Rafles de militants palestiniens

Publié le par la Rédaction

L’armée a arrêté un des leaders de la protestation du village palestinien de Nabi Saleh

 

Naji Tamiti, membre du mouvement populaire de résistance et une des figures importante de la lutte contre l’annexion des terres du village par la colonie voisine Halamish, a été arrêté la nuit du 5 au 6 mars pendant un raid nocturne de l’armée israélienne dans le village. Les militaires sont aussi rentré dans la maison d’un autre membre du mouvement populaire de résistance, Bassem Tamini, absent à ce moment. On a vu ces dernières semaines l’armée mener une grosse campagne contre les habitants du village, visant spécifiquement des mineurs.

 

Naji Tamini pendant une manifestation à Nabi Saleh

Picture credit: Nariman Tamimi

 

À environ 1h30 du matin la nuit du 5 au 6 mars, des dizaines de soldats ont envahi le village de Nabi Saleh, au nord de Ramallah, arrêtant Naji Tamini, 47 ans. Tamini qui dormait chez lui à ce moment, a été emmené menotté les yeux bandés. Naji Tamini est une des figures importantes du village dans sa lutte contre l’occupation et la protection des terres du village volées par les colons de Halamish.

 

Au même moment, un autre groupe de soldats ont pris d’assaut la maison de Bassem Tamini, un autre activiste important du mouvement des villages pour la résistance populaire, qui était absent à ce moment. La femme de Bassem, Nariman, a été réveillée par des violents coup sur la porte et a ouvert en tenant une caméra afin de filmer. Les soldats lui ont donné l’ordre d’arrêter de filmer, et lorsqu’elle a refusée, ont violemment confisqué la caméra. Après avoir mené une grosse heure de recherches minutieuses, les soldats ont quitté la maison.

 

Au cours des cinq dernières semaines l’armée a arrêté seize habitants de Nabi Saleh pour suspicion de participation aux manifestation du village. La moitié des personnes arrêtées étaient mineures, la plus jeune ayant seulement onze ans. Les arrestations ont été menées sur la base des incriminations extorquées à un garçon du village de 14 ans, récemment arrêté et sujet à une pression verbale et émotionnelle pendant son interrogatoire. Empêché de consulter un avocat, il a été interrogé en l’absence de ses parents, ce qui est obligé par la loi. Les interrogateurs n’ont aussi jamais pris le soin d’informer le garçon de son droit à garder le silence.

 

Depuis le début de la lutte du village contre le vol de ses terres par les colons, en décembre 2009, l’armée avait déjà mené 63 arrestations liées aux manifestations dans le village. Puisqu’il y a environ 500 habitants à Nabi Saleh, le nombre correspond à plus de 10% de la population.

 

L’arrestation de Naji la nuit dernière fait partie de la stratégie d’arrestation systématique de tout les leaders des manifestations en Cisjordanie, comme c’est le cas dans les villages de Bil’in et Ni’ilin. De plus, la Cour d’Appel Militaire a augmenté la sentence d’Abdallah Abu Rahmah du village de Bil’in, le condamnant à seize mois d’emprisonnement. L’arrestation et le procès d’Abu Rahmah a été largement condamnée par la communauté internationale, notamment par la Grande-Bretagne et la ministre des Affaires étrangères européenne, Catherine Ashton. Une sévère condamnation des arrestations a été émise par les principales organisation de défense des droits de l’Homme israéliennes et internationales, entre autre B’tselem, ACRI, ou encore Human Rights Watch qui a déclaré le procès inéquitable, et Amnesty international qui a déclaré qu’Abu Rahmah était un prisonnier d’opinion.

Traduit de l’anglais (Popular Struggle
Coordination Committee), 6 mars 2011.

 

 

Cisjordanie : onze blessés dans des violences entre Palestiniens et colons

 

L'armée israélienne a eu recours à des balles réelles lundi pour disperser des Palestiniens après de violents heurts entre ces derniers et des colons juifs en Cisjordanie, a-t-on appris de sources palestiniennes et israéliennes.

 

Ces affrontements ont fait 11 blessés, dix Palestiniens et un Israélien, selon des sources médicales palestiniennes et une porte-parole des colons.

 

L'armée israélienne, elle, a fait état de 7 blessés palestiniens.

 

Selon le représentant de l'Autorité palestinienne chargé de surveiller les activités de colonisation, Ghassan Daghlas, dix Palestiniens ont été blessés, dont huit ont dû être hospitalisés, dans des affrontements avec des colons à Kousra, un village palestinien situé à 10 kilomètres au sud-est de Naplouse.

 

Quatre des blessés ont été touchés par des balles réelles, selon des sources médicales palestiniennes.

 

«Il y a eu 7 blessés palestiniens en tout, dont quatre par des tirs de l'armée. Deux Palestiniens ont été touchés par des tirs à balles réelles, les deux autres par des balles caoutchoutées», a confirmé une porte-parole militaire.

 

«Les forces de sécurité ont été attaquées par des Palestiniens armés de pierres, et ont ouvert le feu en retour», a expliqué à l'AFP la porte-parole, en précisant que les soldats avaient visé les membres inférieurs des protestataires pour disperser «une émeute extrêmement violente».

 

Par ailleurs, un Israélien a été blessé à la tête par des pierres lancées par des Palestiniens et a dû être hospitalisé, a déclaré à l'AFP Tamar Assraf, une porte-parole des colons, en affirmant que des Palestiniens avaient tenté de s'approcher de l'implantation israélienne d'Esh Kodesh.

 

Selon des témoins palestiniens, les incidents ont éclaté lorsqu'un groupe de colons a commencé à déraciner des plants d'oliviers près de Kousra.

 

«Nous avons découvert des colons arrachant des oliviers et quand ils nous ont vus, ils ont commencé à lancer des pierres sur les enfants. Un colon a sorti un (fusil d'assaut) M-16 et nous a tiré dessus», a raconté un témoin, Raed Awdeh.

 

«Nous avons riposté en jetant des pierres. Puis l'armée est arrivée et a commencé à tirer des balles caoutchoutées et des gaz lacrymogènes», a-t-il dit à l'AFP.

 

La situation est tendue depuis plusieurs jours entre paysans palestiniens et colons dans cette région agricole de la Cisjordanie occupée.

 

Dans la nuit de jeudi à vendredi, des colons juifs [sic] avaient arraché environ 500 jeunes oliviers plantés par des villageois de Kousra.

 

Selon des habitants, cet acte de vandalisme a été commis par des colons furieux d'avoir été délogés par l'armée israélienne il y a quelques semaines d'une colonie sauvage proche.

 

Il y a une semaine, une violente confrontation avait eu lieu entre policiers israéliens et colons dans l'implantation sauvage de Havat Gilad, près de Naplouse, où l'armée avaient démantelé une caravane, une tente et une autre structure illégale.

 

La colère des colons s'est traduite la semaine dernière par des actions anti-palestiniennes en Cisjordanie occupée, notamment autour de Naplouse.

 

Les colons les plus extrémistes pratiquent souvent une politique de représailles — dite du «prix à payer» — qui consiste à se venger sur des cibles palestiniennes à chaque fois que les autorités israéliennes prennent des mesures jugées hostiles à la colonisation. 

 

Leur presse (Agence Faut Payer), 7 mars. 

 


Publié dans Internationalisme

Commenter cet article