Les policiers municipaux de Dole ne seront pas équipés de Taser
Contrairement à une information publiée dans Le Parisien hier, la municipalité ne souhaite pas équiper sa police.
La rumeur s’est répandue comme une traînée de poudre. En guise d’étincelle, la publication d’un nouveau décret au Journal officiel. À partir d’aujourd’hui, les polices municipales sont autorisées à utiliser le Taser, ce pistolet paralysant qui envoie une puissante décharge électrique. Et selon certains journaux, onze communes auraient déjà formulé une demande pour équiper leurs agents de police. Problème, la ville de Dole est citée dans la liste, ce qu’elle dément formellement. «On ne sait pas d’où sort cette information. Il n’est pas question d’équiper la police municipale avec des Tasers. Je vais d’ailleurs demander un démenti» assure Jean-Claude Wambst, maire de Dole. Les communes intéressées doivent se signaler au ministère de l’Intérieur.
«Une bonne arme de dissuasion»
Mais, au préalable, il faut d’abord obtenir une autorisation préfectorale. Une première étape jamais initiée. «Et même si un maire avait anticipé le décret, de toute façon, nous n’aurions pas traité cette demande sans qu’il soit officiellement publié» ajoute Christian Cuchet, directeur de cabinet du préfet.
Côté police municipale, on confirme la position de la mairie. «On en a discuté, mais on ne perçoit pas l’utilité de telles armes» explique David Kleisler, chef de la police municipale. Le Taser est une arme de neutralisation. «La police nationale et la gendarmerie sont équipées depuis six mois. Mais son utilisation est très rare. À ma connaissance, le Taser a été utilisé une seule fois en condition réelle. Par contre, il se révèle être une bonne arme de dissuasion pour forcer un individu à obtempérer» précise Christian Cuchet. Le gouvernement souhaite tout de même élargir son utilisation aux polices municipales, avec pour objectif, limiter l’utilisation des armes à feu.
Presse jaune, 9 septembre 2008
(Vincent Patrin, Le Progrès - édition du Jura).
Dans la Loire, le Taser n’électrise pas les communes
Les polices municipales peuvent, depuis aujourd’hui, demander l’équipement de pistolets à impulsion électrique. Mais dans le département, les communes n’en voient pas, pour l’heure, l’utilité.
Après les balles en caoutchouc et le flash-ball fabriqué par le Stéphanois Verney-Carron, voilà les fléchettes et le Taser, pistolet à impulsion électrique venu d’outre-Atlantique et qui pourrait venir armer des polices municipales après une formation de leurs agents.
En effet aujourd’hui est promulgué au Journal officiel le décret autorisant ces fonctionnaires à utiliser ces armes. Elles sont aujourd’hui exclusivement utilisées par la police nationale et la gendarmerie. Rappelons que le Taser est décrit comme «une arme non létale» utilisée pour maîtriser une personne dangereuse ou instable.
Arme paralysante, le Taser envoie en direction de la personne visée deux dards ou fléchettes lui administrant une décharge de 50.000 volts, tétanisant l’individu quelques secondes, le temps de le maîtriser.
Plusieurs associations dont Amnesty International, plusieurs politiques comme Olivier Besancenot, ont clairement posé la question de la dangerosité du Taser et de ses décharges électriques.
On sait que d’ores et déjà quelques municipalités, surtout dans la couronne parisienne, ont fait la demande pour être équipées du fameux pistolet à impulsion électrique.
Et dans la Loire ?
Aucun dossier n’a pour l’instant été déposé à la préfecture.
À Roanne par exemple, aucune demande d’équipement n’a été formulée, apprend-on auprès de la mairie (PS).
«Le besoin ne s’est pas fait sentir auprès de nos fonctionnaires et nous sommes davantage dans une logique de police de proximité sans jouer pour autant au policier copain-copain. En plus la situation de Roanne ne justifie pas qu’on équipe nos personnels d’un tel équipement.»
À Saint-Chamond, on est encore plus explicite. «Il n’y a même pas eu de réflexion. Il n’est pas prévu qu’on soit équipé de Taser» nous répond-on à la mairie PS.
Même tonalité à Montbrison où Madame le maire, Liliane Faure (PS), confirme que «compte tenu des missions confiées à nos policiers municipaux, il n’est pas question pour l’instant de faire appel à un tel équipement».
Enfin à Saint-Étienne, à la mairie PS, l’adjoint à la sécurité, Joseph Ferrara, déclare «qu’il n’est pas envisagé pour l’instant d’équiper notre police municipale du Taser. C’est une arme nouvelle. Il est nécessaire de développer une réflexion et d’attendre un premier bilan sur son usage par les gendarmes et la police nationale.»
Presse jaune, 9 septembre 2008
(André Gavidia, Le Progrès - édition de la Loire).
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