Lundi 5 mai 2008
«Les hommes, en toute sincérité, ignorent à quel point le dispositif d’émasculation des filles est imparable, à quel point tout est scrupuleusement organisé pour garantir qu’ils triomphent sans risquer grand-chose, quand ils s’attaquent à des femmes.»
Virginie Despentes.
L’origine de la journée de la Femme se perd dans l’histoire. En fait, cette journée est d’abord celle des femmes travailleuses, un moment dédié à des ouvrières brûlées vives alors qu’elles faisaient grève dans une usine des États-Unis. Après des années des luttes, quelle est la situation actuelle des travailleuses ?
Comme dans la grande distribution le mois dernier, certaines salariées ont déjà réagi en faisant des grèves pour réclamer des temps pleins, une baisse des cadences et le paiement de toutes les heures travaillées. La lutte a payé pour elles.
Les femmes n’auront que ce qu’elles sauront prendre !
Rejoignez notre marche féministe le samedi 8 mars à 13 heures, de la Place de la République jusqu’au rassemblement à 15 heures Fontaine des Innocents.
Venez exiger vos droits ! Venez marcher avec nous !

Rassemblement à Marseille
Samedi 8 mars, 10h, La Timone (angle Baille/Sakakini)
Sans la présence d’esprit de deux voisins qui ont enfoncé la porte, la femme n’aurait pas survécu aux coups portés par son mari
2010 est une année importante pour l’industrie mondialisée de la prostitution. C’est l’année des Jeux olympiques d’hiver à Vancouver et de la Coupe du monde de football en Afrique du Sud. Dans les deux cas, les autorités envisagent la légalisation de la prostitution afin de ne pas criminaliser les amateurs de sport et les athlètes attendus en grand nombre, qui auront dès lors accès en toute impunité au corps et au sexe des femmes.
Le 24 novembre, 150.000 femmes et lesbiennes* dans la rue contre les violences faites aux femmes.Il y a deux mois à peu près est née l’idée d’une manifestation pour la journée internationale contre les violences des hommes contre les femmes. Des assemblées de 40, 50 voire 60 femmes et lesbiennes, individuelles ou faisant partie de collectifs féministes et lesbiens de Rome, centres anti-violences, se mettent en place pour organiser cette manifestation. Une manifestation auto-organisée sans parti politique, sans syndicat, sans drapeau d’aucune sorte. Une manifestation non-mixte. Très discutée, la non-mixité a finalement vaincu. Une manifestation de femmes qui donne la voix aux femmes, qui donne visibilité à la force des femmes.
* Nous notons qu’il y a des lesbiennes parmi les femmes pour deux raisons : pour que ces dernières soient visibles dans les luttes (alors qu’elles sont presque toujours invisibilisées, satanisées…), mais aussi parce que des lesbiennes (mais pas toutes !) revendiquent ce choix comme acte poltique : être lesbienne, pour une partie d’entre elles, est une rupture avec le devoir de servir, domestiquement et sexuellement, des hommes, au sein du couple hétéronormal. Elles affirment donc par là qu’elles ont fait un pas de côté par rapport à la définition actuelle de ce qu’est une femme…
Femmes battues,
violées,
contraintes,
discriminées,
humiliées tous les jours,
Ça suffit !

• Prendre en compte toutes les formes de violences faites aux femmes à la maison, dans la rue, au travail,
• Créer, développer et centraliser les dispositifs de prévention, de protection, de répression, de soutien, solidarité et de recours judiciaires afin de les rendre visibles, efficaces et opérants.

Une émission féministe : actualité, analyses, infos, débats, points de vue, musiques etc… de femmes, de lesbiennes et de monstres !
De 18h30 à 20h les 2e et 4e mercredis du mois
(rediffusion les lundis suivants à 19h)
Sur 97 fm à Grenoble
Sur Radio Kaléidoscope partout ailleurs

Les droits humains fondamentaux doivent être attachés à la personne et non au statut familial.
Le droit d’asile doit pouvoir être obtenu en raison de violences spécifiques faites aux femmes.
Toutes les femmes doivent pouvoir se libérer de ces oppressions, recevoir un titre de séjour ainsi que toute l’aide nécessaire (travail, logement, soutien psychologique, etc.)
La situation de Fatia est celle de centaines de femmes étrangères en France chaque année, victimes de la «double violence». Cette «double violence» peut être la subordination d’un droit au séjour au maintien des liens conjugaux y compris en situation de violences conjugales ou familiales. Elle est aussi le refus du droit au séjour du fait de la non reconnaissance des violences sexistes que les femmes ont subies dans leur pays (viols, violences conjugales ou familiales…). On peut aisément imaginer ce que l’État répondrait à Fatia et à toutes les femmes qui subissent la double violence : «L’immigration est aujourd’hui sans rapport avec les capacités d’accueil de la France et ses besoins économiques (…) il faut donc retrouver une maîtrise quantitative des flux migratoires.» Voici en tout cas comment Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, motivait la loi du 24 juillet 2006 «relative à l’immigration et l’intégration» qui modifie le CESEDA [Code d’entrée et de séjour des étrangers en France]. Loi qui poursuit la politique d’immigration choisie qui sévit en France depuis 1974, politique xénophobe, soupçonneuse et utilitariste. Politique qui s’octroie le droit de décider de la vie et des déplacements de milliers de personnes et oppose une logique de quotas à des vies humaines. Si hommes et femmes la subissent de la même façon, la persistance des inégalités entre les hommes et les femmes partout dans le monde et des violences sexistes en France comme ailleurs engendrent des conséquences spécifiques pour les femmes migrantes. Alors que l’État prétend lutter contre les violences faites aux femmes à grands renforts médiatiques, la loi sur l’immigration de 2006 aggrave les conditions de vie des femmes étrangères et en particulier de celles qui subissent des violences conjugales. En outre, la politique d’immigration met en œuvre une vision masculine des migrations, les femmes migrantes y sont considérées comme des épouses ou des mères et non comme des individus migrants à part entière et les persécutions sexistes que subissent les femmes dans le monde font peu l’objet d’une reconnaissance du droit d’asile.En juillet 2004, Fatia se marie dans un consulat français au Maroc avec un Français. En septembre, elle vient en France avec un visa. Après plusieurs récépissés, elle obtient une carte de séjour «vie privée et familiale», en tant que conjoint de Français, d’un an renouvelable avec autorisation de travail. Elle trouve un emploi comme agent d’entretien. Son mari exerce des violences conjugales : l’insulte, contrôle ses déplacements, l’empêche d’appeler sa famille au Maroc, la frappe… Elle porte plainte et fait faire un certificat médical. Son mari s’excuse et elle revient au domicile conjugal. Les violences redoublent, il la menace de ne pas signer son renouvellement de titre de séjour. Après un épisode de violences graves, Fatia décide de quitter le domicile. Au moment du renouvellement de son titre de séjour, Fatia apprend que son mari l’a dénoncée en signifiant à la préfecture qu’il y avait rupture de la vie commune. Fatia fournit les preuves (plainte, certificat, témoignage) des violences pour justifier de cette rupture comme l’exige la loi. Plusieurs mois après, elle se voit notifier un refus de titre de séjour et une invitation à quitter le territoire. La préfecture estime que Fatia n’a pas suffisamment amené de preuves des violences et en outre que la plainte déposée n’a pas été poursuivie par la justice.