La prison n'est pas une solution
Le collectif Solidarités prisonnier-e-s appelle à un rassemblement bruyant le lundi 7 avril à partir de 14 heures devant la Maison d’arrêt pour qu’enfin Rachida ouvre ses oreilles. À la M.A. de Valence comme ailleurs à l’EPM de Meyzieu par exemple, la torture blanche se pratique en prison.
Nous déclarions le 3 avril 2008 sur la base de divers éléments fournis par les médias (radios, journaux) :
— Il y a eu dans les jours précédents le 4 mars une altercation entre Jérémy et Raphaël, le troisième détenu présent alors dans la cellule s’interposa dans la bagarre.
— Les matons sanctionnent le détenu qui s’interpose (la bagarre était confuse ?…)
— Celui-ci est emmené au mitard.
— Lorsque Jérémy rencontre sa mère au parloir il lui montre les divers hématomes sur son corps. Lors de sa sortie du parloir un maton chuchote à l’oreille de Jérémy. (cf. Le Progrès de saintÉtienne, édition du 29 mars).— Jérémy est livré en pâture à Raphaël.
— Malgré les cris et le fait que Jérémy tape sur la porte pour demander de l’aide, rien n’est fait pour le changer de cellule.
— Le week-end aurait pu permettre de l’emmener à l’hôpital pour recevoir les soins que sa santé justifiait. Mais le directeur déclare le 28 mars au collectif : «Le médecin et l’infirmier sont absents de la maison d'arrêt le week-end».
Le collectif Solidarités prisonnier-e-s avait déclaré dans un premier tract vouloir faire la lumière sur ce présumé suicide.
Le 2 février Julien s’est suicidé à l’EPM de Meyzieu. Deux associations «Témoins» et «Faites la lumière en détention» ont pris l’initiative à la suite de la manifestation du 9 février devant la prison de Meyzieu de s’y rendre de nouveau pour s’entretenir avec les familles des détenus et les personnels qui y travaillent, afin de recueillir des informations sur les conditions de détention. Les familles acceptent de parler, et ce qu’elles disent ne correspond pas à l’image policée que voudrait en donner la ministre de l’Intérieur, Mme Dati
Comment peut-elle justifier à ses propres yeux une vengeance aussi misérable au nom du Sens commun, de la Justice, de la Société, du Système, des Libertés, etc . ?
La prison est tout simplement un instrument des riches et des puissants pour maintenir la peur auprès du reste de la population et la garder sous le joug. Il ne nous surprend donc en rien que l’État n’écoute pas les prisonniers et qu’il rende sévèrement les coups. C’est pour cela que l’État, ses directeurs de prisons et ses matons mettent à l’écart certains prisonniers qui sont trop récalcitrants en les gardant dans un isolement presque permanent. Cela implique concrètement 23 heures par jour en cellule, aucun contact avec les autres prisonniers et une promenade seul dans une cage. Encore une fois les faits nous donnent raison. Julien et Jérémy sont-ils morts pour la justification de la paix sociale ?
En guise de conclusion provisoire :
C’est une société abrutie à un point tel qu’elle a besoin d’une véritable «rééducation» au Sens commun et aux Libertés…
P.S. Rachida Dati ministre de la paix sociale vient à Valence lundi 7 avril et pour cela les organisations de paix sociale que sont l’ARAPEJ et GENEPI organisent des débats le 1er avril et le 7 avril 2008 au lycée Camille Vernet avec comme thème «La prison est-elle la solution ?»
Lundi 7 avril, à Valence :Manifestation à 13 heures devant le tribunal, à l’appel du Syndicat des Avocats de France et du PCF
Manifestation à 14 heures devant la prison, à l’appel du collectif Solidarités prisonnier-e-s
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