Seule la lutte paie !

Depuis plusieurs années, l’Inspection d’académie réduit les moyens alloués à chaque établissement scolaire afin de satisfaire les desiderata des «sinistres» de l’Éducation nationale successifs dont le seul but est la suppression de postes à court et moyen terme et la privatisation à plus long terme.
Au collège Henri-Barbusse (Vaulx-en-Velin), comme dans tous les collèges situés en zone où l’éducation est dite prioritaire, les moyens doivent être à la hauteur des besoins et des difficultés scolaires des élèves issus d’un milieu populaire où la mixité sociale est absente (93% des parents font partie des catégories sociales défavorisées). Grâce à plusieurs communiqués et entrevues à l’IA, les personnels de Barbusse sont partis en vacances avec l’assurance que l’ensemble des dispositifs pédagogiques mis en place depuis plusieurs années seraient renouvelés à la rentrée. Une inquiétude subsistait au sujet du nombre de divisions en sixième et donc du nombre d’élèves par classe. En effet l’IA prévoyait 115 élèves à répartir en cinq classes, alors que les enseignants savaient que ce chiffre serait largement dépassé et que la barre de 24 élèves par classe en sixième (promise par l’IA dans un tel établissement) serait à coup sûr dépassée. C’est pour cela qu’un préavis de grève avait été déposé en juillet pour la semaine de la rentrée.
Une nouveauté : la suppression d’heures pendant les vacances
Lors de la pré-rentrée, la surprise et la colère ont été grandes lorsque les professeurs se sont rendus compte que l’IA avait bien décidé d’ouvrir une nouvelle classe en sixième… mais au lieu de donner les 26 heures correspondant aux enseignements d’une sixième, il n’en avait attribué que 9. Par comparaison, que penserait-on d’une ouverture de classe de CP avec un enseignant présent à tiers temps ? Le principal a donc annoncé qu’il avait été contraint de supprimer la plupart des dispositifs pédagogiques. Des dispositifs de remédiation et d’aide, qui permettent aussi de faire de l’approfondissement avec les élèves qui ont le plus de facilités.
Une seule réponse : la lutte collective
La réponse des enseignants a été rapide et unanime : cette décision de l’IA de supprimer des moyens à notre établissement pendant les vacances scolaires était inacceptable et dénotait un mépris pour le travail entrepris par les équipes depuis des années. Plutôt que de se résigner, les personnels ont choisi de lutter, et ont donc décidé de demander une entrevue à l’inspectrice d’académie. Dans le cas où aucune réponse ne serait apportée, ils useraient du droit de grève pour dénoncer la situation faite aux élèves accueillis dans leur collège. La détermination des personnels ainsi que leur volonté de rester unis et solidaires a de nouveau été forte. Plus de 90% ont voté pour être en grève à partir du vendredi 4 septembre. Très rapidement, différentes commissions se sont mises en place : un courrier a été envoyé à l’IA le mardi 1er septembre, jour de la pré-rentrée, un courrier à destination des parents a été fait, ainsi qu’un communiqué de presse. L’IA a voulu jouer la déstabilisation en n’accordant un rendez-vous que le vendredi matin. Les personnels ont décidé de ne pas être en grève le vendredi pour voir ce qui serait proposé par l’inspectrice d’académie, et, si la réponse apportée n’était pas satisfaisante, de commencer un mouvement de grève le lundi suivant. Une délégation, composée d’enseignants syndiqués et non syndiqués ainsi que d’un parent d’élève a ainsi été reçue pendant quasiment 1h30. Dans l’après-midi, les enseignants apprenaient avec soulagement que leur établissement se voyait doté de 18 heures poste et 10 heures supplémentaires.Et si, un peu partout, nous nous mettions à exiger les moyens exprimés par les personnels à la base, en fonction du besoin des élèves ?
Tartagueule à la récré no 74, septembre 2009
Bulletin de la CNT Éducation du Rhône.
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