Autodéfense

Lundi 16 novembre 2009
Index alphabétique des insultes proférées par le Jura Libertaire à l’endroit du site «Contre-Informations» au cours de la «polémique» engagée par ce dernier

Anecdotique : seul le prolétariat en actes pourra nous dire si les glorieux faits d’armes de la Longue Marche et du Grand Bond en avant réunis ne risquent pas de se voir ravalés au rang d’une anecdotique partie de billes dans l’histoire des révolutions  [voir aussi aventures, campagne, épopée, feuilleton, saga, tartine]
Arguties : ces pauvres arguties idéologiques s’écroulent d’elles-mêmes, quand les armes ne sont pas là pour les soutenir  [voir aussi cadavre, saga, ainsi que haine, honnêteté, mensonges, novlangue, oubli, réalité, schématisme, sophistique, taxonomie]
Armées rouges  [voir anecdotique, arguties, sang]
Aventures : palpitantes aventures de «Contre-Informations» contre le Jura Libertaire  [voir aussi anecdotique, campagne, épopée, feuilleton, saga, tartine]
Bureaucratie : dérisoire bureaucratie maoïste qui rêve de prendre la relève du «ramassis d’escrocs, d’imposteurs, d’industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l’heure tient le pays»  [voir aussi maoïsme, MLM, stalinien, web-maos]
Cadavre idéologique maoïste (qui) fait encore mine de bouger  [voir aussi arguties, saga, ainsi que morts, zombies]
Calomnie ; calomnies maoïstes
Camarades  [voir chouineurs, cracher, morts, pouvoir, stalinien]
Campagne anti-anarchiste  [voir aussi anecdotique, aventures, épopée, feuilleton, saga, tartine]
Chouineurs : «le terme de "camarade" est un terme communiste», chouine-t-il
Cracher : ce n’est pas aux révolutionnaires de cracher sur la stratégie de défense choisie par des camarades  [voir aussi cracher, dénonciateurs, désinformateurs, fascistes, flics, fragno, juges professionnels, policiers, poux, provocateurs]
Curés ; curés (qui) espèrent nous ramener «à la réalité» de 2009  [voir aussi enfants decœur, sermon]
Dénonciateurs  [voir stalinien, zombies, ainsi que cracher, désinformateurs, fascistes, flics, fragno, juges professionnels, policiers, poux, provocateurs]
Désinformateurs : «Contre-Informations» désinforme et provoque  [voir aussi cracher, dénonciateursfascistes, flics, fragno, juges professionnels, policiers, poux]
Doctrinaire : (attaché) à revendiquer une bribe précieuse de son capital doctrinaire
Enfants de cœur (qui) déclinent la lignée de leurs Évangélistes  [voir aussi curés, sermon]
Épopée anti-Jura Libertaire du PCMLM  [voir aussi anecdotique, aventure, campagnesfeuilleton, saga, tartine]
Évangélistes  [voir enfants de cœur, sermon]
Fascistes : ils voient des fascistes partout, et d’abord chez les «anarchistes», ou assimilés ; «autonomes» et «anarchistes» transfigurés en fascistes  [voir aussi cracher, dénonciateurs, désinformateurs, flics, fragno, juges professionnels, policiers, poux, provocateurs]
Feuilleton de l’été  [voir aussi anecdotique, aventures, campagne, épopée, saga, tartine]
Flics  [voir aussi policiers, ainsi que cracher, dénonciateurs, désinformateurs, fascistes, fragno, juges professionnels, poux, provocateurs]
Fragno : les maos, c’est fragno !  [voir aussi cracher, dénonciateurs, désinformateurs, fascistes, flics, juges professionnels, policiers, poux, provocateurs]
Haine envers la vérité ; haine éternelle  — et post mortem — (méritée par) les situationnistes   [voir aussi arguties, honnêteté, mensonges, novlangue, oubli, réalité, schématisme, sophistique, taxonomie]
Honnêteté : premier lecteur honnête  [voir aussi arguties, haine, mensonges, novlangue, oubli, réalité, schématisme, sophistique, taxonomie]
Idéologie  [voir arguties, cadavre, saga]
Insulte  [voir taxonomie]
Juges professionnels  [voir savants, ainsi que cracher, dénonciateurs, désinformateurs, fascistes, flics, fragno, policiers, poux, provocateurs]
Maoïsme : le maoïsme travaille ; maoïste ; maoïstes ; maos  [voir aussi bureaucratie, cadavre, calomnie, fragno, ainsi que MLM, stalinien, web-maos]
Mensonges (auxquels) il n’y a rien à répondre ; parti du mensonge (se heurtant) désormais partout à celui de la vérité  [voir aussi arguties, haine, honnêteté, novlangue, oubli, réalité, schématisme, sophistique, taxonomie]
MLM  [voir policiers, savants, et aussi bureaucratie, maoïsme, stalinien, web-maos]
Morts : on laisse les morts enterrer les morts, et les plaindre : notre sort — comme celui de nos camarades — sera d’être les premiers à entrer vivants dans la vie nouvelle  [voir aussi cadavre, zombies]
Novlangue : simple exercice de novlangue  [voir aussi arguties, haine, honnêteté, mensonges, oubli, réalité, schématisme, sophistique, taxonomie]
Oubli : «Contre-Informations» (oublie) opportunément (que) Soral dit lui-même sur son site : «1994-1996 (…) Lecture approfondie de Marx, Lukacs, Wallon, Goldmann et Clouscard»  [voir aussi arguties, haine, honnêteté, mensonges, novlangue, réalité, schématisme, sophistique, taxonomie]
Panique  [voir web-maos]
Policiers de la pensée MLM  [voir aussi flics, ainsi que cracher, dénonciateurs, désinformateurs, fascistes, fragno, juges professionnels, poux, provocateurs]
Pouvoir : c’est une infirmité constitutive du pouvoir que d’ignorer la joie d’avoir des camarades  [voir aussi savants]
Poux  [voir staliniens, ainsi que cracher, dénonciateurs, désinformateurs, fascistes, flics, fragno, juges professionnels, policiers, provocateurs]
Provocateurs  [voir désinformateurs, ainsi que cracher, dénonciateurs, fascistes, flics, fragno, juges professionnels, policiers, poux]
Réalité historique (à) rétablir  [voir aussi curés, ainsi que arguties, haine, honnêteté, mensonges, novlangue, oubli, schématisme, sophistique, taxonomie]
Saga : époustouflante saga idéologique  [voir aussi arguties, cadavre, ainsi que anecdotique, aventures, campagne, épopée, feuilleton, tartine]
Sang : toutes les armées rouges du sang des masses et du schématisme intangible
Savants ès révolutions ; leur «science MLM» leur fait profession de juger jusqu’à celles et ceux que le pouvoir jette en taule
Schématisme  [voir sang, et aussi arguties, haine, honnêteté, mensonges, novlangue, oubli, réalité, sophistique, taxonomie]
Sermon stalinien  [voir aussi curés, enfants de cœur]
Sophistique (dont) le principal aspect est de mentir  [voir aussi arguties, haine, honnêteté, mensonges, novlangue, oubli, réalité, schématisme, taxonomie]
Stalinien ; staliniens ; c’est le travail des staliniens de dénoncer ce «genre de sinistre individu que met en avant le site “Jura libertaire”» ; on ne s’étonnera pas que des staliniens viennent chercher des poux dans la tête à des camarades victimes de la répression d’État  [voir sermon, et aussi bureaucratie, maoïsme, MLM, web-maos]
Taxonomie : dignement rivé à sa piteuse taxonomie du monde à l’envers plutôt que de répondre à l’insulte  [voir aussi arguties, haine, honnêteté, mensonges, novlangue, oubli, réalité, schématisme, sophistique]
Tartine : troisième tartine  [voir aussi anecdotique, aventures, campagne, épopée, feuilleton, saga]
Vérité  [voir haine, mensonges, et aussi curés, honnêteténovlangue, oubli, réalité, sophistique]
Web-maos gagnés par la panique  [voir aussi bureaucratie, maoïsme, MLM, stalinien]
Zombies (dénonçant) «l’idéologie anti-communiste, élitiste, contre-révolutionnaire et fascisante du Comité invisible»  [voir aussi cadavre, morts]

Le Jura Libertaire, 4 août 2009.


Tous les épisodes
Conversation avec Jean-Claude Michéa (1re partie - suite) - JL, 04/07
[À contretemps no 31, mai 2009]
La figure française du «rebelle» - CI, 05/07
Courriel de CI, 18/07 (voir «Michéa & le JL vus par des maos»)
Quand des anarchistes soutiennent la «révolte contre le monde moderne» - CI, 19/07
Michéa et le «Jura Libertaire» contre mai 1968 - CI, 20/07
J.-C. Michéa et le Jura Libertaire vus par des maoïstes - JL, 18, 19, 20/07
Encore une fois sur Michéa - CI, 01/08
Gauche, Gauche, Extrême-gauche ! (encore une fois au sujet du JL) - CI, 03/08
Les maoïstes contre le Jura Libertaire (suite) - JL, 02, 03/08
Poésie antimaoïste - JL, 04/08
Bons baisers du Jura libertaire - JL, 02/10
[Le Post, 28/09]
Le Jura Libertaire délire sur l’Autonomie - CI, 11/10
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Jeudi 12 novembre 2009
Reithalle - Berne, 19 septembre 2009
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Dimanche 2 août 2009

Le maoïsme travaille. Et les maoïstes de «Contre-Informations» en ont décidément après le Jura Libertaire. Les voilà même décidés à en faire la trame d’un feuilleton de l'été, à en juger par leur article du 1er août, qui en constitue déjà le cinquième épisode en date. À l’issue de cette époustouflante saga idéologique, seul le prolétariat en actes pourra nous dire si les glorieux faits d’armes de la Longue Marche et du Grand Bond en avant réunis ne risquent pas de se voir ravalés au rang d’une anecdotique partie de billes dans l’histoire des révolutions.

Le fond de leur querelle, révélée par leur courriel du 18 juillet, n’est autre que d’assimiler les anarchistes au fascisme. «Qui se ressemble s’assemble !» nous écrivaient-ils en effet alors (cf. Jean-Claude Michéa et le Jura Libertaire vus par des maoïstes). Cette campagne anti-anarchiste se base sur un entretien avec Jean-Claude Michéa, paru  d’abord en mai 2009 dans la 31e livraison du bulletin de critique bibliographique À contretemps, et repris par nos soins.


Le 5 juillet 2009, sous le titre La figure française du «rebelle», «Contre-Informations» désinforme et provoque en ces termes : «Michéa est un intellectuel bourgeois (agrégé de philo) qui, issu d’une famille communiste, est totalement passé à côté de mai-juin 1968 et dans le prolongement de sa culture P "C" F révisionniste, combat ardemment la prétendue décadence culturelle du peuple. Bref, un intellectuel bourgeois français de plus expliquant que le peuple est de plus en plus idiot, sans culture, qu’avant c’était différent, que le libéralisme serait une sorte de totalitarisme, etc. Une figure de ces nouveaux réactionnaires qui se parent d’un masque de gauche, comme Alain Soral notamment.»

Il n
y a rien à répondre à ces mensonges, sinon en renvoyant à ce que dit Jean-Claude Michéa lui-même :

«(…) depuis 1964, date de mon premier séjour en URSS, j’avais effectué de nombreux pèlerinages dans les pays du bloc soviétique. C’est la découverte du "socialisme réellement existant", davantage que toute autre considération, qui m’a progressivement amené à comprendre la nature du stalinisme et à remettre en question la vision du monde dans laquelle j’avais été élevé. (…) ces rencontres imprévues avec des travailleurs ordinaires m’ont permis de découvrir ce qu’était leur vie réelle ainsi que la véritable nature de classe du pouvoir soviétique. À moins d’être volontairement aveugle, c’est-à-dire à moins d’être un croyant, il arrive toujours un moment où l’on doit ouvrir les yeux.»
«(…) Marx lui-même, à la différence d’un Lénine, n’avait rien d’un idéologue. C’était un esprit libre, qui se souciait d’abord de savoir si une idée était vraie ou fausse et non si elle était politiquement correcte. Son grand malheur, comme Nietzsche, c’est d’avoir eu des disciples. On sait qu’à la fin de sa vie il avait l’habitude de déclarer : "Moi, je ne sais qu’une chose, c’est que je ne suis pas marxiste." La malédiction de Marx, c’est l’existence du marxisme, ou, plus exactement, celle du "marxisme-léninisme".»
«Je me définirais, pour commencer, comme un "socialiste", au sens que ce mot avait au début du XIXe siècle, dans les écrits de Pierre Leroux ou du jeune Engels (avant qu’il ne soit contaminé par la téléologie progressiste de Marx). En d’autres termes, je demeure fidèle au principe d’une société sans classe, fondée sur les valeurs traditionnelles de l’esprit du don et de l’entraide. (…) Je me définirais ensuite — ce n’est naturellement pas incompatible — comme un démocrate radical, c’est-à-dire comme quelqu’un qui pense que la démocratie ne saurait être réduite aux seuls principes du gouvernement représentatif. (…) Cependant, même si on parvenait à mettre en place des institutions réellement démocratiques (ce qui exigerait, au passage, que le contrôle des puissances d’argent sur le monde des médias soit aboli), il resterait encore un certain nombre de problèmes non résolus. C’est ici qu’entre en jeu ce que j’appelle la dimension proprement anarchiste du problème, en prenant le mot "anarchisme" au sens que lui donnait Orwell. (…) cette question (…) commande tout le reste. C’est même souvent parce qu’on oublie de la poser ou — ce qui est plus grave — parce qu’on s’y refuse, que la plupart des révolutions finissent habituellement par être détruites de l’intérieur ou détournées de leurs objectifs initiaux. C’est en tout cas la thèse qu’Orwell voulait défendre en écrivant La Ferme des animaux. (…) au début du roman, une révolution unanime chasse l’exploiteur Mr Jones. Aussitôt libérés, les animaux décident donc, dans l’enthousiasme général, d’édifier une ferme socialiste modèle. Le problème c’est que certains de ces animaux — ils sont symbolisés, dans le livre, par des cochons — ne sont pas vraiment prêts à vivre dans une société "libre, égalitaire et décente" (selon la définition orwellienne du socialisme) ; et cela parce qu’il leur est tout simplement psychologiquement impossible de s’adapter à un monde dans lequel ils ne pourraient pas contrôler la vie des autres, décider à leur place ou être au centre de toutes les attentions. Ce sont donc naturellement ces cochons qui vont élaborer l’idée selon laquelle, "si tous les animaux sont égaux, certains sont plus égaux que d’autres" (…). À partir de ce moment, conclut Orwell, le destin de la révolution est scellé : rien ne pourra plus empêcher la domination de classe de se reformer, même si c’est sous des formes historiquement inédites. À travers ce conte politique, on voit clairement que, pour Orwell, cette question du désir de pouvoir concerne d’abord les militants révolutionnaires eux-mêmes.»
«(…) il y a déjà très longtemps que le dressage capitaliste des classes populaires ne repose plus, prioritairement, sur l’action de la police ou de l’armée (sinon pourquoi la droite aurait-elle pris la peine de supprimer le service militaire ?). De nos jours, il devrait, au contraire, être évident aux yeux de tous que la production massive de l’aliénation trouve désormais sa source et ses points d’appui principaux dans la guerre totale que les industries combinées du divertissement, de la publicité et du mensonge médiatique livrent quotidiennement à l’intelligence humaine. Et les capacités de ces industries à contrôler le "temps de cerveau humain disponible" sont, à l’évidence, autrement plus redoutables que celles du policier, du prêtre ou de l’adjudant qui semblent tellement impressionner la nouvelle extrême gauche. Critiquer le rôle de l’État libéral contemporain sans mesurer à quel point le centre de gravité du système capitaliste s’est déplacé depuis longtemps vers les dynamiques du marché lui-même, représente par conséquent une erreur de diagnostic capitale. (…) l’assujettissement des individus au système libéral doit, à présent, beaucoup moins à l’ardeur répressive du policier ou du contremaître qu’à la dynamique autonome du spectacle lui-même — c’est-à-dire, pour reprendre la définition de Debord, du capital parvenu "à un tel degré d’accumulation qu’il est devenu image".»
«(…) les courants de "Mai 68" qui ont fini par l’emporter sur le plan politique et culturel — ce sont naturellement ceux qui exprimaient, d’une manière ou d’une autre, la nouvelle culture de consommation — ne sauraient en aucun cas être confondus avec ceux qui s’étaient organisés, depuis la fin des années 50, sur la base d’une critique intransigeante de la société du spectacle et du nouvel esprit du capitalisme.»

À lire ces lignes, on voit précisément quel est le «genre de sinistre individu» qu’«ose mettre en avant» le Jura Libertaire, au grand dam des policiers de la pensée MLM.

Tirant prétexte d’un copié-collé récupérant l’entretien en question sur le site du fasciste Soral — ce qui suffit à en faire selon eux «une référence intellectuelle à l’extrême droite» — pour revenir Encore une fois sur Michéa, les curés de «Contre-Informations» espèrent nous ramener «à la réalité» de 2009.

La réalité de Soral, le Jura Libertaire a déjà pu être amené à la dire. Céline du pauvre, cet intellectuel qui officie tant bien que mal à détourner la critique sociale est somme toute fidèle à la longue vocation des agents du fascisme (on pourra lire à ce propos l’étude de Michel Bounan sur lArt de Céline et son temps, parue en 1997 aux Éditions Allia). L’insignifiant Soral dit lui-même sur son site : «1994-1996 (…) Lecture approfondie de Marx, Lukacs, Wallon, Goldmann et Clouscard», ce qu’oublient opportunément les enfants de cœur de «Contre-Informations» quand ils déclinent la lignée de leurs Évangélistes : «l’extrême-droite ne peut pas reprendre Marx, Engels, Lénine, Staline et Mao Zedong».


Les 19 et 20 juillet vinrent les deuxième (Quand des anarchistes soutiennent la «révolte contre le monde moderne») et troisième (Michéa et le «Jura Libertaire» contre mai 1968) volets de l’épopée anti-Jura Libertaire du PCMLM. Les calomnies maoïstes envers Michéa, lecteur d’Orwell et des situationnistes, nous ont naturellement amené à parler d’Orwell, des fascistes et des staliniens de son époque ; ainsi que des situationnistes, et des maoïstes de leur temps. Rétablir la réalité historique de deux moments révolutionnaires, et des deux camps dans lesquels ont combattu leurs protagonistes, c’est rappeler d’où vient la haine de «Contre-Informations» envers la vérité ; ce que «Contre-Informations» appelle «rejeter la critique». Quelle critique ? Le premier lecteur honnête sent bien que ces pauvres arguties idéologiques s’écroulent d’elles-mêmes, quand les armes ne sont pas là pour les soutenir.


Les maos, cest fragno !

Bien que nous soyons en passe de battre une sorte de record peu commun, le Jura Libertaire ne détient évidemment pas le monopole des attaques de la part de «Contre-Informations». Dans leur texte Comité invisible : Yildune Lévy, «l’aspect subversif de l’épicerie», ces zombies dénonçaient  dès le 22 juin «l’idéologie anti-communiste, élitiste, contre-révolutionnaire et fascisante du Comité invisible». Ainsi ils voient des fascistes partout, et d’abord chez les «anarchistes», ou assimilés.

On ne s’étonnera pas que des staliniens viennent chercher des poux dans la tête à des camarades victimes de la répression d’État. Cela montre bien quels flics ils sont. Leur «science MLM» leur fait profession de juger jusqu’à celles et ceux que le pouvoir jette en taule. Nous estimons pour notre part que ce n’est pas aux révolutionnaires de cracher sur la stratégie de défense choisie par des camarades; a fortiori quand un entretien ridiculisant la Justice et le gouvernement commande l’élargissement précipité du dernier des «Neuf de Tarnac», et que s’offre l’occasion de pousser l’avantage, serait-ce avec les armes de l’ennemi, «dans un grand quotidien bourgeois» donc.

Comme on l’a vu plus haut, le principal aspect de la sophistique déployée par le site «Contre-Informations» est de mentir, simplement en faisant dire à ses cibles le contraire de ce qu’elles disent ; en affirmant le contraire de ce qui est. C’est par ce simple exercice de novlangue qu’«autonomes» et «anarchistes» se voient transfigurés en fascistes.

«Contre-Informations» : «Le texte d’Yldune Lévy prouve bien que la petite-bourgeoisie continue de vivre dans l’illusion d’une société capitaliste garantissant la "liberté" et s’étonne quand une restriction les frappe personnellement.»Yildune Lévy : «Ladite "affaire de Tarnac", l’actuelle chasse à l’autonome ne méritent pas que l’on s’y attarde, sinon comme machine de vision. On s’indigne, en règle générale, de ce que l’on ne veut pas voir. Mais ici pas plus qu’ailleurs il n’y a lieu de s’indigner. Car c’est la logique d’un monde qui s’y révèle. À cette lumière, l’état de séparation scrupuleuse qui règne de nos jours, où le voisin ignore le voisin, où le collègue se défie du collègue, où chacun est affairé à tromper l’autre, à s’en croire le vainqueur, où nous échappe tant l’origine de ce que nous mangeons, que la fonction des faussetés, dont les médias pourvoient la conversation du jour, n’est pas le résultat d’une obscure décadence, mais l’objet d’une police constante. Elle éclaire jusqu’à la rage d’occupation policière dont le pouvoir submerge les quartiers populaires.»
«Contre-Informations» : «(…) le communisme, le Comité invisible ne veut pas en entendre parler. (…) Pour le Comité invisible, il n’y a pas besoin de lutte de classes, de révolution, de guerre populaire antifasciste, de communisme.»L’insurrection qui vient : «C’est le privilège des circonstances radicales que la justesse y mène en bonne logique à la révolution. (…) La commune est l’unité élémentaire de la réalité partisane. Une montée insurrectionnelle n’est peut-être rien d’autre qu’une multiplication de communes, leur liaison et leur articulation. Selon le cours des événements, les communes se fondent dans des entités de plus grande envergure, ou bien encore se fractionnent. Entre une bande de frères et de sœurs liés "à la vie à la mort" et la réunion d’une multiplicité de groupes, de comités, de bandes pour organiser l’approvisionnement et l’autodéfense d’un quartier, voire d’une région en soulèvement, il n’y a qu’une différence d’échelle, elles sont indistinctement des communes.»Julien Coupat : «Ce qu’il y a, c’est une oligarchie vacillante sous tous rapports, et qui devient féroce comme tout pouvoir devient féroce lorsqu’il se sent réellement menacé. Le Prince n’a plus d’autre soutien que la peur qu’il inspire quand sa vue n’excite plus dans le peuple que la haine et le mépris. Ce qu’il y a, c’est, devant nous, une bifurcation, à la fois historique et métaphysique : soit nous passons d’un paradigme de gouvernement à un paradigme de l’habiter au prix d’une révolte cruelle mais bouleversante, soit nous laissons s’instaurer, à l’échelle planétaire, ce désastre climatisé où coexistent, sous la férule d’une gestion "décomplexée", une élite impériale de citoyens et des masses plébéiennes tenues en marge de tout. Il y a donc, bel et bien, une guerre, une guerre entre les bénéficiaires de la catastrophe et ceux qui se font de la vie une idée moins squelettique. Il ne s’est jamais vu qu’une classe dominante se suicide de bon cœur.»

Telle est la dérisoire bureaucratie maoïste qui rêve de prendre la relève du «ramassis d’escrocs, d’imposteurs, d’industriels, de financiers et de filles, toute cette cour de Mazarin sous neuroleptiques, de Louis Napoléon en version Disney, de Fouché du dimanche qui pour l’heure tient le pays». Mais ce qui échappe à ses messieurs, c’est le mouvement réel qui abolit les conditions existantes.

Le Jura Libertaire, 2 août 2009.


Post-scriptum : Dans le sixième épisode des palpitantes aventures de «Contre-Informations» contre le Jura Libertaire, voilà-t-y pas que les web-maos sont gagnés par la panique :

«Après l’agrégé de philo Michéa utilisé abondamment par l’extrême-droite, on retrouve la figure de Coupat, grand bourgeois utilisant la métaphysique pour fantasmer une insurrection.
Tout cela relève du dandysme à la Nietzsche, de l’élitisme bourgeois, du culte aristocratique de l’esprit "rebelle", du culte des grands hommes.
Tout cela est inquiétant, tout cela révèle non seulement la force de la tendance à la confusion, mais surtout l’influence et le poids que commence à avoir la "révolte contre le monde moderne" prônée par l’extrême-droite.
Chaque jour qui passe témoigne de la profondeur de la putréfaction de la société capitaliste.»


Dignement rivé à sa piteuse taxonomie du monde à l’envers (à en croire ces curés, donner à lire Julien Coupat relèverait du «culte des grands hommes») plutôt que de répondre à l’insulte, «Contre-Informations» s’attache à revendiquer une bribe précieuse de son capital doctrinaire : «Le terme de "camarade" est un terme communiste», chouine-t-il.


C’est une infirmité constitutive du pouvoir que d’ignorer la joie d’avoir des camarades.


3 août.
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Lundi 20 juillet 2009
Après la censure de la Voix du Nord et un clin d’œil appuyé de Centre Presse [ainsi que de la Nouvelle République du Centre-Ouest], c’est au tour du site «Contre-Informations» de s’intéresser au Jura Libertaire.

Alors que les dignes organes du Parti de la presse et de l’argent (PPA) étaient intervenus sur le plan concret de la répression, le Parti communiste marxiste léniniste maoïste (PCMLM) se devait pour sa part de nous délivrer un sermon stalinien :


La figure française du «rebelle»
De plus en plus, avec la crise générale du capitalisme, l’irrationalisme se renforce et s’étale de plus en plus brutalement — d’où la nécessité absolue d’avoir un style de travail scientifique. Contre-Informations est le pôle de la science MLM, tel un phare dans une tempête.
Et la tempête grandit chaque jour. Jamais les Inrockuptibles n’auraient osé auparavant se lancer dans une grande défense du rappeur Orelsan, sur un ton ultra populiste prétendant saluer la culture de la jeunesse qui serait «sans tabou» et par conséquent prétexte à un «dialogue social et générationnel».
Ici, on a en quelque sorte le personnage typique du dandy journaliste saluant la décadence dont il se nourrit. Pas fou, l’auteur de l’article dit même : «Si Orelsan est ce monstre, alors il faudra rayer de notre bibliothèque les Céline, les Aragon et les Houellebecq.»
Aragon, on voit pas trop pourquoi, mais effectivement la littérature s’appuie sur le peuple et si elle n’est pas portée par lui, elle n’est que ratures au service du capitalisme et du fascisme… Céline et Drieu La Rochelle témoignent du gâchis fasciste, leurs œuvres mutilées se confinant dans le narcissisme fat et le glauque !
De la même manière, jamais un site anarchiste (en l’occurence celui du «Jura Libertaire») n’aurait osé, avant le développement de la crise, publier une très longue interview à Jean-Claude Michéa. Michéa est un intellectuel bourgeois (agrégé de philo) qui, issu d’une famille communiste, est totalement passé à côté de mai-juin 1968 et dans le prolongement de sa culture P «C» F révisionniste, combat ardemment la prétendue décadence culturelle du peuple.
Bref, un intellectuel bourgeois français de plus expliquant que le peuple est de plus en plus idiot, sans culture, qu’avant c’était différent, que le libéralisme serait une sorte de totalitarisme, etc. Une figure de ces nouveaux réactionnaires qui se parent d’un masque de gauche, comme Alain Soral notamment.
Contre-informations, 5 juillet 2009.


Comme on le voit, le cadavre idéologique maoïste fait encore mine de bouger.

Quant à nous, on laisse les morts enterrer les morts, et les plaindre. Notre sort — comme celui de nos camarades — sera d’être les premiers à entrer vivants dans la vie nouvelle.

Le Jura Libertaire



Post scriptum : Au courriel de notre part leur signalant l’article ci-dessus, les auteurs du site «Contre-Informations» nous ont répondu directement :
«La “vie nouvelle” avec les fascistes ? Que du bonheur !
Ceci dit c’est logique : qui se ressemble s’assemble !»
18 juillet.


La dialectique ou la calomnie

Ce 19 juillet, «Contre-Informations» a développé publiquement son attaque contre Michéa et les anarchistes.

Avant Jean-Claude Michéa, un autre auteur, qui s’est engagé en son temps sur le front de la guerre sociale, a bien montré comment le parti
du mensonge se heurtait désormais partout à celui de la vérité.

Le prolétariat d’Espagne montait à
l’assaut de la société de classes ; George Orwell avait choisi le camp de l’autonomie ouvrière en armes contre Franco.

Aujourd’hui comme alors, c’est le travail des staliniens de dénoncer ce «genre de sinistre individu que met en avant le site “Jura libertaire”».



19 juillet.


Après MAM, les MLM contre l’«ultra-gauche»

Dans une troisième tartine, «Contre-Informations» nous enseigne que «l
e site “Jura Libertaire”, en mettant en avant Michéa, contribue à [la] destruction du patrimoine révolutionnaire» de mai 1968. Selon ces savants ès révolutions, «le Jura Libertaire n’est en effet pas un site libertaire, mais un site d’ultra-gauche, ce qui est bien différent (…)» C’est que le Jura Libertaire «résume mai 1968 à l’activité des situationnistes et des enragés, c’est-à-dire des activistes d’ultra-gauche.»

Évidemment. Les situationnistes, révélant les premiers à l’été de 1967 l’essentiel de ce qui se passait en Chine, ont mérité la haine éternelle — et post mortem — de toutes les armées rouges
du sang des masses et du schématisme intangible.


20 juillet.
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Mercredi 15 juillet 2009
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Vendredi 10 juillet 2009

Le 23 mai 2009 à Lille a eu lieu une manifestation contre la répression d’État qui sest terminée devant la Maison flamande de Lambersart gérée par la Jeunesse identitaire (groupe dextrême droite) et Terre celtique.

Un manifestant ayant enfoncé la porte de cette maison, les forces de lordre ont procédé à 26 interpellations. Lors de celles-ci, un agent des forces de lordre en civil a photographié un par un les visages des interpellé-e-s au sol. Plus tard, il est passé dans les cellules du commissariat central de Lille et a demandé à chacune des personnes photographiées, à ce moment-là placées en garde à vue, leurs noms, prénoms et dates de naissance (renseignements quil a noté en dessous des photos).

Le soir même, les personnes présentes devant le commissariat, venues soutenir les interpellé-e-s, ont fait l
objet dun contrôle et dune prise didentité.

Le 3 juin 2009, au Fac bar de Lille 2, a eu lieu une soirée organisée par l
association «Gégène». Yohan, Pierre et Fatima [Par mesure de sécurité, les prénoms des témoins ont été changés], présent-e-s le 23 mai à la manifestation, y ont rencontré le trésorier de la Vlaams huis (Maison flamande), qui les a menacé de violences physiques, a fait un salut nazi, et a qualifié les manifestant-e-s du 23 de «bisounours».

Le 9 juin, la Maison flamande a mis en ligne une vidéo sur le site Youtube : un montage de photos de «black blocs» suivi de photos de l
’incident du 23 puis de remerciements adressés aux 26 interpellé-e-s sur la musique du générique des «bisounours» (y figurent prénoms, premières lettres des noms de famille, et villes de résidence donnés aux policiers). Soulignons le fait que lune des interpellé-e-s, originaire dItalie, habitant en Belgique, a donné comme lieu de résidence le nom de son village italien inconnu des autres interpellé-e-s et manifestant-e-s.

Il se pose alors la question de l
étendue des informations dont dispose la Maison flamande ainsi que de leur provenance. Comment ont-ils réussi à accéder à des informations dont laccès est censé être réservé à la police ?

La vidéo a été retirée d
’Internet le 14 juin au soir mais a été enregistrée avec des impressions décran par des manifestants du 23.

Le vendredi 3 juillet, deux hommes aux crânes rasés ont interpellé et dévisagé devant chez lui Yohan (dont l
identité a été prise devant le commissariat central le soir du 23 mai).

Le lundi 6 juillet 2009, Yohan a effectué son dernier jour de TIG au zoo de Lille (date qu
il a reçue de la médiatrice le jeudi 2 juillet). Il a pris une pause cigarette vers midi et a aperçu les deux hommes du 3 juillet le suivre. À 13 heures il est sorti du zoo, les deux hommes lont suivi, interpellé puis poursuivi en courant.

Le même jour, peu avant 20 heures sur le boulevard Victor-Hugo à Lille, Hélène (dont l
identité a été prise devant le commissariat central le soir du 23 mai) a été interpellée par deux hommes (dont la description correspond à celle de ceux qui ont suivi Yohan quelques heures plus tôt) alors quelle sortait de chez son ami Antoine (interpellé lors de la manifestation du 23). Ils lui ont entaillé plusieurs fois le visage (joue droite et cou) avec un couteau en la menaçant : «Cest de la prévention, la prochaine fois jappuie plus fort. Tu diras à tes petits copains de se calmer et darrêter leurs conneries.»

Nous déposons donc plainte contre X pour avoir divulgué ou s
être procuré illégalement des informations personnelles sur les personnes mises en garde à vue le 23 mai suite à la manifestation.

Des inculpé-e-s du 23, 10 juillet 2009.
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Lundi 6 juillet 2009
La Librairie Résistances sera ouverte samedi 4 juillet !

Un grand merci à tous les amis, les voisins, qui sont venus témoigner leur soutien à la Librairie Résistances ce vendredi après l’agression de la LDJ. Grâce à leur aide, la librairie pourra ouvrir ses portes au public demain, même si un grand nombre de livres détériorés ont dû être retirés des étagères, et si des ordinateurs et des meubles seront encore manquants.

Merci aussi à toutes celles et ceux qui nous ont adressé un message de soutien et qui ont exprimé leur indignation devant ces méthodes fascistes visant à baillonner la libre expression.

Plusieurs associations, dont le NPA, ont pris l’initiative d’appeler à un rassemblement devant la Librairie Résistances ce mercredi soir 8 juillet à partir de 18h30, pour manifester leur solidarité, mais aussi pour exiger la dissolution de la Ligue de Défense Juive, organisation terroriste qui multiplie les agressions en France.


À Vitry aussi

Pas plus tard que la semaine dernière, avons-nous appris, une centaine d’entre eux attaquaient la mairie de Vitry, où le conseil municipal (majorité PC) s’apprêtait à élire citoyen d’honneur de la ville Marwan Barghouti, député palestinien emprisonné par Israël.

Les élus ont dû bloquer les portes du conseil municipal et de s’y enfermer jusqu’à ce que la police vienne déloger les facistes de la LDJ, qui avaient pris d’assaut la mairie. Ceci en appui d’une provocation montée par le CRIF (Conseil «représentatif» des institutions juives), qui avait rameuté ses troupes pour manifester contre la municipalité de Vitry, avec des affiches osant proclamer «Aujourd’hui Barghouti, demain Fofana».

Le président du CRIF Richard Prasquier en personne a participé à cette émeute … qui échoua lamentablement, puisque Marwan Barghouti a bel et bien été élu citoyen d’honneur de la ville de Vitry !

Les médias n’en ont quasiment pas parlé, et le gouvernement encore moins. Il faut dire que lorsqu’on accueille des Lieberman-Netanyahou, on n’est forcément pas regardant sur les méthodes de nazis de la LDJ.


Mais nous le sommes et nous exigeons la dissolution de cette organisation, qui a pignon sur rue en France, avec des locaux pour l’entraînement paramilitaires bien connus des autorités, et un site Internet qui est une incitation permanente à l’agression physique de tous ceux qui se permettent de critiquer Israël et de défendre les droits du peuple palestinien.

Soyons le plus nombreux possible au rassemblement pour empêcher de nouvelles agressions par la LDJ, ce mercredi 8 juillet, à partir de 18h30, devant la Librairie Résistances (4 Villa Compoint, à l’angle du 40 rue Guy-Môquet, 75017 Paris, Métro Guy-Môquet, ligne 13).

CAPJO-EuroPalestine, 3 juillet 2009.

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Dimanche 5 juillet 2009
Incidents lors dune manifestation avant le G8 en Italie

Des heurts ont brièvement opposé des protestataires et la police samedi après-midi à Vicence dans le nord-est de lItalie, lors de la première grande manifestation contre le sommet du Groupe des huit.

La police anti-émeutes a utilisé des gaz lacrymogènes pour empêcher les manifestants de franchir un pont et de se diriger vers une base américaine où sont cantonnés 3000 soldats de la 173e brigade aéroportée, et dont le projet d
extension est contesté par la population.

Les manifestants, dont certains portaient des casques de moto ou avaient le visage masqué, ont pour leur part lancé des bouteilles en direction des forces de sécurité et allumé des feux dartifice.


Les manifestants ont pu par la suite poursuivre leur marche, et se sont dispersés dans le calme en début de soirée. On ne signalait aucun blessé dans les incidents.

Plusieurs milliers de personnes, dont la majorité ont défilé pacifiquement, ont participé à ce rassemblement, organisé dans cette ville à quelques jours du sommet des huit pays les plus industrialisés, qui se tiendra du 8 au 10 juillet à L
Aquila, dans les Abruzzes.

La manifestation était aussi dirigée contre le projet d
agrandissement qui doit accoucher, à proximité de Vicence, dune des plus grandes bases militaires américaines en Europe.

«Nous en avons assez de la puissance qui gouverne sans consulter la population», a déclaré Martina Vultaggio, 29 ans, coorganisatrice du défilé.


Respect des victimes à LAquila

«Ce que nous avons ici, c’est une démocratie populaire. Au G8, vous avez huit puissances qui veulent gouverner en imposant leur volonté. Ce n’est pas la démocratie», avait dit auparavant à Reuters Marco Palma, porte-parole des manifestants.

«Barack Obama a déclaré qu’il était l’homme du changement. Ici, à Vicence, nous n’avons constaté aucun changement», a-t-il ajouté.

Les chefs d
État et de gouvernement du G8 se retrouvent mercredi pour trois jours de sommet consacrés essentiellement à la situation de léconomie, à la régulation financière, au changement climatique, au commerce et au développement.

Les mouvements anticapitalistes ont prévu, comme en marge de chaque sommet international, une série de manifestations dans divers sites, à commencer par le rassemblement de Vicence, dont les habitants refusent l
extension de la base.

Le gouvernement italien a déjà approuvé la construction d
une nouvelle base de 6000 mètres carrés sur le site de lancien aéroport Molin, dans les faubourgs de la ville, mais le projet a été rejeté lors dun référendum.

Le projet est accusé de mettre en péril les nappes phréatiques et de menacer les habitants et le centre historique de Vicence et sa précieuse architecture de l
époque Renaissance.

Le cortège devait défiler sur environ 3,5 km jusqu
au site devant accueillir la future base, qui a été fermé par les autorités, pour y planter des drapeaux aux slogans hostiles. Un millier de policiers ont été déployés sur le parcours.


Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, souhaite éviter que se reproduisent les troubles qui avaient émaillé le sommet du G8 de Gênes, en 2001. Un manifestant avait été tué et des dizaines dautres avaient subi des violences policières.

Les organisateurs du sommet du G8 estiment que le choix de L
Aquila, ville dévastée par un séisme en avril dernier, réduit la probabilité de débordements en raison du respect dû aux familles endeuillées ou qui ont perdu leurs biens.

Le séisme avait causé la mort de 300 personnes et fait 60.000 sans-abri.

Une marche à la bougie est prévue par les manifestants lundi soir, trois mois jour pour jour après le séisme.

Leur presse (Reuters), 4 juillet 2009.

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Dimanche 5 juillet 2009

Un commando d’une demi-douzaine d’individus, la plupart masqués, déclarant ouvertement appartenir à la Ligue de Défense Juive (LDJ) ont attaqué vendredi 3 juillet en début d’après-midi la Librairie Résistances (4 Villa Compoint, 75017 – Paris).

Deux femmes travaillant à la librairie étaient présentes, ainsi que deux ou trois clients. Après les avoir bousculés, les nervis se sont attaqués avec frénésie à l’établissement, arrosant d’huile plusieurs milliers [d’ouvrages] et détruisant les ordinateurs, avant de prendre la fuite à bord d’une automobile.

L’attaque de vendredi est intervenue au lendemain d’une conférence, donnée à la librairie par Mahmoud Suleiman, du village palestinien d’Al-Masara, sur le thème des actions de résistance non violente à l’occupation israélienne.

La Librairie Résistances, qui propose, notamment, de nombreux livres sur la Palestine et sur Israël, a été attaquée et menacée à de nombreuses reprises par les fascistes sionistes. Mais alors que les agissements de cette bande sont archi-connus de la police, le pouvoir politique a jusqu’à présent systématiquement manifesté sa sollicitude à leur égard.

La Librairie Résistances ne se laissera pas pour sa part intimider par de tels voyous.

Communiqué de la Librairie Résistances,
3 juillet 2009.
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Mardi 30 juin 2009
Petite histoire malheureusement pas exceptionnelle…

Début mars, un jeune de Chenôve, à peine 18 ans et pas encore son permis, est surpris par les flics au volant d’une voiture. Jusqu’ici rien de bien grave, une connerie juvénile comme tout le monde en a fait. Sauf que les flics mettent la pression, et le prennent en chasse.

Après une course poursuite, l’arrestation est pour le moins musclée : le jeune est jeté par terre, menotté, et reçoit quelques coups de savate, le tout avec les insultes réglementaires («Sale bougnoule», et autres amabilités). Suivront deux jours de garde à vue où les coups succéderont aux brimades, les flics s’y mettant jusqu’à six pour lui faire la misère (une de leurs techniques raffinées étant de tirer les cheveux juste derrière les oreilles…). Les menottes ultra-serrées lui laisseront des marques aux poignets plusieurs semaines plus tard. Le médecin de garde ce jour là, en cheville avec les keufs, refusera de constater les marques de coups.

Après deux jours de séquestration, difficile de se défendre devant un tribunal, et les comparutions immédiates servent précisément à ça : taper fort et à la chaîne sur des gens qui ne sont pas encore remis de leur garde à vue. Bilan : 8 mois ferme, alors qu’il devait entamer quelques jours après un stage dans le cadre de sa deuxième année de BEP (par la suite, l’administration pénitentiaire refusera de le laisser passer son examen en fin d’année, alors que le lycée était d’accord…).

P.-S. La caisse de solidarité dijonnaise a pour but de récolter ce genre de témoignage, et de s’organiser pour ne pas laisser faire, n’hésitez pas à la contacter.

Brassicanigra, 27 juin 2009.
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Mardi 30 juin 2009
Agression d’un militant à Tours :
Le fascisme ne passera pas !


Le 21 juin, lors de la Fête de la musique, un militant tourangeau  bien connu, membre de la CGA et de la cause des sans papiers, a été violemment agressé en pleine rue par un groupe de militants d’extrême droite.

Cet événement illustre un retour en force de l’extrême droite radicale à Tours : le 18 avril dernier, un concert de rock néo-nazi devant se tenir dans les environs avait été interdit ; dans le même temps, un groupuscule identitaire faisait son apparition sur Tours et organisait des conférences publiques sans trop soulever d
indignation. Aujourdhui les fascistes prennent confiance en eux et sattaquent physiquement aux militants.

Cette situation exige une réponse politique forte et unitaire. Il importe de ne pas laisser le fascisme se développer dans nos rues et de faire en sorte que chaque acteur du mouvement social soit en sécurité dans notre ville.

Nous appelons à un rassemblement pour dénoncer cette agression, afin de montrer aux fascistes notre unité et notre détermination à les empêcher de nuire.

Rassemblement mercredi 1er juillet à 18h place Jean-Jaurès

Premiers signataires : Alternative Libertaire 37, les Amis de Demain le Grand Soir, la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA), CSDSAP37 (Comité de Soutien aux Demandeurs dAsile et Sans-Papiers), le Collectif Anti-Répression, le Collectif Antifasciste, Le groupe anarchiste l’Électron Libre, Le collectif La Victoire, La LGP Région Centre, Nouveau Parti Anticapitaliste 37, Solidaires 37…


À Nancy

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Lundi 29 juin 2009

Les puissants de ce monde se réuniront ostensiblement cette année à l’occasion du G8 de l’Aquila (Italie), ville sinistrée, du 8 au 10 juillet 2009. À cette occasion se rassembleront des milliers de militants de toute la planète. Le contre-sommet qui aura lieu est depuis le départ en butte aux manigances du pouvoir italien, qui sest amusé à éparpiller le G8 en une série de sommets à travers toute lItalie afin de diviser et de sectoriser à chaque fois les manifestations, et de les éloigner du lieu central du G8 à lAquila. Dautre part, le déplacement dans cette ville du G8, initialement prévu en Sardaigne, a occasionné des retards dans lorganisation des collectifs anti-G8, et risque de poser des problèmes sur le terrain, la population de lAquila étant soigneusement entretenue dans la terreur des hordes anarcho-autonomes internationales.


Lexceptionnalité dun tel événement réside dans lampleur numérique des forces en présence plutôt que dans la nature de la réunion des chefs d’État. La réunion des chefs d’État lors dun G8 attire sur elle tous les regards, et cest dailleurs sa vocation, afficher spectaculairement limage de la concorde et de lharmonie qui règne au sein du pouvoir. Les G8 ne sont pas les clefs économiques de la domination, mais son expression spectaculaire. Ce sont de puissants artifices de propagande, affirmant le règne sans fin de la marchandise, ainsi que sa grande bienveillance. (Ainsi Berlusconi, en grand seigneur, a déplacé le G8 à lAquila pour affecter largent économisé par ce transfert à la réparation de la ville. Tout refleurit sur le chemin de ces êtres incomparables.) Leur absence serait tout à fait tolérable pour le capitalisme, mais leur destruction par des foules en furie devient une cuisante défaite. Depuis que les G8 sont devenus des terrains daffrontement social, leurs enjeux ont subi une mutation. Il ne sagit plus de faire le plus beau spectacle mais de savoir sil aura lieu. Les policiers sont les acteurs de ce nouveau show : les puissants parviendront-ils à se réunir tranquillement ? Dès lors que la police rencontre une résistance, nest plus en mesure de faire preuve de son infaillibilité, limage de la puissance devient plus incertaine.

Ce genre d
événement nappelle pas de revendications, car il serait absurde de réclamer au pouvoir son autodissolution. Nous devons nous placer dans une logique daffrontement et gagner des positions par nous-mêmes. Si le pouvoir craint tant les mouvements sans revendications affichées, sefforce tant de propulser à la tête des mouvements des négociateurs professionnels, cest quil sait très bien que derrière ce genre de silence se cache sa liquidation définitive. Il nest par contre pas inutile de rappeler que nous haïssons lexploitation sous toutes ses formes, et les dispositifs quelle génère pour se maintenir, qui sont sa production essentielle. La dernière camelote en date que les États essaient de fourguer à leur électeurs, lantiterrorisme, mérite dêtre citée car elle occupera une place dhonneur au cours de ce G8, à la fois dans les tractations entre les chefs d’État et en tant quapplication pratique contre les manifestants anti-G8.

Les contre-sommets sont depuis environ une décennie le lieu d
une nouvelle pratique politique quasiment entièrement séparée des formes de contestation locales, les luttes se hissant à un niveau abstraitement international. Le mouvement altermondialiste dans ses variantes plus ou moins radicales a la fâcheuse tendance à limiter son action politique à des interventions spectaculaires à loccasion des contre-sommets, faisant de ces manifestations des hauts lieux de la fausse conscience. Tant que les contre-sommets ne seront pas inscrits dans une trame révolutionnaire, comme une bataille parmi dautres, la version médiatique, qui confond la destruction ponctuelle de limage avec la destruction de la puissance, lemportera sur la version révolutionnaire. Et lon sacheminera alors un peu plus vers des simulacres de contestation, dont les destructions prévues et tolérées par la police ne sont pas le moindre des aspects. (Ainsi, Berlusconi a expliqué goguenard que lAquila était le site parfait pour un G8, puisque les manifestants nauraient rien à y détruire — on voit bien là la terreur que lui inspirent les manifestants.) Nous ne nous battons pas contre la mondialisation néolibérale, laffaiblissement du pouvoir des États nationaux face aux institutions supranationales et aux multinationales, ni contre lhégémonie de quelques États sur tous les autres, mais contre le pouvoir lui-même, dont ces différents points contestés ne sont que ses mutations du moment. Nous ne voulons pas jouer le jeu du spectacle de la fausse contestation mais faire de ce contre-sommet un moment concret de loffensive contre le pouvoir séparé. Nous ne voulons pas nous droguer dun semblant de contestation radicale, dun ersatz démeute dans un décor exotique, mais nous lancer à lassaut du ciel capitaliste.

Brisons l’image de leur puissance

Leur puissance ne disparaîtra certainement pas suite à la profanation de son image, mais elle en ressortira érodée. Cest pourquoi nous ne devons pas nous contenter de pratiquer une iconoclastie virulente, mais également la destruction concrète du pouvoir là où il se trouve. Sil est parfaitement normal de vouloir saboter le G8, noublions pas que ce qui prime avant tout est la réunion massive de manifestants occasionnée par cet événement et la force quelle nous confère, ainsi que la quantité impressionnante de forces de police déployées à notre intention. Nos possibilités de lutte sont alors considérables, et ne se limitent ni au sabotage de la réunion des puissants, ni même à la résistance contre la police.

Mettre le pouvoir en difficulté sur des points localisés est un efficace moyen de propagande révolutionnaire. Le péril matériel à petite échelle (une grève, une émeute), devient un péril politique à grande échelle. Détruire une marchandise, un barrage policier, mettre en faillite une entreprise, ne perturbent certes que d
une manière minime le pouvoir économique, mais ils sont une grave atteinte à son image dinfaillibilité, car ils montrent le chemin à suivre pour le détruire totalement, et caractérisent explicitement lennemi à abattre dans ses différentes dimensions : loppression marchande, policière, etc. Le capital tirant sa force de notre exploitation, il faut bien montrer quil ny a pas de séparation entre ce qui nous opprime et ce dont le capital tire sa force. Lorsque lon se bat contre la police ou que lon sattaque aux marchandises et aux banques, ce nest pas parce que lon est des étudiants très en colère contre la LRU. Ce que lon détruit se place au premier rang de ce que lon déteste, et sert également de rempart aux autres réalités que nous souhaitons abattre. À loccasion dun événement tel que le G8, le cœur de loppression est tout autant dans les forces périphériques assurant la sécurité du cœur officiel que dans ce cœur lui même (le noyau de loppression restant évidemment la propriété privée ou étatique). Seuls les médiatiques et les médiatisés simaginent que le cœur du pouvoir est une image.

Dans chaque moment de révolte, à chaque fois que nous sommes en mesure de créer des zones d
autonomie temporaire, nous cherchons la conquête effective du pouvoir, cest-à-dire sa liquidation en tant que pouvoir séparé, et la reprise en main collective de notre destin et de notre vie par linstauration dune démocratie directe dans tous les domaines de notre existence. En luttant ensemble, nous créons dautres rapports sociaux, dautres manières de se rencontrer. La destruction de lennemi nécessite déjà que nous édifiions à cette fin une autre économie, une autre organisation, que nous éprouvions notre puissance en vue de la recouvrer.

Pour qu
une telle expérience soit autre chose quun défouloir séparé des rythmes habituels de la contestation, il faut quelle ait des répercussions sur lorganisation des forces révolutionnaires dans les différents pays, et notamment quelle modifie les rythmes ordinaires. Ce doit être le lieu dune mise en commun des idées et des expériences, la première forme dune démocratie émeutière. Pour résumer, ce doit être la négation effective des frontières, la reconstitution physique du prolétariat international.

C
est pourquoi dès maintenant nous appelons :
— À participer massivement à ce contre-sommet.
— À ce que se développe, sétende et se structure la pratique des précédents contre-sommets dans ce quelle a de plus dialectique.
— À ce que sorganisent partout en Europe les différents groupes radicaux désirant en découdre avec le pouvoir, sur la base dune confiance mutuelle.
— Au développement matériel des stratégies de défense contre la police : plus nous lui résisterons, moins elle réfrénera sa violence, plus notre défense devra se renforcer. Les techniques de défense et celles plus dialectiques ne doivent plus être séparées mais combinées à des fins tactiques.
— À ce que chacun prenne la mesure des risques encourus et se prépare à les assumer.
— À la permanence de la lutte, à la généralisation de ce type de combat.

Mais au delà de ces nécessités évidentes, une motivation prime sur toutes les autres :
le plaisir est révolutionnaire.

Appel distribué lors de la manifestation du 21 juin 2009 à Paris.
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Lundi 15 juin 2009
S’organiser face à la répression

Face aux diverses expressions de révoltes, individuelles ou collectives, identifiées ou non comme «politiques», l’État intensifie ses moyens d’actions, sécuritaires et répressifs. Quelques exemples piochés dans l’actualité récente nous le rappellent : la criminalisation médiatique et judiciaire des militant-e-s anti-OTAN, les quotas fixés par Besson pour criminaliser l’aide aux sans-papiers, la répression, sur Lille, de la manif contre les violences d’État du 23 mai dernier, etc.
Notre constat est le suivant, et il n’y a dedans ni affaire de culpabilité ou d’innocence : toute lutte politique se voit un jour confrontée à la répression d’État. C’est ainsi que nous avons ressenti le besoin de nous organiser collectivement. Pour ne laisser personne seul-e face aux institutions policières et judiciaires et en apportant de façon concrète une aide financière (pour payer les frais de justice, cantiner en prison, etc.) et un appui juridique.


Qu’est-ce que le FMI ?

Depuis fin 2008, le FMI tente de se constituer comme un collectif de solidarité permanent autour de Lille et sa région. Sa mise en place a pour but d’assurer notre soutien matériel et moral aux actions de désobéissance civile, à l’action directe, aux luttes sociales. Notre principale activité consiste pour le moment à articuler une aide financière militante à travers notre caisse de soutien.

Notre organisation est de type collective et autogestionnaire, c’est pourquoi nos réunions se tiennent de façon régulière et publique dans les locaux du Centre Culturel Libertaire, 4 rue de Colmar, à Lille. Nous rendrons régulièrement des comptes relatifs au fonctionnement de notre caisse de soutien : sur son montant et sur les dépenses qu’elle aura permises, dans un souci de transparence.

Le FMI se propose également de travailler de concert avec des avocat-e-s et avec les diverses organisations déjà existantes, dans un souci d’efficacité et de partage des connaissances. Dans cette optique, toute aide, qu’elle se traduise par une participation à la vie du collectif, le relai d’information ou le partage de connaissances juridiques, est la bienvenue.

L’alimentation financière de la caisse se fait dors et déjà grâce à la solidarité collective, régulière ou ponctuelle, et à l’organisation de soirées de soutien. Nous comptons énormément sur votre générosité et votre empathie à l’égard des insurgé-e-s, désobéissant-e-s et autres activistes politiques subissant la répression de la part du pouvoir. C’est aujourd’hui dans cette optique que nous nous en remettons à vous.

Chèques bancaires à l’ordre de
LES AMIS DE CH’TIRNER - 4 rue de Colmar - 59000 LILLE

Virements bancaires depuis la France :
LES AMIS DE CH’TIRNER - 30003 01110 00050645056 86

Virements internationaux : LES AMIS DE CH’TIRNER.
IBAN : FR76 3000 3011 1000 0506 4505 686
BIC/SWIFT : SOGEFRPP



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Jeudi 11 juin 2009
Un délire

De Rachida Dati, oublions le peu d’appétence pour l’Europe qu’elle était censée venir vendre, ce mercredi-là, devant des «jeunes populaires», lors d’une réunion de plaisante mémoire. Oublions ses rires étouffés de fumeuse de moquette et son arrogante légèreté à l’endroit du pâle Barnier, tête de liste désignée. Mettons cela de côté pour ne considérer que le produit pur, si l’on ose dire, d’une incompétence tardivement rhabillée en «troisième degré», mais pas seulement. «L’Europe s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper avec les personnes qui peuvent porter ces affaires à s’occuper», c’est, de quelque façon qu’on prétende la justifier, une bouillie qui ferait vomir mon chat.

Ce sabir encore en titre ministériel, coulé tel chaux vive dans les oreilles citoyennes, constitue en soi, indépendamment même de ce qu’il aspire à signifier, un attentat contre la démocratie. Il est le fourrier démagogique du populisme véritable. Il n’est pas un accident, mais le symptôme éclatant d’une façon de gouverner. Loin de «faire peuple», il proclame le mépris en lequel il tient la langue autant que l’opinion.

Ce mépris vient de haut. On savait la défiance qu’inspire au chef de l’État toute forme d’exigence spirituelle, et tout particulièrement en matière linguistique. De sa répulsion pour certaine Princesse de Clèves à la violence de ses «Casse-toi, pauv’con !» la parlure sarkozienne a suscité, entre autres avatars, le charabia datien, signe d’appartenance à une clique, un clan, une famille dont Nicolas Sarkozy est le parrain. Car, de même que les voyous ont fabriqué des argots, les courtisans et les séides élyséens s’identifient dans ce laisser-aller de leur expression publique — au point que celle d’un Bayrou passera bientôt pour le signe le plus tangible de son «opposition». On prit la peine de le vérifier, tandis que, sur France 5, Serge Moati recevait fin avril Frédéric Lefebvre. En moins de trois minutes, l’homme rogue signa en trois énoncés («le débat politique, il a besoin…», «d’puis qu’chuis élu…» et «on reste pas dans l’Hémicycle pendant qu’ça siège pas»), le décret d’exécution symbolique de la syntaxe.

À cet instant, on se souvint que Frédéric Lefebvre était le porte-parole de l’UMP.

Porte-parole, oui… Qu’on y songe.

Un programme

On y songeait d’autant plus en se remémorant la sentence prononcée la veille par l’écrivain Renaud Camus, invité sur France Culture de l’émission «Question d’éthique» : «Il me semble, disait-il, que nous allons vers un monde sans syntaxe.» Ce monde sans syntaxe et dont la cohérence du discours public ne serait plus le commun dénominateur social, on pourrait le regarder comme le produit d’une fatalité, disons, pédagogique. À moins que les mots hystérisés des Dati, des Sarkozy et des Lefebvre esquissent, plus ou moins empiriquement un programme fondé sur la confusion du sens plus encore que sur le mensonge délibéré.

De même que s’agite le corps du chef, s’emballe la langue de ses valets.

Ainsi agencé dans la négation de la syntaxe, le lexique lui-même se dilue dans la banalisation du contresens, dont le terme de «radicalisation» constitua le mois dernier, jusqu’au funèbre 1er-Mai, le spécimen le plus abouti. Est-ce la propagande ou la simple confusion qui la décréta, dans peu de «séquestrations» — bien douces, au demeurant… — de quelques cadres ?

À considérer le nombre somme toute assez étriqué de «retenues», à l’aune de la déferlante de licenciements, «radicalisation» ne convient guère. A fortiori si l’on considère que nulle de ces «prises d’otages» n’a explicitement visé à la suppression d’un plan social, mais seulement à son aménagement dans moins de suppressions de postes ou plus de primes de départ. La dernière en date, dans une librairie grande surface du Val-d’Oise, avait pour objet le droit à travailler le dimanche. Pas de quoi «impacter», comme disent les barbares néologisant, le moral du Medef… Et plus encore, si l’on prend en compte le ferme encadrement syndical ayant présidé aux «séquestrations», dont aucune, sur les sept ou huit recensées depuis la mi-mars jusqu’au funèbre 1er-Mai, ne se prolongea au-delà de trente-six heures. Et quoi qu’il se dise de l’influence volontiers fantasmée de «l’ultra-gauche»…

Chroniques tarnaciennes

À propos… On festoiera dimanche 17 mai en soutien à Julien Coupat et avec la compagnie Annibal, à l’épicerie de Tarnac, QG de la «cellule invisible» chère à Alliot-Marie. Tandis que le Courrier picard relatait les vingt-trois heures de garde à vue d’un citoyen victime d’un SMS rigolard où il était question de déraillement (Libération du 6 mai), le Canard enchaîné rapportait les cadences infernales des agents provocateurs de la ministre butée. Parmi ses entreprises d’intimidation, l’arrestation, le 28 avril, en pleine rue et pistolet sur la tempe, de Tessa Polak, photographe de 36 ans militant pour la libération de Coupat.

Après 48 heures de garde à vue (elle en fera 76), la jeune femme, nous dit le Monde, jure avoir entendu le juge d’instruction Thierry Fragnoli lui dire : «Ce n’est pas ma faute, mais vous allez payer pour les autres.»

Pierre Marcelle - Libération, 15 mai 2009.
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Dimanche 7 juin 2009

«Il y avait au carrefours à Rome des vaisseaux et demycuves pour y apprester à pisser aux passans.»

En ce temps-là (1861), Chigalev disait à ses disciples : «Un millième des hommes jouiront d’une liberté absolue et exerceront sur les 999 autres millièmes une autorité sans limites. Les autres devront renoncer à toute individualité, devenir un troupeau et par une soumlission totale ils arriveront au moyen d’une série de régénérations à l’état d’innocence primitive, quelque chose comme l’Éden, bien que, toutefois, ils devront travailler.»

En ce temps-ci (1953), le vote menace fort de devenir obligatoire. Le long des bâtiments publics on nous ordonne de voter pour Brandon parce que Brandon c’est Duconneau et que Duconneau c’est Brandon. Hier soir dimanche, en un certain lieu étroit de Paris, près d’une vieille église et là où l’école n’est pas assez longue pour étaler la connerie des candidats, des panneaux ont été disposés en forme de paravents chinois. Cela formait dans l’obscurité une forteresse à redans. Par cette belle nuit de printemps, les amoureux occupaient l’espace électoral et un clochard ronflait près de son litre de rouge.

Maurice Blanchard
Publié dans la revue Le fou parle.
Éditions Hermaphrodite
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