politiques d’importance.
Pour discuter de toutes ces questions et envisager des perspectives de luttes pour les chômeurs et précaires, nous vous invitons à une réunion publique avec le Mouvement des Chômeurs et
Précaires en Lutte de Rennes et la Coordination des Intermittents et Précaires d’Île-de-France, le samedi 3 octobre à 17h à la Cantine
Populaire, 244, rue de Nantes.
Réunion publique à la cantine populaire :
Ni chair à patrons, ni chair à radiations !
Faisons dérailler Pôle emploi !
Samedi 3 octobre, à 17h
Au 244, rue de Nantes, Rennes
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