Le compte à rebours a commencé. Au mois d’avril, une prison pour mineurs ouvrira ses portes à Porcheville. Situé dans la zone industrielle, l’établissement accueillera, à terme, une soixantaine de jeunes de 13 à 18 ans qui y seront enfermés pour des peines courtes. Il n’existe en France que sept établissements de ce type.
Il y a quelques jours, la direction de la prison a pris place dans les locaux flambant neufs. Initialement, le personnel devait s’installer fin décembre 2007, mais des problèmes sur le chantier ont entraîné un retard de près de deux mois : un sous-traitant a fait faillite et certains travaux ont été touchés par les intempéries. Très vite, une rumeur a circulé attribuant ce délai à un acte de sabotage, un bruit étayé par le climat tendu autour de la prison. En plus de l’opposition traditionnelle — mais pacifique — menée par plusieurs associations, des tags violents d’inspiration révolutionnaire et dénonçant la construction de l’établissement ont fleuri à proximité du site. Autre motif d’inquiétude, la découverte en janvier dernier de plans de cette prison chez des activistes radicaux. Pourtant, le commissariat de Mantes-la-Jolie est catégorique : aucun acte de sabotage n’a été constaté. «Il y a eu des câbles électriques sectionnés sur le chantier, mais ce serait le fait d’un ouvrier. Les plans retrouvés chez les anarchistes n’ont rien de secret et se trouvent, avec un peu de recherche, sur Internet», confirme la directrice de l’établissement de Porcheville. Fin 2008, 43 éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse et 75 surveillants encadreront les jeunes délinquants. Des caméras de vidéosurveillance scruteront les abords de l’établissement.
M.G.
Le Parisien, 28 février 2008