Rennes : La Grivèlerie est de retour d'exil

Publié le par la Rédaction

Trouver un lieu.

Depuis plusieurs mois, ce désir nous anime.

Le 17 octobre, au soir d’une manifestation interdite à grand renfort policier, une centaine de personnes investissent la maison du 47 rue de Paris… La Grivèlerie est ouverte ! Cette occupation répondait à la nécessité de décloisonner certaines luttes menées parallèlement à Rennes et de surmonter les isolements individuels. Lieu de rencontres, d’organisation, de fêtes… La Grivèlerie, ce fut tout cela avant d’être expulsée brutalement, deux semaines plus tard au terme d’une procédure d’urgence, GIPN à l’appui.

Bien sûr, un tel espace où sont mis en place les moyens matériels permettant la désaffection collective de la société ne saurait être toléré dans une ville comme Rennes, métropole en devenir.

La Grivèlerie peut être expulsée, elle ne disparaît pas pour autant ; ce n’est pas qu’un lieu, c
est un ensemble de pratiques, de résistances et de désirs partagés.

Suite à l
expulsion musclée, nous déambulions au gré de nos projections sauvages du jeudi soir et de nos actions diverses. Aujourd’hui, la Grivèlerie sest rematérialisée dans un ancien hôtel rue de Riaval, pour y développer nos envies, y partager nos rages, y conjuguer nos luttes.

Nous avons obtenu un délai de deux mois. Deux mois pour créer des ateliers en pagaille (informatique, électronique, autodéfense, lecture, etc.), mettre en place des cantines, une bibliothèque et peut-être des lavomatiques gratuits, deux mois pour expérimenter, rencontrer, confronter, construire…

Ramenez-vous au 9 rue de Riaval avec vos désirs, vos potes, vos rages, vos doutes, vos idées, vos meubles…

 

Courriel, 4 juin 2010.

 

 

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KLetaGR 09/06/2010 11:46



Dans les premières années de 1900, plusieurs groupes d’anarchistes se constituèrent et fondèrent, ou eurent pour projet de fonder des  « milieux libres » ou des  «colonies
anarchistes ».


Il s’agissait de vivre selon leurs idées : mettre en pratique le communisme, 


se débarrasser de toute autorité.


Fourier, avec ses phalanstères, mais d’autres également, y avaient songé avant eux, parfois en espérant un changement social sans nouvelle révolution. D’autres, au contraire, étaient las
d’attendre que n’adviennent des mouvements collectifs d’où l’on puisse enfin envisager un bouleversement possible de l’Ordre établi.


Du côté des exploités, cette idée – qui n’est pas nouvelle, et s’impose parfois comme une nécessité – de se regrouper dans l’espoir de ne plus avoir à se vendre pour vivre et ne plus avoir à
craindre d’enfreindre l’aval d’un patron.


Associations, coopératives de production ou de consommateurs…


La Cecilia, au Brésil, fut l’une des premières tentatives anarchistes connue dans les années 1890, et elle fut redécouverte grâce au film de fiction-documentaire réalisé par Jean-Louis
Comolli, en 1976.


Au début du XX° siècle, comme avant, comme plus tard, les dissensions internes auront souvent raison de ces expériences qui se dissocient, se divisent ou se disloquent rapidement. Mais
celles-ci ne suffisent pas à tout expliquer : la répression  y joue le premier rôle en enfermant, fouillant, proscrivant, déplaçant, tandis que les luttes ouvrières refluent après les
pics de 1907 et 1908, et l’entrée brusque dans la I° Guerre mondiale portera un profond coup d’arrêt à l’activité du mouvement ouvrier.


Plus que le milieu libre en lui-même, ce que révèlent ces différentes expériences sont des mélanges d’idées, d’astuces et de pratiques entre débrouille permanente et révolte quotidienne à
telle profusion qu’il paraît vain de vouloir les énumérer : participation aux grèves, végétalisme, amour libre, déménagements à la cloche de bois, propagande
néo-malthusienne et diffusion de moyens de contraception, etc…


Ces expériences attestent aussi de la densité d’une période durant laquelle les révoltes individuelles nourrissaient impétueusement les velléités collectives de cheminer vers un changement
social en en créant les bases…


Le Collectif Libertaire vous invite 


le Samedi 26 Juin à 15h00


à la Bourse du Travail d’Alès 30100


Place Georges Dupuy 


à


la projection d’un film de fiction-documentaire


« La Cecilia » ( 1976)


réalisé par Jean-Louis Comolli


suivie d’une discussion sur :


« Les associations de résistance et de survie »


 


 CLyne.