Vendredi 10 juillet 2009

Le 23 mai 2009 à Lille a eu lieu une manifestation contre la répression d’État qui sest terminée devant la Maison flamande de Lambersart gérée par la Jeunesse identitaire (groupe dextrême droite) et Terre celtique.

Un manifestant ayant enfoncé la porte de cette maison, les forces de lordre ont procédé à 26 interpellations. Lors de celles-ci, un agent des forces de lordre en civil a photographié un par un les visages des interpellé-e-s au sol. Plus tard, il est passé dans les cellules du commissariat central de Lille et a demandé à chacune des personnes photographiées, à ce moment-là placées en garde à vue, leurs noms, prénoms et dates de naissance (renseignements quil a noté en dessous des photos).

Le soir même, les personnes présentes devant le commissariat, venues soutenir les interpellé-e-s, ont fait l
objet dun contrôle et dune prise didentité.

Le 3 juin 2009, au Fac bar de Lille 2, a eu lieu une soirée organisée par l
association «Gégène». Yohan, Pierre et Fatima [Par mesure de sécurité, les prénoms des témoins ont été changés], présent-e-s le 23 mai à la manifestation, y ont rencontré le trésorier de la Vlaams huis (Maison flamande), qui les a menacé de violences physiques, a fait un salut nazi, et a qualifié les manifestant-e-s du 23 de «bisounours».

Le 9 juin, la Maison flamande a mis en ligne une vidéo sur le site Youtube : un montage de photos de «black blocs» suivi de photos de l
’incident du 23 puis de remerciements adressés aux 26 interpellé-e-s sur la musique du générique des «bisounours» (y figurent prénoms, premières lettres des noms de famille, et villes de résidence donnés aux policiers). Soulignons le fait que lune des interpellé-e-s, originaire dItalie, habitant en Belgique, a donné comme lieu de résidence le nom de son village italien inconnu des autres interpellé-e-s et manifestant-e-s.

Il se pose alors la question de l
étendue des informations dont dispose la Maison flamande ainsi que de leur provenance. Comment ont-ils réussi à accéder à des informations dont laccès est censé être réservé à la police ?

La vidéo a été retirée d
’Internet le 14 juin au soir mais a été enregistrée avec des impressions décran par des manifestants du 23.

Le vendredi 3 juillet, deux hommes aux crânes rasés ont interpellé et dévisagé devant chez lui Yohan (dont l
identité a été prise devant le commissariat central le soir du 23 mai).

Le lundi 6 juillet 2009, Yohan a effectué son dernier jour de TIG au zoo de Lille (date qu
il a reçue de la médiatrice le jeudi 2 juillet). Il a pris une pause cigarette vers midi et a aperçu les deux hommes du 3 juillet le suivre. À 13 heures il est sorti du zoo, les deux hommes lont suivi, interpellé puis poursuivi en courant.

Le même jour, peu avant 20 heures sur le boulevard Victor-Hugo à Lille, Hélène (dont l
identité a été prise devant le commissariat central le soir du 23 mai) a été interpellée par deux hommes (dont la description correspond à celle de ceux qui ont suivi Yohan quelques heures plus tôt) alors quelle sortait de chez son ami Antoine (interpellé lors de la manifestation du 23). Ils lui ont entaillé plusieurs fois le visage (joue droite et cou) avec un couteau en la menaçant : «Cest de la prévention, la prochaine fois jappuie plus fort. Tu diras à tes petits copains de se calmer et darrêter leurs conneries.»

Nous déposons donc plainte contre X pour avoir divulgué ou s
être procuré illégalement des informations personnelles sur les personnes mises en garde à vue le 23 mai suite à la manifestation.

Des inculpé-e-s du 23, 10 juillet 2009.
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Lundi 6 juillet 2009
La Librairie Résistances sera ouverte samedi 4 juillet !

Un grand merci à tous les amis, les voisins, qui sont venus témoigner leur soutien à la Librairie Résistances ce vendredi après l’agression de la LDJ. Grâce à leur aide, la librairie pourra ouvrir ses portes au public demain, même si un grand nombre de livres détériorés ont dû être retirés des étagères, et si des ordinateurs et des meubles seront encore manquants.

Merci aussi à toutes celles et ceux qui nous ont adressé un message de soutien et qui ont exprimé leur indignation devant ces méthodes fascistes visant à baillonner la libre expression.

Plusieurs associations, dont le NPA, ont pris l’initiative d’appeler à un rassemblement devant la Librairie Résistances ce mercredi soir 8 juillet à partir de 18h30, pour manifester leur solidarité, mais aussi pour exiger la dissolution de la Ligue de Défense Juive, organisation terroriste qui multiplie les agressions en France.


À Vitry aussi

Pas plus tard que la semaine dernière, avons-nous appris, une centaine d’entre eux attaquaient la mairie de Vitry, où le conseil municipal (majorité PC) s’apprêtait à élire citoyen d’honneur de la ville Marwan Barghouti, député palestinien emprisonné par Israël.

Les élus ont dû bloquer les portes du conseil municipal et de s’y enfermer jusqu’à ce que la police vienne déloger les facistes de la LDJ, qui avaient pris d’assaut la mairie. Ceci en appui d’une provocation montée par le CRIF (Conseil «représentatif» des institutions juives), qui avait rameuté ses troupes pour manifester contre la municipalité de Vitry, avec des affiches osant proclamer «Aujourd’hui Barghouti, demain Fofana».

Le président du CRIF Richard Prasquier en personne a participé à cette émeute … qui échoua lamentablement, puisque Marwan Barghouti a bel et bien été élu citoyen d’honneur de la ville de Vitry !

Les médias n’en ont quasiment pas parlé, et le gouvernement encore moins. Il faut dire que lorsqu’on accueille des Lieberman-Netanyahou, on n’est forcément pas regardant sur les méthodes de nazis de la LDJ.


Mais nous le sommes et nous exigeons la dissolution de cette organisation, qui a pignon sur rue en France, avec des locaux pour l’entraînement paramilitaires bien connus des autorités, et un site Internet qui est une incitation permanente à l’agression physique de tous ceux qui se permettent de critiquer Israël et de défendre les droits du peuple palestinien.

Soyons le plus nombreux possible au rassemblement pour empêcher de nouvelles agressions par la LDJ, ce mercredi 8 juillet, à partir de 18h30, devant la Librairie Résistances (4 Villa Compoint, à l’angle du 40 rue Guy-Môquet, 75017 Paris, Métro Guy-Môquet, ligne 13).

CAPJO-EuroPalestine, 3 juillet 2009.

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Dimanche 5 juillet 2009
Incidents lors dune manifestation avant le G8 en Italie

Des heurts ont brièvement opposé des protestataires et la police samedi après-midi à Vicence dans le nord-est de lItalie, lors de la première grande manifestation contre le sommet du Groupe des huit.

La police anti-émeutes a utilisé des gaz lacrymogènes pour empêcher les manifestants de franchir un pont et de se diriger vers une base américaine où sont cantonnés 3000 soldats de la 173e brigade aéroportée, et dont le projet d
extension est contesté par la population.

Les manifestants, dont certains portaient des casques de moto ou avaient le visage masqué, ont pour leur part lancé des bouteilles en direction des forces de sécurité et allumé des feux dartifice.


Les manifestants ont pu par la suite poursuivre leur marche, et se sont dispersés dans le calme en début de soirée. On ne signalait aucun blessé dans les incidents.

Plusieurs milliers de personnes, dont la majorité ont défilé pacifiquement, ont participé à ce rassemblement, organisé dans cette ville à quelques jours du sommet des huit pays les plus industrialisés, qui se tiendra du 8 au 10 juillet à L
Aquila, dans les Abruzzes.

La manifestation était aussi dirigée contre le projet d
agrandissement qui doit accoucher, à proximité de Vicence, dune des plus grandes bases militaires américaines en Europe.

«Nous en avons assez de la puissance qui gouverne sans consulter la population», a déclaré Martina Vultaggio, 29 ans, coorganisatrice du défilé.


Respect des victimes à LAquila

«Ce que nous avons ici, c’est une démocratie populaire. Au G8, vous avez huit puissances qui veulent gouverner en imposant leur volonté. Ce n’est pas la démocratie», avait dit auparavant à Reuters Marco Palma, porte-parole des manifestants.

«Barack Obama a déclaré qu’il était l’homme du changement. Ici, à Vicence, nous n’avons constaté aucun changement», a-t-il ajouté.

Les chefs d
État et de gouvernement du G8 se retrouvent mercredi pour trois jours de sommet consacrés essentiellement à la situation de léconomie, à la régulation financière, au changement climatique, au commerce et au développement.

Les mouvements anticapitalistes ont prévu, comme en marge de chaque sommet international, une série de manifestations dans divers sites, à commencer par le rassemblement de Vicence, dont les habitants refusent l
extension de la base.

Le gouvernement italien a déjà approuvé la construction d
une nouvelle base de 6000 mètres carrés sur le site de lancien aéroport Molin, dans les faubourgs de la ville, mais le projet a été rejeté lors dun référendum.

Le projet est accusé de mettre en péril les nappes phréatiques et de menacer les habitants et le centre historique de Vicence et sa précieuse architecture de l
époque Renaissance.

Le cortège devait défiler sur environ 3,5 km jusqu
au site devant accueillir la future base, qui a été fermé par les autorités, pour y planter des drapeaux aux slogans hostiles. Un millier de policiers ont été déployés sur le parcours.


Le président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, souhaite éviter que se reproduisent les troubles qui avaient émaillé le sommet du G8 de Gênes, en 2001. Un manifestant avait été tué et des dizaines dautres avaient subi des violences policières.

Les organisateurs du sommet du G8 estiment que le choix de L
Aquila, ville dévastée par un séisme en avril dernier, réduit la probabilité de débordements en raison du respect dû aux familles endeuillées ou qui ont perdu leurs biens.

Le séisme avait causé la mort de 300 personnes et fait 60.000 sans-abri.

Une marche à la bougie est prévue par les manifestants lundi soir, trois mois jour pour jour après le séisme.

Leur presse (Reuters), 4 juillet 2009.

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Dimanche 5 juillet 2009

Un commando d’une demi-douzaine d’individus, la plupart masqués, déclarant ouvertement appartenir à la Ligue de Défense Juive (LDJ) ont attaqué vendredi 3 juillet en début d’après-midi la Librairie Résistances (4 Villa Compoint, 75017 – Paris).

Deux femmes travaillant à la librairie étaient présentes, ainsi que deux ou trois clients. Après les avoir bousculés, les nervis se sont attaqués avec frénésie à l’établissement, arrosant d’huile plusieurs milliers [d’ouvrages] et détruisant les ordinateurs, avant de prendre la fuite à bord d’une automobile.

L’attaque de vendredi est intervenue au lendemain d’une conférence, donnée à la librairie par Mahmoud Suleiman, du village palestinien d’Al-Masara, sur le thème des actions de résistance non violente à l’occupation israélienne.

La Librairie Résistances, qui propose, notamment, de nombreux livres sur la Palestine et sur Israël, a été attaquée et menacée à de nombreuses reprises par les fascistes sionistes. Mais alors que les agissements de cette bande sont archi-connus de la police, le pouvoir politique a jusqu’à présent systématiquement manifesté sa sollicitude à leur égard.

La Librairie Résistances ne se laissera pas pour sa part intimider par de tels voyous.

Communiqué de la Librairie Résistances,
3 juillet 2009.
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Mardi 30 juin 2009
Petite histoire malheureusement pas exceptionnelle…

Début mars, un jeune de Chenôve, à peine 18 ans et pas encore son permis, est surpris par les flics au volant d’une voiture. Jusqu’ici rien de bien grave, une connerie juvénile comme tout le monde en a fait. Sauf que les flics mettent la pression, et le prennent en chasse.

Après une course poursuite, l’arrestation est pour le moins musclée : le jeune est jeté par terre, menotté, et reçoit quelques coups de savate, le tout avec les insultes réglementaires («Sale bougnoule», et autres amabilités). Suivront deux jours de garde à vue où les coups succéderont aux brimades, les flics s’y mettant jusqu’à six pour lui faire la misère (une de leurs techniques raffinées étant de tirer les cheveux juste derrière les oreilles…). Les menottes ultra-serrées lui laisseront des marques aux poignets plusieurs semaines plus tard. Le médecin de garde ce jour là, en cheville avec les keufs, refusera de constater les marques de coups.

Après deux jours de séquestration, difficile de se défendre devant un tribunal, et les comparutions immédiates servent précisément à ça : taper fort et à la chaîne sur des gens qui ne sont pas encore remis de leur garde à vue. Bilan : 8 mois ferme, alors qu’il devait entamer quelques jours après un stage dans le cadre de sa deuxième année de BEP (par la suite, l’administration pénitentiaire refusera de le laisser passer son examen en fin d’année, alors que le lycée était d’accord…).

P.-S. La caisse de solidarité dijonnaise a pour but de récolter ce genre de témoignage, et de s’organiser pour ne pas laisser faire, n’hésitez pas à la contacter.

Brassicanigra, 27 juin 2009.
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Mardi 30 juin 2009
Agression d’un militant à Tours :
Le fascisme ne passera pas !


Le 21 juin, lors de la Fête de la musique, un militant tourangeau  bien connu, membre de la CGA et de la cause des sans papiers, a été violemment agressé en pleine rue par un groupe de militants d’extrême droite.

Cet événement illustre un retour en force de l’extrême droite radicale à Tours : le 18 avril dernier, un concert de rock néo-nazi devant se tenir dans les environs avait été interdit ; dans le même temps, un groupuscule identitaire faisait son apparition sur Tours et organisait des conférences publiques sans trop soulever d
indignation. Aujourdhui les fascistes prennent confiance en eux et sattaquent physiquement aux militants.

Cette situation exige une réponse politique forte et unitaire. Il importe de ne pas laisser le fascisme se développer dans nos rues et de faire en sorte que chaque acteur du mouvement social soit en sécurité dans notre ville.

Nous appelons à un rassemblement pour dénoncer cette agression, afin de montrer aux fascistes notre unité et notre détermination à les empêcher de nuire.

Rassemblement mercredi 1er juillet à 18h place Jean-Jaurès

Premiers signataires : Alternative Libertaire 37, les Amis de Demain le Grand Soir, la Coordination des Groupes Anarchistes (CGA), CSDSAP37 (Comité de Soutien aux Demandeurs dAsile et Sans-Papiers), le Collectif Anti-Répression, le Collectif Antifasciste, Le groupe anarchiste l’Électron Libre, Le collectif La Victoire, La LGP Région Centre, Nouveau Parti Anticapitaliste 37, Solidaires 37…


À Nancy

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Lundi 29 juin 2009

Les puissants de ce monde se réuniront ostensiblement cette année à l’occasion du G8 de l’Aquila (Italie), ville sinistrée, du 8 au 10 juillet 2009. À cette occasion se rassembleront des milliers de militants de toute la planète. Le contre-sommet qui aura lieu est depuis le départ en butte aux manigances du pouvoir italien, qui sest amusé à éparpiller le G8 en une série de sommets à travers toute lItalie afin de diviser et de sectoriser à chaque fois les manifestations, et de les éloigner du lieu central du G8 à lAquila. Dautre part, le déplacement dans cette ville du G8, initialement prévu en Sardaigne, a occasionné des retards dans lorganisation des collectifs anti-G8, et risque de poser des problèmes sur le terrain, la population de lAquila étant soigneusement entretenue dans la terreur des hordes anarcho-autonomes internationales.


Lexceptionnalité dun tel événement réside dans lampleur numérique des forces en présence plutôt que dans la nature de la réunion des chefs d’État. La réunion des chefs d’État lors dun G8 attire sur elle tous les regards, et cest dailleurs sa vocation, afficher spectaculairement limage de la concorde et de lharmonie qui règne au sein du pouvoir. Les G8 ne sont pas les clefs économiques de la domination, mais son expression spectaculaire. Ce sont de puissants artifices de propagande, affirmant le règne sans fin de la marchandise, ainsi que sa grande bienveillance. (Ainsi Berlusconi, en grand seigneur, a déplacé le G8 à lAquila pour affecter largent économisé par ce transfert à la réparation de la ville. Tout refleurit sur le chemin de ces êtres incomparables.) Leur absence serait tout à fait tolérable pour le capitalisme, mais leur destruction par des foules en furie devient une cuisante défaite. Depuis que les G8 sont devenus des terrains daffrontement social, leurs enjeux ont subi une mutation. Il ne sagit plus de faire le plus beau spectacle mais de savoir sil aura lieu. Les policiers sont les acteurs de ce nouveau show : les puissants parviendront-ils à se réunir tranquillement ? Dès lors que la police rencontre une résistance, nest plus en mesure de faire preuve de son infaillibilité, limage de la puissance devient plus incertaine.

Ce genre d
événement nappelle pas de revendications, car il serait absurde de réclamer au pouvoir son autodissolution. Nous devons nous placer dans une logique daffrontement et gagner des positions par nous-mêmes. Si le pouvoir craint tant les mouvements sans revendications affichées, sefforce tant de propulser à la tête des mouvements des négociateurs professionnels, cest quil sait très bien que derrière ce genre de silence se cache sa liquidation définitive. Il nest par contre pas inutile de rappeler que nous haïssons lexploitation sous toutes ses formes, et les dispositifs quelle génère pour se maintenir, qui sont sa production essentielle. La dernière camelote en date que les États essaient de fourguer à leur électeurs, lantiterrorisme, mérite dêtre citée car elle occupera une place dhonneur au cours de ce G8, à la fois dans les tractations entre les chefs d’État et en tant quapplication pratique contre les manifestants anti-G8.

Les contre-sommets sont depuis environ une décennie le lieu d
une nouvelle pratique politique quasiment entièrement séparée des formes de contestation locales, les luttes se hissant à un niveau abstraitement international. Le mouvement altermondialiste dans ses variantes plus ou moins radicales a la fâcheuse tendance à limiter son action politique à des interventions spectaculaires à loccasion des contre-sommets, faisant de ces manifestations des hauts lieux de la fausse conscience. Tant que les contre-sommets ne seront pas inscrits dans une trame révolutionnaire, comme une bataille parmi dautres, la version médiatique, qui confond la destruction ponctuelle de limage avec la destruction de la puissance, lemportera sur la version révolutionnaire. Et lon sacheminera alors un peu plus vers des simulacres de contestation, dont les destructions prévues et tolérées par la police ne sont pas le moindre des aspects. (Ainsi, Berlusconi a expliqué goguenard que lAquila était le site parfait pour un G8, puisque les manifestants nauraient rien à y détruire — on voit bien là la terreur que lui inspirent les manifestants.) Nous ne nous battons pas contre la mondialisation néolibérale, laffaiblissement du pouvoir des États nationaux face aux institutions supranationales et aux multinationales, ni contre lhégémonie de quelques États sur tous les autres, mais contre le pouvoir lui-même, dont ces différents points contestés ne sont que ses mutations du moment. Nous ne voulons pas jouer le jeu du spectacle de la fausse contestation mais faire de ce contre-sommet un moment concret de loffensive contre le pouvoir séparé. Nous ne voulons pas nous droguer dun semblant de contestation radicale, dun ersatz démeute dans un décor exotique, mais nous lancer à lassaut du ciel capitaliste.

Brisons l’image de leur puissance

Leur puissance ne disparaîtra certainement pas suite à la profanation de son image, mais elle en ressortira érodée. Cest pourquoi nous ne devons pas nous contenter de pratiquer une iconoclastie virulente, mais également la destruction concrète du pouvoir là où il se trouve. Sil est parfaitement normal de vouloir saboter le G8, noublions pas que ce qui prime avant tout est la réunion massive de manifestants occasionnée par cet événement et la force quelle nous confère, ainsi que la quantité impressionnante de forces de police déployées à notre intention. Nos possibilités de lutte sont alors considérables, et ne se limitent ni au sabotage de la réunion des puissants, ni même à la résistance contre la police.

Mettre le pouvoir en difficulté sur des points localisés est un efficace moyen de propagande révolutionnaire. Le péril matériel à petite échelle (une grève, une émeute), devient un péril politique à grande échelle. Détruire une marchandise, un barrage policier, mettre en faillite une entreprise, ne perturbent certes que d
une manière minime le pouvoir économique, mais ils sont une grave atteinte à son image dinfaillibilité, car ils montrent le chemin à suivre pour le détruire totalement, et caractérisent explicitement lennemi à abattre dans ses différentes dimensions : loppression marchande, policière, etc. Le capital tirant sa force de notre exploitation, il faut bien montrer quil ny a pas de séparation entre ce qui nous opprime et ce dont le capital tire sa force. Lorsque lon se bat contre la police ou que lon sattaque aux marchandises et aux banques, ce nest pas parce que lon est des étudiants très en colère contre la LRU. Ce que lon détruit se place au premier rang de ce que lon déteste, et sert également de rempart aux autres réalités que nous souhaitons abattre. À loccasion dun événement tel que le G8, le cœur de loppression est tout autant dans les forces périphériques assurant la sécurité du cœur officiel que dans ce cœur lui même (le noyau de loppression restant évidemment la propriété privée ou étatique). Seuls les médiatiques et les médiatisés simaginent que le cœur du pouvoir est une image.

Dans chaque moment de révolte, à chaque fois que nous sommes en mesure de créer des zones d
autonomie temporaire, nous cherchons la conquête effective du pouvoir, cest-à-dire sa liquidation en tant que pouvoir séparé, et la reprise en main collective de notre destin et de notre vie par linstauration dune démocratie directe dans tous les domaines de notre existence. En luttant ensemble, nous créons dautres rapports sociaux, dautres manières de se rencontrer. La destruction de lennemi nécessite déjà que nous édifiions à cette fin une autre économie, une autre organisation, que nous éprouvions notre puissance en vue de la recouvrer.

Pour qu
une telle expérience soit autre chose quun défouloir séparé des rythmes habituels de la contestation, il faut quelle ait des répercussions sur lorganisation des forces révolutionnaires dans les différents pays, et notamment quelle modifie les rythmes ordinaires. Ce doit être le lieu dune mise en commun des idées et des expériences, la première forme dune démocratie émeutière. Pour résumer, ce doit être la négation effective des frontières, la reconstitution physique du prolétariat international.

C
est pourquoi dès maintenant nous appelons :
— À participer massivement à ce contre-sommet.
— À ce que se développe, sétende et se structure la pratique des précédents contre-sommets dans ce quelle a de plus dialectique.
— À ce que sorganisent partout en Europe les différents groupes radicaux désirant en découdre avec le pouvoir, sur la base dune confiance mutuelle.
— Au développement matériel des stratégies de défense contre la police : plus nous lui résisterons, moins elle réfrénera sa violence, plus notre défense devra se renforcer. Les techniques de défense et celles plus dialectiques ne doivent plus être séparées mais combinées à des fins tactiques.
— À ce que chacun prenne la mesure des risques encourus et se prépare à les assumer.
— À la permanence de la lutte, à la généralisation de ce type de combat.

Mais au delà de ces nécessités évidentes, une motivation prime sur toutes les autres :
le plaisir est révolutionnaire.

Appel distribué lors de la manifestation du 21 juin 2009 à Paris.
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Lundi 15 juin 2009
S’organiser face à la répression

Face aux diverses expressions de révoltes, individuelles ou collectives, identifiées ou non comme «politiques», l’État intensifie ses moyens d’actions, sécuritaires et répressifs. Quelques exemples piochés dans l’actualité récente nous le rappellent : la criminalisation médiatique et judiciaire des militant-e-s anti-OTAN, les quotas fixés par Besson pour criminaliser l’aide aux sans-papiers, la répression, sur Lille, de la manif contre les violences d’État du 23 mai dernier, etc.
Notre constat est le suivant, et il n’y a dedans ni affaire de culpabilité ou d’innocence : toute lutte politique se voit un jour confrontée à la répression d’État. C’est ainsi que nous avons ressenti le besoin de nous organiser collectivement. Pour ne laisser personne seul-e face aux institutions policières et judiciaires et en apportant de façon concrète une aide financière (pour payer les frais de justice, cantiner en prison, etc.) et un appui juridique.


Qu’est-ce que le FMI ?

Depuis fin 2008, le FMI tente de se constituer comme un collectif de solidarité permanent autour de Lille et sa région. Sa mise en place a pour but d’assurer notre soutien matériel et moral aux actions de désobéissance civile, à l’action directe, aux luttes sociales. Notre principale activité consiste pour le moment à articuler une aide financière militante à travers notre caisse de soutien.

Notre organisation est de type collective et autogestionnaire, c’est pourquoi nos réunions se tiennent de façon régulière et publique dans les locaux du Centre Culturel Libertaire, 4 rue de Colmar, à Lille. Nous rendrons régulièrement des comptes relatifs au fonctionnement de notre caisse de soutien : sur son montant et sur les dépenses qu’elle aura permises, dans un souci de transparence.

Le FMI se propose également de travailler de concert avec des avocat-e-s et avec les diverses organisations déjà existantes, dans un souci d’efficacité et de partage des connaissances. Dans cette optique, toute aide, qu’elle se traduise par une participation à la vie du collectif, le relai d’information ou le partage de connaissances juridiques, est la bienvenue.

L’alimentation financière de la caisse se fait dors et déjà grâce à la solidarité collective, régulière ou ponctuelle, et à l’organisation de soirées de soutien. Nous comptons énormément sur votre générosité et votre empathie à l’égard des insurgé-e-s, désobéissant-e-s et autres activistes politiques subissant la répression de la part du pouvoir. C’est aujourd’hui dans cette optique que nous nous en remettons à vous.

Chèques bancaires à l’ordre de
LES AMIS DE CH’TIRNER - 4 rue de Colmar - 59000 LILLE

Virements bancaires depuis la France :
LES AMIS DE CH’TIRNER - 30003 01110 00050645056 86

Virements internationaux : LES AMIS DE CH’TIRNER.
IBAN : FR76 3000 3011 1000 0506 4505 686
BIC/SWIFT : SOGEFRPP



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Jeudi 11 juin 2009
Un délire

De Rachida Dati, oublions le peu d’appétence pour l’Europe qu’elle était censée venir vendre, ce mercredi-là, devant des «jeunes populaires», lors d’une réunion de plaisante mémoire. Oublions ses rires étouffés de fumeuse de moquette et son arrogante légèreté à l’endroit du pâle Barnier, tête de liste désignée. Mettons cela de côté pour ne considérer que le produit pur, si l’on ose dire, d’une incompétence tardivement rhabillée en «troisième degré», mais pas seulement. «L’Europe s’occupe de ce qu’on lui donne à s’occuper avec les personnes qui peuvent porter ces affaires à s’occuper», c’est, de quelque façon qu’on prétende la justifier, une bouillie qui ferait vomir mon chat.

Ce sabir encore en titre ministériel, coulé tel chaux vive dans les oreilles citoyennes, constitue en soi, indépendamment même de ce qu’il aspire à signifier, un attentat contre la démocratie. Il est le fourrier démagogique du populisme véritable. Il n’est pas un accident, mais le symptôme éclatant d’une façon de gouverner. Loin de «faire peuple», il proclame le mépris en lequel il tient la langue autant que l’opinion.

Ce mépris vient de haut. On savait la défiance qu’inspire au chef de l’État toute forme d’exigence spirituelle, et tout particulièrement en matière linguistique. De sa répulsion pour certaine Princesse de Clèves à la violence de ses «Casse-toi, pauv’con !» la parlure sarkozienne a suscité, entre autres avatars, le charabia datien, signe d’appartenance à une clique, un clan, une famille dont Nicolas Sarkozy est le parrain. Car, de même que les voyous ont fabriqué des argots, les courtisans et les séides élyséens s’identifient dans ce laisser-aller de leur expression publique — au point que celle d’un Bayrou passera bientôt pour le signe le plus tangible de son «opposition». On prit la peine de le vérifier, tandis que, sur France 5, Serge Moati recevait fin avril Frédéric Lefebvre. En moins de trois minutes, l’homme rogue signa en trois énoncés («le débat politique, il a besoin…», «d’puis qu’chuis élu…» et «on reste pas dans l’Hémicycle pendant qu’ça siège pas»), le décret d’exécution symbolique de la syntaxe.

À cet instant, on se souvint que Frédéric Lefebvre était le porte-parole de l’UMP.

Porte-parole, oui… Qu’on y songe.

Un programme

On y songeait d’autant plus en se remémorant la sentence prononcée la veille par l’écrivain Renaud Camus, invité sur France Culture de l’émission «Question d’éthique» : «Il me semble, disait-il, que nous allons vers un monde sans syntaxe.» Ce monde sans syntaxe et dont la cohérence du discours public ne serait plus le commun dénominateur social, on pourrait le regarder comme le produit d’une fatalité, disons, pédagogique. À moins que les mots hystérisés des Dati, des Sarkozy et des Lefebvre esquissent, plus ou moins empiriquement un programme fondé sur la confusion du sens plus encore que sur le mensonge délibéré.

De même que s’agite le corps du chef, s’emballe la langue de ses valets.

Ainsi agencé dans la négation de la syntaxe, le lexique lui-même se dilue dans la banalisation du contresens, dont le terme de «radicalisation» constitua le mois dernier, jusqu’au funèbre 1er-Mai, le spécimen le plus abouti. Est-ce la propagande ou la simple confusion qui la décréta, dans peu de «séquestrations» — bien douces, au demeurant… — de quelques cadres ?

À considérer le nombre somme toute assez étriqué de «retenues», à l’aune de la déferlante de licenciements, «radicalisation» ne convient guère. A fortiori si l’on considère que nulle de ces «prises d’otages» n’a explicitement visé à la suppression d’un plan social, mais seulement à son aménagement dans moins de suppressions de postes ou plus de primes de départ. La dernière en date, dans une librairie grande surface du Val-d’Oise, avait pour objet le droit à travailler le dimanche. Pas de quoi «impacter», comme disent les barbares néologisant, le moral du Medef… Et plus encore, si l’on prend en compte le ferme encadrement syndical ayant présidé aux «séquestrations», dont aucune, sur les sept ou huit recensées depuis la mi-mars jusqu’au funèbre 1er-Mai, ne se prolongea au-delà de trente-six heures. Et quoi qu’il se dise de l’influence volontiers fantasmée de «l’ultra-gauche»…

Chroniques tarnaciennes

À propos… On festoiera dimanche 17 mai en soutien à Julien Coupat et avec la compagnie Annibal, à l’épicerie de Tarnac, QG de la «cellule invisible» chère à Alliot-Marie. Tandis que le Courrier picard relatait les vingt-trois heures de garde à vue d’un citoyen victime d’un SMS rigolard où il était question de déraillement (Libération du 6 mai), le Canard enchaîné rapportait les cadences infernales des agents provocateurs de la ministre butée. Parmi ses entreprises d’intimidation, l’arrestation, le 28 avril, en pleine rue et pistolet sur la tempe, de Tessa Polak, photographe de 36 ans militant pour la libération de Coupat.

Après 48 heures de garde à vue (elle en fera 76), la jeune femme, nous dit le Monde, jure avoir entendu le juge d’instruction Thierry Fragnoli lui dire : «Ce n’est pas ma faute, mais vous allez payer pour les autres.»

Pierre Marcelle - Libération, 15 mai 2009.
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Dimanche 7 juin 2009

«Il y avait au carrefours à Rome des vaisseaux et demycuves pour y apprester à pisser aux passans.»

En ce temps-là (1861), Chigalev disait à ses disciples : «Un millième des hommes jouiront d’une liberté absolue et exerceront sur les 999 autres millièmes une autorité sans limites. Les autres devront renoncer à toute individualité, devenir un troupeau et par une soumlission totale ils arriveront au moyen d’une série de régénérations à l’état d’innocence primitive, quelque chose comme l’Éden, bien que, toutefois, ils devront travailler.»

En ce temps-ci (1953), le vote menace fort de devenir obligatoire. Le long des bâtiments publics on nous ordonne de voter pour Brandon parce que Brandon c’est Duconneau et que Duconneau c’est Brandon. Hier soir dimanche, en un certain lieu étroit de Paris, près d’une vieille église et là où l’école n’est pas assez longue pour étaler la connerie des candidats, des panneaux ont été disposés en forme de paravents chinois. Cela formait dans l’obscurité une forteresse à redans. Par cette belle nuit de printemps, les amoureux occupaient l’espace électoral et un clochard ronflait près de son litre de rouge.

Maurice Blanchard
Publié dans la revue Le fou parle.
Éditions Hermaphrodite
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Vendredi 5 juin 2009

Dimanche 31 mai, les militants et le service d’ordre de la liste «antisioniste» (les militants du Parti Anti Sioniste, d’Égalité et Réconciliation, Charles Alban Schepens et ses hools d’extrême droite du PSG) soit une soixantaine d’individus, ont attaqué massivement une vingtaine de militants et sympathisants antifascistes du XXe arrondissement sur le marché Pyrénées. Bien que présents avec les têtes de liste (Dieudonné, Alain Soral, Yahia Gouasmi, Francesco Condemi…) leur intention n’était visiblement pas politique. Au vu du matériel sorti dès leur arrivée sur le marché (barres de fer, gaz lacrymogènes, casques de moto etc.) et de l’attitude des dits individus, il ne fait aucun doute qu’ils cherchaient à en découdre sous le regard complice et complaisant des caméras de France 3. Il s’agissait sans doute pour Soral et ses amis de prendre leur revanche sur leur déroute du 24 janvier 2009 : ils avaient alors été chassés d’une manifestation parisienne en soutien au peuple palestinien. Soral, comme à son habitude, les premiers coups à peine échangés, a pris la poudre d’escampette laissant derrière lui un Dieudonné hilare, grimaçant, mais hors de portée de ses opposants. Il ne restait dès lors plus que le vieux leader du PAS, Yahia Gouasmi, pour mener les troupes à l’assaut, entouré de ses nombreuses fidèles cinéastes amateurs (maîtrisant parfaitement l’Art du montage vidéo, elles sortiront, à n’en pas douter, très prochainement une production relatant une toute autre version des faits).


La composition de cette liste ayant déjà été maintes fois commentée, nous rappellerons simplement ici le parcours de certains de ses membres, démontrant ainsi clairement qu’il ne s’agit pas d’une liste antisystème mais bien d’une liste antisémite et d’extrême droite.

Prenons par exemple Michaël Guérin, ex-secrétaire régional du Front National de la Jeunesse Rhône-Alpes. Le 18 avril 2009, il était encore aux cotés de Jean-Marie Le Pen à Annecy, pour le lancement de la campagne du vieux leader frontiste. Il est également le responsable de la section Savoie d’Égalité et Réconciliation, dont le logo est celui des nationaux-bolcheviques : un aigle impérial tenant dans ses serres une faucille et un marteau. Rien de très étonnant quand on sait que Michaël Guérin a commencé à militer chez les Jeunesses Identitaires avant de prendre la tête de Jeune Dissidence, la structure jeune du Réseau Radical de Christian Bouchet, qu’il a aujourd’hui quittée. Il signait alors ses articles sous le pseudo Michel Ferrari.

Parlons ensuite de deux franc-tireurs issus du Renouveau Français : Emmanuelle Grilli, ancienne militante du RF, écartée suite à son ralliement à la liste Dieudonné-Soral et Charles Alban Schepens. Celui-ci, bien que n’étant plus adhérent au Renouveau Français, demeure un sympathisant très proche de ce mouvement [
Rappelons pour ceux qui croiraient que le Renouveau Français (et Schepens) défend la cause palestinienne que cette organisation est en excellent terme avec les Jeunesses Libanaises Chrétiennes emmenées par Tony Baroud et qui représentent en France les thèses phalangistes les plus ultra, dont les Palestiniens ont pu subir les conséquences dans leur chair par le passé]. Il est le président d’une association satellite, la Fraternité-Franco Serbe, FFS, (dont la marraine n’est autre que Jany Le Pen et dont le but explicite est d’apporter un soutien aux Serbes du Kosovo dans le conflit qui les oppose aux musulmans albanophones de cette région [Pas avares d’une contradiction près, les amis de Charles Alban ne cessèrent de traiter leurs opposants de dimanche d’islamophobes !!!]). Présent systématiquement à toutes les «sorties» du RF dans la rue, le plus souvent au côté de son grand ami Thibaud de Chassey, Charles Alban est un sacré personnage : ce catholique traditionnaliste était l’animateur du «Groupe Nationaliste Bourgogne» à la fin des années 1990, dont le logo faisait alors clairement référence au rexisme de Léon Degrelle. Il fut ensuite secrétaire départemental puis régional du FNJ Bourgogne. Charles Alban sera encore candidat FN en Saône-et-Loire aux élections régionales de mars 2004.  Fréquentant la tribune Boulogne du Parc des Princes (où il vend des écharpes pour financer la FFS et recruter ses hommes de main), il ne rechignait pas à faire la protection rapprochée de Soral, en compagnie de deux anciens leaders du GUD et apporter un soutien actif à Kémi Séba lors de ses nombreux procès et conférences de presse. Le tout entre deux repas servis dans son restaurant du Ve arrdt de Paris, Au doux raisin, qui lui sert à écouler les vins qu’il commercialise sous l’enseigne Sanguis Terrae !

Pour continuer, inutile de nous étendre sur le cas Cotten, nous l’avons déjà traité par ailleurs.

Enfin pour terminer, rappelons que cette liste est soutenue officiellement par le Parti Solidaire Français (anciennement Droite Socialiste), dont les membres s’étaient rendus célèbres en 2008 lors d’une fusillade contre de jeunes immigrés.

Cette liste est donc tout sauf antisystème : un agglomérat d’antisémites, de néo-fascistes et de paranoïaques. Le cirque médiatique orchestré autour de la possible interdiction de la liste par Guéant et Dati aurait pu nous faire perdre de vue l’essentiel : Dieudonné, Soral et toute la bande ne sont que les idiots utiles de Sarkozy et de l’UMP. En multipliant les provocations antisémites, sous couvert d’antisionisme, Dieudonné, Soral et tous leurs amis volent la place, encore chaude, d’antisémites notoires et infréquentables qu’occupait jusqu’alors le parti de Jean-Marie. Avec cette divine surprise à sa droite, le parti du vieux leader frontiste se lave les mains de la perte du rôle qui lui était dévolu. Ce n’est pas un hasard : les prochaines élections, les Régionales, se dérouleront en 2010, et le travail que la liste antisioniste avec l’aide de Sarkozy, est en train de réaliser n’est ni plus ni moins que la dédiabolisation pure et simple du FN sur la question de l’antisémitisme. Grâce à eux, pour l’élection des présidents des conseils régionaux, l’UMP pourrait ainsi passer, tout en douceur, sans esclandre, des accords électoraux avec un FN jugé respectable en comparaison à la liste antisioniste.

Leur nombre leur a permis dimanche d’avoir un relatif dessus sur le plan physique. Ils doivent évidemment savoir que nous n’oublions jamais rien, ce site en est la preuve, et que la revanche vient à qui sait attendre… Même longtemps.

Réflexes, 1er juin 2009
Site d’informations antifascistes.
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Lundi 1 juin 2009
Identité, diversité : la contre-révolution culturelle


La victoire de la droite au-delà des élections :
le réarmement idéologique


La victoire actuellement écrasante de la droite n’est pas seulement et essentiellement électoraliste — elle est avant tout affaire d’hégémonie politique et culturelle. Elle est due à la déstabilisation du salariat, mais aussi à un profond toilettage idéologique. C’est très largement en s’inspirant du travail de ce qu’on a appelé la Nouvelle droite, la vieille extrême droite française qui a fait peau neuve, que la droite décomplexée a opéré sa mue idéologique.

Après la guerre d’Algérie, l’extrême droite est défaite. C’est à une réflexion sur la façon de reconquérir les esprits qu’elle s’attelle dans les années 1970 avec la constitution de groupes comme le Club de l’Horloge ou le GRECE (Groupe de recherche sur la culture européenne) en n’hésitant pas à reprendre à son compte et en les détournant des idées de gauche voire d’extrême gauche. Le discours de Sarkozy sur l’identité nationale, sur la France qui doit en finir avec la repentance coloniale, ses citations de Jean Jaurès ou du philosophe marxiste italien Antonio Gramsci vont dans ce sens. La défense actuelle de la diversité culturelle, les analyses culturalistes, l’abandon de l’universalisme républicain abstrait au profit d’un relativisme culturel qui l’est tout autant et qui nourrit toutes les séparations sociales en même tant qu’il favorise les pires formes de clientélisme politique, est typique d’une nouvelle façon de masquer en France la question sociale qui, de fait, n’apparaît plus que comme question culturelle.

Le culturalisme différentialiste fige les individus dans des identités imposées par les pouvoirs politiques, inventées ou instrumentalisées par le capitalisme qui se sert de ces fantasmes identitaires pour segmenter le marché. N’a-t-on pas aujourd’hui des marchandises destinées aux Africains, aux homosexuels, aux Arabes, etc. ? Les replis communautaires auxquels nous assistons sont liés à l’effacement des autres formes d’appartenance sociale, l’appartenance de classe notamment. L’homme a en effet peur du vide, surtout à une époque où nous sommes confrontés à la survie au sens fort du terme : trouver un travail pour subsister, se loger et nourrir sa famille. Mais ceci n’enlève pas le sentiment de vacuité et de détresse face à l‘incertitude de la guerre de tous contre tous qui est bien la marque de l’état de terreur dans lequel nous plonge en permanence le capitalisme globalisé.

Cette façon typiquement droitière de penser s’est vite imposée à la gauche institutionnelle qui y a vu un moyen de contourner la question sociale. On se souvient qu’au début des années 1980, une partie de la jeunesse des quartiers populaires descendait dans la rue sur une base clairement politique : la fin du racisme et l’égalité sociale effective pour tous. La contestation monta pour déboucher sur la marche des «beurs». Très vite la gauche au pouvoir créa SOS racisme pour encadrer le mouvement et organisa des fêtes de «soutien». Le pouvoir de gauche avait en effet une stratégie claire reposant sur la dépolitisation de la question sociale par sa transformation en simple problème culturel. On reconnaît là l’indignation humanitaire paternaliste, moralisante et bien peu politique de la gauche qui n’est qu’une transposition dans un autre contexte historique de l’universalisme abstrait de l’époque de l’affaire Dreyfus. Car le penchant de la gauche parlementaire pour les discours abstraits coupés de la réalité sociale et qui visent à enfouir ce qui a réellement de l’importance, la question économique et le devenir social, ne date pas d’hier. Le ralliement à la république du centre, c’est-à-dire des propriétaires, la Troisième République, la «meilleure des républiques», celle qui divise le moins les Français comme le dira Adolphe Thiers, le boucher de la Commune, date de l’Affaire Dreyfus. À la fin du XIXe siècle, comme le fait remarquer justement Louis Janover, les socialistes de parti ont tendance à s’en tenir à la défense d’un universalisme très abstrait et à délaisser la question sociale. La mise en avant de la justice et les incantations sur la nécessaire amélioration de la condition de la classe laborieuse et autres «blablas» philanthropiques en sont un exemple [
Louis Janover. La Démocratie comme science fiction de la politique, Arles : 2007, Éditions Sulliver. Cet universalisme abstrait comme évitement de la question sociale ou simplement du conflit peut encore servir. À la fin des grèves de 2003 à propos de la réforme des retraites, on a vu ressurgir fort opportunément l’affaire du voile dans un établissement scolaire de Seine-Saint-Denis. Cette «affaire» a fait aussitôt les gorges chaudes des médias. Ces derniers ont eu tôt fait d’évacuer la question sociale au profit de la défense de la laïcité, qui renvoie à ce même universalisme abstrait et constitue un élément déterminant de l’idéologie de la «république du centre». Cette question du voile en période de conflit social a divisé les enseignants engagés dans les luttes et aussi opposé des militants qui sont tombés dans le panneau, ou plutôt ont sauté à pieds joints dans ce qui aura été une sortie de crise honorable pour le pouvoir…].

La dépolitisation des questions sociales essentielles, à commencer par l’économie (que produit-on, comment, pourquoi et à quel coût écologique et humain), leur naturalisation en tant que principe de réalité incontournable contre lequel on ne peut rien, remarquable si on considère que la délinquance (les comportements déviants comme disent les experts autorisés de la chose) est en passe de devenir une maladie mentale, encore une façon très «nouvelle droite» de nier les conséquences sociales engendrées par le système, a accompagné des politiques de régression sociale menées de façon systématique par la gauche et par la droite depuis les années 1980.

Cette tendance à traiter la question sociale comme un problème culturel, sa gestion identitaire, s’impose maintenant sur la scène politique et joue un rôle intégrateur de plus en plus important dans l’espace politique dominant. L’instrumentalisation politique de l’identité sert toutes les séparations sociales ainsi que leur approfondissement.


Reconnaissance des identités ou égalité sociale ?

La constitution d’un groupe comme les Indigènes de la République est assez caractéristique de la pénétration politique des conceptions de type communautariste. Le livre de Sadri Khiari, Pour une politique de la racaille, analyse de façon systématique la question sociale comme fait culturel. Il écrit par exemple : «Ce n’est pas parce que le système est capitaliste que les indigènes sont plus exploités que d’autres, c’est parce qu’ils sont indigènes qu’ils sont surexploités.» [
Pour une politique de la racaille (immigrés, indigènes et jeunes de banlieue), Textuel, 2006, p. 106]

Le terme «indigène» est en lui-même très critiquable parce que, contrairement à ce que l’auteur affirme, l’État républicain, dans sa logique dominatrice propre à notre époque, ne reconnaît que des individus qui sont des citoyens français et d’autres qui ne le sont pas. La forme que prend aujourd’hui la domination n’est pas réductible à l’oppression coloniale, pas seulement en tout cas. Ensuite, c’est une façon de reprendre les catégories du «champ politique des blancs» pour parler comme l’auteur, alors même qu’il appelle au développement d’un espace politique «non blanc». Cette façon de voir les immigrés en général est gênante parce qu’elle s’inscrit dans la même logique totalisante que ceux qui défendent une conception essentialiste et raciste dans les rapports à l’autre : les Noirs, les Arabes, les Européens. Par ailleurs, quoiqu’en disent les Indigènes de la République, les sans-papiers qui luttent pour leur régularisation ont plus en commun avec des lycéens luttant contre le Contrat de première embauche (CPE) qu’avec des flics «issus de la diversité» qui n’hésitent pas à les réprimer sans se soucier de la couleur de leur peau. Khiari ne semble pas voir que le racisme est une construction sociale qui est liée à la perception de soi et des autres. On pourrait par ailleurs répondre tout aussi bien à l’auteur que ce n’est pas une «culture indigène» qui est exploitée, mais une main d’œuvre immigrée bon marché. Le racisme s’inscrit bien dans le système de production et d’échange capitaliste qui hiérarchise et distribue le pouvoir et les places de façon inégalitaire : il est une composante du système. On ne pourra pas supprimer le racisme sans repenser les relations humaines en dehors du système actuel d’exploitation de l’homme par l’homme.

Sadri Khiari parle d’un «champ politique blanc» sans d’ailleurs être très explicite sur ce qu’il faut entendre par là. En tout cas il ne dit rien sur ce que pourrait être un «champ politique indigène» tout court parce qu’il est impossible de le concevoir sur une base identitaire. Toute communauté instituée à partir de l’identité est en même temps exclusive. Il y a le beau roman de Toni Morrison, Paradis, qui en dit plus là-dessus que beaucoup d’études ethnologiques ou sociologiques. Dans l’Oklahoma, au milieu de nulle part, une communauté de noirs affranchis crée une ville nouvelle, un paradis duquel les blancs ont été chassés. Mais bientôt la télévision, l’alcool et la musique sont exclus. Et puis on en vient à se méfier des métis et les hommes imposent leurs lois aux femmes. Cinq d’entre elles sont accusées de sorcellerie et exécutées. Incapables d’échapper au racisme et au sectarisme, comme si coupés du «monde des blancs» celui-ci finissait pourtant toujours par les rattraper, des hommes massacrent ces femmes parce qu’elles sont étrangères et, de ce fait, considérées comme ennemies de la communauté.

On pourrait concevoir une communauté d’Égaux comme espace public oppositionnel, mais elle serait alors une communauté vide de toute référence à une identité figée et donnée une fois pour toute, ouverte et en construction permanente. Plutôt qu’une communauté particulière, elle serait une communauté faite de singularités quelconques, réunissant des individus acquis à l’idée de la nécessité de renverser toutes les valeurs dominantes : le travail aliéné, le productivisme, la distribution inégalitaire du pouvoir, les rapports sociaux de domination d’ordre sexuel, racial ou autre. Ce qui nous manque c’est une reconnaissance réciproque à la base, y compris avec nos différences, et pas une reconnaissance de l’État.

Sadri Khiari a raison de souligner que les émeutes qui ont touché certaines banlieues françaises pendant l’automne 2005 ont donné lieu à une gestion communautaire, sinon post-coloniale, d’un problème politique et social. Mais en plaçant le combat politique sur le terrain où l’État l’attend, il prend le risque d’être récupéré par un système qui n’en finit pas de se nourrir des identités soit pour ouvrir de nouveaux espaces à la société spectaculaire marchande, soit pour entretenir ou renforcer les séparations sociales. Et quand il revendique le vieux nationalisme tiers-mondiste comme héritage, il fait comme si les luttes de libération nationale n’avaient pas débouché un peu partout sur de nouvelles formes d’oppression. Car pour avoir changé d’aspect, les tyrannies n’en restent pas moins répugnantes.

Mais il y a encore autre chose. Les garants du système capitaliste pourraient accepter totalement le respect de la diversité culturelle sans que cela ait la moindre conséquence sur la question sociale ou implique une remise en cause de l’édifice. En fait, la diversité concerne toujours les mêmes classes sociales, les classes moyennes supérieures et la bourgeoisie, les classes populaires étant tenues à l’écart. Et quand elles sont concernées, c’est pour faire des
exemples et entretenir l’illusion en élevant la représentation des «minorités visibles», pour parler comme le pouvoir, sinon tous les pouvoirs maintenant, au rang de véritable idéologie. Une croyance vient ici entretenir la confusion et la fausse conscience : l’idée que toutes les cultures se valent, qu’elles sont par essence égales. Une société qui serait «multiculturelle» ne saurait donc être hiérarchisée. De ce point de vue, un monde divisé en cultures ne pourrait pas se concevoir comme inégal si les cultures étaient équitablement représentées dans leur diversité. On voit bien ici le rôle idéologique que joue le culturalisme parce que si tel était le cas, le monde n’en continuerait pas moins d’être inégalitaire. Mieux : il le serait de plus en plus parce que la gestion capitaliste de l’identité viendrait légitimer les inégalités. C’est le principe ultraréactionnaire qui prétend que ceux qui restent pauvres n’ont rien fait pour sortir de la misère sociale et culturelle. Au fond, c’est ce qui se cache derrière le concept d’égalité des chances qui finit par effacer totalement l’idée d’égalité sociale ou d’égalitarisme, principe anticapitaliste s’il en est.


Sous la braise et sous la cendre :
le rêve de libération dans les consciences entrouvertes


En Patagonie, Benetton a racheté les terres des Indiens Mapuches pour y pratiquer l’élevage du mouton. On trouve en effet dans cette région la meilleure laine du monde. Les Indiens sont salariés par Benetton et travaillent pour une misère. Pourtant, pour bien montrer que Benetton respecte toutes les cultures, la multinationale n’a pas tardé à consacrer une partie de ses fonds à la création d’un musée de la Patagonie. On devine déjà sans trop d’efforts ce qui arriverait si les Indiens Mapuches, au nom de la justice sociale, venaient à brûler le musée et à s’emparer des terres pour se les approprier. Benetton qui respecte la diversité culturelle pour mieux continuer à exploiter les hommes ferait appel à l’armée au nom de la défense de la Loi sacrée de la propriété privée.

La grève générale qui a pris la forme d’un véritable soulèvement populaire en Guadeloupe et en Martinique vient nous rappeler la centralité de la question sociale dans les sociétés capitalistes avancées. Si l’on regarde la plateforme du LKP, le collectif qui a mené la lutte en Guadeloupe, on s’aperçoit qu’elle n’a rien de révolutionnaire. Il s’agit d’un programme de réformes qui ne met nullement en cause les principes du capitalisme, mais seulement sa logique actuelle, c’est-à-dire son caractère totalitaire, sa tendance à faire du monde entier sa
chasse gardée. Le collectif cherche à remettre l’économie à sa place, à encadrer la logique capitaliste.

La plateforme du LKP se décline en 10 points qui vont des conditions de vie à des revendications d’ordre culturel en passant par les services publics, le logement, l’éducation, des mesures visant à limiter la «pwofitasyon», autrement dit l’enrichissement. Mais les revendications de type culturel ne figurent qu’en neuvième position. On le sait, c’est sur l’augmentation de 200 euros sur les petits salaires que le bras de fer s’est engagé entre le patronat et l’État d’une part, le LKP d’autre part. C’est donc bien à un retour de la question sociale que nous avons assisté et non à la montée de demandes identitaires, même si elles existent bien tant la perpétuation de l’ordre colonial est évidente aux Antilles. Car la Guadeloupe est mise en coupe réglée par une poignée d’accapareurs qui sont souvent les descendants des propriétaires d’esclaves : 1% de la population possède 40% de l’économie. Mais le conflit n’oppose pas les Noirs ou les métis aux Blancs, mais bien ceux qui n’ont rien aux possédants.

Pour tenter d’éluder le fond du problème, l’État a mis en avant la question de l’autonomie, l’indépendance, en portant le débat sur le terrain de l’identité. Mais rien n’y a fait étant donné que l’enrichissement de quelques-uns par l’exploitation intégrale du peuple condamné à la survie la plus totale reste une réalité tenace, tangible et vérifiable. Ici la domination a un ou des visages facilement identifiables, ce qui n’a sans doute pas compté qu’un peu dans l’ampleur du mouvement de révolte. De ce point de vue, la lutte du peuple guadeloupéen est exemplaire parce qu’il a su s’organiser pour contester le système d’exploitation qui, avant d’être racial, n’en déplaise aux tenants du culturalisme, est bien capitaliste.

Les gangsters et autres spécialistes en razzias planétaires prétendent maintenant que les membres du LKP seraient racistes parce qu’ils entendent accorder la préférence à l’embauche aux Guadeloupéens. On pourrait faire remarquer que 30 à 40% des jeunes guadeloupéens sont au chômage. Et surtout, un État qui organise tous les jours de l’année la chasse aux immigrés et qui abrite un ministère de l’Identité nationale n’a pas de leçons à donner en matière de racisme. Le LKP demande en tous cas dans sa plateforme qu’il soit mis fin aux abominations à l’encontre des travailleurs étrangers, point qui pourrait être repris en métropole, comme bien des points d’ailleurs figurant dans ce programme tant l’exploitation et la domination nous condamnent à l’innommable.

Parmi les composantes du LKP figure l’UGTG. Créée en 1973, la centrale syndicale énonce dans ses conceptions et orientations :
L’Union Générale des Travailleurs de Guadeloupe est une centrale syndicale regroupant les travailleurs de Guadeloupe, sans distinction de race, d’opinion publique, philosophique, religieuse, unis par la volonté de défendre leurs intérêts matériels et moraux.
Et encore :
L’UGTG est une organisation de Classe et de masse convaincue de la nécessité de transformer les rapports sociaux aux fins d’une société plus juste, assurant à chaque homme son droit au Travail, à la santé, à l’éducation, à la culture, à la vie.
Les analyses de l’UGTG pourraient être reprises presque mot pour mot pour qualifier notre quotidien. La centrale, à sa création, remarque que l’échec des tentatives des travailleurs pour la dignité «réside dans le fait que les travailleurs ont été trahis par les dirigeants des centrales syndicales. Les directions de ces centrales syndicales collaborent avec les capitalistes, les propriétaires fonciers et l’État capitaliste contre les travailleurs

Évidemment toute comparaison avec la situation en métropole ne pourrait être le fait que d’un cerveau malade tout juste bon pour l’internement. Il est vrai que pas une fois les bureaucraties syndicales n’ont failli contre l’État et les capitalistes. Une fois non, des centaines de fois plus sûrement. Et d’ailleurs leur silence sur la révolte aux Antilles en dit plus long que n’importe quel réquisitoire à l’heure où la seule arme à opposer au malheur permanent est la grève générale sans condition. Quand il se passe quelque chose plutôt que rien, les bureaucrates font la seule chose qu’ils sachent faire : les morts. Et quand il ne se passe rien, ils courent comme la volaille à qui on a coupé la tête pour faire croire qu’ils sont en vie.

Mais la plateforme du LKP s’en tient au réformisme, à une limitation des effets dévastateurs du capitalisme, comme si nos vies ne valaient pas plus qu’un aménagement de la misère, un peu de chaleur au fond du trou. L’égalité sociale ne suffit pas, il faut encore la dignité humaine. Or cette dignité, nous ne la conquerrons que si nous sortons de la société marchande qui rabaisse l’homme au rang de misérable objet.

C’est tout l’intérêt du texte signé par une dizaine d’écrivains et intellectuels antillais intitulé Manifeste pour les «produits» de haute nécessité. Dénonçant un système d’exploitation de l’homme par l’homme tendant vers la déshumanisation complète, le manifeste condamne un monde entièrement prosaïque où tout tient dans un code barre qui exclut ce qui ne saurait se réduire à la valeur marchande : la poésie et les créations authentiquement humaines. Ils appellent à rompre avec une religion, la marchandise, qui ne mine pas seulement notre propre humanité mais aussi notre avenir : la Terre, cette part extérieure de nous-mêmes qui nous est indispensable à moins d’être dénaturés complètement. Or le ressaisissement de notre humanité passe par la généralisation de la gratuité contre la croissance sans fin qui s’accompagne de la production d’une domination monstrueuse aux allures de Golem anonyme.


La seule vraie solution à la question sociale,
c’est la révolution. Mais laquelle ?


Plutôt que de courir après le pire des cauchemars possibles, celui de notre destruction, nous pouvons encore, la conscience entrouverte, renouer avec le rêve sans âge de libération dans le battement de l’instant, comme le prouve le soulèvement populaire aux Antilles.

Le manifeste antillais réactualise dans le présent l’idée de Révolution en lui redonnant une signification anthropologique. Il n’y aura en effet pas de rupture radicale avec l’ordre capitaliste sans révolution dans la façon de comprendre notre humanité, de concevoir nos relations entre nous les hommes et nos relations avec la Terre. Alors nous pourrons déposséder de leur pouvoir tous les maîtres et leurs stipendiés petits et grands qui prétendent faire tenir notre passé, notre présent et notre avenir entre leurs mains sales.


Les larmes amères du Saint-Capital devant une croyante en proie au doute

Négatif no 11, juin 2009.
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Dimanche 31 mai 2009

Ce matin, Dieudonné en campagne tractait au marché Pyrénées dans le XXe arrondissement de Paris, accompagné de ses alliés politique : jeunes nationalistes, jeunes identitaires, royalistes, hooligans du PSG, skinheads du FN, cathos et musulmans fondamentalistes.

C’est là le vrai visage de cette liste dite «antisioniste», en fait un ramassis de nazillons et d
intégristes de tout poil qui nont pas hésité à agresser un passant qui ne voulait pas de leur tract.

À quelques pas de là, des militantes et militants antifascistes se sont fait courser et tabasser par les antisémites armés alors qu
ils tentaient dinformer les passant-es des idées véhiculées par cette liste et de sopposer à la diffusion de ces idées immondes. Côté antifascistes, on dénombre plusieurs blessés et plusieurs interpellations. Pendant ce temps, Dieudonné et ses soldats, taxant leurs opposants de «racistes et dislamophobes» (sic !), continuait à se donner une posture victimaire, au cœur de sa campagne et de sa relation aux médias. Pas facile dassumer des idées aussi sales et haineuses que les siennes !

Dans la même veine, un proche du RED (Renouveau Étudiant de Droite) se faisait interviewer par une télévision, la tête ensanglantée, protégé par la police, se disant simple passant agressé par «les anarchistes».

Le 9 mai dernier, les fachos avaient été privés de défilé annuel (croix gammées, flambeaux et autres réjouissances), notamment sous la pression des antifascistes. Frustrés, ils avaient commis des «ratonnades» (passages à tabac racistes) et des dégradations en chantant des hymnes nazis dans le XIVe arrondissement.

Les évènements de ce matin ne font que dévoiler le vrai visage de Dieudonné et de sa ligue de fascistes ultra-violents. Nous continuerons à nous battre chaque jour, sur tous les terrains, contre l
extrême droite qui nest plus à présenter. Quelle quelle soit (catho, musulmane, royaliste, nationaliste…), elle na pas sa place dans une société qui se veut démocratique, quand bien même se cache-t-elle derrière le paravent électoral. Nous serons toujours là contre la bête immonde !

Parce que ces gens-là se revendiquent de Franco, d
Hitler, de Pinochet, pas de fascistes dans nos quartiers, pas de quartier pour les fascistes !

Le fascisme, c
est la gangrène, on lélimine ou on en crève !

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Dimanche 10 mai 2009

Le 1er mai 2009, 1000 nazis ont défilé à Ulm (Baden-Würtenberg) et à Neu-Ulm (Bayern), 5000 personnnes s’y sont opposées. Dautres défilés nazis ont eu lieu dans plusieurs villes allemandes, auxquels ont participé au total 3000 nazis. Dans plusieurs villes il y a eu des actions militantes, mais seulement à Mainz un défilé nazi a été complètement stoppé. Même si lappel au défilé de Ulm était organisé par le parti de la jeunesse «Junge Nationaldemokraten» (JN) et le «Nationaldemokratischen Partei Deutschlands» (NPD), tout léventail fasciste y a participé.

À Ulm, le syndicat (DGB) a trahit une fois de plus les antifascistes autonomes en les livrant à la violence policière. Pendant ce temps des manifestants kurdes et communistes se solidarisaient. Le DGB a de nouveau suivi la tradition du 1er mai 1933. Déjà à l
époque, les nazis tentèrent de récupérer la journée de luttes des mouvements ouvriers, pour en faire un «jour férié du travail national». Le 2 mai 1933 ils démantelèrent le mouvement syndicaliste après le jour avant des membres du syndicat sont descendus dans la rue au côté de la NSDAP. Chaque année les nazis essaient de saccaparer cette date en en radiant lorigine historique : le rassemblement anarchiste à Chicago (1886) lors dune grève générale pour la journée des 8 heures.

Le 1er mai 2008 est devenu un signal de l
extrême droite allemande, lorsque pour la première fois les «Autonomen Nationalisten» (AN) ont capté lattention des médias. Un groupe de 1100 nazis défilèrent alors dans le quartier Barmbek dHamburg. Plus de 9000 militants de gauche leurs barrèrent la route, les nazis attaquèrent la presse et des opposants politiques. La police nétait pas préparée, étonnée et débordée, par la nouvelle qualité de militance massive des fascistes. Au sein de la scène, lattention que les médias prêtèrent à lAN, déclencha une propre dynamique, qui présente jusquaujourdhui un facteur important pour comprendre lattractivité de lAN. LAN se présente comme un plagiat des antifascistes de droite et tente de recruter des jeunes sous lapparence moderne et violente. Il est vrai que les nazis gagnent de lattractivité en laissant de côté les stérétotypes repoussants, tels que la raie sur le côté ou encore le skinhead nazi. Cependant lAN na jusquà présent aucun potentiel pour un mouvement de masse.

Déjà le 12 mai 2008, 800 AN défilèrent dans Stolberg (Nordrheim-Westfalen). Le prétexte était la mort d
un jeune, le 4 avril à la sortie dune conférence de la NPD. Le plus grand défilé de lAN date du 6 septembre 2008, lorsque 1200 nazis purent manifester à Dortmund (Nordrhein-Westfalen), malgré les protestations de 1800 militants de gauche. Le prétexte était lanniversaire de loccupation de la Pologne par la Wehrmacht le 1er septembre 1939. Le jour du commencement de la seconde Guerre Mondiale, est célébré de façon cynique «jour national anti-guerre» par les nazis depuis quatre ans à Dortmund. Le 1er mai 2009 des nazis ont marché à Dortmund : 300 AN ont attaqué la manif de la DGB à coups de pierres.

Le 13 septembre 2008, 1100 nazis ont participé à la quatrième «Fête des peuples» (FdV) à Altenburg (Thüringen), 2000 militants de gauche participèrent à une contre-manifestation. Chaque année, le festival Rechtsrock organisé par la NPD réunit des groupes de musique du réseau fasciste «Blood and Honour». À cette occasion, les leaders nazis arrivent de toute l
Europe. En effet, cet évènement sert de connections fascistes. Beaucoup de nazis proviennent du parti indépendant «Freien Kameradschaften». Lors de grands évènements, tel que le FdV, les nazis tentent, surtout dans les régions de lEst de former des «zones libres nationales».

Le plus grand défilé nazi en Allemagne après la Seconde Guerre Mondiale, s
est déroulé le 14 févier 2009 à Dresden (Sachsen). Lors du jour du bombardement de la ville par les alliés, 6500 nazis provenant de toute lEurope défilèrent à Dresden. Même si plusieurs milliers de militants de gauche ont manifesté contre le défilé nazi, la date est devenue un rendez-vous annuel des nazis européens. Comme les défilés nazis précédents à Wundesiedel sur le tombeau du représentant dHitler, Rudolf Hess, ou bien la fête de la NPD du journal «Deutschen Stimme», ces célébrations dans plusieurs villes, en général en Allemagne de l’Est, sont devenues des rencontres annuelles de la scène nazi européenne.

Les trois caractéristiques principales des regroupements nazis sont l
interconnection et lorganisation, lassurance dune force interne et dun pouvoir vers lextérieur. Les prétextes des recontres fascistes sont dans ces cas sans importance, du moment quils accomplissent une fonction didentification pour la totalité du spectre nazi. Ceci est particulirèment vrai pour les thèmes dhistoire révisioniste, le choix des lieux sont souvent des bastions de la scène nazi. Cest pour cela quil nest pas suffisant dempêcher ces évènements, car les nazis réagissent de façon flexible aux interdictions en choisissant dautres thèmes pour leurs défilés. Outre le combat contre lidéologie fasciste au sein de la population, la destruction des structures nazies est inévitable : chaque nazi doit être attaqué avec tous les moyens nécessaires.

Plus jamais de fascisme !

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Lundi 4 mai 2009
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