Septembre 2009 : le lycée pro nouveau est arrivé !

Publié le par la Rédaction

Situation à la rentrée dans les LP

L’année scolaire qui débute constitue un vrai tournant pour les LP. La formation professionnelle change de visage. C’est la dernière année pour les classes de BEP. Ensuite, l’examen disparaît, donc aucun droit à l’erreur pour les élèves en 2010. Le doublement sera impossible. Le risque de sacrifier ceux qui auront échoué à l’examen est donc réel. Les familles apprécieront ! En outre, les questions persistent sur ce qui est censé le remplacer à l’issue de la première professionnelle : quelle forme mais surtout quelle valeur dans les conventions collectives ? Les réponses sont absentes quand elle ne se contredisent pas. Un jour, les élèves devront s’inscrire individuellement, le lendemain ce sera aux établissements de le faire. La seule certitude : le ministère ne parle que d’une certification, dont on ne connait pas les modalités d’évaluation ni le contenu, certification qui n’a pas de reconnaissance à l’heure actuelle dans les conventions collectives. L’objectif est de fragiliser les jeunes travailleurs qui sortent du LP sans le bac. Le ministère nous laisse seuls face aux questions et aux légitimes inquiétudes des élèves et de leurs familles. Voilà une situation bien délicate pour accueillir les élèves.

Bac pro en trois ans

Cette disparition du cursus du BEP est la conséquence de la contre-réforme des bac pro en trois ans. L’expérimentation est finie, on est au stade de la généralisation. Cette nouvelle forme de bac s’accompagne d’une refonte totale des programmes de bac pro. Or ces nouveaux programmes dans de nombreuses disciplines ont été peu et mal réfléchis pour leur mise en œuvre avec les élèves.

L’administration s’est même permise l’année dernière de convoquer des collègues pour de pseudo formations qui consistaient à faire le travail à la place du corps d’inspection. Il fallait travailler sur la mise en œuvre de programmes alors même que la majorité des collègues s’était opposée à la disparition des bacs pro en deux ans. De plus, les modalités de passage du futur examen ainsi que son contenu ne sont toujours pas clairement définis. Or il est demandé aux enseignants de préparer leurs cours en fonction de l’évaluation que subiront les élèves. Chercher l’incohérence. Avec le ministère, c’est : «Faites ce que je dis mais surtout pas ce que je fais».

D’ailleurs, les programmes ont été officialisés bien trop tard, mais cela n’a pas dérangé les éditeurs qui ont produit des manuels sans programmes parus au BO ! Seraient-ils mieux informés que les profs qui pourtant eux sont devant les élèves ? Format d’études inadapté à la majorité de nos élèves de seconde et nouveaux programmes mal préparés vont compliquer la tâche des enseignants en ce début d’année. L’expérience nous a montré que ce format d’un bac en trois ans avec la disparition des BEP était inefficace pour la majorité des élèves entrant en LP. Les classes se vident face à la difficulté et aux projets professionnels des élèves qui évoluent. On peut donc prédire que d’ajouter des programmes encore brouillons risque d’entraîner des catastrophes.

Manque de moyens

Mais cette évolution entraine aussi des conséquences budgétaires. En effet, qui dit nouveaux programmes dit automatiquement nouveaux manuels scolaires. Il faut donc acheter des manuels pour toutes les classes de seconde bac pro et ce dans toutes les disciplines. C’est là aussi une première car les programmes ne changeaient pas tous en même temps. De plus, certains établissements ont vu se créer des CAP alors qu’ils n’en avaient pas auparavant. Tout cela fait que les besoins pour se doter en manuels scolaires sont inédits. Mais le budget alloué par la Région à cet effet est bien en dessous des besoins. Pour exemple le LP Jean-Moulin de Rosny n’a que 15 € par élève pour toutes les matières. La tâche s’annonce donc complexe et certains risquent d’être sacrifiés.

Tout cela crée le contexte d’une rentrée difficile car «préparée» au forceps. Et comme si cela ne suffisait pas, la précarité des personnels enseignants et non enseignants reste très forte dans les LP. C’est bien le modèle que vise le ministère : précariser les LP et leur enseignement pour mieux formater les futurs travailleurs.

Alors face à cette situation, on baisse la tête ?! Non ! Dès la rentrée, la CNT Éducation invite les personnels à se réunir pour pointer les dysfonctionnements et les lacunes de ces contre-réformes.

Il est de notre responsabilité de construire enfin
le rapport de force nécessaire pour sauver les LP !


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