Communiqué du 24 février 2011 relatif à la mort tragique d'un migrant suite à une course poursuite engagée par les forces de l'ordre

Publié le par la Rédaction

 

Un migrant est mort tragiquement dans les douves de la Citadelle après une course poursuite des forces de police. 
Une version très différente de celle présentée par la presse locale relate des événements pour le moins troublants.

 

On peut penser qu'une autopsie a été diligentée par Monsieur le Procureur.

 

On peut se demander quel service de police a été chargé de mener l'enquête.

 

On peut se demander où se trouve la voiture immatriculée en GB.

 

On peut aussi s'interroger sur la non-arrestation de son compagnon.

 

On peut se demander les raisons du silence ou de la timidité des médias notamment nationaux.

 

Un homme est mort.

 

Un homme est mort lors d'une course poursuite engagée par les forces de l'ordre.

 

On peut légitimement souhaiter connaître les avancées de l'enquête.

 

SALAM Nord/Pas-de-Calais.

 

 

Dans la nuit de lundi à mardi, dans le canal de la Citadelle
Un migrant se noie en fuyant la police

 

Un ressortissant italien de 24 ans, né en Afghanistan, est mort noyé hier vers 3 heures du matin, après avoir tenté de se soustraire à un contrôle de police en se jetant dans le canal de la Citadelle, à Calais.

 

Peu après 2 heures, hier matin une patrouille de la Paf, la police aux frontières, décide de contrôler un véhicule immatriculé en Grande-Bretagne, du côté de l'esplanade Jacques-Vendroux. Motif ? Le conducteur, qui circulait à «vitesse très réduite», selon le parquet, et son passager avant, n'ont pas bouclé leur ceinture de sécurité. Les deux individus refusent d'obtempérer et prennent la fuite en voiture. Une course-poursuite s'engage dans les rues de Calais nord, sur 800 mètres environ.

 

À proximité de la Citadelle, les deux individus abandonnent leur véhicule et poursuivent leur route à pied. Ils parviennent à semer les policiers. Mais quelques minutes plus tard, ces derniers aperçoivent les deux fuyards sur la berge longeant le canal qui ceinture le complexe sportif, dont les bosquets abritent depuis plusieurs semaines déjà quelques groupes de migrants.

 

À la vue des fonctionnaires de police, l'un des deux individus se jettent à l'eau tout habillé pour tenter de traverser la douve et ainsi semer définitivement ses poursuivants.

 

Trois policiers se jettent à l'eau

 

Dans l'obscurité, le jeune homme parvient à nager une vingtaine de mètres mais se trouve rapidement en difficulté. L'un des trois policiers à ses trousses plonge à son tour dans le canal pour lui porter secours. Le passager de la voiture profite de ces quelques instants de confusion pour disparaître dans la nature. Cette version officielle n'était, hier, pas contestée par les migrants qui ont rapporté une description identique des faits.

 

Après une vingtaine de minutes de vaines recherches, le policier s'épuise. Ses deux collègues se jettent à l'eau pour le ramener sur la berge. Une équipe de plongeurs des pompiers de Calais prend le relais. Trois quarts d'heure plus tard, le corps du jeune homme est retrouvé, sans vie.

 

Selon les premières constatations effectuées hier matin par le médecin légiste, il serait mort par noyade à la suite d'une hydrocution. Son corps ne portait aucune trace de violence, de coup ou de projectile. «Une autopsie aura toutefois lieu demain (ndlr : aujourd'hui) afin de couper court à toutes les hypothèses», précise Jean-Philippe Joubert, procureur de la République, conscient qu'il s'agit là d'un dossier sensible.

 

Les trois fonctionnaires de police, en état d'hypothermie, ont été conduits à l'hôpital de Calais pour examen par les pompiers de Calais, Marck et Audruicq.

 

Ils ont pu en sortir dans la journée. Les événements se déroulant quasiment sous ses fenêtres, Alain Gérard, le sous-préfet de l'arrondissement de Calais, s'est immédiatement rendu sur place.

 

Le corps de la victime a été identifié. Il s'agit d'un ressortissant italien de 24 ans - c'est du moins ce qu'affirme le passeport retrouvé sur lui -, né à Kaboul, en Afghanistan, et résidant en Grande-Bretagne. Selon le parquet de Boulogne-sur-Mer, l'homme, soupçonné d'être un passeur, pourrait avoir déjà fait l'objet de poursuites en Belgique après avoir contribué à faire entrer clandestinement des étrangers en situation irrégulière dans le pays.

 

Incarcéré en Belgique ?

 

«Mais ces faits sont encore en cours de vérification. On a aussi fait une demande pour obtenir son casier judiciaire», soulignait hier après-midi une source proche de l'enquête. La voiture dans laquelle circulaient les deux individus n'était pas déclarée volée Les papiers du véhicule étaient dans la boîte à gants. Il appartient à un Indien résidant lui aussi en Grande-Bretagne. «Cet élément pourrait confirmer la thèse d'un trafic, d'où les vérifications en cours», précise le parquet.

 

Le passager de la voiture, vêtu d'une veste blanche, court toujours dans la nature.

 

L'enquête a été confiée à la circonscription de sécurité publique de Calais.

 

Leur presse (Nord Littoral), 23 février.

 


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