Grèves dans l'Ain
Oyonnax : les ex-Berchet en grève
Depuis lundi et l’annonce du tribunal de commerce de Lons-le-Saunier quant au choix du repreneur, l’heure n’est plus au sauvetage des emplois pour les ex-Berchet. Déjà, en début de semaine, les salariés qui se sont exprimés disaient leur inquiétude pour l’avenir et espéraient obtenir de bonnes conditions de départ. Hier, une partie des salariés du site cours de Verdun ont cessé le travail à l’appel du syndicat, ceux de Groissiat doivent les rejoindre aujourd’hui dans le mouvement.
Ils ont prévu de se rassembler, ce matin, cours de Verdun, et invitent la population à les soutenir dans leur action.
Oyonnax : les ex-Berchet en grève
Un expert comptable mandaté par le CCE (comité central d’entreprise) tenait hier une réunion d’information sur les deux sites pour préciser les modalités du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). Son discours n’a pas convaincu les salariés qui réclament une indemnité de licenciement complémentaire de 2000 euros par année d’ancienneté, en plus de l’indemnisation légale.
Le mouvement de grève entamé mercredi après-midi par les ex-Berchet s’est poursuivi toute la journée d’hier, cours de Verdun, et a mobilisé la majorité des 134 employés. Des salariés de Groissiat sont venus rejoindre leurs collègues pour manifester leur mécontentement et bloquer le site.
Silence de la direction
«La réunion d’information a permis d’expliquer les mesures d’accompagnement du PSE aux salariés explique Patrick Taler du cabinet d’expertise Secafi Alpha. Ces mesures sont destinées à favoriser leur reclassement, leur formation, la création d’entreprise. Le comité central d’entreprise a négocié une enveloppe de 2 millions d’euros pour ces mesures d’accompagnement. L’AGS, une branche de l’Unedic, prendra en charge les indemnités liées à la rupture du contrat de travail. Le repreneur a prévu un abondement de 1 million d’euros au PSE. Une prime sera versée aux salariés pour le mois de mars, un mois très important, dont dépend le chiffre d'affaires estival.» Aucune somme n’est pour l’instant avancée. Les ex-Berchet sont dans l’expectative.
«C’est de la poudre aux yeux ! On nous parle d’une indemnité complémentaire mais on ne sait pas de quel montant elle sera» s’indigne un salarié. Le silence de la direction et le manque d’informations inquiètent. «On se met en grève pour partir la tête haute, avec une prime de licenciement digne de ce nom. Deux millions d’euros pour un PSE et 679 licenciements, c’est trop peu» témoigne Patricia du service comptabilité. Mireille et Marie, du service montage, s’étonnent du manque de soutien politique à leur cause : «Les élus locaux ne sont pas venus manifester à nos côtés pour l’audience du tribunal de commerce à Lons-le-Saunier, contrairement à leurs homologues jurassiens. On ne compte pas beaucoup pour eux.»
Hier soir la direction n’avait toujours pas apporté de nouveaux éléments. Le mouvement de grève sera reconduit aujourd’hui pour les deux sites du bassin oyonnaxien. «Nous allons bloquer l’entrée du site pour empêcher la direction d’enlever les stocks» avertit Laurence Prud’homme, déléguée syndicale CFDT.
Une délégation à Vesoul pour rencontrer Nicolas Sarkozy
Une délégation de quatre représentants syndicaux est partie hier matin à Vesoul pour rencontrer Nicolas Sarkozy. Le chef de l’État était présent en Haute-Saône pour mettre en avant l’apprentissage et la formation en alternance. Les quatre salariés du groupe Smoby ont finalement rencontré un conseiller emploi-économie du président de la République pendant trois-quarts d’heure.
«Nous espérons que cet entretien va porter ses fruits indique Laurence Prud’homme, déléguée syndicale centrale CFDT à Oyonnax. Le conseiller du président a pris en compte nos revendications, le directeur de la direction départementale du travail du Jura sera désormais notre intermédiaire avec l’État.»
Grève aujourd’hui dans les collèges de Bourg, Oyonnax et Pont d’Ain
L’accueil et la scolarité des élèves seront très perturbés ce jeudi dans les plusieurs collèges du département. Le mouvement de colère des personnels enseignants et surveillants se traduit par une journée de grève, de réunion, de rassemblement dès midi devant l’inspection académique. La baisse des heures d’enseignement, la hausse des effectifs à 30 élèves par classe, la multiplication de services partagés des profs entre plusieurs établissements, motivent ce mouvement à l’heure où les moyens de la prochaine rentrée sont déjà fixés.
La colère est particulièrement amplifiée au collège de la Croix-Blanche à Bourg d’où part le mouvement avec le préavis de grève. Les enseignants de cet établissement désapprouvent la redistribution des effectifs scolaires, l’ouverture du collège de Ceyzériat entraînant la «perte» de deux cents élèves et la remise en cause des projets et du fonctionnement. «On perd huit postes, on nous annonce des compléments de service qui partagent les enseignants entre les collèges…» dit un prof. À Bourg, au collège du Revermont, les syndicats FO, FSU et UNSA annoncent aussi une opération «collège fermé». Le mouvement sera aussi suivi à Amiot et Brou, ainsi que dans les collèges de Pont d’Ain et d’Oyonnax.
Les professeurs de collège et lycée inquiets pour la rentrée
Le froid de canard n’a pas freiné leur détermination. Hier midi, une bonne centaine d’enseignants de collèges et lycées du département ont pique-niqué devant le siège de l’inspection d’académie à Bourg-en-Bresse.
À l’appel du SNES-FSU, de l’UNSA et de Force ouvrière, les personnels enseignants de collèges burgiens (Amiot, Croix-Blanche et Revermont), d’Oyonnax (Ampère, Lumière, lycée Painlevé), d’Arbent et de Montréal-la-Cluse étaient venus exprimer leurs inquiétudes. Sur l’ensemble des établissements, le taux de grève, important, allait de 80 à 100%.
Sur leurs banderoles et dans leurs slogans, plusieurs revendications. «Nous sommes très inquiets pour la prochaine rentrée, on nous annonce 376 élèves en plus et 36,5 postes seront supprimés, explique Brigitte, conseillère principale d’éducation à la Croix-Blanche. Nous avons aussi une multiplication des heures partagées et de plus en plus d’heures supplémentaires qui nous sont imposées. Nous voudrions que ces heures soient transformées en postes supplémentaires. Et puis nous sommes aussi inquiets des suppressions de classes qui provoquents des classes surchargées. Une récente circulaire permet de monter à 30 élèves et 29 en ZEP.»
Au collège de la Croix-Blanche, les professeurs sont très inquiets de la redistribution des effectifs à la suite de l’ouverture du collège de Ceyzériat à la prochaine rentrée. «On perd deux cents élèves» expliquent-ils «et des options qui existaient à la Croix-Blanche n’existent pas à Ceyzériat.»
Audrey, prof de latin, raconte qu'elle a été «réquisitionnée d’office» pour aller donner six heures de cours dans le nouveau collège. «Je perds des élèves à Croix-Blanche que je les retrouve à Ceyzériat alors on me dédouble pour reprendre des élèves qui sont en 4e et 3e.»
Vers 14h30, une délégation, composée de deux représentants de chaque établissement a été reçue longuement par l’inspecteur d’académie, Jean-Paul Vignoud. «Je referai un point en juin sur les effectifs mais l’an dernier, rappelle-t-il, il y avait 190 élèves en moins. (…) S’il y avait plus d’élèves que prévu, il y aura des ajustements de moyens.» Sur les établissements en zone d’éducation prioritaire, il s’est dit «très attentif aux moyens et aux effectifs, notamment des classes de 5e et 6e» et a annoncé que «dès (ce) matin, des évolutions ont été engagées».
Le mouvement a été lancé hier par la CFDT sur les sites du cours de Verdun et de Groissiat. La revendication porte sur la prime de départHier, en fin d’après-midi, des salariés du cours de Verdun se sont rassemblés dans la salle de repos du site à l’appel d’Alain Guillot, secrétaire général CFDT fédération chimie énergie. Le syndicat a lancé un mouvement de grève afin d’obtenir 2000 euros par année d’ancienneté, en plus du minimum légal : «C’est une grève générale et elle est partie pour un moment».
Depuis lundi et l’annonce du tribunal de commerce de Lons-le-Saunier quant au choix du repreneur, l’heure n’est plus au sauvetage des emplois pour les ex-Berchet. Déjà, en début de semaine, les salariés qui se sont exprimés disaient leur inquiétude pour l’avenir et espéraient obtenir de bonnes conditions de départ. Hier, une partie des salariés du site cours de Verdun ont cessé le travail à l’appel du syndicat, ceux de Groissiat doivent les rejoindre aujourd’hui dans le mouvement.
Ils ont prévu de se rassembler, ce matin, cours de Verdun, et invitent la population à les soutenir dans leur action.
E. C.
Le Progrès (édition de l’Ain), 6 mars 2008
Oyonnax : les ex-Berchet en grève
Sonnés après l’annonce de la fermeture du site, les salariés du cours de Verdun souhaitent négocier une prime de licenciement pour «partir la tête haute». Des collègues de Groissiat les ont rejointsL’annonce faite lundi de la reprise de Smoby par le groupe Simba/Écoiffier a scellé le sort du site cours de Verdun à Oyonnax. L’unité va disparaître et celle de Groissiat ne conservera que 27 personnes sur 112.
Un expert comptable mandaté par le CCE (comité central d’entreprise) tenait hier une réunion d’information sur les deux sites pour préciser les modalités du PSE (plan de sauvegarde de l’emploi). Son discours n’a pas convaincu les salariés qui réclament une indemnité de licenciement complémentaire de 2000 euros par année d’ancienneté, en plus de l’indemnisation légale.
Le mouvement de grève entamé mercredi après-midi par les ex-Berchet s’est poursuivi toute la journée d’hier, cours de Verdun, et a mobilisé la majorité des 134 employés. Des salariés de Groissiat sont venus rejoindre leurs collègues pour manifester leur mécontentement et bloquer le site.
Silence de la direction
«La réunion d’information a permis d’expliquer les mesures d’accompagnement du PSE aux salariés explique Patrick Taler du cabinet d’expertise Secafi Alpha. Ces mesures sont destinées à favoriser leur reclassement, leur formation, la création d’entreprise. Le comité central d’entreprise a négocié une enveloppe de 2 millions d’euros pour ces mesures d’accompagnement. L’AGS, une branche de l’Unedic, prendra en charge les indemnités liées à la rupture du contrat de travail. Le repreneur a prévu un abondement de 1 million d’euros au PSE. Une prime sera versée aux salariés pour le mois de mars, un mois très important, dont dépend le chiffre d'affaires estival.» Aucune somme n’est pour l’instant avancée. Les ex-Berchet sont dans l’expectative.
«C’est de la poudre aux yeux ! On nous parle d’une indemnité complémentaire mais on ne sait pas de quel montant elle sera» s’indigne un salarié. Le silence de la direction et le manque d’informations inquiètent. «On se met en grève pour partir la tête haute, avec une prime de licenciement digne de ce nom. Deux millions d’euros pour un PSE et 679 licenciements, c’est trop peu» témoigne Patricia du service comptabilité. Mireille et Marie, du service montage, s’étonnent du manque de soutien politique à leur cause : «Les élus locaux ne sont pas venus manifester à nos côtés pour l’audience du tribunal de commerce à Lons-le-Saunier, contrairement à leurs homologues jurassiens. On ne compte pas beaucoup pour eux.»
Hier soir la direction n’avait toujours pas apporté de nouveaux éléments. Le mouvement de grève sera reconduit aujourd’hui pour les deux sites du bassin oyonnaxien. «Nous allons bloquer l’entrée du site pour empêcher la direction d’enlever les stocks» avertit Laurence Prud’homme, déléguée syndicale CFDT.
Julien Champclos
Une délégation à Vesoul pour rencontrer Nicolas Sarkozy
Une délégation de quatre représentants syndicaux est partie hier matin à Vesoul pour rencontrer Nicolas Sarkozy. Le chef de l’État était présent en Haute-Saône pour mettre en avant l’apprentissage et la formation en alternance. Les quatre salariés du groupe Smoby ont finalement rencontré un conseiller emploi-économie du président de la République pendant trois-quarts d’heure.
«Nous espérons que cet entretien va porter ses fruits indique Laurence Prud’homme, déléguée syndicale centrale CFDT à Oyonnax. Le conseiller du président a pris en compte nos revendications, le directeur de la direction départementale du travail du Jura sera désormais notre intermédiaire avec l’État.»
Le Progrès (édition de l’Ain), 7 mars 2008
Grève aujourd’hui dans les collèges de Bourg, Oyonnax et Pont d’Ain
L’accueil et la scolarité des élèves seront très perturbés ce jeudi dans les plusieurs collèges du département. Le mouvement de colère des personnels enseignants et surveillants se traduit par une journée de grève, de réunion, de rassemblement dès midi devant l’inspection académique. La baisse des heures d’enseignement, la hausse des effectifs à 30 élèves par classe, la multiplication de services partagés des profs entre plusieurs établissements, motivent ce mouvement à l’heure où les moyens de la prochaine rentrée sont déjà fixés.
La colère est particulièrement amplifiée au collège de la Croix-Blanche à Bourg d’où part le mouvement avec le préavis de grève. Les enseignants de cet établissement désapprouvent la redistribution des effectifs scolaires, l’ouverture du collège de Ceyzériat entraînant la «perte» de deux cents élèves et la remise en cause des projets et du fonctionnement. «On perd huit postes, on nous annonce des compléments de service qui partagent les enseignants entre les collèges…» dit un prof. À Bourg, au collège du Revermont, les syndicats FO, FSU et UNSA annoncent aussi une opération «collège fermé». Le mouvement sera aussi suivi à Amiot et Brou, ainsi que dans les collèges de Pont d’Ain et d’Oyonnax.
F. P.
Le Progrès (édition de l’Ain), 6 mars 2008
Les professeurs de collège et lycée inquiets pour la rentrée
Le froid de canard n’a pas freiné leur détermination. Hier midi, une bonne centaine d’enseignants de collèges et lycées du département ont pique-niqué devant le siège de l’inspection d’académie à Bourg-en-Bresse.
À l’appel du SNES-FSU, de l’UNSA et de Force ouvrière, les personnels enseignants de collèges burgiens (Amiot, Croix-Blanche et Revermont), d’Oyonnax (Ampère, Lumière, lycée Painlevé), d’Arbent et de Montréal-la-Cluse étaient venus exprimer leurs inquiétudes. Sur l’ensemble des établissements, le taux de grève, important, allait de 80 à 100%.
Sur leurs banderoles et dans leurs slogans, plusieurs revendications. «Nous sommes très inquiets pour la prochaine rentrée, on nous annonce 376 élèves en plus et 36,5 postes seront supprimés, explique Brigitte, conseillère principale d’éducation à la Croix-Blanche. Nous avons aussi une multiplication des heures partagées et de plus en plus d’heures supplémentaires qui nous sont imposées. Nous voudrions que ces heures soient transformées en postes supplémentaires. Et puis nous sommes aussi inquiets des suppressions de classes qui provoquents des classes surchargées. Une récente circulaire permet de monter à 30 élèves et 29 en ZEP.»
Au collège de la Croix-Blanche, les professeurs sont très inquiets de la redistribution des effectifs à la suite de l’ouverture du collège de Ceyzériat à la prochaine rentrée. «On perd deux cents élèves» expliquent-ils «et des options qui existaient à la Croix-Blanche n’existent pas à Ceyzériat.»
Audrey, prof de latin, raconte qu'elle a été «réquisitionnée d’office» pour aller donner six heures de cours dans le nouveau collège. «Je perds des élèves à Croix-Blanche que je les retrouve à Ceyzériat alors on me dédouble pour reprendre des élèves qui sont en 4e et 3e.»
Vers 14h30, une délégation, composée de deux représentants de chaque établissement a été reçue longuement par l’inspecteur d’académie, Jean-Paul Vignoud. «Je referai un point en juin sur les effectifs mais l’an dernier, rappelle-t-il, il y avait 190 élèves en moins. (…) S’il y avait plus d’élèves que prévu, il y aura des ajustements de moyens.» Sur les établissements en zone d’éducation prioritaire, il s’est dit «très attentif aux moyens et aux effectifs, notamment des classes de 5e et 6e» et a annoncé que «dès (ce) matin, des évolutions ont été engagées».
Gaëlle Arrieus
Le Progrès (édition de l’Ain), 7 mars 2008
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