Travail du sexe : mais que nous prépare l'UMP ?

Publié le par la Rédaction


Le 21 janvier 2010, Chantal Brunel députée UMP de Seine-et-Marne est en quelques semaines la troisième personnalité du parti de la majorité à nous parler de réouverture des maisons closes à l’occasion d’une tribune dans Le Monde et de la parution de son livre sur les violences faites aux femmes.

On se souvient de la sortie de Christine Boutin qui s’est rétractée le jour d’après face aux remontrances des organisations anti-prostitution. Nous savons aussi que les députés Élie Aboud et Véronique Vasseur sont actuellement en charge d’un rapport parlementaire sur les politiques à mener concernant la prostitution. Élie Aboud, député UMP de l’Hérault interviewé dans le Midi Libre n’écarte pas non plus l’idée de rouvrir les maisons closes.

Si nous ne pouvons que nous féliciter sur le constat commun de l’échec des politiques répressives contre le racolage et espérons vivement l’abrogation de ces lois, nous nous interrogeons grandement quant à la sauce à laquelle nous allons être mangées.

En effet, nos hommes et femmes politiques continuent de véhiculer les habituels poncifs, d’ignorer les revendications des travailleurs du sexe, et notre existence même en tant que mouvement social. Il faudrait leur rappeler que les travailleurs et travailleuses du sexe s’expriment depuis au moins 1975, époque de l’occupation des églises à Lyon et dans plusieurs villes de France.

Le STRASS a d’ores et déjà envoyé une demande de rendez-vous aux deux parlementaires UMP chargés d’un rapport et attend toujours à ce jour leur réponse.

Si nous sommes inquiets, c’est que ce qui ressort jusqu’à présent des interviews de nos représentants nationaux est une volonté plus grande de contrôle : contrôle médical, contrôle fiscal, et contrôle migratoire. Personne ne veut donc de leurs maisons closes.

Nous aimerions qu’ils et elles comprennent que nous sommes autre chose qu’une masse informe et clandestine de migrantes envahisseuses, transmetteuses de maladies, et échappant au fisc. Nous sommes des êtres humains.

Ils devraient savoir que la plupart d’entre nous paient déjà des impôts, que nous sommes souvent les meilleures actrices de prévention, et les mieux placées pour lutter contre la traite des êtres humains encore et toujours confondue avec l’immigration.

Nous exigeons de rencontrer ces parlementaires.

Nous ne sommes pas le problème. Nous faisons partie de la solution.

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