Sanctions administratives après les blocages lycéens

Publié le par la Rédaction

Des lycéens bloqueurs exclus après avoir été filmés

 

Plusieurs exclusions d’élèves accusés de blocages, sur la base de vidéos, de photos ou d’échanges sur Facebook, créent la polémique.

 

Des photographies et des vidéos prises par le personnel administratif ainsi qu’un dossier constitué à partir de messages sur Facebook : voilà ce qui a valu quarante-huit heures d’exclusion à dix élèves du lycée Galilée de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), soupçonnés d’avoir bloqué leur établissement dans le cadre des manifestations contre la réforme des retraites.

 

Combs-la-Ville (Seine-et-Marne), hier. Marie-Claude, Corneille et Amaury

ont été exclus quarante-huit heures du lycée Galilée par la proviseure

qui les soupçonnait d’actions de blocage

 

Malgré les protestations de syndicats d’enseignants et de familles, ces adolescents ont été renvoyés «sur simple décision de la proviseur, sans passage par un conseil de discipline, ce qui aurait au moins permis de discuter les fameuses preuves», déplore Éric Sueur, secrétaire départemental de la FSU, le principal syndicat de la fonction publique.

 

«D’importants incidents ont eu lieu devant le lycée, justifie Jacques Marchal, l’inspecteur d’académie. Le proviseur doit utiliser tous les moyens en sa possession pour assurer la sécurité des élèves dans l’enceinte et aux abords de l’établissement.» «Le problème, c’est qu’un amalgame a été fait avec des gens extérieurs venus semer le trouble», réplique Jean-Claude Fagnen, de l’association de parents d’élèves FCPE.

 

L’administration veut malgré tout minimiser : «Les sanctions ont été très modérées, et elles disparaîtront du livret scolaire dès la fin de l’année.»

 

 

Marie-Claude, une élève de 2de, juge tout de même la punition sévère : «La proviseure a sorti une photo de moi prise près de la grille par un agent d’entretien, et ça a suffi à ce que je sois renvoyée.» Un autre élève a, lui, été exclu parce qu’il appelait, sur un groupe Facebook, à barrer l’entrée avec des matériaux de construction.

 

«Cerise sur le gâteau de la provocation, poursuit Éric Sueur, ces élèves ont dû, avant de réintégrer (hier) le lycée, rédiger un devoir tendancieux sur la réforme des retraites, remis en main propre à la proviseur.»

 

 

L’exclusion avait déjà été brandie comme menace ailleurs à la veille des vacances, par des chefs d’établissements. Ainsi à Saint-Maur (Val-de-Marne) où les parents de certains élèves, qui avaient rejoint le groupe constitué sur Facebook «pour bloquer d’Arsonval», ont reçu des coups de fil d’avertissement.

 

En Seine-Saint-Denis, le retour des vacances de la Toussaint rime déjà avec punition pour une vingtaine d’élèves, «piégés» par les caméras du lycée privé Jean-Baptiste-de-la-Salle. Deux d’entre eux ont été exclus définitivement, et plusieurs autres temporairement.

 

Leur presse (Le Parisien), 11 novembre 2010.

 

 

Des lycéens bloqueurs exclus et forcés de bûcher sur les retraites (Rue 89)

 

 

Dix exclusions pour un blocus

 

Dix élèves du lycée Galilée de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) ont été exclus deux jours pour avoir organisé le blocus de leur établissement lors du mouvement contre la réforme des retraites. Une dizaine d’organisations — parents d’élèves, enseignants, lycéens — de Seine-et-Marne ont dénoncé hier cette mesure. Ils reprochent aussi aux «personnels de direction d’avoir filmé et photographié les jeunes, d’avoir constitué un dossier à partir des échanges sur Facebook», et d’avoir pratiqué «un amalgame entre élèves engagés dans le blocage et éléments extérieurs auteurs d’incidents». Selon ces organisations, les élèves ont dû en plus faire «un devoir-questionnaire tendancieux sur les retraites» associant «implicitement espérance de vie et recul de l’âge de départ en retraite», l’argument-massue du gouvernement.

 

Leur presse (Libération), 11 novembre.

 


Publié dans Colère ouvrière

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durruti 13/11/2010 14:12



Si sous la contrainte, ils acceptent la sanction. Je leur conseillerais d'évoquer l'espérance de vie en bonne santé: 59 ans en moyenne pour un ouvrier.