La CGT des privés d’emploi et précaires du Rhône s’alarme de la recrudescence des agressions physiques, perpétrées par des membres de groupes et groupuscules fascistes, dont certains se revendiquent ouvertement d’Adolf Hitler et du régime nazi, tandis que d’autres camouflent leurs nostalgies nauséabondes derrière un discours identitaire racialiste. Certaines de ces agressions ont abouti à des séquelles graves, chez des personnes qui, par exemple, n’avaient fait que se rendre à un concert.
Conscients du péril que représentent ces personnes et ces groupes, les militants de notre Syndicat ainsi que d’autres syndicats CGT ont participé à toutes les initiatives de manifestation, proposées par le collectif de vigilance contre l’extrême-droite du Rhône. Suite à la manifestation du 9 avril, des personnes ont une nouvelle fois été lâchement agressées par surprise, par des éléments armés de manches de pioche et de battes de base-ball.
Alors que seuls les capitalistes et la crise de leur système sont responsables de la situation sociale du pays, les discours du gouvernement au service du MEDEF tendent à dévoyer la colère des travailleurs en activité contre les privés d’emploi, des travailleurs du privé contre ceux du public, des travailleurs français contre les travailleurs étrangers, des chrétiens contre les musulmans, etc. Le pouvoir d’État, les relais politiques, médiatiques et sociaux de cette offensive sont les premiers responsables de la banalisation des thèses de l’extrême-droite.
Dans ce contexte, nous savons bien que les petites bandes de voyous racistes et agressifs, qui s’agitent dans et hors de la mouvance du FN, peuvent devenir un réel danger pour les militants syndicaux, pour le mouvement ouvrier et démocratique — au seul profit du patronat. Certains d’entre eux avaient notamment tenté, sans succès, de s’en prendre aux piquets de grève, lors du dernier mouvement contre la réforme des retraites.
Récemment, notre Confédération CGT a dû réagir aux tentatives d’infiltration de militants d’extrême-droite. Il n’y a pas de place dans le mouvement syndical pour les tenants de l’idéologie de la préférence nationale. Le syndicalisme doit être aux avant-postes dans la lutte contre le racisme, la chasse aux sans-papiers, les discours de stigmatisation qui nourrissent l’extrême-droite.
Par leur mouvement massif, uni et solidaire face au Plan Juppé en 1995, travailleurs du public et du privé, français ou immigrés, avaient contribué à faire reculer de manière importante les idées d’extrême-droite et le FN dans la société. Lorsque la solidarité ouvrière et populaire avance, les groupes fascistes, les partis racistes, le terrain et le discours sur lesquels il prospère reculent.
Aujourd’hui, nous avons besoin de préparer une telle riposte sociale face aux attaques du gouvernement et à la paupérisation de la population qui sont le terreau duquel se nourrit la violence réactionnaire de l’extrême-droite.
Chômeur, précaire : Face au gouvernement, face aux racistes, face à l’extrême-droite ne reste pas isolé, syndique-toi !
La CGT des privés d’emplois et précaires du Rhône
Rebellyon, 27 avril 2011.
Fachos hors de nos vies, de nos quartiers et de nos rues !!!
50 personnes devant le Palais de justice d’Avignon, où a été rendu le référé de la plainte déposée par l’AGRIF pour exiger le retrait de l’œuvre. Entendue, l’avocate de la Collection Lambert obtient finalement le rejet des demandes de l’Agrif (retrait de l’œuvre) et sa condamnation à verser 8000€ au musée (pour faire suite à la dégradation). L’avocat de l’AGRIF a annoncé qu’il ferait appel.
On y retournera !!!!
Jeudi 21 avril 2011.
En Vaucluse, l’extrême-droite s’incruste de plus en plus visiblement sur le terrain : maires Ligue du Sud à Bollène et Orange, FN dans le canton Nord de Carpentras, banalisation du racisme et de la xénophobie, intégristes anti-IVG au Barroux et aujourd’hui retour à l’Inquisition dans les rues d’Avignon avec la bénédiction de l’Évéché, du FN, de la Ligue du Sud, des Identitaires. Ce samedi ils étaient plus de 1000 fanatiques dégénérés pour demander la fermeture de l’expo Serrano et leurs nervis ont détruit deux des œuvres de l’expo. Soyons plus nombreux qu’eux, ce mercredi 20 [avril] à 10h45. Rendez-vous devant le Palais de justice d’Avignon, où doit être rendu le référé de la plainte déposée par l’AGRIF pour exiger le retrait de l’œuvre.
Fachos hors de nos vies, de nos quartiers et de nos rues.
Infos Anti-autoritaires en Cévennes
à l'Assaut des Montagnes !, 19 avril 2011.
Nouveaux défilés des Autonomes Lorrains en Cortège-Bloc d'action directe fasciste
Les Nationalistes Autonomes Lorrains, groupuscule activiste de la mouvance d'extrême-droite radicale sont le fer de lance en France d'une nouvelle forme de brigades fascistes de rue. Le même scénario et schéma que dans les années 30 : avec la politique fascisante d'État, les lois racistes, les expulsions, les Camps de Rétention, le durcissement de l'appareil répressif, et le renouveau de l'extrême-droite politicienne officielle, sur ce fond de fascisation politique de notre réalité sociale surgissent sans surprise de multiples groupes fascistes radicaux, fer de lance de terrain du retour du National-Socialisme.
Les agressions fascistes, les ratonnades, les actions directes nazies, les formations et réseaux, se multiplient proportionnellement au nouveau pullulement des locaux néo-nazis, avec leur organisation matérielle, leur presse, leurs codes. Tandis que les agressions fascistes et ratonnades sont quasi-quotidiennes à Lyon contre des militants, des personnes de couleur et des homosexuels ; le premier local néo-nazi officiel s'est ouvert en plein centre-ville. En Franche-Comté, par la pression du Comité de Vigilance Antifasciste et de la population, un grand concert néo-nazi à la publicité ornée de croix celtiques et svastika a finalement été interdit. En Lorraine, les Nationalistes Autonomes sont de ces réseaux qui organisent des défilés d'envergure et parés à l'affrontement contre les antifas, tandis que des réseaux nazis s'y organisent avec des formations et entraînements à l'arme à feu. Ainsi à Metz, il y a quelques années, le Pink Bar, bistrot militant, a été attaqué par un groupe nazi radical qui ont ravagé le bâtiment, armés de couteaux, de battes de baseball et d'un revolver à 9mm. À Nancy, nombreux sont les concerts de rap antiracistes et anticapitalistes qui sont menacés voire directement attaqués par des groupes fascistes.
Ce phénomène de retour du fascisme radical organisé et de terrain, opérant dans la rue, est assez récent en France mais s'accroît et se renforce à l'image de l'Allemagne qui subit depuis de nombreuses années déjà un retour significatif des réseaux fascistes radicaux. D'où l'ampleur et la force du mouvement antifa en Allemagne dont le combat est quotidien et de plus en plus violent.
La marche annuelle des néo-nazis à Dresden il y a quelques semaines, et qui rassemble entre 2 à 4000 néo-nazis, s'est vue de nouveau contre-carrée par la remarquable capacité de résistance et de solidarité antifasciste. Sans surprise, lors des affrontements de rue, la police a couvert et protégé le cortège nazi et laisser faire leurs attaques en Bloc Faf, mais ont littéralement encadré et réprimé sans merci les milliers d'antifascistes venus les chasser.
L'organisation des nazis est telle en Allemagne qu'ils parviennent à opérer à des stratégies de territoire, en achetant des villages entiers, maison par maison, et en en faisant des Zones Autonomes fascistes où flottent les drapeaux à croix gammées et se déroulent des festivals d'extrême-droite.
Considérons avec
sérieux la menace fasciste en France comme partout en Europe,
Créons des Comités de Vigilance et soyons parés à résister sur le terrain lorsque la vermine brune ose parader dans les rues.
Encore et toujours,
NO PASARAN !
Vendredi 15 avril 2011.
Communiqué du collectif 69 de vigilance contre l’extrême-droite
Ça n’en finit plus. Samedi 9 avril, une manifestation unitaire antifasciste avait lieu pour dénoncer les violences d’extrême-droite à Lyon et l’implantation d’une salle de concerts néo-nazis. Alors qu’ils quittaient la manifestation et rejoignaient un groupe d’amis dans le quartier saintJean, deux manifestants ont été sauvagement attaqués par des militants d’extrême-droite.
Ils auraient été suivis lors de la dispersion de la manifestation des Terreaux jusqu’au lieu de l’agression par quatre militants fascistes.
Arrivés dans le quartier saintJean, les deux militants antifascistes ont été interpellés et provoqués par ces derniers. C’était en fait un véritable guet-apens : une quinzaine d’agresseurs ont simultanément surgi d’un coin de rue, armés de barres de fer, de battes de baseball et de manches de pioche. Se ruant sur eux, ils les ont littéralement lynchés place du Change.
Le plus durement touché a 21 jours d’ITT en raison de plusieurs fractures et d’une mâchoire brisée due à la multiplication des coups portés à la tête. Il devra prochainement subir une lourde opération chirurgicale. L’autre personne s’en tire avec quelques contusions.
Ce n’est malheureusement pas (et de loin) la première agression orchestrée par des nervis appartenant à la mouvance identitaire et fasciste lyonnaise dans ce quartier. Trois syndicalistes en avait déjà fait les frais en mars 2010. Un exemple parmi d’autres.
Voici plus d’un an que nous, collectif 69 de vigilance contre l’extrême droite, pointons la recrudescence des violences fascistes dans l’agglomération lyonnaise. Trois jours avant cette agression, une autre s’était déroulée devant le lycée Jean-Paul Sartre à Bron où deux personnes diffusant des tracts pour la manifestation antifasciste avaient été attaqués.
Malheureusement, nous devons une fois de plus condamner une énième agression de la part des nervis fascistes et/ou identitaires à l’encontre de ceux qui ne leur plaisent pas : jeunes issus de l’immigration, actrices-eurs des mouvements sociaux, militantes-militants de gauche ou libertaires…
Une fois encore nous interrogeons les pouvoirs publics sur cette situation, sur leur capacité à y remédier, et sur leur volonté d’agir enfin contre ce que nous sommes contraints d’appeler une véritable résurgence de l’extrême-droite radicale à Lyon. La violence des agressions étant chaque fois plus intense nous nous interrogeons : faudra-t-il un mort pour qu’une prise de conscience politique et médiatique ait lieu ?
Banalisation du discours raciste, débats nauséabonds, opprobre jetée sur une partie de la population française, chasse aux sans-papiers : les politiques portent leur lot de responsabilités dans la situation que nous subissons aujourd’hui.
Nous tenons à interpeller toutes-s les Lyonnaises-s sur la dangerosité croissante que font peser les diverses composantes de cette droite extrême en recomposition — des identitaires aux néo-nazis en passant par le Front National et divers groupuscules, les frontières entre ces groupes étant largement perméables selon nous.
Nous alertons les habitantes-s de saintJean et les personnes qui y travaillent sur cette triste réalité, à savoir que leur quartier risque aujourd’hui de devenir un véritable bastion de l’extrême-droite violente.
Nous ne nous laisserons pas intimider par ce déchaînement de violence et nous continuerons plus que jamais le combat sur le terrain politique et populaire !
Collectif 69 de vigilance
contre l’extrême-droite (contact)
Lyon, le 11 avril 2011.
Rebellyon.
Retour en photo sur la manifestation antifa du 9 avril à Lyon
Plus de 2000 personnes ont participé samedi 9 avril à la manifestation contre le fascisme appelé à Lyon par le Collectif 69 de vigilance contre l’extrême-droite pour pointer la recrudescence des violences fascistes et demander la fermeture du local néo-nazi de Gerland.
Pour le contexte lire : Retour sur 2 ans de lutte à Lyon contre l’extrême-droite et ses agressions
Sous un soleil estival, le cortège parti de la place Bellecour a rapidement avalé le (petit) parcours jusqu’à la place Jean Macé. La manifestation a moins mobilisé que l’année dernière mais paraissait plus déterminée.
Les organisations politiques et syndicales étaient moins représentées que la manifestation de l’année dernière suite à l’agression de militants syndicalistes. Mais le dynamisme des cortèges antifascistes radicaux, particulièrement fournis, a largement compensé.
Après une arrivée à Jean Macé où les mobiles bloquaient toute progression vers le local néo-nazi, une grosse partie du cortège est repartie vers la place Bellecour, puis vers les Terreaux. Finalement ce bout de manif improvisée fût le plus réjouissant, et les rues pleines de passants du samedi aprèm ont vibré aux sons des «Alerta Antifascista» et autres «Lyon Antifa»…
Un bon nombre de CRS bloquait la rue partant de Jean Macé en direction de Gerland, va savoir pourquoi… En tout cas ils avaient carrément sorti les barrières grillagées !
Le cortège du retour, bien rempli !
Rebellyon, 9 avril 2011.
Lyon : 2000 personnes manifestent contre l’extrême-droite
À l’appel du Collectif vigilance 69, organisations politiques, syndicales et associatives ont réclamé la fermeture d’un local «néonazi» et dénoncé la recrudescence d’agressions fascistes.
«Moi je suis habillé normalement», explique portable à l’oreille un jeune homme qui s’apprête à être rejoint. Face à lui, des représentants du mouvement anarchiste tout de noir vêtus, parfois cagoulés et porteurs de drapeaux aux manches de bonne dimension. Max, 24 ans est l’un d’eux. Ce demandeur d’emploi souligne être là «pour répondre aux diverses attaques faites par des groupes fascistes. On a des potes qui ont été agressés.» Le jeune homme brocarde en outre «le racisme d’État et tout ce qui est fait contre l’immigration et qui sert à faire diversion face à une politique antisociale». Il ne demande pas mais «exige la fermeture du local néonazi de Gerland». C’est en effet l’une des revendications principales des participants en plus de «la multiplication des agressions fascistes à Lyon».
Mathias étudiant en droit de 25 ans et membre du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) demande lui aussi la fermeture de la salle de concert où se retrouvent des crânes rasés. Mais au-delà c’est «le racisme décomplexé» qui l’inquiète, «et cette droite populaire qui n’en finit pas de lâcher des petites phrases».
Ainsi, c’est aux cris de «Pas de fachos dans nos quartiers» ou encore «le fascisme c’est la gangrène» que le cortège d’environ 2000 personnes, à l’appel de partis, associations et syndicats de gauche et d’extrême-gauche, est allé de Bellecour à Jean Macé, sans passer par l’impasse de l’Asphalte où, selon nos informations, quelque 200 sympathisants de l’extrême-droite étaient rassemblés. Déception d’une partie du cortège découvrant que l’avenue Jean-Jaurès était coupée par un barrage de CRS.
«On voulait faire halte au local de Gerland mais la préfecture nous a interdit d’y passer», soulignait un membre du service d’ordre.
Au-delà des banderoles de la CGT, de SUD, du NPA, du PCF, de la Gauche unitaire, d’Europe Écologie-Les Verts, de la Fédération syndicale étudiante, des voix se sont fait entendre dont celle d’Armand Creus, conseiller régional Front de Gauche disant «la détermination à ne pas lâcher, jusqu’à faire rentrer les fachos dans leur terrier».
La manifestation s’est dispersée sans incident. Le dispositif policier moins visible qu’efficace a tout fait pour éviter les heurts avec les groupes d’extrême-droite.
Leur presse (Dominique Menvielle,
Le Progrès), 10 avril.
Lyon : manifestation anti extrême-droite
Quelque 2000 personnes ont manifesté cet après-midi à Lyon contre «l'extrême-droite» et «le fascisme», à l'appel de partis, associations et syndicats de gauche et d'extrême-gauche, a constaté une journaliste de l'AFP.
Partis de la place Bellecour, les manifestants — environ 2000 selon la police et les organisateurs — ont défilé sous le soleil jusqu'à la place Jean-Macé, derrière des banderoles proclamant «fachos hors de nos vies» ou encore «écrasons les fascistes !»
Dans le cortège flottaient des drapeaux ou des banderoles de la CGT, de SUD, du NPA, du PCF, de la Gauche unitaire, d'Europe Écologie-Les Verts (EELV), de la Fédération syndicale étudiante (FSE) ou encore de mouvements anarchistes.
Les manifestants, jeunes pour la plupart, se sont dispersés en fin d'après-midi. «Il n'y a pas eu d'incident», a indiqué la police, qui avait mobilisé un «dispositif assez massif» pour éviter d'éventuels heurts avec des groupes d'extrême-droite.
Organisée par le Collectif de vigilance contre l'extrême-droite du Rhône, qui regroupe plusieurs dizaines d'organisations politiques, syndicales et associatives, cette manifestation visait à dénoncer en particulier la «recrudescence des agressions fascistes à Lyon» et l'implantation d'un «local néo-nazi» dans le quartier de Gerland.
Leur presse (AFP), 9 avril.
Mercredi 6 avril 2011, après une diffusion de tracts à la sortie du Lycée Jean-Paul Sartre de Bron, des militants ont été très violemment agressés par trois fascistes armés. Communiqué du collectif 69 de vigilance contre l’extrême-droite.
Communiqué de presse
Nouvelle agression par des jeunes fascistes, lors d’une diffusion de tracts appelant à la manifestation antifasciste unitaire de ce samedi 9 avril
Mercredi 6 avril 2011, après une diffusion de tracts à la sortie du Lycée Jean-Paul Sartre à Bron, des militants ont été très violemment agressés par trois fascistes armés.
Après les avoir arrosés de gaz lacrymogène, les nervis ont sortis des matraques télescopiques, puis ils les ont visés et ont touchés l’un d’entre eux avec un gomme-cogne (arme de catégorie 7, sorte de mini-flashball très puissant). Cette nouvelle agression prouve une fois encore que l’appel à la manifestation antifasciste unitaire du collectif de vigilance contre l’extrême-droite et à sa violence (voir l’appel sur Rebellyon.info) n’est pas anodin.
Les discours racistes du gouvernement, les pseudo-débats sur l’identité nationale ou la laïcité et la banalisation d’un FN toujours ancré dans des idées sécuritaires et haineuses ne font que renforcer les fascistes, qui n’hésitent plus à attaquer y compris à proximité d’établissements scolaires.
Les trois fascistes sont actuellement placés en garde-à-vue.
Il est inacceptable que de telles violences, qui nous révoltent, puissent se produire et nous les condamnons fermement. Leurs attaques ne nous feront pas flancher.
Toutes et tous à la manifestation du 9 avril 2011 à 14h30 place Bellecour.
Le collectif 69 de vigilance contre l’extrême-droite
Pour comprendre le contexte lyonnais, voir Retour sur deux ans de lutte à Lyon contre l’extrême-droite et ses agressions.
Rebellyon, 7 avril 2011.
4 mois de sursis pour l’un des agresseurs néo-nazis de mercredi
Mercredi 6 avril, suite à l’agression de deux personnes qui diffusaient des tracts pour la manifestation antifasciste de samedi 9 avril, trois néo-nazis ont été arrêtés et placés en garde à vue.
Les néo-nazis étaient notamment armés d’un «gomme-cogne» [Voir par exemple ici], flingue tirant des balles de caoutchouc, nécessitant un port d’arme et impliqué dans plusieurs meurtres.
Les perquisitions menées chez les trois ont permis de découvrir la panoplie du parfait petit néo-naze, des drapeaux nazis, des portraits d’Hitler, armes telles que gomme-cogne, matraques télescopiques en grand nombre ou lance-pierre.
L’un d’entre eux, le seul majeur, Cédric L., est passé en comparution immédiate aujourd’hui. Résultat : 4 mois de prison avec sursis, 5 ans d’interdiction de port d’arme et obligation de suivre un «stage de citoyenneté».
Rebellyon, 8 avril.
L’extrême-droite radicale à Lyon : le retour de bâton
Le nombre d’agressions liées à la présence de membres d’une extrême-droite particulièrement violente est en augmentation. Au-delà, le phénomène de bandes proches des mouvements néo-nazis s’amplifie.
Un rassemblement lors des manifestations contre la réforme des retraites,
en marge des violences urbaines
«Sujet sensible.» À la préfecture du Rhône, l’extrême-droite est un sujet tabou. Pas de communication des responsables de la police départementale, pas de commentaires. Lyon porte un double héritage qui rend la question douloureuse. La capitale de la Résistance et le foyer d’une extrême-droite la plus radicale. C’était dans les années quatre-vingt-dix. L’époque des affaires Notin, Plantin, accusés de développer des thèses négationnistes dans leurs travaux universitaires.
Alors que l’on pensait le mal asphyxié, la plaie s’est à nouveau infectée. Car, selon nos informations, le nombre d’agressions liées à l’extrême-droite est effectivement en augmentation. Difficile néanmoins à quantifier. Plusieurs faits divers récents viennent rappeler que les franges les plus dures de l’extrême-droite ont repris du service. Le 15 janvier dernier, à Villeurbanne, c’est un couple qui s’est littéralement fait lyncher — et le terme n’est pas trop fort — par plusieurs individus armés de battes de base-ball. C’était à la sortie d’un concert. Ambiance anar. Le couple regagnait un parking quand subitement, sans un mot, ils ont été violemment frappés. La jeune femme recevra un coup de batte sur le crâne. Au moins 60 jours d’ITT. Le jeune homme qui l’accompagnait a tenté de la protéger. Il a été roué de coups de pieds, de poings, et là encore, de batte. Des expertises sont toujours en cours pour évaluer une incapacité qui pourrait être permanente pour l’une des victimes.
Les auteurs présumés, neuf au total, ont été interpellés par les services de police. Quatre ont été écroués. Des récidivistes, mis en examen pour violences aggravées, et qui risquent vingt ans de prison. À leurs domiciles, les policiers retrouveront des tracts explicites sur l’extrême-droite, une clef USB contenant des photos de séances de taggages dont les slogans ne laissent aucune ambiguïté sur leur caractère extrémiste. Par ailleurs, plusieurs clichés pris lors de manifestations permettent de reconnaître les individus arrêtés. Par ailleurs, trois d’entre eux ont, par le passé, été interdits de stade. Deux ont été condamnés pour des violences à caractère raciste. «Derrière la violence gratuite, commente Bertrand Sayn, l’avocat des victimes, on trouve une organisation. Ils se téléphonent, se retrouvent, et ont un dessein. Ils ont laissé leurs victimes dans une marre de sang.»
Dans ce dossier, les auteurs présumés ne reconnaissent pas tous l’agression : «Chacun se rejette la balle», commente Hervé Banbanaste, avocat de l’un des individus incarcérés. «Ce sont des jeunes qui ne sont pas encartés au FN, ils n’ont pas de structure idéologique très profonde.» Reste que la plupart de ces auteurs présumés ont été identifiés dans plusieurs manifestations associant l’extrême-droite. Ce qui démontre les connexions entre les différentes «familles». Lors des manifs contre les retraites, du kiss-in de Saint-Jean… les mêmes.
Cette agression n’est pas un cas à part. Le 6 avril dernier, des militants, qui diffusaient des tracts pour appeler à la manifestation contre l’extrême droite prévue cet après-midi, ont été pris à partie et frappés à la sortie du lycée Jean-Paul-Sartre, à Bron. Chez l’un des auteurs présumés de l’agression, les policiers ont retrouvé diverses armes (poing américain, 22 Long Rifle…), des talkies-walkies et un drapeau à l’effigie d’Hitler.
Ils seraient plus de 300 à Lyon à porter haut les couleurs brunes agglomérées autour des standards de la famille extrémiste : au programme, musique Oï, un style musical fédérant punks et skinheads, matchs de l’OL. Plusieurs sont issus des rangs des indépendants, ou encore du militantisme outrancier. Ils ont leurs codes vestimentaires, leurs coupes de cheveux réglementaires, parfois des tatouages, et des termes qui leur sont propres. Rarement des idéologues, ils sont le plus souvent issus de classes populaires, employés, chômeurs, voire étudiants ou lycéens. Et se radicalisent.
Manifestation aujourd’hui à 14h30 place Bellecour organisée par le collectif vigilance 69 contre l’extrême droite.
Leur presse (Geoffrey Mercier,
Le Progrès), 9 avril.
À l’heure où, entre les violences fascistes dans les rues et la recrudescence du FN dans les médias, la lutte contre le fascisme est toujours plus présente dans les préoccupations militantes, petite réflexion sur la situation actuelle et sur les moyens de lutter. Texte de la CGA-Lyon.
Le nécessaire bilan de deux décennies «d’antifascisme»
La lutte contre le fascisme a jusqu’à son effondrement temporaire, été souvent amalgamée en France avec la lutte contre le Front National et les idées racistes et réactionnaires qu’il véhicule.
Or le Front national n’est pas à proprement parler un parti fasciste, même s’il comporte une composante fasciste. C’est un parti d’extrême-droite nationaliste, qui a pendant longtemps fait coexister des tendances idéologiques différentes, depuis les nostalgiques de l’Algérie française, jusqu’au catholicisme intégriste, et pour un certain temps, les nationalistes révolutionnaires.
Il a représenté pendant longtemps la face visible et la plus explicite d’un nationalisme qui irrigue la classe politique en France, de la droite à la gauche voire à une partie de l’extrême-gauche.
Il a représenté la formulation explicite des conséquences idéologiques de ce nationalisme : un discours raciste et xénophobe, mais aussi sexiste et homophobe.
Il correspond au choix de la bourgeoisie française, dans le contexte de crise lié au second choc pétrolier, de promouvoir une grille de lecture raciste et xénophobe pour masquer les antagonistes de classe, et ainsi combattre le développement de luttes populaires. Il a également bénéficié des facilités accordées par la sociale-démocratie, dans une perspective politicienne, afin de briser sur le plan électoral l’influence de la droite.
La stratégie antifasciste de riposte dominante pendant ces 20 dernières années a été la création de fronts antifascistes spécifiques, larges et unitaires, dont la dominante idéologique a été un discours moral, fondé sur les valeurs humanistes, dans lesquels les références de classe et à la nature du nationalisme comme outil des classes dominante a été dilué, voire complètement masquée.
Même si les libertaires, comme d’autres groupes d’extrême-gauche, ont tenté de visibiliser cette dimension au sein de ces fronts, ils n’ont pu se faire entendre de manière audible, ce qui a amené à une prédominance du discours républicain en matière «d’antifascisme». Cela a souvent amené les libertaires à faire les «petites mains» de fronts antifascistes qui promouvaient une approche classiste du fascisme.
«L’antifascisme radical» n’échappe pas à ce constat. Malgré la volonté et les tentatives de relier la lutte contre le fascisme à la lutte contre le capitalisme, la dimension spécifique de ce courant a souvent évolué vers une tendance à réduire la lutte contre le fascisme à la lutte contre les fascistes, à se contenter d’une «riposte» qui plaçait nécessairement la lutte sur le terrain même du fascisme, lui laissant l’initiative politique, voire dans certaines de ses expressions, au folklore plus qu’à l’action politique. Une chose est sûre c’est que le développement des idées nationalistes, racistes et xénophobes n’a pas été stoppé, et qu’il a même été donné crédit à la rhétorique du fascisme qui a ainsi pu se présenter comme «antisystème», comme «révolutionnaire».
Un autre aspect de ce bilan est qu’une telle approche focalisée sur une organisation, le FN, est passé à côté de la réalité idéologique du fascisme, à savoir sa stratégie d’implantation «métapolitique», c’est-à-dire en conquérant une influence idéologique par la culture, mais aussi par un patient travail d’implantation sociale. Elle a également eu pour effet d’empêcher de saisir les «nouvelles» formes et tendances du fascisme, celui de la réorganisation d’un courant fasciste authentique, alliant racisme, antisémitisme et rhétorique «anticapitaliste», alliant discours social et national, et se développant hors de la sphère classique et identifiée du fascisme français, puisqu’il s’enracine et se développe également au sein des minorités nationales.
Analyser le fascisme comme tendance
Définir le fascisme
Qu’est-ce que le fascisme historiquement ? C’est l’alliance entre discours social et national, la formation d’une «droite révolutionnaire» qui remet en cause l’idéologie démocratique bourgeoise, se vit comme «révolutionnaire», mais sert les intérêts de la bourgeoisie en brisant les luttes populaires et toute perspective révolutionnaire. C’est aussi un discours voyant la société — amalgamée à la «nation», ce mythe au service de la bourgeoisie — comme un «organisme» qu’il faut purifier (des «ennemis intérieurs» que sont les minorités nationales et les étrangers, mais aussi les subversifs), diriger et défendre contre elle-même, en la guidant d’une main de fer.
C’est un discours idéologique qui se fonde sur une vision raciste ou ethnodifférencialiste identitaire (racisme biologique ou culturel) qui divise l’espèce humaine en groupes auxquels il assigne une «race», une identité essentialisée, c’est à dire une ensemble de caracteristiques stéréotypiques. C’est enfin un discours assignant ces identités à un territoire, autour d’une mystique de la terre et des morts (cf. Maurras, l’un des théoriciens français du fascisme).
C’est une idéologie qui oppose le capitalisme industriel, corporatiste, considéré comme «authentique», au capitalisme financier, arbitrairement séparé, et amalgamé aux juifs par le discours antisémite, ce qui permet de protéger la classe capitaliste par une stratégie de bouc émissaire.
Le fascisme et la crise
Dans une période de crise d’adaptation capitaliste, le fascisme est l’ultime recours du capitalisme et de la bourgeoisie : pour briser toute résistance des classes populaires à ses offensives, mais aussi pour «mettre de l’ordre» en son sein. Tant que son pouvoir n’est pas remis en cause, la bourgeoisie a intérêt à préserver le cadre de la démocratie représentative, car le pouvoir d’influence est la forme de pouvoir la plus efficace et la plus économique. Mais dès lors que ce pouvoir est fragilisé, la tentation fasciste suscite rapidement l’adhésion de larges secteurs de la bourgeoisie.
Dans la période actuelle, la crise économique et sociale capitaliste a suscité un certain nombre de résistances populaires qui inquiètent la bourgeoisie. Parallèlement, elle bénéficie depuis plus de dix ans d’un avantage certain dans la lutte des classes liée à la désorganisation du mouvement ouvrier à l’échelle internationale :
Du fait de l’effondrement de l’URSS, la fin de l’illusion stalinienne a marqué l’affaiblissement des mouvements de classes qui se situaient en référence à l’Union soviétique. Faute d’un projet révolutionnaire alternatif, c’est le fatalisme et le sentiment de l’immuabilité du système capitaliste qui s’est installé dans de larges secteurs des classes populaires.
L’intégration d’une partie du mouvement ouvrier par le système capitaliste, lié à la bureaucratisation et à l’électoralisme, a affaibli l’autonomie de celui-ci et l’a rendu dépendant de la politique sociale-démocrate.
Cet avantage, la bourgeoisie veut le pousser et c’est ce qui l’amène à mener une offensive sans precédent contre les conquêtes sociales populaires, qu’elle n’est plus contrainte de conserver pour prévenir une dynamique révolutionnaire, puisque l’existence d’une alternative au capitalisme n’est plus portée que par une fraction très restreinte du mouvement ouvrier et des classes populaires, inaudible pour le plus grand nombre, en partie du fait de la puissance des relais idéologiques de la bourgeoisie.
La stratégie de «contre-révolution préventive», appliquant notamment la doctrine de la guerre révolutionnaire à la gestion de la contestation sociale, est à l’œuvre.
La doctrine de la guerre révolutionnaire repose sur deux aspects : isoler un «ennemi intérieur» réel ou désigné du corps social. Créer dans ce sens des hiérarchies parallèles visant à saper la base sociale de cet «ennemi intérieur», c’est-à-dire les liens qu’il entretient avec la population.
Le statu quo aujourd’hui qui permet au capitalisme de se maintenir, sans exploser sous les contradictions qui le travaillent, est lié à la capacité d’adaptation de celui-ci, et plus largement des systèmes de domination. Il est lié à l’absence de perspective révolutionnaire, faute de perspective (projet de société alternative) et de dynamique d’auto-organisation de masse.
Mais l’État et la bourgeoisie savent que ce statu quo est précaire, et tentent de préserver l’avantage en menant une offensive généralisée qui vise non seulement à faire payer la crise aux travailleuses et travailleurs, et ainsi pour elle se «refaire», mais aussi à les démoraliser. Mais elle s’inscrit plus largement dans la logique systémique du capitalisme, celle de l’appropriation d’une part toujours plus importante des richesses créées par les travailleuses et travailleurs.
La situation sur le plan international
Cette situation est visible clairement sur le plan international. On assiste à un triple mouvement : Le renforcement des outils de coercition des États et des régimes coercitifs visant à réprimer les mouvements populaires liés à la révolte des classes populaires contre leurs conditions de vie ; Le développement de mouvements populaires poussés par la nécessités, qui se confrontent aux intérêts de la bourgeoisie et des États, pour défendre leurs intérêts ; Et enfin le développement de courants idéologiques qui s’inscrivent dans la défense des intérêts de la bourgeoisie confrontée à ces soulèvement, mais qui se présentent comme «révolutionnaires» et «anticapitalistes». Ces tendances correspondent aux différentes formes que prennent le fascisme.
En Europe, on constate le développement de mouvements nationalistes, et notamment «nationalistes révolutionnaires», qui se traduisent à la fois par des violences contre les minorités nationales (Arabes, Noirs, Juifs, Rroms…), et contre les militant-e-s antifascistes et progressifs (agressions de camarades en Russie, en Serbie, etc…). Aux États unis, on constate le développement de groupes nationalistes et racialistes, depuis les supprémacistes blancs jusqu’aux «Minute Men» servant d’auxiliaires à la politique de répression de l’immigration américaine. En Amérique du Sud, le développement de groupes paramilitaires de type nationaliste et de groupes néo-nazis répond aux mêmes dynamiques.
En Turquie, les groupes fascistes tels que les Loups gris mènent une politique de violence et de terreur fasciste contre les minorités nationales kurdes, arméniennes, les minorités religieuses (halevis), et les militant-e-s révolutionnaires.
Dans un certain nombres de pays où la religion musulmanes est majoritaire, les groupes qui assument ce type de politique se cachent derrière le masque de la religion : nervis fascistes iraniens se réclamant de l’islam qui répriment et attaquent les militant-e-s ouvriers et féministes iranien-ne-s, fascistes ou réactionnaires religieux tels que les Frères musulmans, les salafistes, les militant-e-s du FIS en Algérie, qui servent de supplétifs à la répression antiouvrière et antiféministe, ainsi que de «fausse opposition» et de «fausse alternative» à des pouvoirs nationalistes discrédités, qui mènent eux aussi une répression directe des luttes populaires.
Ce type de mouvement existe également dans bon nombre de pays catholiques ou orthodoxes, à travers notamment des mouvement réactionnaires religieux qui assument ce type de politique.
La situation en France
La période récente se traduit par une montée en puissance du nationalisme, entretenu notamment par le pouvoir politique, mais aussi les relais médiatiques et idéologiques de la bourgeoisie. Si ce nationalisme irrigue la quasi totalité des courants politiques, depuis la gauche coloniale jusqu’à l’extrême-droite, les courants fascistes sont le fer de lance de sa diffusion en milieu populaire, au moyen d’une rhétorique «sociale» pseudo-anticapitaliste.
Au sein des catégories de population désignée par l’idéologie nationale comme constituant le «corps national», le fascisme joue un rôle mobilisateur pour les intérêts de la bourgeoisie, en présentant la violence sociale non pour ce qu’elle est, le résultat du capitalisme, mais pour l’effet de l’action «d’ennemis intérieurs» ou «d’ennemis extérieurs». Ces «ennemis intérieurs» et «extérieurs» sont désignés comme étant les membres de minorités nationales, religieuses, sexuelles du pays, ou les étrangers.
En contexte de crise, c’est la tendance «socialiste-nationale» qui se développe le plus rapidement, autour notamment d’un antisémitisme virulent (qui se masque derrière un discours prétendument antisioniste) réactivant la figure de bouc émissaire du Juif, d’une islamophobie virulante (substituant ou le plus souvent ajoutant à la figure bouc-émissaire du Juif celle du Musulman), et plus largement d’un racisme «décomplexé».
Cette tendance «socialiste-nationale» est représentée par plusieurs organisations se réclamant plus ou moins ouvertement du nationalisme révolutionnaire : Égalité et réconciliation et ses alliés (Dieudonné et les relais de l’État d’Iran en France que sont les militants du centre Zahra), qui privilégie un front antisémite visant à mobiliser au côté des nationalistes français une partie des personnes appartenant à la minorité nationale arabe. Les identitaires qui privilégient un front «antimusulman» qui vise à mobiliser au côté des nationalistes révolutionnaires européens les courants racistes qui se cachent derrière une «laïcité» à deux vitesses, et une partie des personnes appartenant à la minorité nationale juive (notamment la frange fasciste du sionisme, comme en témoigne l’organisation d’une manifestation commune identitaires-LDJ devant l’ambassade d’Israël).
Enfin, à cela s’ajoute la fraction mariniste du FN qui tente de développer un discours «national et social» proche de celui des identitaires, mais qui diffère en ce qu’il privilégie un cadre nationaliste français au cadre nationaliste européen (suprémaciste blanc) des identitaires.
Toutes ces tendances tentent de dévier la révolte sociale vers une approche nationaliste, xénophobe et raciste, en se présentant comme «révolutionnaires». Leur radicalité formelle leur permet d’amener aux thèses nationalistes une partie des travailleuses et travailleurs en révolte contre le système capitaliste, à travers un «anticapitalisme» qui se réduit à la défense du corporatisme contre le «capital financier», à présenter la nation comme un recours contre la «finance internationale», à une critique des valeurs consuméristes, sans contenu de classe, sans lien avec la réalité des luttes populaires. C’est en ce sens que ces courants diffèrent des courants nationalistes de la droite classique : en période de crise ceux-ci apparaissent trop ouvertement comme les représentants de la classe bourgeoise (en témoignent les affaires Béttencourt, etc…), et suscitent donc la méfiance au sein des classes populaires. Alors que la radicalité de postures des nationalistes révolutionnaires, leur conviction d’être «révolutionnaires», leur permet d’attirer aux thèses nationalistes des individus appartenant aux classes populaires, en mobilisant les valeurs réactionnaires largement présentes dans la société (sexisme, homophobie, chauvinisme…).
Soral a ainsi d’abord construit son image de «rebelle» sur un discours antiféministe et homophobe, présenté comme un «refus du politiquement correct», puis sur un antisionisme antisémite qui a visé à instrumentaliser la question palestinienne pour relégitimer l’antisémitisme historique des fascistes français.
L’outil internet a donné une caisse de résonance importante à des courants au départ confidentiels, qui ont su utiliser les nouvelles technologies (vidéos sur Dailymotion, Youtube), pour diffuser leur pensée. Ils ont également su utiliser des passerelles, sous la forme de sites internet relayant en lien leurs discours ou de personnes cautionnant leur discours (les universitaires «Bricmont», le journaliste «Michel Collon») au nom d’un «anti-impérialisme» hérité du stalinisme ou du tiersmondisme d’une part, les pseudos laïques relayant un discours raciste (par exemple l’officine raciste «Riposte laïque») derrière une prétendue critique de l’islam.
Sur internet par exemple, de nombreux sites diffusent l’idée d’un «nouvel ordre mondial» (expression qui provient à l’origine de la droite radicale américaine) dirigé par les «sionistes» et les «illuminatis». Il ne s’agit de rien d’autre que du bon vieux discours national-socialiste et fasciste sur le «complot juif et franc-maçon mondial», qui a adopté une nouvelle forme pour contourner le discours antifasciste et la législation de l’État sur le racisme.
Cette nouvelle forme du discours sur le «complot judéo-maçonnique» a des succès inattendus, au sens où de telles approches sont repris par des musiciens de rap, y compris ceux qui affichent des sympathies libertaires (par exemple Kenny Arkana), qui en ignorent peut-être l’origine, mais qui les banalisent et contribuent à leur diffusion dans la jeunesse populaire.
On retrouve ces influences dans les courants fascistes ou nationalistes spécifiques aux minorités nationales : ainsi, les sionistes de tendance fasciste de la Ligue de défense juive reprennent le discours raciste anti-arabe des identitaires ou la théorie du «choc des civilisations» et du danger islamique. À Belleville, des nationalistes chinois ont organisés une manifestation «contre l’insécurité» au cours de laquelles des passants noirs ou arabes ont été pris pour cibles, désignés comme des «voleurs» sur critères racistes, ce qui a provoqué les applaudissement des réseaux identitaires français (par exemple sur le site internet «Français de souche»).
De même une partie des courants fascistes panarabes et des courants fascistes se réclamant de l’islam politique reprennent la rhétorique antisémite issue du nationalisme français.
Ces convergences expliquent le développement de front communs entre nationalistes français et nationalistes se revendiquant des minorités nationales, qui peut apparaître surprenante au premier abord, puisque c’est le nationalisme français qui en excluant Juifs et Arabes du corps national a «créé» de toutes pièces les minorités nationales, en créant dans le même temps les conditions de l’oppression raciste des individus qui y sont alors assignés par leur origine et/ou leur couleur de peau.
Mais cela traduit au contraire la profonde parenté idéologique entre ces différents courants, et le fait qu’ils se nourrissent les uns des autres, au détriment des classes populaires, et particulièrement des individus victimes de l’oppression raciste parce qu’assignés à une «minorité nationale».
Cela montre qu’il n’existe pas d’alternative au racisme dominant dans le développement d’un nationalisme au sein des minorités nationales, puisque celui-ci reproduit le discours raciste dominant et converge parfois avec le nationalisme dominant, mais au contraire dans le développement d’un antiracisme populaire qui combatte toutes les formes de racisme, sur le plan idéologique comme sur le plan pratique.
Les différents courants fascistes ont progressés sur le plan organisationnel comme sur le plan de leur influence idéologique et culturelle : ils ont ainsi réussi à imposer leurs «sujets», leurs «approches» dans le débat politique : une approche éthno-différentialiste des questions politiques et économiques au détriment d’une approche de classe, une rhétorique fondée sur la «menace intérieure» ou «extérieure» que représenteraient les minorités nationales ou religieuses, au détriment de l’affirmation de la question sociale, etc…
L’influence de l’idéologie nationaliste a progressé, et celle de l’idée de la «guerre du tous contre tous» également. Dans le même temps les discours ouvertement sexistes ou homophobes, qui constituent également une partie du corpus fascistes, ont gagné du terrain. L’influence de l’idéologie fasciste dépasse de loin celle des groupes constitués, mais ceux-ci progressent quantitativement et organisationnellement, notamment dans les campagnes, mais aussi en ouvrant des locaux pignons sur rue dans plusieurs grandes villes.
Il est également significatif que des discours reprenant les canons de l’idéologie fasciste ne sont pas considérés comme tels y compris au sein de la gauche et de l’extrême-gauche, voire d’une partie du courant anarchiste. C’est ce qui explique notamment l’invitation de «Riposte laïque» sur Radio Libertaire, la promotion d’un livre développant l’idée de la défense de «valeurs de l’Occident» aux Éditions du Monde Libertaire, ou le travail avec des organisations relayant le discours des antisémites comme Gilad Atzmon au nom de la solidarité avec la Palestine. Ce qui explique par exemple la tolérance dont a longtemps bénéficié Dieudonné au sein de l’extrême-gauche au nom d’une posture «rebelle», certains groupes le trouvant fréquentable jusqu’à ce que celui-ci invite Faurisson sur scène.
On peut trouver des éléments d’explication dans la faiblesse de réflexion sur le fascisme de «l’antifascisme des années 90», qui s’est focalisé sur les groupes fascistes plutôt que sur leurs idéologies (quand dans sa version gauchiste ou social-démocrate il ne s’est pas contenté d’une dénonciation du FN), qui a négligé la lutte idéologique antifasciste pour se consacrer exclusivement à la nécessaire (mais pas suffisante) lutte et autodéfense contre les groupes fascistes constitués. On peut aussi trouver une explication à cela dans l’amalgame fréquent entre nationalisme, fascisme et racisme. Or si le fascisme se nourrit et fait la promotion du racisme et du nationalisme, il ne s’y résume pas, et réciproquement : on retrouve l’idéologie nationaliste dans une grande partie du spectre politique, comme le discours raciste. La spécificité du fascisme réside dans le développement d’un discours social «antisystème» qui permet de recruter au sein des milieux populaire en période de crise des personnes qui auraient pu être attirées par un réel discours révolutionnaire.
Une réponse anarchiste
Cela soulève la nécessité d’une contre-offensive idéologique. Cela fait apparaître de manière d’autant plus criante la nécessité d’une réponse politique anarchiste.
D’abord sous la forme d’une autoformation sur les formes que prennent les discours racistes et fascistes au sein de notre organisation, et plus largement, dans le mouvement libertaire et le mouvement social.
Ensuite sous la forme du développement de luttes populaires qui restent le meilleur moyen d’imposer nos thématiques (lutte de classe, solidarité, refus de la domination masculine et de l’homophobie…) dans le débat politique et de briser ainsi les tentatives d’hégémonie culturelle des nationalistes et des fascistes.
Enfin sous la forme du développement d’une autodéfense antifasciste qui évite le piège d’un tête à tête anarchistes contre fascistes, qui placerait l’État, et les courants politiques institutionnels dans le rôle d’arbitres, usant tour à tour de la répression pour l’un et pour l’autre, ce qui n’empêche pas l’État par ailleurs de soutenir ponctuellement les fascistes (en leur garantissant l’immunité ou en les protégeant). Cette autodéfense antifasciste, c’est une culture d’autodéfense à développer dans nos quartiers, nos lieux de travail, nos associations, nos syndicats, qui ne se résume pas à l’autodéfense physique, nécessaire, mais aborde aussi l’autodéfense idéologique contre les offensives fascistes masquées derrière des «passerelles».
Coordination des Groupes Anarchistes - Lyon
Rebellyon, 31 mars 2011.
Dix jours après l'annulation du concert nazi en Franche-Comté, initialement prévu le 19 mars, nous souhaitons faire un retour sur cet événement.
Le premier élément de victoire, c'est l'annulation du concert dans les deux communes où il était initialement prévus.
Le deuxième élément, c'est le coup de projecteur porté sur les liens jusqu'alors dissimulés qu'entretiennent les fascistes en Franche-Comté : Radikal Korps, Front Comtois, Sédition Séquane, Ligue Comtoise et dans une moindre mesure les Nationalistes Autonomes.
Le troisième, c'est la perte du local que les nazis venaient d'investir à Valentigney.
Enfin, le dernier élément est le discrédit médiatique porté sur tout ces groupuscules et sur les individus qui les composent.
Nous estimons que c'est un coup dur que nous avons collectivement assené au fascisme en Franche-Comté, surtout en ce qui concerne le développement d'infrastructures et de réseaux.
Malgré tout nos efforts et nos soins, quelques erreurs se sont glissées dans ce dossier :
— Le groupe international n'était pas Les Vilains. Les Vilains ont bel et bien joué le 19 mars en France, mais pas en Franche-Comté. Un groupe suisse, Indiziert, proche du PNOS (parti nazi en suisse) ainsi qu'un groupe allemand, Sleipnir, étaient en fait les invités internationaux.
— Concernant la section Morteau, Julien BETTONI n'est pas seulement un simple membre, c'est le leader du groupe, et après entretiens avec des supporters sochaliens, il s'avère qu'une grosse partie de la section Morteau est xénophobe et raciste, et que ce groupe représente un potentiel de sympathisants et militants pour les nazis, comme cela est déjà le cas pour le Val 70, où Fabrice ACKER occupe également une position hiérarchique.
— Les nazis avaient prévu un lieu pour le concert mais un plan de secours existait : le concert devait avant tout avoir lieu à Valentigney, et Épenoy était ce plan de secours en prévision d'une interdiction.
— Enfin, les liens du Radikal Korps/Bunker Korps avec le Blood&Honour ont été clairement confirmé, le concert étant annoncé par une affiche similaire et mieux détaillée sur leur site (voir photo ci-dessous).
Par ce présent communiqué, nous souhaitons également remercier ceux qui ont pris leurs responsabilités dans cette affaire :
— Les maires de Valentigney et d'Épenoy, qui ont pris des décisions et effectuer des démarches dans le sens de l'interdiction de ce concert ;
— Les nombreuses personnes et organisations, en Franche-Comté comme au-delà, qui nous ont soutenu et encouragé, qui ont amené des éléments d'informations, qui ont participé et pris les devants. Inutile de les citer, ils/elles se reconnaitront ;
— Les journalistes qui ont traité de cette affaire, qui ont plongé le nez dans le dossier et qui ont permis qu'il prenne de l'ampleur médiatique.
Nous ne remercierons pas la préfecture qui n'a pris aucune mesure pour que les nazis ne puissent se réunir et faire ce concert. Nous noterons seulement que la sous-préfecture de Montbéliard a bien voulu soutenir dans ses démarches la mairie de Valentigney.
Dans les perspectives que nous dégageons nous maintenons ce que nous avancions dans notre dossier : les bandes nazies existent et diffusent dans de nombreuses communes et petites villes un climat de terreur (Bucey-les-Gy, Baumes-les-Dames, Morteau, Fondremand, Poligny…). À côté de ce phénomène, les groupes politiques d'extrême-droite vont continuer à développer leurs activités et leur propagande partout où cela est possible.
Comme ce dossier l'a prouvé, seule la résistance et le militantisme de terrain sont des freins efficaces au développement du fascisme. Cette résistance et ce militantisme de terrain doivent s'appuyer sur une solide connaissance des fascistes, de leur organisation, de leur fonctionnement, leur connexions, leur nombre, leur implantation…
Cette solide connaissance se construit grâce à une démarche, mise en place de longue date par les antifascistes : une observation précise et minutieuse des agissements fascistes suivie d'une étude et analyse détaillée et approfondie. Cette démarche nous permet de coller au plus près de la réalité et de réajuster les résistances en fonction de l'évolution des situations.
Le CVA FC cherche donc à récupérer le maximum d'informations dont tout un chacun peut disposer à son échelle (des tags, des affiches, des autocollants, la présence d'une bande de crânes rasés un peu trop pesante, une réunion politique dans une salle communale, un voisin qui ne cache pas son idéal de pureté blanche, des collages réguliers dans une même zone géographique, des informations personnelles sur des nazis…).
Le CVA FC souhaite aussi permettre de coordonner au mieux les actions antifascistes menées sur l'ensemble de la région, qu'elles soient l'œuvre de syndicats, d'organisations politiques ou de simples individus, et ce au vu des informations dont dispose le CVA FC.
Comité de Vigilance Antifasciste Franc-Comtois (CVA FC)
(contact), 29 mars 2011.
Annulation d'un concert organisé par des néonazis
Le maire d'Épenoy empêche un concert organisé dans sa salle des fêtes par néonazis franc-comtois du Radikal Korp.
La salle des fêtes d’Épenoy (25) était réservée, samedi soir, pour fêter un anniversaire. Une centaine de personnes devaient être présente. Jean Bouveresse, le maire du village s'est un peu plus renseigné sur les jeunes gens, extérieurs à son village, qui avaient loué l’espace municipal. Il a finalement découvert que la salle était destinée à accueillir le concert organisé par les néonazis franc-comtois du Radikal Korps et leurs amis lyonnais du Bunker korps. «Étant donné qu'il y avait tromperie sur la destination de la salle j'ai annulé le contrat et fait porter le recommandé par la gendarmerie» a indiqué M. Bouveresse à nos confrères de l’Est républicain. Le collectif de vigilance anti-fasciste de Franche-Comté (CVA FC) avait alerté les médias et les collectivités de la tenue de cette manifestation mais le lieu était tenu secret.
L'affiche du concert annonçait la venue de six groupes, un «Soutien aux prisonniers». Pour le rassemblement de syndicats et d'associations qui forment CVA FC, il s'agirait d'une manifestation de solidarité envers des personnes issues des milieux néo-nazis écrouées pour des violences à Lyon et dans la région. Sur le programme, une croix celtique superposée au drapeau franc-comtois et des grenades croisées, des symboles emblématiques des groupes violents d'extrême-droite. Le CVA a appellé à une mobilisation pour empêcher la tenue de ce concert. Sur Internet le collectif a publié un dossier d'information dont le but est d'interdire l'évènement.
Nouvel épisode dans le climat de crainte d'une résurgence de groupuscules d'extrême-droite en Franche-Comté. Il y a trois semaines à peine la mairie de Montbéliard avait annulé un concert de punk. Jacques Hélias avait déclaré «Montbéliard ne doit pas devenir le repaire de l’extrême-droite». Le maire socialiste avait été quelque peu échaudé par la venue de Serge Ayoub, un skinhead et néonazi assumé qui a animé une réunion du Front comtois, le 22 janvier dans une salle communale.
Un dossier du Monde diplomatique
sur la percée des extrêmes-droites en Europe.
Leur presse (France 3 BFC), 16 mars 2011.
Franche-Comté : le concert néonazi a du plomb dans l'aile
Annoncé de manière confidentielle sur le Web, le lieu demeurant secret, il présente à l’affiche, entre autres, un groupe belge : «Les Vilains»…
«Ça m'aurait enquiquiné que ça se passe chez moi !» soupire Jean Bouveresse, le maire d'Épenoy. Mis en garde par L'Est Républicain, l'élu s'est un peu plus renseigné sur les jeunes gens, extérieurs à son village, qui avaient loué la salle des fêtes, samedi soir, au prétexte d'y fêter un anniversaire en compagnie d'une centaine de personnes.
Et là, jackpot, ceux-ci ont finalement reconnu que la salle était bel et bien destinée à accueillir le concert organisé par les néonazis franc-comtois du Radikal Korps et leurs amis lyonnais du Bunker korps. «Étant donné qu'il y avait tromperie sur la destination de la salle j'ai annulé le contrat et fait porter le recommandé par la gendarmerie» indique M. Bouveresse «je vous remercie de m'avoir mis la puce à l'oreille». Le concert n'aura donc pas lieu… À moins que les identitaires ne dénichent une salle de repli. Ce qui n'est pas évident vu la sournoiserie avec laquelle ils ont réservé la première.
Des remerciements qui reviennent en premier chef au réseau du Comité de vigilance antifasciste franc-comtois qui a débusqué l'affaire et constitué en urgence un dossier édifiant afin d'alerter les autorités et tous ceux et celles qui ne partagent les valeurs de haine colportées par ces individus.
Lire demain l'article complet de Fred Jimenez.
Notre article de ce matin : On le sait, depuis plusieurs mois, la mouvance la plus extrême de l’extrême-droite multiplie les actions d’éclat dans le Doubs. Soutien physique et vociférant aux anti-avortement à Besançon, invité du très sulfureux Serge Ayoub à Montbéliard et, peut-être, bientôt un concert de musique bonehead, la frange la plus radicale du mouvement skinhead.
Montrer… patte blanche
Samedi pour être précis, mais dans un lieu encore inconnu, sauf à montrer patte blanche ou tromper la défiance de Julien B., un garçon bien connu dans le Haut-Doubs avec son frère Marc pour ses amitiés ultranationalistes et quelques affaires retentissantes de violence sur fond de racisme, qui ont conduit le second derrière les barreaux.
C’est le Comité de vigilance antifasciste franc-comtois qui a levé le lièvre et tente d’alerter l’opinion publique avec un dossier particulièrement bien étoffé. «C’est souvent a posteriori que l’on découvre que dans tel ou tel village, la salle des fêtes, soi-disant louée pour un anniversaire, a servi de lieu de rassemblement à des néonazis. Cette fois, il ne sera pas dit qu’on le déplore après» explique Stéphane, porte-parole du réseau antifasciste.
L’invitation au concert est diffusée de façon ultra-confidentielle via Internet, sous la forme d’un flyer, que les antifascistes ont réussi à se procurer, arborant la croix celtique et deux grenades à manche croisées. Seul l’e-mail d’Ultrabetto permet d’avoir accès au lieu du concert. Sous prétexte de «Soutiens aux prisonniers», l’affiche annonce six groupes peu connus pour la délicatesse de leurs idées : «Match retour», «Frakass», «LeMovice», «Wolfsangel», «Morjet» et un groupe international.
«Selon nos informations, il s’agit du groupe belge “Les Vilains”, l’une des formations les plus en vogue actuellement dans les milieux nazis», poursuit Stéphane. Ce qui étonne et inquiète tout à la fois le réseau antifasciste. «Cela veut dire qu’ils estiment disposer d’une base militante suffisamment forte pour organiser un tel événement, mais on pense aussi qu’ils s’appuient sur un groupe lyonnais pour la logistique.» (Lire encadré : «La nébuleuse identitaire».)
Sur ces bases, les militants du Comité de vigilance antifasciste en appellent aux autorités compétentes pour faire interdire ce concert et aux maires pour veiller à ce que leur commune ne se révèle pas le lieu de rendez-vous du concert de samedi.
Leur presse (Fred Jimenez,
L’Est Républicain), 16 mars.
Bonjour,
Vous trouverez ci-joint le dossier réalisé par nos soins à propos de l'organisation d'un concert nazi le 19 mars 2011 en Franche-Comté.
Merci de faire suivre aux individus, membres, autorités et entités concernés et compétents.
Vous trouverez également, à titre d'information, le dossier pour la fermeture d'un local nazi à Lyon qui appuie certains éléments de notre dossier.
Merci de prendre les mesures nécessaires.
Cordialement,
Le Comité de Vigilance Antifasciste
de Franche-Comté (CVA FC), 14 mars 2011.
Contre-manif à Steenvoorde : quelques images
Les fascistes et néo nazes du coin de Lille devaient se rassembler devant la mairie de Steenvoorde, ce dimanche 27 février, à 15h.
Turbulences sociales avait appelé à occuper le terrain. Nous étions une soixantaine de personnes devant la mairie à attendre.
Apeurés par la présence des militants et bénévoles, les FAF ont tenu leur rassemblement rapide loin de nos yeux, protégés par la présence gendarmesque.
Luc Pécharman, un drôle de flamand originaire du Sud de la France, tenait au mégaphone un discours d’appel à la haine contre «les immigrés illégaux avinés qui vocifèrent la nuit» (voir le 19/20 de FR3).
Changement de discours de Pécharman devant la journaliste : en aidant les réfugiés, nous devenons responsables de la situation catastrophique dans laquelle ils vivent. Quelle gentillesse !
Comme à Calais, le manque de politisation laisse un grand terrain d’expression aux abrutis racistes qui se permettent de choisir qui a le droit ou pas d’habiter une commune.
Et comme à Calais, une majorité d’habitants veut la paix.
Les images proviennent en partie d’une autre militante calaisienne et de la vidéo de FR3.
Indymedia Lille, 28 février 2011.
Biarritz : la permanence du conseiller général sortant vandalisée
Dimanche à la première heure, la permanence de campagne électorale de Max Brisson, candidat UMP sortant dans le canton de Biarritz ouest a été la cible d'un acte de vandalisme. Selon le voisinage de la rue de la Poste, les faits se seraient déroulés vers 4 heures du matin. Un pan de la vitrine a été détruit et des affichettes de la gauche radicale abertzale «le Pays basque n'est pas à vendre» étaient apposées autour de permanence. La police nationale a effectué dès la matinée des relevés d'empreintes et les constatations d'usage.
Max Brisson a condamné fermement ce qu'il considère comme un «acte d'intimidation inacceptable en particulier en période électorale où toutes les opinions doivent pouvoir s'exprimer dans le respect mutuel et la sérénité». Et d'ajouter : «Les auteurs de cet acte inqualifiable sont aux antipodes du Pays basque qu'ils prétendent pourtant défendre et des valeurs que portent les Basques parmi lesquelles se trouvent en premier lieu la liberté d'expression, le respect et la tolérance.»
En toute fin de matinée, le sénateur maire MoDem de Biarritz Didier Borotra, s'est rendu sur place pour apporter son soutien au candidat et rappeler son rejet de telles pratiques. Michel Veunac, conseiller régional MoDem et second adjoint à la mairie de Biarritz ainsi que Guy Lafite, adjoint aux finances et candidat PRG lors des cantonales ont également condamné cet «acte de vandalisme». La permanence devrait ouvrir dès lundi matin.
Leur presse (Olivier Bonnefon,
Sud-Ouest), 27 février 2011.