Front(ière)s, nouvelles des 10 et 11 avril

Publié le par la Rédaction

Résumé de quelques nouvelles lues ça et là ce matin.

 

 

Lampedusa

 

Hier les premières expulsions groupées par pont aérien de celles et ceux qui sont arrivé/es après le décret du 5 avril ont commencé : 30 expulsés pour au minimum 60 flics par avion. Le premier groupe de  Tunisiens expulsés ne savait pas qu'ils allaient être réexpédiés en Tunisie ; les autorités avaient préféré le leur cacher et leur faire croire qu'ils allaient rejoindre la Péninsule, comme les autres depuis plusieurs jours. C'est une fois arrivés en Tunisie qu'ils se sont rendus compte de la supercherie. Leurs camarades restés à Lampedusa ont été alerté via sms de ce qu'il allait leur arriver à eux/elles aussi.

 

Aussitôt dans le centre d'accueil et de rétention de Lampedusa les gens ont commencé à protester, grimpant sur le toit, tapant aux barreaux des fenêtres aux cris de «Liberté», accrochant des banderoles («On veut la liberté») faisant brûler matelas et mobilier … Plusieurs dizaines de réfugiés ont également escaladé le mur d'enceinte et se sont échappés... mais Lampedusa qui est une île très petite et en ce moment surmilitarisée est elle même une prison…

 

Hier soir le second vol d'expulsion devait avoir lieu. Les 30 personnes «choisies» ont refusé de descendre du bus qui les a conduit à l'aéroport. Mais, forces de l'ordre obligent, l'avion a fini par décoller et les emmener.

 

Le centre de rétention n'est en partie plus viable et la situation est, comme  ils disent, explosive… L'État italien a donc changé son fusil d'épaule et décidé de se débarrasser des 1300 personnes récemment arrivées à Lampedusa non plus en les expulsant en Tunisie mais en les évacuant par bateau vers l'Italie pour les répartir dans les différents centres de rétention de la Péninsule. Ces centres de rétention viennent en effet d'être vidés d'une partie de leurs prisonniers qui viennent d'obtenir le fameux permis de séjour temporaire arraché de haute lutte grâce à leurs révoltes contre le traitement (enfermés, identifiés, contrôlés comme du bétail) qui leur est réservé (Sur le rôle de la lutte dans le choix de l'option permis de séjour temporaire par le gouvernement italien voir l'article de Macerie). Dans ces centres de rétention de la Péninsule, depuis hier, que ce soit à Turin ou à Gradisca, on signale cependant que plusieurs mouvements de protestation, grèves, de la faim, sont en train de se mettre en place, les gens qui y sont restés enfermés ne comprenant pas la différence de traitement qui leur est réservée et demandant eux aussi la liberté.

Voir un article assez complet.

 

Désolée, contrairement à ce qui est écrit ci-dessus, les vols d'expulsion de Lampedusa vers la Tunisie se poursuivront à raison de deux par jour avec 30 personnes à bord. Le dispatching dans des CIE de la péninsule via un transport en bateau devant partir aujourd'hui ne concernera «que» 700 personnes, pour «désengorger» l'île et réduire les révoltes ou tout au moins s'assurer de la supériorité numérique des forces de l'ordre.

 

 

À Trapani (Camp + aéroport)

 

Des évasions de nouveau hier soir sur le camp de rétention fait de tentes, de grillages et d'hommes en armes qui se situe à côté de l'aéroport de Trapani et qui enferme environ 700 prisonniers/ères. Une dizaines de personnes a été rattrapée, recherches et battues sont organisées pour les autres fugitifs.

 

Toujours à Trapani, une centaine de personnes qui étaient en attente forcée d'un vol qui devait les ramener à Lampedusa d'où elles devaient être expulsées vers la Tunisie se sont révoltées hier à l'aéroport.

 

 

Au camp de rétention de Santa Maria Capua Vetere (Campanie)

 

Plusieurs témoignages de mauvais traitements, exactions circulent, notamment par des sms envoyés à de la famille attendant en France les leurs bloqués en Italie. Les médias parlent aussi de 15 Tunisiens qui ont dû être hospitalisés suite à la répression qui a fait suite à la tentative d'évasion qui a eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi (mais non mais non ce ne sont pas des prisons diront encore les humanitaires tels la Croix Rouge qui travaillent là). Lacrymogènes, chiens, menaces, tabassages, tel est le quotidien des centaines de personnes contraintes de rester enfermées dans ce camp en vue de leur identification et du tri qui s'en suivra.

http://www.tmnews.it/web/sezioni/videonews/20110411_video_19044225.shtml
http://napoli.repubblica.it/cronaca/2011/04/12/news/ssssssss_ssssssss-14818430/

 

Pour finir, après tout ça, un  slogan italien entendu là-bas dans des manifs qui en substance dit «Les papiers ce n'est que du papier il faut les brûler» (Carta è solo carta, carta bruciera, enfin un truc qui ressemble à ça)… Vivement qu'on y arrive !

 

F. - Liste Migreurop, 12 avril 2011.

 


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