À Périgueux

Au bal des petits fours après l’inauguration de la place Badinter-des-droits-de-l’Homme, à Périgueux, en présence de l’heureux élu — VIVANT ! —, la bouffe et les boissons sans alcool étaient en plastique : on est sobre, chez ces gens-là et on laisse l’écologie à Auchan.
Tout se déroulait comme prévu. Les écoles étaient là, les gradés aussi. Du beau linge.
La liste des notables présentEs était aussi longue que le discours du maire. Dommage pour le film qu’on a pas pu voir sur les deux écrans dispatchés en plein jour, en général le cinéma ou la télé c’est mieux dans le sombre ; enfin c’est un détail mineur.
Une fausse note pourtant. Mais que sont 47 secondes pour une note ? Une ronde ? deux blanches ? Quatre noires ? Huit croches ? Le temps d’une banderole brandie par de dangereux trouble-fête pendant le discours de l’ancien ministre de la Justice revenant de visiter la prison ; le temps de la faire saisir par la police ; le temps de la mise en danger de la liberté d’expression. Une pause, seulement, dans cette cérémonie bien huilée où chacun/e trouvait son compte. Une fausse note en mode mineur, mais un seul cri, et on passait en majeur : trouble à l’ordre public.
Ainsi donc, nous connaissons aujourd’hui combien de temps nous pouvons ouvrir notre gueule EN SILENCE : 47 secondes.
Combien de temps pour conserver l’ordre public ?
Qu’est-ce qu’elle disait la banderole ?
LA PEINE DE MORT N’EST PAS ABOLIE,
ELLE EST PRONONCÉE DANS LES TRIBUNAUX
ET APPLIQUÉE DANS LES PRISONS
Et, preuve que nous vivons dans une démocratie avancée, la police magnanime a rendu la banderole, se doutant bien qu’elle parlera encore.
En novembre, mobilisation contre les prisons et centres de rétention, et c’est tous les jours qu’on doit lutter.
A. B. Atout - 27 septembre 2009.
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