La casse programmée de la formation professionnelle initiale publique

Cette rentrée est marquée par l’aboutissement du processus de généralisation des bac pro en 3 ans.
Avec à la clé : réduction globale de l’offre de formation professionnelle initiale publique, redirection des élèves vers l’alternance qui va tendre rapidement à devenir la norme.
Pour les personnels, cette réforme se traduit également par des suppressions de postes, par la multiplication des services partagés sur plusieurs établissements, et, à terme, par la fermeture programmée d’un certain nombre d’établissements.
Cette réforme représente le cheval de Troie de la privatisation programmée de l’Éducation nationale : articulée à la suppression de la garantie d’emploi des fonctionnaires, ainsi qu’aux suppressions des MAD, elle permet matériellement la politique de suppressions de postes.
À terme, il s’agit de substituer à la formation initiale publique, en lycée, sous statut scolaire, estimée trop coûteuse (et encore trop indépendante des desiderata patronaux), la généralisation de la formation en alternance (moins d’heures d’enseignements, poids des entreprises plus important dans la validation des diplômes).
Il s’agit également de développer la concurrence entre établissements, sous le prétexte de «sauver les meubles», afin de casser la logique de service public. La labellisation «Lycée des métiers» tend à renforcer cette tendance, en poussant les établissements à se positionner toujours plus loin sur le terrain de «l’attractivité», fonctionnant déjà comme de mini-entreprises. De même, la diminution de l’offre de formation publique a de facto pour conséquence le renvoi de nombre d’élèves vers les structures de formation initiale privée, toutes en alternance.
Il s’agit enfin de déqualifier massivement les futurs travailleuses et travailleurs, en liquidant le BEP, et son équivalence en termes salariaux dans les conventions collectives.
Dans les LP, les conséquences de cette politique sont déjà visibles. Pour autant, ce serait une erreur de céder au fatalisme : les élèves y jouent leur qualification, et la qualité d’enseignement. Quant à nous, nous y jouons notre avenir professionnel et nos conditions de travail.
Les mauvais coups de l’été : fin de la «garantie d’emploi», porte ouverte aux licenciements
La loi no 2009-972 du 3 août 2009 relative à la mobilité et aux parcours professionnels dans la fonction publique représente une brèche décisive dans le statut des fonctionnaires, ouvrant la voie à des licenciements massifs :
L’article 7 permet de licencier un fonctionnaire lorsque son poste est supprimé suite à une restructuration et s’il refuse «successivement trois emplois publics correspondant à son grade».
L’article 8 offre la possibilité de proposer des «temps non complets cumulés» dans différents établissements.
L’article 9 permet le recrutement d’«agents non titulaires».
Enfin, l’article 10 autorise les administrations de l’État, les collectivités locales et territoriales et les hôpitaux à recourir à l’intérim.
Tartagueule à la récré no 74, septembre 2009
Bulletin de la CNT Éducation du Rhône.
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