Entartée en plein cours par une élève encagoulée
C’est la deuxième fois que cette professeur d’anglais de La Baule subit une agression de ce type, commise devant des sixièmes. L’auteure, élève en troisième, risque l’exclusion et le tribunal.
C’est la deuxième fois ! La pauvre enseignante d’anglais, pas très éloignée de l’heure de la retraite, avait reçu une tarte en pleine figure des mains d’un groupe de garçons, voici cinq ans, au lycée Grand-Air de La Baule (Loire-Atlantique). Elle en a reçu une seconde la semaine dernière.
En pleine classe ! Devant des élèves de 6e, choqués de voir surgir en plein cours — la porte de la classe était ouverte — une fille encagoulée qui a projeté une tarte à la crème à la face de l’enseignante. Cette dernière a juste eu le temps de faire barrage avec ses mains : le cou et le buste ont été éclaboussés. L’auteure de l’agression s’est enfuie.
Convocation devant le procureur
Il a fallu attendre le lendemain pour que les langues des élèves se délient et que la coupable et ses complices soient retrouvées : une élève scolarisée en 3e, qui suivait l’anglais avec … la prof victime. Et deux autres complices qui ont aidé la première à franchir le portail, mais n’ont pas pénétré dans la classe.
Vengeance de l’élève vis-à-vis de sa prof ? Un collègue évoque une enseignante «très ouverte et sympa», mais «exigeante, stricte dans sa salle de classe». Le chef d’établissement, lui, ne fait aucun commentaire sur cet épisode isolé qui intervient deux semaines avant les festivités du cinquantième anniversaire du lycée.
La jeune fille a été placée en garde à vue au commissariat de police. Elle sera convoquée, ainsi que ses deux complices, par le délégué du procureur à Saint-Nazaire, sans doute pour un rappel à la loi ou une admonestation. L’entarteuse fera aussi l’objet, la semaine prochaine, d’un conseil de discipline. Elle risque l’exclusion définitive.
Dans cette affaire, on est loin des coups de couteau, des règlements de comptes des dernières semaines dans des établissements scolaires d’Alsace ou de région parisienne, mais le phénomène a de quoi interpeller, dans un collège-lycée aussi paisible que celui de La Baule.
Vu de loin, le lycée public bénéficierait même d’une image d’établissement de vacances, dans son superbe cadre au cœur de La Baule-Les Pins, pas loin de la baie, fréquenté par des jeunes de familles plutôt aisées.
Proviseur depuis trois ans, Marc Genet retient plutôt les «très bons résultats scolaires et le boulot des enseignants : on travaille beaucoup, ici».
Presse jaune, 19 mars 2009
(Michel Oriot, Ouest-France)
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