Dispositif antiémeute dans les rues d'Alger - 17 janvier

Publié le par la Rédaction

 La capitale sous haute surveillance

 

Lorsque la rue gronde, les pouvoirs tremblent. La révolution tunisienne, qui a fini par faire fuir le premier bourreau de Carthage, fait craindre aux voisins un effet de contagion. Les rues d’Alger sont quadrillées depuis vendredi dernier par un important dispositif sécuritaire. La crainte de voir la rue algérienne, qui semble envier la révolte tunisienne, se «rebeller», a fait sortir un nombre important de camions de casques bleus.

 

 

Les dizaines de ces derniers sont postés en différents lieux sensibles de la capitale. Sur la place du 1er Mai, plus précisément devant le siège de la centrale syndicale, un nombre important de camions des brigades antiémeute attendent un éventuel mouvement de rue. Aux Trois-Horloges, à Bab El Oued, et non loin du commissariat du 5e arrondissement, le même dispositif a été mis en place avec, en tête de peloton, le fameux blindé antiémeute appelé «moustache». Devant le siège de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), la même exhibition de force est constatée. Le palais d’El Mouradia, siège de la présidence de la République, demeure sous l’œil vigilant d’un ensemble de véhicules policiers dirigés par des officiers.

 

Pourtant, aucun appel à une marche ou un à rassemblement n’a été fait. Une réaction, à n’en point douter, liée à la situation en Tunisie. La crainte de voir la rue algéroise bouger est patente et cette exhibition des unités antiémeute le prouve. Outre le déploiement de ces forces, il était difficile pour les Algérois, hier, de communiquer par SMS. Le réseau téléphonique a été perturbé avec l’impossibilité d’envoi de texto et ce, via les différents opérateurs téléphoniques, en particulier Mobilis. Le réseau social facebook subit aussi des perturbations. À noter, par ailleurs, que sur le plan des activités sportives, la trêve footballistique a été inhabituellement avancée, ce qui dénote de la crainte que tout rassemblement populaire ne se transforme en manifestation et qu’il y ait effet d’entraînement pour devenir un espace de revendication et donc de révolte. Les activités culturelles ont, elles aussi, été suspendues jusqu’à nouvel ordre. C’est dire ô combien le séisme tunisien fait craindre, de ce côté de la frontière, des répliques pouvant avoir des conséquences importantes. La volonté populaire est un fleuve au cours indétournable.

 

Nadjia Bouaricha - El Watan, 17 janvier 2011.

 


Publié dans Internationalisme

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