Prison pour étrangers de Vincennes. Dimanche 3 janvier 2010

Publié le par la Rédaction


Nous appelons les retenus au lendemain du rassemblement qui a eu lieu devant le centre, pour savoir comment ça s’est passé pour eux. L’enjeu de ces appels, c’est à la fois de créer un lien entre l’intérieur et l’extérieur, d’exprimer notre solidarité, et permettre aux retenus de raconter ce qu’ils vivent à l’intérieur… Aujourd’hui, le retenu avec qui nous sommes en contact, nous parle de la nécessité de s’organiser collectivement mais aussi des difficultés multiples pour y parvenir.

«On a entendu la manifestation, on a bougé aussi de notre côté, on a crié “Liberté, liberté”. On a essayé de gêner un peu la police. Mais, bon, c’est pas facile de se mobiliser à l’intérieur, les moyens d’action sont limités et puis, les gens ne sont pas politisés. Les nouveaux, ils ne savent pas ce que c’est que l’action collective. Il y a des gens qui disent que ça ne sert à rien. Pourtant, j’essaye de dire qu’il faut se mobiliser, s’organiser, manifester. On peut se rassembler et manifester. Il faut lutter tout de suite même s’il n’y a pas de résultats.

«Ici les tentatives de suicides sont courantes. On voit des choses horribles. Hier encore, il y a une personne qui a essayé de se suicider. Je crois qu’il a avalé des trucs. Les policiers l’ont menotté alors qu’il était inconscient, il avait les yeux révulsés.

«En ce moment, il y a trois à quatre expulsions par jour et le même nombre de personnes qui arrivent. Ils ne laissent pas de place vide. Le centre est toujours plein. Il y a plusieurs personnes qui ont refusé l’embarquement et qui ont été ramenées au centre. D’autres sont expulsées de force, menottées. Et puis, il y aussi des personnes qui sont là depuis plus de 32 jours. Un monsieur en est à son 38e jour. Ils le gardent parce qu’il a refusé de voir son consul [algérien]. Il est dans le centre depuis le 26 novembre et le 28 décembre, ils l’ont mis en garde à vue 24 heures puis renvoyé au centre.»

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