WikiLeaks et l'Anarchie numérique [WikiLeaks 1/3]

Publié le par la Rédaction

WikiLeaks et l’Anarchie numérique

ou, Skynet *  ne ressemble en rien à ce que nous pensions qu’il faisait

[WikiLeaks 1/3]

 

C’est la première fois que je poste depuis un moment, mais je pense que nous sommes dans un moment significatif. Assange et l’ensemble du phénomène WikiLeaks sont si importants qu’il y a besoin d’un peu de théorie.

 

Récapitulons pour ceux qui ont été inconscients des nouvelles, WikiLeaks est une base de données en ligne sur le mode de Wikipedia, qui lance des coups de sifflets contre des méfaits gouvernementaux associés, en sortant des documents classifiés/contrôlés. À partir de décembre 2010 est sorti un nombre énorme de câbles touchant à la politique étrangère américaine, qui a mis le Premier Monde en panique, particulièrement le Département d’État des États-Unis. Pourquoi ? Parce que les fuites découvrent les États-Unis dans un certain nombre de gaffes, comme qualifier la Russie d’«État mafieux», divulguer des points d’incertitude à propos des leaders du Moyen Orient et de plus d’autres informations non révélées, comme les transferts de technologie d’armes de la Corée du Nord à l’Iran, l’industrie pharmaceutique américaine ciblant des politiciens africains, et cetera. Cette découverte a plongé le Premier Monde dans le chaos diplomatique, avec la politique de la géopolitique se reconfigurant elle-même comme un Cube de Rubik à l’échelle de la planète.

 

La première grande puissance a été mordue par son propre bébé, ou son propre système émergent tel qu’il est caractérisé par les franchises de science-fiction populaires comme Matrix [1] et Terminator [2]. La puissance de l’info a commencé à devenir autonome de ses racines matérielles (atomiques — atomisées). Au lieu des robots, c’est simplement l’infosphère qui se fait valoir elle-même [ à l’inverse de Skynet ]. Dans La fabrique de Porcelaine [3] Antonio Negri affirme qu’un des trois changements majeurs de la postmodernité est la primauté du capital cognitif/informatique, le plus déterminant pour le nouvel ordre. Comme tel, il concentre la société sur ce flux de capital qui a délocalisé les fondements du pouvoir dans le nouveau millénaire.

 

Internet a été conçu par l’armée des États-Unis (DARPA) [4] comme un réseau décentralisé pour le partage et le stockage redondant d’informations dans des emplacements multiples, en cas d’attaque nucléaire. Dans un tel cas, un nœud peut être détruit mais malgré cette perte le réseau peut toujours fonctionner. C’est pour cette raison, je crois, que le pouvoir conventionnel/matériel devrait être qualifié d’«atomique», ainsi que les armes nucléaires sont l’extension suprême du rang de la nation, et en guise de métaphore pour la société matérielle nous pouvons aussi redoubler que ce pouvoir se situe dans le monde des atomes. Cependant, cette extension de pouvoir «atomique»/conventionnel s’est développée et distribuée dans un champ concourant du pouvoir hétérogène que j’appellerai le rang de l’information, «rang-info», qui inclut le web, le courrier électronique, et toutes les fonctions des communications en réseau. Bien que les fonctionnaires du pouvoir conventionnel se soient restructurés dans les termes du milieu informationnel, le plus récent ne coïncide pas nécessairement avec le précédent. Internet recouvre la plupart des états physiques, néanmoins il ne réside dans aucun d’eux.

 

Malgré cela, il y a des zones où le rang de la nation a essayé d’assigner à territoire et de limiter le flux du capital cognitif, telles la Turquie et la Chine, mais les pare-feu y restent poreux et glissants. La déterritorialisation du rang-info crée une relation de pouvoir asymétrique qui, en raison de sa nature amorphe, rend problématique pour le rang de la nation de s’engager. Le pouvoir conventionnel exige un visage sur lequel concentrer la crainte et la haine, comme Saddam Hussein ou Osama bin Laden. Le pouvoir de l’information est mercurique [insaisissable] et morphogénique [ablation, effondrements, plis, transport et accumulation dynamiques des vastes reliefs en formation, systèmes de l’érosion, concrets ou abstraits] et quand il est confronté à la nature hiérarchique, centralisée, du pouvoir conventionnel, simplement il s’écarte, se transforme ou se reproduit, en passant au-delà de «l’armée et du général». Cette relation connote le nouvel équilibre des forces entre le rang de la nation et le rang de l’information par la dialectique krokerienne de la panique [5], dans laquelle la capacité de l’un de se rapporter dans les termes de l’autre implose.

 

Avec l’hémorragie de l’information du matériel (c’est-à-dire les fuites du câble diplomatique des États-Unis) jusqu’à l’informatique en rhizome à travers WikiLeaks, le rang-info [le rang de l’information] a créé une insurrection asymétrique contre le pouvoir conventionnel. La conception de Negri du capital cognitif comme lieu de pouvoir défie asymétriquement celui du capital matériel. C’est analogue à la mention précédente des événements selon le film Matrix, où l’existant artificiel (informatique) remplace/annule le pouvoir conventionnel incarné. Comme Deleuze puis Agamben affirment que le pouvoir sépare le sujet et sa potentialité, ce qui atténue la révolte, le rang de la nation essaye d’exercer le pouvoir en séparant les moyens d’assistance et la figure de proue de WikiLeaks, mais la cyberguerre asymétrique distribuée par la communauté du net a déjà perturbé des banques, le crédit, et mis des sites en réseau ; elle a même rallié la sous-culture hacker amorphe d’Anonymous [5b] — dernièrement connus pour leurs protestations massives contre l’Église de Scientologie, — pour le soulèvement contre les adversaires de WikiLeaks. Le Réseau, tel le petit fifre de l’armée (pouvoir conventionnel) a commencé à allumer ses chefs, avec des réponses attendues, réfléchies.

 

Cette réaction réflexe du rang-nation contre le pouvoir asymétrique — opposé au pouvoir conventionnel — est devenue évidente dans le cas de 2001, où des réseaux sociaux physiques décentralisés, «cellulaires», circonvenaient le pouvoir centralisé. Bien que la mention précédente indique un pouvoir physique «décentralisé», c’est simplement une étape intermédiaire vers le développement de l’infopouvoir distribué, asymétrique. Le caractère centralisé, hiérarchique, de l’entreprise matérielle du rang de la nation, a été incapable de contenir le flux décentralisé du pouvoir cellulaire, qui est devenu un infopouvoir innové par l’état d’urgence des réseaux distribués. C’est à voir de nouveau sous l’angle de Matrix Reloaded où, comme dans toute la trilogie Matrix, l’état/corps informatique (Agent Smith) réagirait à l’intervention du pouvoir humain conventionnel (Néo- ou «l’un»), par l’asymétrie en reproductibilité massive des sites WikiLeaks («plusieurs»). Maintenant le pouvoir conventionnel a un nuage de cibles mobiles en reproduction plutôt qu’une à viser.

 

Alors le Premier Monde réagit à la contestation en accélérant la diplomatie physique/matérielle d’autant qu’au contraire il aurait fallu normalement de mois, de jours ou de semaines, pour arrêter Assange, et probablement l’extrader aux États-Unis — adresse de son défi. — Mais bien que la «tête», (l’objet de levier de la force conventionnelle) soit en garde à vue [ou libéré sous caution mais sans accès au champ de la communication ni de la communication électronique], le «corps» de WikiLeaks et le reste de son «nuage de calcul dissident» ont déclaré le 7 décembre (incidemment le jour anniversaire de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor), qu’ils continueraient à sortir des renseignements à travers le réseau WikiLeaks. Au lieu de l’anthropomorphisme centralisant l’identité/située dans un seul «visage» des défis à l’hégémonie, (comme pour les reines des films Alien et la pseudo-race des borg dans Star Trek) [6] [7], le vrai visage de l’asymétrie est celui du dissentiment impersonnel et morphogénique. C’est comme essayer de tenir du mercure, parce que, comme le Critical Art Ensemble l’expose, le dissentiment décentralisé peut seulement s’adresser par des moyens décentralisés, et ceci n’est pas la structure du pouvoir conventionnel.

 

Dans l’ouvrage ECD [6] (Désobéissance civile électronique), le Critical Art Ensemble déclare aussi qu’à l’ère du pouvoir informatique la résistance physique est sévèrement limitée dans son potentiel d’effets, sinon inutile, le protestataire physique étant entièrement confiné et élidé par l’autorité. Les interventionnistes réels, des associations d’électronique grand public (CAE) [9], sont des pirates informatiques d’à peu près vingt ans qui trouent les pare-feu et dévient les flux d’informations, créent des irruptions de redirection, perturbations, et détournement d’infocapital [le capital informationnel] à volonté. Le cas de Ricardo Dominguez [10] et du sit-in virtuel du Théâtre de Perturbation Électronique, contre l’Université de Californie, était un cas relativement bénin de perturbation de données en tant qu’acte politique. Mais avec le compromis des pirates informatiques gouvernementaux chinois de Google (comme cela a été révélé par WikiLeaks), l’intervention dans le capital de l’information s’explique à une plus grande échelle, ainsi que des hackers aient infiltré un réacteur iranien. Tout ceci illustre l’idée de Negri selon laquelle le capital/pouvoir postmoderne a changé en celui de l’informatique et des champs cognitifs, et indique un changement primaire de l’équilibre du pouvoir dans le Premier Monde — sinon à l’échelle mondiale.

 

À la lumière de cette redistribution du pouvoir : quelle solution pour la réinsertion du pouvoir atomique/conventionnel de l’hégémonie ? Cela devrait inclure la hausse du pouvoir de l’informatique par la contention des ressources de distribution. Par les moyens d’une mise sous firewall de la nation entière ou la déconnexion de la ligne principale ou encore la limitation par une désactivation du service d’Internet, ce serait la perturbation de l’infopouvoir [le pouvoir de l’information], mais encore la paralysie du flux de capital matériel numérisé, tout aussi bien. C’est au mieux problématique, comme le pouvoir conventionnel et le pouvoir de l’informatique sont en symbiose, le dernier étant plus agile et à un pas en avance de l’ancien, car attaquer un symbiote signifie toujours estropier son associé en même temps. Le résultat logique de telles actions serait l’élimination de la neutralité du net (le flux gratuit et ouvert de données à travers Internet), ou même la séparation des flux d’informations et des typologies à travers les réseaux. L’effet symbiotique est que le capital/pouvoir conventionnel soit aussi entravé — comme le monde physique dépend des mêmes flux d’information distribués à travers les réseaux, — il se mettrait hors de service dans le processus. C’est pour cette raison qu’il n’est pas possible de s’engager dans la vengeance, puisque ce serait le suicide numérique du rang-nation du Premier monde.

 

C’est le brio de WikiLeaks — son utilisation d’une infrastructure sur laquelle le pouvoir conventionnel repose à l’identique d’un site de résistance anarchique, prouve la potentialité du pouvoir de l’informatique de rendre impuissant le pouvoir conventionnel. Dans ce cas les bits ont l’atout pour prendre les atomes dans le milieu du réseau. Comme la détente nucléaire a créé «une esthétique de l’inutilité» du nombre de fois ridiculement élevé où les arsenaux nucléaires dans le monde pourraient détruire la Terre, cette réduction potentielle de «l’atomique/atomique» à la nullité esthétique surgit quand le rang de l’information (l’inforang) arrête tout simplement les systèmes de commande du bunker. Moi nation des gophers nucléaires — sans vie dans leurs terriers. [11]

 

Le pouvoir se reconfigure à la lumière du pouvoir informationnel contre le pouvoir conventionnel, et c’est pourquoi la montée de WikiLeaks est significative, et pourquoi le site-panique géopolitique qu’il crée est un événement singulier. Il suggère que le pouvoir décentralisé rende impuissant le pouvoir conventionnel hiérarchique, signalant le début du paradigme du 21e siècle. Dans l’ouvrage L’Insurrection qui vient, [12] le groupe anarchiste français, le Comité Invisible, pose le principe d’une insurrection communo-anarchique pour renverser le rang conventionnel de la nation. Ce qui le remplacerait serait la création d’un modèle cybernétique proto-industriel de communes en réseau avec une micro production hightech qui serait établie pendant et après une insurrection armée de masse. Il y a une autre vue sur cela. L’insurrection, en tant qu’associations d’électronique grand public (CAE), ne sera pas avec des armes à feu mais avec des octets. Ceci, selon l’affirmation de Negri que le capital ait changé en capital cognitif/information dans le monde postmoderne, tandis que le pouvoir conventionnel marginalise facilement le dissentiment matériel (atomique). Le théâtre réel de l’engagement est l’infosphère, et WikiLeaks a réalisé l’insurrection de l’information, en qualité que le pouvoir réel de la société du Premier monde/numérique soit devenu informatique. L’anarchie en sa formule la plus puissante est maintenant dans la perturbation et la sortie des données refusées par le rang de la nation.

 

Patrick Lichty
Chicago, Le 11 décembre 2010
 
Traduction, notes et commentaires, par Louise Desrenards
Paris, Le 16 décembre 2010
La Revue des ressources, 17 décembre 2010.

 

Source originale (anglophone) :
Patrick Lichty to <nettime-l>, on December 11 2010
Digital Anarchy and WikiLeaks. Or, Skynet doesn’t look anything like we thought it did.
eyebeam

Source de la version francophone :
Louise Desrenards à [spectre], Thu Dec 16 23:35:29 CET 2010
Ubik et Gopher : “WikiLeaks et l’Anarchie numérique” de Patrick Lichty

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ps:

* Skynet 

Il s’agit en fiction du système d’intelligence artificielle qui sous l’apparence de robots autonomes humanoïdes (généralement assassins et espions tels des Terminator) devient le principal antagoniste contre ses créateurs, dans la série et le film The Terminator (voir la note [2]).

 

 

NOTES ET COMMENTAIRES

[1]
- The Matrix, la franchise de science-fiction écrite par Larry et Andy Wachowski.
- The Matrix, (Trilogie), le film écrit et réalisé par Larry et Andy Wachowski.
- The Matrix Reloaded (Trilogie), écrit et réalisé par Larry et Andy Wachowski.

 

[2]
- The Terminator, la franchise de science-fiction.
- The Terminator, le film de James Cameron.

[3]
- La Fabrique de porcelaine, Pour une nouvelle grammaire du politique, essai de Antonio Negri ; éd. Stock, Paris (1970).
Voir l’information dans le site de France Culture.

[4]
- DARPA, (Defense Advanced Research Projects Agency).
http://en.wikipedia.org/wiki/DARPA

[5]
- Panique (Panic). Ici «Panique» ne concerne pas le mouvement français éponyme (1952-1973) fondé par Jodorowsky, Arrabal, Topor (entre autres), qui tient son nom du dieu Pan, mouvement qui s’est livré à l’ironie visionnaire d’une déconstruction graphique, poétique et littéraire, des avant-gardes et des mythologies modernes, à travers des performances dionysiaques et incongrues et des films connus qui clôturèrent le cycle.

- Patrick Lichty attribue, à l’instar des rapports de la culture et de la science chez Kroker, cette dialectique «répliquante» de la panique, dite «krokerienne», à l’interaction du rang de la nation et du rang de l’information dans le monde actuel.

- Arthur Kroker, Marilouise Kroker, et David Cook, qui connaissent sans doute les actes du mouvement français, précisent une différence pour avancer leur hypothèse de la postmodernité, dans l’ouvrage Panic Encyclopedia : The Definitive Guide to the Postmodern Scene ; il y est précisé que Panique ne s’entend pas éthymologiquement mais du point de vue du trouble, du paroxysme, de l’hyperréalisation, de la catastrophe, de la fragmentation… Dans cette hypothèse de la postmodernité, tension paroxystique vers l’implosion du monde et sa mise en pièces, le processus répliquant entre la culture et la science (chacune se réalisant en et dans le miroir de l’autre) et la technologie, accélèrent le potentiel d’accumulation du système de sens global jusqu’à son implosion, réalisant la singularité générale…

Les ouvrages en référence :
-  Panic Encyclopedia : The Definitive Guide to the Postmodern Scene, par Arthur Kroker, Marilouise Kroker and David Cook ; CultureTexts Series Montreal : New World Perspectives, (1989).
Abstract : In a stimulating and thoroughly entertaining look at the rapid countdown to the year 2000, the Panic Encyclopedia argues that in the postmodern era, science and technology are the real language of power, and illustrates the resulting culture through a post-alphabetical listing of “panics” - from Panic Art to Panic Zombies, and including Panic Elvis, Panic Psychoanalysis and Panic Sex. Humorously embracing newspaper and media events and philosophers from Hegel to McLuhan, the text chronicles the implosion of the modem world into a final singularity.

-  The Postmodern Scene : Excremental Culture and Hyper-Aesthetics, par Arthur Kroker and David Cook ; CultureTexts Series, Montreal : New World Perspectives, (1986, 1988).

Abstract : What is the postmodern scene ? Baudrillard’s vision of excremental culture par excellence or a final coming home to a mediascape which even as a “body without organs” (Deleuze and Guattari), a “negative space” (Krauss), a “pure implosion” (Lyotard) or “a symbolic experience” (Kristeva) is now first nature and thus the terrain of a new political refusal ?
The Postmodern Scene is a series of major theorizations about key artistic and intellectual tendencies in the postmodern condition. A variety of texts, ranging from Nietzsche’s The Will to Power, Serres’ Hermes, Baudrillard’s Precession of Simulacra, the visual art of Fischl, Hopper, Colville, and Magritte and recent performance art are used as probes of the human fate in the contemporary century. Here’ a theoretical reflection is viewed as a privileged artistic act : simultaneously a critical encounter with the “shock of the real” and a meditation in the form of a lament over the "intimations of deprival" which speak to us now of postmodern culture, art, and philosophy in ruins.
The 2nd edition includes a new introduction, The Postmodern Mood. The Postmodern Scene addresses key artistic and intellectual tendencies in the world of postmodernism. Drawing on the notions of textuality, the theories of Derrida and others, Kroker and Cook break exciting new ground by pushing the realm of theory in the direction of the visual arts.
- Un point de vue cyberpunk sur les concepts de Kroker (encart dans Planet Damage) : Mariusz B.,  A thesis on Gibson and Cyberpunk, part 3 ; (7 October 2009) :
KROKER’S POSTMODERN PANIC THEORY -“Panic is the key psychological mood of postmodern culture.” [Panic Encyclopaedia, 13] Kroker argues that his interpretation of panic has the reverse meaning of the word’s classical sense. The classical meaning refers to the appearance of the god Pan, a moment of arrest, calm, “a resting point between frenzy and reflection” [16], the Krokerian panic signfies firstly, the dissolution of the internal entity, secondly, the disappearance of “external standards of public conduct”. His panic theory includes a fully technologized self at a point where culture and science are mirror-images of each other. Panic materializes the catastrophic and the hyperreal.

 

[5b]
- Anonymous (group) @ en.wikipedia.org beaucoup mieux renseigné que l’article dans wikipédia francophone, qui paraît à la fois le résumer et en détourner certaines formulations.

Le site «officiel» : wyweprotest.net.

 

[6]
- Alien, la franchise de science-fiction.
- Alien, le film de Ridley Scott.

 

 

[7]
- Star Trek, la franchise de science-fiction.
- Star Strek, le film de J. J. Abrams.

 

[8]
- ECD (Electronic Civil Disobedience), par le Critical Art Ensemble ; libre accès en ligne : http://www.critical-art.net/books/ecd/.
- The Electronic Disturbance, par le Critical Art Ensemble éd. Autonomedia, (1994).

 

[9]
- The Consumer Electronics Association (CEA).

 

[10]
- Ricardo Dominguez, artiste visuel, activiste du mouvement de désobéissance civile électronique (ECD), professeur assistant au département des arts visuels de l’université de Californie de San Diego ; professeur assistant et chercheur à l’Institut des télécommunications et des technologies de l’information de Californie (CIT2).
- co-directeur de Thing http://www.thing.net/.
- Electronic Disturbance Theatre.
- http://bang.calit2.net/

 

[11]
- Sur le mot «Gopher» et la composition de l’essai de Patrick Lichty… Dans la traduction de son texte en français le mot Gopher demeure en anglais parce qu’il installe une polysémie seulement dans cette langue ; il s’agit d’un jeu de mots ambigu sur plusieurs plans en même temps et par ricochet complexe et prédictif : paradoxe, anagrammatique de la structure, en dialectique krokerienne de la panique, [6] que l’auteur file au long des phrases et de ses concepts à détente, se répliquant en se métamorphosant, formant la texture des topologies rigides ou élastiques de son essai.
Plagia plastique du double multiple dans le miroir interchangeable en variation continue (comme le désordre chronologique et topologique dans lequel sont diffusées les dépêches de WikiLeaks), entropie du flux dans chaque image seconde intégrée de la syntaxe des langages et de la catastrophe générale singularisée, — celle-là même qu’il développe sous nos yeux, et qui invente l’essai. La postmodernité abstraite déployée par le réseau. Et c’est WikiLeaks ou l’autre histoire du net qui lèvent le rideau.
- Gopher est multiple en lui-même, il n’y a pas besoin de barre-slash pour dire sa binarité ou son ambiguïté ; c’est une polysémie dont les points d’arborescence se regardent en miroir critique et ça varie. D’abord il s’agit d’une espèce américaine banale de ratons des champs, mais le mot peut désigner plus vulgairement n’importe quel autre petits mammifères et rongeurs, belette, écureuil, blaireau, taupe, ou bien encore caricaturer l’humain dans une langue populaire ou vernaculaire.
- Il s’agit encore de l’identité du premier protocole d’Internet TCP/IP Application layer protocol, le «Gopher protocol», qui a anticipé le World Wide Web et en demeure une alternative possible et peut-être déjà réactive…
- De sorte que si «Gopher», à la fois virtuel (le protocole virtuel à tout faire, Internet comme «machin») et matériel (avec sa charge concrète d’existences, d’analogies et de métaphores) renvoie aussi à la naissance du web conçu par l’armée américaine [5], c’est dans le plan catastrophique intégré de l’arsenal nucléaire inutile, depuis lequel l’auteur conclut.
- Pour choisir parmi les noms d’animaux qui dans un français vernaculaire pourraient jouer la caricature des populations dans l’étrange situation déployée par le texte, on pourrait dire ici «blaireaux» (parce qu’ils sont refaits dans l’histoire), plutôt que «taupes» (chères aux anarchistes du monde traditionnel) ; mais alors on manquerait le protocole d’Internet, or tout y conflue. On pourrait alors dire «machin(s)», protocole et trucs sans vie au fond du terrier inclus.

 

[12]
-  L’insurrection qui vient, Comité invisible, éd. La fabrique, Paris (mars 2007).

 

 

- [WikiLeaks 2/3]  12 Thèses sur WikiLeaks
Geert Lovink, Patrice Riemens.
 
- [WikiLeaks 3/3] Anonymous et WikiLeaks
Anonymous, Louise Desrenards.

 

 

L’index des miroirs de WikiLeaks dans le site miroir hébergé par le serveur du journal Libération, et le site miroir sur le serveur du site de Reporters sans frontières.

 


Publié dans Cyber

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Louise 30/12/2010 12:36



Merci à Jura Libertaire pour la précision (qui m'était nécessaire). et pardon pour les fautes et les coquilles;-) et bien sûr il est tout à fait autorisé à recopier intégralement tout ce qui
l'intéresse dès lors que c'est mis en résrerve sous CC par rapport au site original dont je ne suis pas la directrice -- et même si le directeur est cool, il n'est pas seul --  (c'est le cas
de cette petite trilogie).. et merci, donc pour cette republication. Il me semblait que c'était bien la place de le mettre ici pour contribuer au débat. Et après tout ce sera peut-être positif,
cette discussion avec Florian ? Du moins j'espère. Moi je ne milite pas pour ce que je traduis mais si je le fais c'est que je pense cela intéressant pour nous en France;-) donc j'assume à fond
mon travail...


Aussi, pardon pour les fautes... je suis fatiguée de taper sur le clavier.. Dans mon commentaire précédent il y a un "sans" à remplacer par un "dans", et un "comet" par un "comment", mais je
pense que tout le monde aura compris...


Ma pensée de soutien à tous ceux qui ont maille à partir avec la répression, et tous mes voeux pour qu'ils s'en sortent au mieux. Santé et courage -- et aussi bonheur -- pour 2011!



Louise 30/12/2010 00:19




Vous voyez bien que ce forum n’est pas fermé, j’avais suggéré de le faire si le ton de l’insulte (associer le "mal écrit" au "vouloir nous vendre l’infosphère", c’est peut-être le problème de
ceux qui en gagnent leur vie, au moins pour un des auteurs que vous citez, mais ce n’est pas le mien), se poursuivait dans votre nouvelle réponse ; apparemment ce n’est pas le cas, donc...
D’autre part dans Jura Libertaire c’est vous qui décidez, re-donc... ne pas vous tromper publiquement là-dessus.


Rien de ce que vous décrivez comme dit dans le texte de Lichty à travers votre premier envoi n’y est. Vous réécrivez le texte de telle façon que vous puissiez édifier votre critique en alignant
votre propre théorie (peu rigoureuse se voudrait-elle radicale, à cause des manipulations de votre discours pour infirmer l'essai en question), au lieu de lire pour répondre à son objet — dans
le sens du mot lecture à proprement parler. Mais on ne va pas se fâcher je n'ai pas envie. Je viens souvent visiter ce site.


Il ne dit pas que le capital aujourd’hui ne serait que de l’information, bien au contraire, l’information sans son essai n’est que le rang de l’information ; c’est le rang de la nation qui dans
son dispositif est l’expression du pouvoir matériel sur les sociétés et leur gestion, (le rang même du pouvoir du capital vectoral de la marchandise et du capital financier). Et il dit qu’il y
a une dialectique de la panique entre ces deux rangs, et  il remarque que lorsque le rang de la nation s'assimile avec le rang de l'information (numérique) : il perd. Alors comet il va
répliquer, qu'est-ce qui va se passer maintenant ? Mystère, observons...


http://bit.ly/gB6Xrg


(Ce n'est pas pour la pétition mais pour l'article dessous)


Bon, je vous présente mes voeux de bonne année 2011 !




la Rédaction 30/12/2010 01:15



À noter que ces échanges n'impliquent aucun rédacteur du Jura Libertaire.



bug-in 28/12/2010 17:03



Décidément, on ne se comprend pas.


Je ne suis pas pour le retrait du texte. Je n'en dit pas plus, parce que chaque fois que j'écris, j'en rajoute a la confusion.



Louise 28/12/2010 13:10



sur les problèmes de traduction, je vous signale quand même que Patrice Riemens qui a lu les deux et qui vit à Amsterdam, dont un des auteurs des 12 thèses, est parfaitement bilingue ; or ils ont
lié la traduction est liée dans Intstiutute of network culture... D'autres de mes amis qui sont traducteurs dont une professionnelle et une qui est une activiste de nettime de la première heure,
qui a fait ses études en anglais, et qui a lu les éditions originales anglophones, ont trouvé mes traductions OK pour des traducitons rapides, et même astucieuses à propos des concepts dans le
textede Lichty   au point qu'ils ont envoyé le lien. J'ai prévenu que c'était des traductions rapides, étant un premier jet, qui demanderaient une nouvelle lecture si ça devait devenir
un bouquin et je pense que si cves textes étaient si mal traduits les auteurs eux-mêmes qui ne sont pas dépourvus d'entourage francophone m'auraient demandé de ne pas les publier (or bien sûr ils
sont au courant). Mais vous savez ceux qui ne font pas le boulot gratuitement ou le feraient mais se trouvent ne pas l'avoir fait, ont toujours mieux à proposer... je pense que les contresens
sont souvent dus à un enfermement idéologique dans un système français ou améric ain du raisonnement politique que j'ai essayé de mediatiser entre eux par la traduction, malheureusement je ne
peux pas me substituer à la vision personnelle des lecteurs. Mais si c'est si mauvais d'après vous et votre ami, et vous êtes si sûr de vous dans ce sens, il serait inconvenant de laisser ici une
traduction qui désinforme à vos yeux le texte original, quand je croyais l'informer, dontc :merci de supprimer la traduction de ce site, elle n'a pas besoin d'être ici, je ne l'ai signalée dans
aucune recherche d'intérêt. C'était pensant qu'il ait pu contribuer au débat. Merci de l'enlever si'l vous plait.  Il est ailleurs. Porter la crittique dans les milieux militants est
toujours préjudiciable à la santé en même temps qu' au débat et devient un clou au plilori le débat étant clos d'office, sauf sur des questions interpersonnelles -- qui ne m'intéressent pas.
Ancienne activiste moi-même j'ai passé l'âge de ce genre de rivalité qui est un jour m'est apparu une pure perte de temps par rapport à  toute chose.



bug-in 28/12/2010 11:46



@Louise.


Bonjour ! Désolé, mais je n'avais pas vu vos commentaires ! J'ai envoyé les notes avant de les voirs, donc je pouvais pas vous répondre.


Je pense qu'effectivement il y a un fort problème de compréhension (et de traduction, d'après un ami qui a des capacités que je n'ai pas en Anglais).


Quand je critique Stiegler qui dit oui aux OGM et nanos, je ne dis pas que les autres l'on fait par ex. Donc je ne dis rien sur Kurz et tous les autres critiques de la valeurs.


Pour ce qui est du comité invisible, je pense aussi que c'est beaucoup plus littéraire et poétique, que politique. Le problème pour moi, c'est qu'il se présente comme "politique", ce qui sème un
peu la confusion dans pas mal d'esprit de jeunes engagés qui prennent les textes a la lettre et on vite fait de se construire des textes et idées intouchables. On obtient des réactions très
dommageable de défense de textes, groupes ou auteurs de manière très virulente alors qu'il s'agit de désaccord sur le sens des mots.


Je vous remercie tout de même pour la traduction de ce texte (et des autres) qui a le mérite de faire débat. En espérant mieux se comprendre.