Feu aux prisons

Jeudi 12 novembre 2009
Manifestation déclarée = état de guerre ?

C’est la question que je me suis posée au regard du nombre impressionnant de policiers qui ont été mobilisés dimanche dernier pour encadrer la manifestation «la prison tue» organisée par lArppi et de nombreux autres collectifs, groupes et individus pour demander labolition des peines de mort déguisées, des quartiers disolement et disciplinaires dans lesquels les morts suspectes sont de plus en plus nombreuses, le non enfermement des enfants, la libération des malades et des handicapés ainsi que le rapprochement familial, affinitaire et géographique des familles et proches de personnes détenues.

Un dispositif inquiétant

À peine arrivée sur le lieu de rendez-vous place de la Bastille, investie par des robots cops en costume de guerre et sourires d
assaut jusquau sommet des marches de lOpéra Bastille, il ma fallu demander à mon interlocuteur, en prise directe avec la préfecture, que cessent les contrôles didentité et que les flics provocateurs quittent les marches de l’Opéra.

Une demie heure plus tard j
ai dû réitérer ma demande au responsable pour que cessent aussi les contrôles systématiques dans le métro. Une amie ma appelé pour me dire que son bus avait été détourné à la gare de Lyon. Une dizaine dautres personnes, bien quelles maient appelé pour me dire quelles étaient dans le métro en direction de la manifestation ne sont jamais arrivées et la camionnette dune autre amie, venue de Nîmes pour loccasion, a été fouillée sept fois.

L
apothéose du dispositif étant le bouclage de la place dItalie où rues, boulevards et avenues étaient fermées par des doubles rangées de véhicules de police avec, tout autour de celle-ci, une armada de policiers déployée de façon stratégique et impressionnante. Un tous les mètres en long et en large des avenues.

Une amie passant près de la prison de la Santé après la manifestation m
a parlé dun «mur» fait de palissade et de flics à hauteur de celle-ci, ainsi que de bulldozers blancs marqués police qui remontaient vers la place Denfert-Rochereau en un cortège impressionnant. Puis, en se dirigeant vers son domicile avenue des Gobelins, elle a interrogé des motards sur le pourquoi et les raisons de ce dispositif. Réponse de ceux-ci : «À cause dune manifestation de dangereux gauchistes qui sont contre la police, contre les matons, contre le gouvernement et qui ont prévu de tout casser.»

Un peu plus loin elle a interrogé d
autres policiers arguant de son inquiétude par rapport à sa fille censée rentrer en métro.

Réponse de l
intéressé : «Ne vous inquiétez pas Madame, cest une manifestation en soutien aux familles de détenus et pour les gars en prison. Cest du grand nimporte quoi ; on est 3000 pour encadrer quelques pékins, qui défilent dans le calme avec des propos intelligents.»

«C’est complètement disproportionné !» a-t-il ajouté.

Il fallait s
attendre à ce déploiement de force au regard de larticle avant-coureur écrit par deux journalistes félons, Isabelle Mandrot et Caroline Monnot dans un article de politique-fiction paru dans le Monde le 8 novembre où leurs propos délirants accompagnés de photos angoissantes dautonomes ingérables issus dune supposée armée de lombre annonçaient à limparfait la manifestation.

Pour faire cet «article purin» les traîtres étaient venues jusqu
à mon fief de Charenton pour me piéger. Elles sétaient même fendues dachats de bibelots, dans le salon de thé de lami où je les recevais, pour endormir ma vigilance sur le mode : «On est jeunes et sympas et on voudrait parler des nouveaux acteurs et moyens de résistance actuels.»

Malgré la désapprobation de certains, largement justifiée au regard de tout cela, j
avais insisté pour ouvrir la porte à la «grande presse» pour preuve de notre ouverture quant à la mobilisation. Les deux «jouir-nalistes» étaient donc venues quelques jours plus tard à une réunion de l’Arppi pour infiltrer nos rangs. Probablement déçues de ne pas y trouver lobjet de leur fantasme elles ont pondu cet article de batterie.

Elles ne sont pas les seules d
ailleurs, dautres ont participé à la curie, notamment Charlie hebdo qui avait annoncé casse et altercations en tout genre quelques jours auparavant daprès des informations émanant de «lassociation des services de renseignements».

On voit ainsi très clairement à travers les pratiques de déstabilisation dont l
’Arppi (association pour le respect des proches de personnes incarcérées) et autres collectifs font lobjet avec qui ou pour qui tous ces gens travaillent…

En effet, beaucoup de journalistes mais très peu d
images dans les journaux. M6, Bfm, Rmc, Afp, Télé Proche-Orient, télé anglaise, italienne, France info, seuls quelques prisonniers ont réussi à en capter lessentiel sur France info, M6 ou Bfm tv en se répartissant les médias à regarder ou à écouter sans discontinuer.

Pourquoi ? On n
allait tout de même pas montrer aux Français la démesure des moyens mis en place pour loccasion, des millions et des millions deuros dépensés sans vergogne en ces temps de «crise» et de restriction, payés avec leurs impôts, ça ne fait pas très sérieux au regard du calme dans lequel sest déroulé la manifestation.

Un journaliste a même précisé que seule la casse permettrait de faire passer le sujet aux infos !

Et puis tous ces flics costauds auxquels on a demandé devenir en cette journée dominicale, préparés, entraînés à rencontrer du «terroriste», du casseur, du vandale, de la vermine d
autonome ultra gauchisante, ils ont dû drôlement être déçus de ne rencontrer que des gens tristes et désespérés par un système véritable bras armé dune société fragile qui a échoué dans toutes ses politiques : banlieues, logement, familiales et éducatives et qui bâtit des murs parce quelle na aucune réponse ou solution à apporter.

Double chagrin et double peine pour toutes ces familles et proches venues parler au micro de leurs proches morts en détention devant l
’Opéra Bastille, une véritable volonté de les éradiquer elles aussi en occultant leur présence et leur parole tous les médias confondus.

Bienvenue en enfer, le monde est une prison, faut se mobiliser pour la grande évasion.

Catherine Charles - présidente de lArppi
Indymedia Nantes, 11 novembre 2009.
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Mercredi 11 novembre 2009
La nuit du 8 au 9 novembre en région parisienne, plusieurs entreprises liées à l’enfermement ont été visées :
— Eiffage (une des plus grandes entreprises de BTP qui construit de la même manière les villes que les prisons) rue de Watt (13e), où deux engins de chantiers ont été sabotés avec du sucre dans leur réservoir, avec un tag à côté : «Eiffage construit des prisons pour enfermer les pauvres. Sabotons Eiffage».
— L’Institut de criminologie de la Fac de Droit rue Cujas (6e) a été tagué d’un «Feu aux prisons», «Crève l’État et son droit».
— L’APIJ (Agence Publique pour l’Immobilier de la Justice, organisme du ministère de la Justice chargé des appels d’offres) rue du Château-des-Rentiers (13e) a été tagué d’un «Ici l’État (APIJ) programme la construction de nouvelles prisons. Attaquons-le(s)».
— IOSIS (cabinet d’ingénierie dédié à la construction et la rénovation des taules) rue Dolores-Ibarruri (Montreuil, 93) a été tagué d’un «IOSIS travaille à l’enfermement. Liberté pour tous !»
— La boutique Orange (qui s’enrichit sur le travail des taulards) place Jeanne-d’Arc (13e) a eu ses 8 vitrines brisées, accompagnées du tag «Exploiteur de prisonniers».

Ces actions s’inscrivent dans le cadre de la semaine anticarcérale contre les longues peines et tous les enfermements. À bas toutes les prisons et ceux qui en profitent. Continuons à les harceler chacun à sa manière au-delà de cette semaine d’agitation, c’est facile et ça pourrait leur coûter cher…

Indymedia Nantes, 9 novembre 2009.
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Mercredi 11 novembre 2009

Dans la nuit du 4 au 5 novembre, le lycée Théophile-Gauthier (49 rue de Charenton, Paris 12e) a été pris pour cible dans le cadre de la semaine anticarcérale contre les longues peines.
Ce lycée professionel s’est spécialisé dans la formation des futurs flics et matons. Les portes ont été bloquées avec des chaînes. La façade a été recouverte d’affiches (cf. plus bas et pièce jointe) et de nombreux tags : «Attention, ici on forme les futurs flics», «Le maton te guette», «Saccage ta cage», «Plutôt pauvre et insoumis que flic ou maton»…
À noter qu’on trouve ce type d’établissements dans toutes les académies, et que vue la rapidité avec laquelle les traces de notre passage ont été effacées, il est clair qu’ils ne souhaitent aucune publicité autour de leurs sinistres activités.

Alors que certains mineurs croupissent en prison,
D’autres apprennent à devenir flics ou matons


Chacun le sait, l’adolescence est propice au désœuvrement qui conduit bien vite à la délinquance si rien ne vient l’enrayer. Heureusement, l’État s’occupe de la jeunesse et multiplie les initiatives afin de protéger, d’accompagner et d’insérer les citoyens qui formeront la France de demain. Ainsi, les premiers EPM (établissements pour mineurs) ont-ils ouvert depuis deux ans pour enfermer et isoler ceux qui représentent un danger pour la société.

Dans le même temps, le pouvoir a décidé d’opérer une sélection précoce de ces futurs serviteurs en uniforme. C’est dans cette logique que le bac professionnel Sécurité et Prévention a été mis en place en 2006. En plus de préparer les futurs travailleurs à l’exploitation, l’Éducation nationale devient pourvoyeur de main d’œuvre pour le secteur florissant de la sécurité privée. La création de ce bac pro quelques mois après les émeutes de banlieue répond aussi à la nécessité d’y apporter une réponse selon la vieille méthode consistant à recruter parmi les populations potentiellement dangereuses les éléments dociles qui seront chargés du flicage et du contrôle de ceux qu’il n’est plus question d’intégrer. Et il s’agit toujours de présenter les parcours de chacun comme une succession de choix individuels, séparés de toute réalité sociale (bosse et paie ton crédit ou deale et paye ta dette). Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ceux qui se sont habitués tranquillement à la grisaille pénitentiaire des couloirs de l’école n’auront pas de mal à s’adapter dans un commissariat ou dans une prison.


Le lycée Théophile-Gauthier s’est spécialisé dans l’offre sécuritaire : bac pro et CAP sécurité, formation des cadets de la République. Nous souhaitons le rendre visible afin de bousculer la petite fabrique quotidienne du contrôle et de l’humiliation, de l’autorité et de la domination. De la débrouille pour sortir des galères matérielles aux formes de révoltes collectives, la délinquance est avant tout une catégorie créée par l’État pour lui permettre de légitimer son pouvoir. Face aux illégalismes, la prison et la police sont autant une réponse immédiate qu’une menace qui pèse sur tous ceux qui n’ont comme seul horizon qu’un travail de merde payé des miettes.

Nous sommes contre la prison et la police parce qu’elles sont nées et se sont développées pour défendre les privilèges des riches et gérer la misère.
Nous sommes contre la prison et la police parce que nous voulons changer radicalement cette société pas nous intégrer pacifiquement dans ses villes, dans ses usines, dans ses casernes, dans ses supermarchés.
Nous sommes contre la prison et la police parce que ce monde n’en a que trop besoin.

Indymedia Nantes, 6 novembre 2009.
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Mardi 10 novembre 2009
À Paris, on ne fait pas les manifs à Poitiers !

À l’appel de l’ARPPI (Association pour le respect des proches de personnes incarcérées), on a battu le pavé parisien, dimanche, sous l’œil concupiscent des journaleux et des flics, tous très déçus d’avoir raté la manif anticarcérale de Poitiers quelques semaines plus tôt. Du coup, ils étaient là en force, prêts à intervenir à la moindre incartade. Et Article 11 aussi…
(Pour accompagner ta lecture, Antimollusques a confectionné un très classe reportage audio sur la manif. Savoure !)

De 200 personnes présentes selon la police à un bon millier selon les organisateurs, ça dépend en fait si l’on compte le nombre de flics en civil qui encadraient littéralement le cortège et ceux à l’intérieur même de la dite manifestation. Ce qui nous fait, en appliquant une toute bête soustraction, un nombre proche de 800 civils, ce qui semble tout à fait probable vu les moyens répressifs mis en œuvre ce dimanche 8 novembre.


Ne pas se voiler la face, première «grosse» manif parisienne depuis… Depuis ?

Depuis Poitiers en fait, présente dans tous les esprits. Ceux de la meute RTL - France 2 - BFM. Pas vu TF1, qui devait pourtant bien être dans le coin mais qui a dû sans doute préférer ne pas arborer trop haut l’étendard tricolore. Toujours ça de pris… Ceux des flics, évidemment, qui ont cerné le parcours : Bastille, Gare de Lyon, Place d’Italie ; même pas la peine d’espérer approcher la prison de la Santé, objectif initial du parcours. Les flics qui, consciencieusement depuis trois jours, ont épluché tous les halls d’immeuble, toutes les plaques d’égout, toutes les planques potentielles du trajet — sans doute des fois que la menace anarcho-autonome ne sorte des AK-47 maquillés en sapins de Noël de chez Truffaut. Ceux des organisateurs de la manif, rappelant le contexte et appelant à la responsabilité de chacun. Ceux des manifestants, pour beaucoup en pleine période de réflexions, sinon de polémiques internes, quant à l’intérêt stratégique de l’action poitevine.

Du coup, l’ambiance est pesante. Ça se regarde beaucoup, ça regarde de partout, premières rumeurs sur des gens qui se seraient faits interpeller avant même de rejoindre Bastille ou à la sortie du métro [Dix personnes interpellées et libérées vers 17 heures, alors que la manif venait de se disperser. Comme quoi, à la Préfecture de police aussi, on a des Rolex qui marchent bien…]. Les familles de détenus prennent à tour de rôle la parole. Dignes, émues, résolues. Contentes de voir ce monde pour les soutenir. Ce monde qui pourtant, n’écoute pas trop les discours [Ce que la glorieuse Antimollusques te propose d’écouter bien au chaud…] et continue à jauger l’ambiance et les possibilités éventuelles d’action.

On commence à s’ébrouer. Vu le froid et le nombre de civils, il y a bien plus de bonnets que de capuches de sortie. Dès lors, il ne faut pas trop de temps pour se rendre compte qu’il ne va strictement rien se passer. Dix civils fondent sur quelques colleurs d’affiches, histoire de bien montrer que ce sont bien des flics au cas où on aurait été assez stupide pour pas remarquer, certains, comme toujours, viennent prêter main forte à leurs collègues depuis le cœur du cortège. La bonne vieille éternelle tactique policière : mettre des civils gros comme des maisons sur les bords, comme ça t’es bien content de les griller tellement ils sont visibles et du coup tu fais moins gaffe aux autres, beaucoup plus insidieux dans la manif elle-même.

Et puis plus rien, sinon le vent, le froid, et toujours ces regards méfiants, en tension, de tous les côtés. Petite pause devant l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière où une taule médicalisée est aménagée à l’intérieur, et toujours les discours de Catherine Charles, présidente de l’ARPPI et mère de Christophe Khider [
Pour rappel de l’histoire du fameux évadé, on peut consulter avec intérêt son blog].

Arrivée à Place d’Italie, terme de la petite ballade dominicale. Catherine étale ses états de service, les endroits où il est possible de l’entendre et de la lire. Dont le Monde Libertaire. Une voix derrière : «De toute façon, en ce moment, si on veut apprendre des trucs sur ce qui se passe, vaut mieux lire le Monde tout court que le Libertaire…» Allusion même pas voilée à l’interview de Coupat, à la revendication des Coucous de Poitiers ainsi qu’à l’enquête sur l’archipel des autonomes parue dans la semaine avec la complicité active de témoins dont prénom a été changé [Pas la force, pas le courage, pas envie de taper tous les liens… T’as qu’à googliser. En revanche, voici une hilarante et salutaire déconstruction journalistique pour me faire pardonner.]. Ça rigole un peu. Catherine continue. En guise de bilan de la manif, elle remercie les gens qui ont bien su se tenir et qui ont été «assez intelligents pour pas casser». Quelques rires et une petite bronca saluent son propos. Elle se justifie. «Ben oui, intelligents, adultes, vous mettez le mot que vous voulez…» Une voix hurle «Ou simplement stratégiques !»

Le temps d’une version plus qu’engagée et néanmoins apocalyptique de la Semaine Sanglante [
In extenso sur le glorieux reportage sonore, à bien écouter jusqu’au bout, donc !] et tout le monde rentre.

Moralité : flics payés à rien foutre et mobilisés en masse pendant une journée, ce qui a peut-être permis qu’ils ne renversent pas un gamin quelque part ailleurs, journaleux dépités de ne rien avoir eu à se mettre sous la caméra, TF1 qui se planque, familles de détenus qui se sont senties, de leurs propres mots, soutenues et touchées, aucune arrestation durant la manif, allez, on se motive et on se dit qu’on a passé un super chouette dimanche et que les mauvais jours finiront !

Article XI, 10 novembre 2009.



Dimanche 8 novembre Paris, manifestation de clôture de la semaine contre l’enfermement carcéral

Plusieurs centaines de personnes ont participé à cette manif.

En arrivant à la station de correspondance pour prendre la ligne 5 qui dessert Bastille, une douzaine de gardes mobiles avec boucliers et matraques devant le Relais H.

Devant l’Opéra diverses prises de paroles contre les morts suspectes, les suicides, les humiliations que subissent détenus-es et leurs familles.


Tous les boulevards et les rues du parcours sont bouclés et les civils encadrent en filmant les quelques centaines de manifestants-tes, alors que sur le camion sono, ça rap à tout va.

À la barbe de ce dernier service public, des dizaines d’affiches contre les prisons et les CRA seront collées.

Quelques slogans : «Toutes les prisons sont des couloirs de la mort», «Mur par mur, pierre par pierre, vos prisons, nous détruirons», «Libérez Jean-Marc Rouillan».

Place d’Italie, c’est l’apothéose, tous les boulevards sont bloqués par de double rangées de véhicules bleus et une ronde de GM, séparés d’un mètre, les uns des autres, ceinture l’extérieur de la place.

Une dizaine d’interpellations, difficile d’échapper aux civils qui contrôlent au faciès, le-la jeune, de préférence, auront lieu, tandis que des GM continueront d’arpenter certains couloirs et correspondances du métro.

Quelques sites :

La Brèche
Ban public
L’Envolée
Résistons ensemble

Amitiés à tous-ceux et toutes celles qui distribuaient le CAP, un journal jamais interdit mais toujours saisi.

HNS-info, 10 novembre.




Manifestation anticarcérale à Paris sous forte surveillance policière

Environ deux cents personnes, selon la police, mille selon les organisateurs, parmi lesquelles des proches de détenus et des sympathisants anarchistes, ont défilé à Paris dimanche sous forte surveillance policière, pour protester contre les conditions de détention pénitentiaire, a constaté une journaliste de l’AFP.

Des manifestants ont distribué des tracts signés de la Fédération Anarchiste, portant le slogan : «La prison doit être détruite. Elle a fait son temps. Qu’elle crève !»

«Notre société est une prison. Brisons les chaînes», pouvait-on lire aussi sur une banderole rouge en fin de cortège, ou «La prison tue, laissez-les sortir vivants», sur une banderole noire.



La manifestation, partie vers 15H30 de la place de la Bastille en direction de la place d’Italie, clôturait une semaine nationale de mobilisation contre la longueur des peines et l’isolement carcéral, organisée par l’association pour le respect des proches de personnes incarcérées (ARPPI).


L’association demande la suppression des quartiers disciplinaires et de l’enfermement des mineurs, la libération des détenus malades et handicapés, le rapprochement géographique des familles.



Un important dispositif de policiers et de gendarmes mobiles a été mobilisé à proximité du trajet de la manifestation, qui se déroulait dans le calme.


Une manifestation organisée le 10 octobre par un collectif anticarcéral à Poitiers pendant un festival culturel avait dégénéré en violences, avec des actions organisées de casseurs qui ont brisé des vitrines ou des abribus. Ces débordements avaient été attribués par la police à la mouvance autonome ou à «l’ultragauche».



Faisant référence aux événements de Poitiers, la présidente de l’ARPPI Claude Charles-Catherine, a déclaré : «Je ne veux pas que ca se passe ici. Je vous demande de faire attention.»


«On ne condamne plus à mort, on condamne à vie. La prison produit de la mort, les vies sont brisées à l’intérieur comme à l’extérieur» de la prison, a dit, en s’adressant aux manifestants, Mme Charles-Catherine, mère de Christophe Khider, auteur d’une spectaculaire évasion de la prison de Moulins en février repris ensuite par la police.


Leur presse (AFP), 8 novembre 2009.



Manifestation-Prison : Dix arrestations


La préfecture de police a annoncé dimanche que dix personnes avaient été arrêtées à Paris, en marge d’une manifestation anticarcérale qui a rassemblé 500 personnes environ selon la police, et mille selon les organisateurs.

La préfecture compte «six interpellations pour vérifications, deux pour port d’armes prohibées, une pour port de fumigènes et pierres et une pour détention d’un chien hors catégorie».

Le rassemblement, à l’appel de l’Association pour le respect des proches de personnes incarcérées (ARPPI), a effectué sous forte surveillance policière le trajet reliant la place de la Bastille à la place d’Italie.

Leur presse (JDD), 8 novembre.



Un millier de personnes manifestent à Paris contre les longues peines

La manifestation contre les longues peines organisée à Paris, dimanche 8 novembre, à l’appel de l’Association pour le respect des proches de personnes incarcérées (Arppi) a réuni un millier de personnes, 500 selon la police.

Créée il y a un an, l’Arppi, qui réunit des familles de détenus, réclame la suppression des longues peines, des quartiers disciplinaires et d’isolement ainsi que la libération des détenus malades et handicapés.

Sa présidente, Catherine Charles, mère de Christophe Khider, un détenu qui s’était évadé en février avant d’être repris, a renouvelé ses appels à la «responsabilité». Le 10 octobre, à Poitiers, une manifestation similaire avait été troublée par de violents incidents revendiqués par des autonomes. Le cortège parisien, encadré par plus de 1500 fonctionnaires en tenue, s’est dispersé dans le calme.

La police a procédé à dix interpellations pour contrôle d’identité.

Leur presse (Isabelle Mandraud & Caroline Monnot,
Le Monde), 9 novembre.

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Lundi 9 novembre 2009

Dix étrangers en situation irrégulière seront jugés en janvier 2010 à Paris pour leur participation présumée à l’incendie qui avait dévasté le 21 juin 2008 le Centre de rétention (CRA) de Vincennes, au lendemain du décès d’un Tunisien dans des circonstances obscures.

Ces dix personnes, originaires d’Afrique noire et du Maghreb, ont été
renvoyées en correctionnelle par le juge d’instruction parisien Alain Nguyen pour «destruction de bien par incendie» et «violences sur agents de la force publique avec incapacité totale de travail de moins de huit jours», selon une source judiciaire.

Le procès devrait se tenir devant la 16e chambre du tribunal correctionnel sur trois jours en janvier. Parmi ces dix personnes, identifiées par le visionnage des caméras de surveillance du centre, une se trouve toujours en détention provisoire. Les autres ont été placées sous contrôle judiciaire.


Le 21 juin 2008 dans l’après-midi, une manifestation de soutien aux étrangers se déroulait aux abords du centre, au lendemain du décès, «dans des circonstances non élucidées» selon la Cimade, la seule association présente à ce jour dans les lieux de rétention, d’un Tunisien de 41 ans. Les services du ministère de l’Immigration avaient de leur côté évoqué une «crise cardiaque».

Pendant cette manifestation, des retenus avaient commencé à dégrader les locaux, cassant portes et fenêtres et rassemblant des matelas en plusieurs points du bâtiment en signe de protestation.

En milieu d’après-midi, plusieurs départs d’incendie étaient enregistrés, entraînant finalement la destruction des deux bâtiments du centre. Au moment de l’incendie, le CRA de Vincennes, le plus grand de France, comptait 249 retenus pour une capacité de 280 places.

«C’est un dossier complètement carencé, avec une instruction menée uniquement à charge et qui n’a consisté qu’à arrêter des gens car il fallait trouver des coupables et à les placer de longs mois en détention provisoire», a dénoncé à l’AFP l’avocate d’un des retenus, Irène Terrel.

Me Terrel, dont le client a passé «huit mois en détention et n’a été interrogé qu’une fois», affirme ainsi avoir demandé en vain des expertises des matériaux utilisés au CRA «qui a brûlé très facilement».

«Ces personnes ont été traitées comme une simple bande de délinquants, sans que le décès d’un retenu la veille ni les conditions déplorables de rétention n’aient été prises en compte», a-t-elle regretté.

Cet incendie avait suscité une vive polémique, un des porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, étant monté au créneau pour mettre en cause les «provocations» des associations qui manifestaient le jour de l’incendie.

Celles-ci avaient obtenu le soutien du maire (UMP) de Versailles, Étienne Pinte, pour qui ce «drame» était «malheureusement prévisible» car la politique d’immigration du gouvernement a provoqué des «situations explosives».

Quinze jours avant le sinistre, la Commission nationale de contrôle des centres et locaux de rétention administrative et des zones d’attente (CRAZA) tirait d’ailleurs la sonnette d’alarme dans un rapport remis au gouvernement.

La commission y soulignait le «climat de tension et de violence qui règne de façon permanente dans tous les CRA et spécialement à Vincennes, où un rien suffit à mettre le feu aux poudres» et souhaitait «très fermement que la capacité du pôle de Vincennes soit ramenée» à 140 places maximum.

Leur presse (Mathieu Foulkes, AFP), 9 novembre 2009.
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Dimanche 8 novembre 2009

Dans le cadre de la semaine contre les longues peines et tous les enfermements, l’Office du tourisme de l’État espagnol, sis 43 rue Decamps à Paris (16e), a été attaqué dans la nuit du lundi 2 au mardi 3 novembre. Les vitres de la porte d’entrée et d’une fenêtre ont volé en éclat et ses murs ont été tagués avec les inscriptions : «À bas la torture d’État et les peines de perpétuité», «Non da Jon ?», «Pouvoir assassin».

«À bas la torture d’État et les peines de perpétuité» : Héritière de la dictature franquiste, la démocratie espagnole a conservé la pratique de la torture comme technique policière. La torture
est généralisée dans le traitement des conflits politiques, plus particulièrement face aux luttes sociales liées au mouvement indépendantiste basque (luttes contre les centrales nucléaires, contre le train à grande vitesse TAV, pour les lieux autogérés, les gaztetxe…). Que ce soient dans les casernes de la Guardia Civil pendant les gardes à vue (mise au secret, noyades, étouffements, viols et simulations de viols…) ou dans le cadre de la «guerre sale» (enlèvements, séquestrations, assassinats…), l’État inscrit son pouvoir dans le corps des révoltés. Alors qu’en France la rétention de sûreté qui est en train d’être mise en place promet l’enfermement à vie, l’Espagne depuis une dizaine d’années s’est dotée d’un arsenal juridique qui rend la perpétuité effective, par exemple en supprimant les remises de peines pour les longues peines.

«Non da Jon ?» («Où est Jon ?») :
Depuis sept mois, Jon Anza, militant de Euskadi Ta Askatasuna (Pays Basque et Liberté) a disparu lors d’un trajet en train entre Bayonne et Toulouse. Selon des informations rapportées par le quotidien indépendantiste basque Gara, Jon aurait été enlevé par des agents de la Guardia Civil, torturé jusqu’à la mort puis enterré sur le sol français. Cela rappelle clairement les pratiques du GAL (Groupe Antiterroriste de Libération) qui dans les années 80 menaient des attentats et des assassinats contre la population et les militants basques pour le compte de l’État espagnol. De nombreuses manifestations regroupant des milliers de personnes ont lieu régulièrement derrière ce mot d’ordre «Non da Jon ?» pour réclamer la vérité sur sa disparition et dénoncer la guerre faite au pays Basque par l’État espagnol avec la collaboration de l’État français.

«Pouvoir assassin» : Avec des intensités différentes mais selon des méthodes similaires, l’État ne se prive pas d’assassiner pour maintenir son ordre social, que ce soit dans les quartiers populaires et les prisons françaises, comme en Grèce, au pays Basque ou en Algérie. De même, les longues peines d’enfermement sont des peines d’élimination physique et sociale qui s’apparentent à une mort lente. Face à cela, certains prisonniers ne se laissent pas écraser, tels Christophe Khider et Omar Top El Hadj qui se sont évadés de la centrale de Moulins-Yzeure en février dernier avant d’être repris, ou encore Amadeu Casals en Espagne qui tente de sortir depuis de nombreuses années de l’isolement en détention en appelant à la solidarité active à l’extérieur.

C’est dans ce contexte que nous envisageons la semaine contre les longues peines et tous les enfermements, comme un moment pour mettre en acte notre détermination à lutter contre ce monde qui tue, enferme et exploite.

Contre tous les États
Contre tous les enfermements
Liberté pour toutes et tous.


Dentro de la semana contra las largas penas y todos los encierros, que se da actualmente en Francia, la oficina de turismo del Estado espanol, cobijada en el n° 43 de la calle Decamps en Paris (16), ha sido atacada en la noche del lunes 2 al martes 3 de noviembre. Las vitrinas de la puerta y de una ventana han estallado y sus muros han visto aparecer estas inscripciones (en frances) : «A bajo la tortura de Estado y la cadena perpetua», «Non da Jon ?», «Poder asesino».

«A bajo la tortura de Estado y la cadena perpetua» : Heredera de la dictadura franquista, la democracia espanola ha conservado la practica de la tortura como instrumento policial. La tortura esta generalizada en el trato de los conflictos politicos, en particular frente a las luchas sociales relacionadas con el movimiento independentista vasco (lucha contra las centrales nucleares y el TAV, a favor de los gaztetxes…). Que sea en los locales de la guardia civil durante los interrogatorios (incomunicacion, abrogos, con la bolsa, en la banera, violacion y simulacion de violacion…), o en el cuadro de la « guerra sucia » (secuestros, asesinatos) el Estado inscrive su poder en el cuerpo de los rebeldes. Cuando en Francia la ley de «retencion de seguridad» que empieza a aplicarse promete la carcel a vida, Espana desde una decena de anos se ha dotado de un arsenal juridico que hace la cadena perpetua sea efectiva (supresion de los beneficios penitenciarios para las largas penas).

«Non da Jon ?» :
Desde 7 meses Jon Anza, militante de Euskadi ta Askatasuna, ha desaparecido de un tren que le llevaba de Bayona a Toulouse. Segun las informaciones de Gara, Jon Anza ha sido secuestrado por unos agentes de la guardia civil, torturado hasta la muerte y luego enterrado en suelo frances. Esto hace recordar las practicas del GAL en los anos 80, organizaba atentados y asesinatos contra la poblacion y los militantes vascos por la cuenta del Estado espanol. Numerosas manifestaciones reagrupando miles de personas tienen a menudo lugar detras del lema «Non da Jon ?» para reclamar la verdad sobre su desaparicion y denunciar la guerra llevada contra Euskal Herria por el Estado espanol con la colaboracion del Estado frances.

«Poder asesino» : Con distintas intensidades pero segun metodos semejantes, el Estado no se priva de asesinar para mantener su orden social, que sea en los barrios populares, las carceles francesas, como en Grecia, en Euskal Herria o en Argelia. Al igual, las larga penas de carcel condenan a la eliminacion fisica y social y se aparentan a una muerte lenta. Frente a esto algunos presos no se dejan aniquilar tal Christophe Khider y Omar Top El Hadj que se han evadido de la central penitenciaria de Moulins en Francia en febrero pasado, antes de ser de nuevo interpelados. O tambien como Amadeu Casals en Espana que intenta desde anos salir de su aislamiento llamando a la solidaridad activa al exterior. Es en este contexto que convicimos la semana contra las larga penas y todos los encierros, como un momente para transformar en actos nuestra determinacion en luchar contra este mundo que mata, encierra y explota.

Contra todos los Estados
Contra todos los encierros
Libertad para todas y todos.

Indymedia Grenoble, 3 novembre 2009.
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Dimanche 8 novembre 2009
Marseille 2006
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Samedi 7 novembre 2009
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Samedi 7 novembre 2009
Jets de cocktails Molotov : prison ferme

Deux jeunes de 18 et 20 ans ont été condamnés hier à six et sept mois de prison ferme pour avoir lancé trois cocktails Molotov contre le commissariat de Longwy (Meurthe-et-Moselle) fin octobre, a-t-on appris aujourd’hui par l’un de leurs avocats.

Dans la nuit du 26 au 27 octobre, les jeunes gens avaient volé une voiture pour se rendre au commissariat, puis jeté deux cocktails qui ont atterri sur des véhicules. Un troisième engin incendiaire était tombé devant la porte d’entrée, sans faire de victimes.
Ils avaient ensuite mis le feu à la voiture volée.

Le mobile de cette expédition violente était le placement en garde à vue du frère de l
un des prévenus. Un troisième jeune, mis en cause uniquement dans l’incendie du véhicule, a été condamné à cinq mois d’emprisonnement avec sursis.

Leur presse (AFP), 6 novembre 2009.
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Samedi 7 novembre 2009

Paris. Dans la nuit du 3 au 4 novembre 2009, une série de tags pointant les activités de trois crapules ont été réalisés :
— Au 19 rue de La Butte aux Cailles (13e arrdt), domicile de Marc Daumas, ont été inscrits : «M. Daumas gagne du fric en exploitant les prisonniers» et «Ni prison, ni rétention, Liberté pour tous». Daumas est le directeur du développement de l’entreprise GEPSA.
— Au 28 rue Lantiez (17e arrdt), domicile de Laurent Florin, chef de projet du développement chez GEPSA : «Laurent Florin s’enrichit sur le dos des prisonniers. Feu à GEPSA ! Feu aux Prisons !»
Au 151 rue Saint-Martin (3e arrdt), domicile de Rachel Jung, responsable de la communication de l’APIJ : «Rachel Jung travaille à emprisonner les pauvres», «À bas toutes les prisons ! Liberté !»

GEPSA (filiale de SUEZ) est un des partenaires privés privilégiés de l’administration pénitentiaire pour tout ce qui touche au travail dans les prisons : exploiter au mieux les détenus, la main d’œuvre la moins chère du marché français…

L’APIJ (Agence publique pour l’immobilier de la Justice) est l’organisme public dépendant du ministère de la Justice chargé de la construction ou la rénovation des palais de justice et des prisons…

Pourquoi avoir choisi ce mode d’action ?

Parce que derrière l’énorme machine à exploiter et enfermer, et toutes les entrprises qui en profitent, il y a des individus responsables de cette situation qui s’engraissent et mènent une vie trop confortable. Il est nécessaire de pointer les responsabilités de ceux qui, sans porter l’uniforme, participent dans l’ombre à enfermer toujours plus.

Comme il est important d’exprimer une hostilité face à tous ceux qui exercent ouvertement une fonction répressive (flics, vigiles, contrôleurs, matons, bidasses…).

GEPSA et l’APIJ ne sont pas les seules structures à investir dans le business de la prison : on peut citer SIGES (filiale de SODEXO), EUREST, BOUYGUES, EIFFAGE… La liste est encore longue.

Cette action s’inscrit dans la semaine d’actions contre les longues peines et toutes les prisons.

À bas toutes les prisons et ceux qui en profitent

À la prochaine…

Indymedia Grenoble, 4 novembre 2009.
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Lundi 2 novembre 2009
Camp No Border de Calais, juin 2009
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Jeudi 29 octobre 2009

La prison, les hommes, femmes et enfants incarcérés ne sont pas des sujets de société porteurs. De Gaulle l’avait bien résumé en désignant le petit peuple écroué comme étant «les poubelles de la France».

Aujourd’hui la situation dans les prisons françaises est gravissime, insoutenable. Sachant que la prison est une machine parfaite pour la gestion de toutes les misères sociales, les plus pauvres d’entre nous se voient de plus en plus criminalisés afin de dédouaner l’État de sa responsabilité de soutien envers les classes défavorisées dont les couches populaires les plus précaires peuplent, de façon infâme, les cellules des maisons d’arrêt, des centres de détentions, des maisons centrales, des centres de rétention et des EPM véritables prisons d’enfants.

Par cette mobilisation nationale (Paris, Marseille, Toulouse, Saint-Étienne, Lyon, Valence, Grenoble, Châlons-sur-Saône etc.), nous tentons d’alerter les Français sur la réalité carcérale. Nous allons, avec des débats, des ateliers, des projections, des concerts et une manifestation démonter ou plutôt disséquer les rouages de la machine pénitentiaire et judiciaire.


L’Arppi, en partenariat avec de nombreux collectifs, associations et individus sans lesquels cette mobilisation serait impossible, comptons interpeller le Peuple français au nom duquel les tribunaux condamnent à des peines éliminatoires, au delà du jeu politico-médiatique, en surfant sur l’inconscient collectif pour fabriquer des croquemitaines, des ogres ou des «monstres», qui vont du pédophile à l’ennemi public.

Ces personnes existent indubitablement mais ne représentent qu’une infime minorité par rapport à l’immense majorité des personnes incarcérées, prévenues ou condamnées.

Pour que cesse cette machinerie, il nous faut dire clairement aux gens qu’un jour ou l’autre un de leur membre sera violemment touché par la prison et que le sacro-saint «ça n’arrive qu’aux autres», particulièrement obsolète aujourd’hui, se doit d
’être définitivement éradiqué de l’esprit collectif.

Les personnes incarcérées sont pour la plus [grande] majorité des personnes détruites par la vie, l’existence, les échecs successifs (scolaires, familiaux, affectifs, sociaux) et ces populations détruites se voient compactées et achevées dans le silence des murs, de la honte, de la solitude et de l’opprobre.

Nous rappelons ici, qu’un homme, une femme, un enfant incarcéré est avant tout le survivant d’un long laminoir né de l’indifférence de chacun. Un laminoir au bout duquel, ses proches, famille et amis, sont happés par les tentacules de la prison au cœur même des familles qui se retrouvent plongées, du simple fait d’aimer ou d’assister leur conjoint (ami, frère sœur, père mère incarcéré), dans un contexte de semi-liberté. Le corps en liberté mais l’esprit en prison. La prison se partage en famille à part égale lorsque l’un de ses membres est touché.


Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence sur les longues peines : la mort lente par pourrissement.

Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence sur les peines dites de rétention : l’éradication contrainte de l’erreur judiciaire, un innocent qui, peine purgée, avouera un crime qu’il n’a pas commis face à des experts qui qualifieront le déni de l’acte comme étant un signe majeur de dangerosité et garderont la personne incarcérée d’une manière ou d’une autre.

Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence sur la castration dite chimique : la castration physique ou chimique fait que la personne récidivera avec des objets de substitution — arme blanche ou autre objet phallique. La gravité des viols sera suivie de mutilation ou de meurtre.

Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence : les EPM sont des prisons d’enfants et devraient tomber sous l’accusation de maltraitance à enfant quel que soit le délit commis. Le suicide des jeunes étant un fléau mille fois plus grand que la délinquance. Un enfant qui entre en délinquance et en révolte est un enfant qui refuse le suicide en état de légitime défense sociale. À nous adultes d’encaisser les coups, quand bien même seraient-il 400, que cette jeunesse nous porte.

Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence sur les aménagements de peines. Un homme suivi et libéré avant la fin de peine est préférable à un homme qui disparaît dans la nature avec sa haine, ses humiliations, sa pauvreté et sa solitude. Alchimie parfaite de la récidive.

Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence : sur le fichage généralisé par l’ADN dont le ciblage est bien plus politique que sécuritaire.

Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence : envers vous-mêmes que la peur pour vous et les vôtres enferment dans entre les murs de l’aliénation, de l’indifférence et d’un individualisme forcené qui vous poussent, tel qu’en prison, à la pharmacopée abusive (anti-dépresseur et plus), à la violence (de plus en plus de coups de folie nés du désespoir) soit au suicide (France Télécom ou Renault).

Nous en appelons à la réflexion et à l’intelligence pour une évasion citoyenne et collective des mythes, poncifs et clichés de «nos prisons», avant qu’elles ne vous tuent soit par incarcération soit par victimisation.

Catherine - présidente de l’Arppi, 27 octobre 2009.
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Dimanche 11 octobre 2009

















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Dimanche 11 octobre 2009
Une heure d’émeute dans le centre de Poitiers

Réunis pour dénoncer l’univers carcéral, 200 émeutiers, qui avaient visiblement bien préparé leur opération, ont mis le centre-ville à sac hier après-midi.

Personne, semble-t-il, n’avait vu venir le coup. Il est vrai que les affiches appelant au rassemblement à 16h30 sur la place du Maréchal-Leclerc à Poitiers, avaient de quoi tromper leur monde. Les organisateurs y parlaient de débats, de concerts festifs avant et après ce rassemblement soi-disant festif, organisé pour protester contre le système carcéral à l’occasion du transfert, ce matin, de la maison d’arrêt de Poitiers à Vivonne.

D’où la surprise des policiers quand leurs observateurs qui surveillaient discrètement les manifestants, noyés au milieu des spectateurs du festival «Les Expressifs» mais reconnaissables à leurs masques, se sont élancés à travers la ville.

Le vade-mecum de lémeutier

Outre les masques, un indice aurait cependant pu permettre de deviner que quelque chose d’inhabituel se tramait. Un tract se réclamant de la «cellule de vigilance opaque» était distribué, non pour exposer les revendications des opposants à la prison, mais pour donner des conseils «pour se sortir d’une sale galère» : «Dans la manif, reste avec tes potes… Fais gaffe pendant la dispersion… Évite de trop t’isoler ! Prends des papelards et oublie ton teush (shit, autrement dit haschisch, en verlan, NDLR) et tout ce qui peut aggraver ta situation.»

Le reste du tract indique comment faire face à une garde à vue, voire à un procès en comparution immédiate. Tout est prévu, même le nom de l’avocate poitevine qui se chargera d’assurer la défense des émeutiers interpellés.


Les vitrines des banques explosent l’une après l’autre

En fait, pendant une grosse demi-heure, il ne se passe rien, hormis la distribution de tracts : ni slogans, ni cris ; tout juste une poignée de percussionnistes qui assure l’ambiance. Et puis, d’un seul coup, c’est le départ. Direction la rue Jean-Jaurès et le Pont-Neuf, avec les premiers tags sur les vitrines et les premières poubelles incendiées. Un abri de bus explose au niveau de l’espace Mendès-France.

Au commissariat de police, c’est le branle-bas de combat : les barres et autres outils contondants ont été signalés. Il est évident désormais que ce qui se prépare est d’une gravité extrême.

Tandis que les policiers équipés du matériel anti-émeute et les CRS arrivent sur place, les émeutiers remontent en ville et arrivent devant Notre-Dame-la-Grande où un groupe musical participe aux «Expressifs». La foule de spectateurs est compacte. Les manifestants en profitent pour saccager méthodiquement les vitrines du secteur : celles de la BNP, de la Caisse d’Épargne, le distributeur de billets du Crédit agricole volent en morceaux. Tout comme la devanture de la boutique «Nouvelle République Communication».


Lâcher de gaz lacrymogène et 18 interpellations

Les policiers arrivent rapidement sur place mais leur tâche est rendue considérablement plus difficile par la foule qui assiste incrédule au saccage. Des grenades lacrymogènes sont lancées qui font visiblement plus d’effet sur les malheureux badauds que sur les casseurs, qui avaient évidemment tout prévu (lire ci-dessous).

Abandonnant sur place masques et objets contondants, les émeutiers se dispersent en ville. De source policière, dix-huit personnes, dont des militants «ultra-gauche» ont été interpellées. Ces interpellations pourraient aboutir à un procès en comparution immédiate dès lundi, sous forte protection policière comme on l’imagine.

Hier soir, le substitut du procureur de la République, Robert Doucet-Danielsson, arrivé sur place peu de temps après la dispersion des émeutiers faisait part de ses craintes de voir de nouveaux incidents se produire au cours de la nuit et de la journée de dimanche. La police nationale et la police municipale prévoyaient de renforcer durant la nuit la surveillance autour de l’église Notre-Dame et rue du Marché.


Dans la ville
Des ballons provocants
Devant l’hôtel de Ville, les manifestants, dont on ignore encore les intentions, arborent de jolis ballons : ils les ont récupérés quelques minutes auparavant sur les stands de la police et de la gendarmerie qui animaient ce samedi, devant le Palais de Justice… la Journée de la Sécurité !
Le Printemps évacué
Alerté par le commissariat, le grand magasin Le Printemps a dû être évacué vers 18 heures. Une mesure de précaution qui tombait plutôt mal en ce grand jour d’affluence dans le centre-ville.
Le nécessaire de l’émeutier
En se dispersant, les casseurs ont abandonné à travers la ville tout ce qui aurait pu permettre de les identifier. C’est ainsi qu’un sac à dos anonyme a abouti dans le hall d’entrée de La Nouvelle République, rue du Moulin-à-Vent. Son contenu est un parfait nécessaire du petit émeutier. Outre divers vêtements imperméables, le sac contient une casquette renforcée (contre les coups de matraque), des lunettes de motard et une dizaine de dosettes de sérum physiologique (contre les lacrymos), un foulard, une bombe de peinture et deux bouteilles contenant un liquide indéterminé.
Les services municipaux à l’œuvre
Hier soir, les services techniques de la ville de Poitiers bouchaient les vitrines cassées en centre-ville à l’aide de plaques de contreplaqué. Le service déchets-propreté s’était déployé autour de la Cathédrale et rue du Marché pour ramasser les débris de verre.


«Des parents couraient avec leurs enfants en pleurs»
Des Poitevins se sont retrouvés au milieu des casseurs ou à quelques mètres. Ils ont vécu des minutes terrifiantes. Ils nous racontent leurs frayeurs.
Je sortais de chez moi, dans le quartier du Pont-Neuf, et j’ai vu une centaine de mecs le visage caché par des masques, des écharpes, raconte François, 29 ans. «Ils gueulaient “policide”, “on va vous tuer”, “on va tout casser”. Et ils ont commencé à mettre le feu aux poubelles, à casser des abris de bus, des bancs…»
Luce, elle, était en train de discuter avec des amis rue du Marché. « Soudain, j’ai vu environ 150 personnes arriver de la rue de la Cathédrale. Elles étaient encerclées par des banderoles noires, et étaient masquées. Certaines portaient même des sortes de lunettes de plongée… Un copain nous a alertés et nous a dit : «Rentrez dans la boutique, ces gars-là ne rigolent pas…» La jeune fille explique que les émeutiers avançaient en rangs «sans crier». «Ils ont ensuite lancé des fumigènes. Du coup, on les voyait à peine… L’ambiance était apocalyptique, effrayante, et l’air irrespirable. Et puis, ils sont mis à tout détruire.»
«On sentait vraiment la violence»
Un patron de restaurant, place Notre-Dame, juge que le groupe de casseurs était «très organisé», «quasi militaire». «Ils sont intervenus en plein concert des Expressifs, ce n’est pas un hasard. Ils voulaient créer un effet de surprise… Et ils s’en sont pris aux devantures des institutions : des banques, des assurances, La Nouvelle République. Ça n’a pas duré plus d’une minute, et ils se sont dispersés, encore une fois, avec beaucoup d’ordre. En une fraction de seconde, ils ont enlevé leurs masques et ont disparu. J’ai eu peur car on avait un enfant qui était sur la terrasse.»
«On sentait vraiment la violence, ajoute son épouse. On avait l’impression que ça pouvait dégénérer davantage.»
Dans la rue de la Regratterie, presque tous les commerçants ont bouclé leurs magasins ou baissé leurs rideaux de fer. Quand elles ont entendu les coups donnés contre les vitres de la Caisse d’épargne, Corinne et Audrey ont ainsi fait entrer des passants dans leur boutique et l’ont fermée à clés. «Ils avaient des sortes de battes de base-ball. On a flippé. Ils auraient très bien pu s’en prendre à notre commerce.»
Un serveur d’un café place Notre-Dame a presque les larmes aux yeux : «Je suis dégoûté. J’ai vu des parents courir avec leurs enfants en pleurs dans les bras. C’est dégueulasse ce comportement.»

Leur presse (La Nouvelle République), 11 octobre 2009.



Transfert de détenus réussi à Poitiers après des heurts

Le transfert des 118 prisonniers de la maison d’arrêt de Poitiers (Vienne) au nouveau centre pénitentiaire de Vivonne s’est déroulé dimanche matin sans incident, malgré des violences samedi soir imputées à «l’ultra-gauche».

Selon la Direction interrégionale de l’administration pénitentiaire, les 118 détenus, dont sept femmes, ont été transférés sous bonne garde dans ce nouvel établissement pénitentiaire situé à une quinzaine de kilomètres de Poitiers.

Quelques 250 membres du personnel de l’administration pénitentiaire dont des équipes régionales d’intervention et de sécurité (ERIS) ont participé à l’opération qui s’est effectuée en huit convois de trois bus, les rotations étant effectuées toutes les demi-heures.

De nombreuses forces de police et de gendarmerie ont également sécurisé les abords des deux établissements ainsi que le parcours. (…)

Leur presse (Reuters), 11 octobre - 12h11.



Scènes de vandalisme dans le centre de Poitiers

Des manifestants, se disant opposés au transfèrement de détenus entre l’ancienne et la nouvelle prison de la ville, ont brisé une vingtaine de vitrines et tagué des monuments religieux comme le Baptistère Saint-Jean. 18 personnes ont été interpellées.

La manifestation anti-carcérale a dégénéré. Près de 300 personnes se réclamant d’un collectif anti-carcéral ont investi samedi le centre de Poitiers et se sont livrés à une série de dégradations et d’actes de vandalisme. Dix huit personnes, dont des militants «ultra-gauche» ont été interpellés à l’issue des incidents. Les manifestants ont brisé une vingtaine de vitrines, des abri-bus, des cabines téléphoniques et tagué des messages haineux et anarchistes sur des monuments religieux comme le Baptistère Saint-Jean, l’un des plus anciens monuments chrétiens de France.

Initialement, le rassemblement, publicisé sur plusieurs blogs de la mouvance anarchiste, entendait protester contre un transfèrement de détenus, prévu dimanche, entre l’ancienne et la nouvelle prison de la ville. Une action dont l’envergure a dépassé toutes les prévisions de la préfecture. «Nous avons été surpris par la violence et l’organisation», a confié la directrice de cabinet du préfet, Anne Frackowiack. «Nous avons eu une opération commando de la mouvance ultra-gauche, plus importante que prévue, avec des militants venus d’autres départements», a-t-elle souligné.


Une cache darmes découverte dans un parking

«Il y avait énormément de monde en ville, tout d’un coup ils ont sorti leurs masques au milieu de la foule et sont partis en direction de la prison», jetant des projectiles sur les policiers et brisant du mobilier urbain. Un commissaire de police a été légèrement blessé à la main et un fonctionnaire de la Brigade anti-criminelle par le jet d’un marteau sur son casque. Le vendeur d’un magasin qui a tenté de s’interposer a lui aussi été légèrement blessé, a précisé Anne Frackowiack.

Cette opération commando était très bien préparée et pour les policiers le but des participants était sans aucun doute de «casser». Ils ont retrouvé notamment une cache d’armes dans un parking contenant des cocktails molotov, des masses et des fumigènes dont un au phosphore.

Les concerts du festival «Les Expressifs» prévus samedi soir ont été annulés par craintes de nouveaux débordements. La nuit s’est avérée calme et les premiers transfèrements de détenus ont pu être effectués tôt dimanche matin.

Leur presse (Le Figaro), 11 octobre - 10h52.


Casseurs assermentés au 23

(…)
D’ailleurs on aura besoin de concert de soutien je pense vu qu’il y a aucun argent qui est rentré et que (aux dernières nouvelles), les flics ont vidé des bières sur les tables de mix et les platines…

Vidage de bières plus coups de trak-ma sur du matos oui.
Classe contre classe, 11 octobre - 10h32, 10h39
Luttes sociales et contre-culture.



Arrestations après des violences de l’ultra-gauche à Poitiers

Dix-huit personnes des milieux de «l’ultra-gauche» ont été interpellées samedi à Poitiers (Vienne) après des actes de violence et de vandalisme qui ont fait un blessé, a-t-on appris dimanche de source policière.

Dans l’après-midi, 200 militants se réclamant d’un mouvement anti-carcéral se sont rassemblés dans le centre-ville où se déroulait le festival de rue des «Expressifs».

La manifestation organisée par le Collectif contre la prison de Vivonne, nouvel établissement carcéral où doivent être transférés les prisonniers dimanche, a attiré selon la police des militants venus des départements voisins et très organisés.

Profitant du festival, les manifestants, portant cagoules ou foulards, armés parfois de bâtons, de fumigènes ou de pétards, se sont attaqués aux vitrines d’une vingtaine de boutiques, ont cassé les vitres des abribus et du mobilier urbain et «tagué» des monuments.

Ils ont particulièrement dégradé la boutique Bouygues. Ce groupe est le constructeur de la nouvelle prison. Un employé blessé a reçu des soins à l’hôpital.

Leur presse (Reuters), 11 octobre - 10:31.


Dix-huit interpellations après des violences à Poitiers

Dix huit personnes, dont des militants de «l’ultra-gauche», ont été interpellées samedi à Poitiers après une violente manifestation dans le centre ville, a-t-on appris auprès de la préfecture de la Vienne.

Plus de 250 militants, appartenant à un collectif appelant «au refus de l’enfermement», ont investi samedi en fin d’après-midi le centre ville pour s’opposer à un transfèrement de détenus, prévu dimanche, entre l’ancienne et la nouvelle prison de la ville.

«Il s’agissait d’une manifestation de “l’ultra-gauche” extrêmement violente et très organisée», a expliqué à l’Associated Press la directrice de cabinet du préfet, Anne Frackowiack.

«Les 250 manifestants se sont mêlés au public d’un festival de rue, avant de mettre des masques et des cagoules et de se diriger vers la maison d’arrêt», a-t-elle précisé. Ils ont brisé une vingtaine de vitrines, des abri-bus, des cabines téléphoniques et tagué des monuments religieux comme le Baptistère Saint-Jean.

«Un commissaire de police a été légèrement blessé à la main et un fonctionnaire de la Brigade anti-criminelle par le jet d’un marteau sur son casque. Le vendeur d’un magasin qui a tenté de s’interposer a lui aussi été légèrement blessé», a indiqué Anne Frackowiack.

Les concerts du festival de rue «Les Expressifs», programmés samedi soir, ont été annulés. La nuit a été calme et les premiers transfèrements de détenus ont été effectués tôt dimanche matin, a également indiqué la directrice de cabinet du préfet.

Leur presse (AP), 11 octobre - 9h35.


Le centre de Poitiers saccagé par des émeutiers

Bla bla…

Leur presse (Le Monde), 11 octobre - 9h27.


Violents incidents anarchistes à Poitiers


Bla bla…



Leur presse (France Info), 11 octobre - 6h29.



Arrestations à Poitiers


Suite à la manif, une quinzaine de personnes ont été interpellées, actuellements les flics en très grand nombre patrouillent autour du 23, ainsi que dans les rues du centre. Ils bloquent et contrôlent la porte de Paris (ils arrêtent également les voitures), et sont présents à l’intérieur du 23 où ils ont mis les personnes à terre, et prennent des photographies de celles-ci.

Le festival Expressif qui occupe les rues de Poitiers a été annulé.

Solidarité avec les inculpé-e-s !

Collectif contre la prison de Vivonne
Infozone, 11 octobre - 00h40
Liste d’information pour la France sauvage.


200 casseurs saccagent le centre de Poitiers

La manifestation anarchiste contre la prison dégénère au centre-ville. Des dizaines de vitrines et de tags ont gâché la fête des Expressifs.

Samedi, 16h30 place Leclerc à Poitiers, plusieurs centaines de manifestants se sont retrouvés à l’appel du collectif contre la prison de Vivonne. Ils sont masqués, cagoulés et ne répondent pas aux questions des journalistes. Ils se mêlent à la foule et aux artistes du festival des Expressifs. Quelques-uns distribuent des tracts de prose libertaire. «On est opposé à l’idée de prison, à l’idée de gérer la misère sociale par la prison», consent à expliquer Jules. «TF1 est un média sécuritaire et c’est le même groupe Bouygues qui enferme les gens.» (NDRL : la prison de Vivonne est construite par le groupe Bouygues construction). Masques blancs ou de carnaval, simples assiettes trouées, masques anti-grippe, foulards sur le visage, les manifestants parlent peu, paraissent tendus.

Masqués et cagoulés

Une dizaine d’entre eux arrive avec des bâtons. Les manifestants commencent un cortège en partant en direction de la prison, par la rue Jean-Jaurès. Certains commencent le parcours en taguant la banque la plus proche. D’autres ont des bâtons fumigènes, des pétards. Le cortège descend la rue Jean-Jaurès : les vitres de l’abribus et de la cabine téléphonique sont brisées. Le dôme du planétarium de l’espace Mendès-France est tagué de nombreuses phrases : «Game over, guerre sociale», «La plus belle jeunesse meurt en prison». Le mur du baptistère Saint-Jean est orné d’un «Omnia sunt communia», en latin dans le texte.


Vitrines brisées

Les manifestants sont passés par la rue de la Cathédrale en remontant vers la place du marché, par les rues piétonnes dans lesquelles les groupes d’amis et les familles profitaient de l’animation du festival des Expressifs. La fête est gâchée par la violence des bris de verre, des tags, les gaz lacrymogènes des policiers. Ils brisent les vitrines des banques en priorité, symboles du capitalisme. La boutique Bouygues fait l’objet d’un acharnement particulier : un des employés est blessé légèrement et évacué vers le CHU. Sa façade est ornée de «Bouyge construi les taules».

Opération commando

Difficile d’intervenir dans les rues piétonnes pour les policiers. Place Notre-Dame, le public se réfugie à l’office du tourisme. Après une charge policière, place de Gaulle, les manifestants s’éparpillent dans les rues : des masques, lunettes, vestes, foulards, jonchent le sol. Sept personnes sont interpellées.

«C’est une opération commando d’une mouvance ultra-gauchiste. On pensait qu’ils seraient 80 personnes dans le cadre local. En fait, c’était majoritairement des gens venus de l’extérieur, de toute la région, extrêmement organisés, avec des munitions, un mot d’ordre. Les policiers ont été surpris par le nombre de manifestants, environ 200, et la violence», déclare Annie Frackowiak, directrice de cabinet du préfet.

Leur presse (Valérie Bridard, Centre Presse), 10 octobre - 22h52.


Poitiers : 18 interpellations après des violences de l’«ultra gauche» (police)

Dix huit personnes, dont des militants «ultra-gauche» ont été interpellés samedi à Poitiers après des violences qui n’ont pas fait de blessés dans le centre ville alors que se déroulait un festival de spectacles de rue, a-t-on appris de source policière.

Dix-huit interpellations, dont certaines «en marge de la manifestation» de militants «ultra gauche», ont été faites samedi, a-t-on indiqué au commissariat de police de Poitiers. Un peu plus tôt dans la soirée, la préfecture de la Vienne avait fait état de sept arrestations.

Selon une correspondante de l’AFP, près de 300 militants se réclamant d’un collectif anti-carcéral ont investi samedi le centre ville, masqués et cagoulés, et ont brisé une vingtaine de vitrines, des abribus, des cabines téléphoniques.

«Nous avons eu une opération commando de la mouvance ultra-gauche», a indiqué à l’AFP, la directrice de cabinet du préfet, Anne Frackowiack. «Plus importante» que prévue, avec des militants venus d’autres départements, «nous avons été surpris par la violence et l’organisation», a-t-elle ajouté.

«Il y avait énormément de monde en ville, tout d’un coup ils ont sorti leurs masques au milieu de la foule et sont partis en direction de la prison», jetant des projectiles sur les policiers et brisant du mobilier urbain, mais «sans faire de blessés», a-t-elle précisé.

Outre les bris de vitrine, plusieurs monuments ont été tagués, comme le Baptistère Saint-Jean, l’un des plus anciens monuments chrétiens de France, a constaté une correspondante de l’AFP.

Le rassemblement était prévu initialement pour protester contre un transfèrement de détenus, prévu dimanche, entre l’ancienne et la nouvelle prison de la ville, selon plusieurs blogs de la mouvance anarchiste. Les concerts du festival «Les Expressifs» prévus samedi soir ont été annulés, a ajouté Anne Frackowiack, de craintes de nouveaux débordements.

Leur presse (AFP), 10 octobre - 22h27.


Rafle à Poitiers

7[0] arrestations ce soir à Poitiers à la suite de la manifestation anticarcérale.

La police est en train de rafler les personnes présentes sur les lieux où étaient organisés une série de débats à l’occasion de la journée anticarcérale.

Infozone, 10 octobre - 21h15.



200 émeutiers saccagent le centre de Poitiers

Une manifestation organisée à l’occasion du transfert de la prison de Poitiers s’est rapidement transformée en émeute. Les dégâts sont importants.

La ville de Poitiers a connu hier en fin d’après-midi une heure d’émeute particulièrement violente, organisée par des manifestants proches de l’ultra-gauche.

Rien a priori ne laissait penser que le rassemblement prétendument «festif» devant l’Hôtel de Ville pourrait dégénérer de la sorte. Quelques signes cependant ont rapidement inquiété les forces de police. Tandis que la plupart des manifestants, fondus dans le public, nombreux, du festival de rue «Les Expressifs» qui se termine ce week-end à Poitiers, se cachaient le visage à l’aide de masques, des tracts étaient distribués ; intitulés : «Quelques conseils pour se sortir d’une sale galère». En fait, la conduite à tenir dans une manifestation puis, le cas échéant, en garde à vue.

Après avoir patienté sans rien faire pendant trois-quarts d’heure, les manifestants se sont lancés à travers la ville, sortant bâtons et barres de fer de leurs cachettes. Aux tags sur les murs et les vitrines ont succédé les premiers feux de poubelles puis le saccage des vitrines notamment sur le parvis de la basilique Notre-Dame-la-Grande, un des points de rencontre du festival de rue.

Visiblement pris de court par ce déchaînement de violence, les policiers poitevins, bientôt renforcés par la compagnie locale de CRS, ont tenté de maîtriser les émeutiers. Recourant au gaz lacrymogène les forces de l’ordre ont malheureusement plus incommodé les badauds inoffensifs que les casseurs, qui avaient pris le soin de se protéger le visage.

De nombreuses vitrines de banques et de magasins ont été détruites à coups de pied ou de manches de pioches. De source judiciaire, deux des participants à cette émeute urbaine auraient été interpellés et placés en garde à vue. Le parquet pourrait décider de les faire juger dès lundi en comparution immédiate.

La même source ne cachait pas sa crainte de voir de nouveaux incidents se produire au cours de la nuit ainsi que ce dimanche. Hier soir, les forces de police se préparaient à cette éventualité.

Leur presse (maville.com), 10 octobre - 19h47.

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Dimanche 11 octobre 2009
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